Un archevêque prédit que la Grèce sera effacé si les créanciers exigent davantage d’austérité

Publié le 28 Février 2017

Jonathan Luxmoore dans son article pour The Tablet de ce mardi 28 février 2017 nous montre qu’un archevêque catholique en Grèce a brossé un tableau dévastateur de la crise persistante de son pays, avertissant que la «nation entière» aura son visage effacé par les exigences d'austérité de la communauté internationale.

 

«L'économie ne peut pas se déplacer, de sorte que nos entreprises ne peuvent pas survivre, tandis que les magasins sont en permanence à proximité», a déclaré l'archevêque Sevastianos Rossolatos d'Athènes. «L'État suce notre sang, et nous ne savons pas quoi faire. Alors que nous voulons évidemment des réformes, nous craignons aussi que nous soyons morts avant que l'État les accomplisse. Ils essaient de soutenir notre monnaie par une soi-disant la politique monétaire, mais ils ne pensent pas aux personnes qui font que l'économie prospère», a-t-il dit.

 

L’archevêque de 72 ans parlait comme l'aile gauche du gouvernement d’Alexis Tsipras qui a préparé de nouvelles négociations avec les créanciers internationaux de l'Union européenne et du Fond monétaire international, et les manifestants ont pris d'assaut les audiences à Athènes dans le but de bloquer la saisie des maisons des citoyens insolvables.

 

Dans une interview à Radio Vatican ce mois-ci, il dit que 450 000 jeunes, y compris presque tous les diplômés de l'université, ont quitté le pays à la recherche d'emplois ailleurs, ajoutant que la plupart des Grecs avaient abandonné l'espoir de toute reprise économique. «L'État n'a plus d'argent, et nous allons tous devenir des tous des mendiants», a déclaré l'archevêque Rossolatos, qui est également administrateur apostolique de Rhodes. «Les grands-parents aident les membres de la famille avec leurs pensions, mais les pensions sont encore en baisse, alors que les salaires diminuent et les coûts d'assurance augmentent pour les employés dans cette folie. Chaque fois que je quitte ma maison, je prends un peu d'argent car je ne peux pas me détourner des personnes sans-abri que je rencontre».

 

Dans son interview à Radio Vatican, Mgr Rossolatos dit que Caritas n’avait «plus de trouvailles», tandis que les diocèses du pays ont été soutenus par des dons venant des catholiques des pays voisins. Il a ajouté que beaucoup de gens qui possédaient autrefois des magasins et des entreprises prospères étaient maintenant «sans-abri et dorment dans les rues sans aucune faute de leur part», alors que la Grèce attendait une expansion de la production et du commerce.

 

«Il est frappant que seules les personnes en difficulté peuvent vraiment comprendre le sort des autres, mais comme évêques, nous ne pouvons rien faire puisque nos mains sont liées», a déclaré l'archevêque. «Nous semblons être en mouvement sur deux niveaux différents de logique, celle de l'économie et celle de la vie réelle. Ils sont prêts à nous tuer pour sauver notre économie. Mais pour qui ? Pour les gens qui sont déjà morts ?»

 

Et l’espoir n’est pas de mise, car comme le montre Reuters.com ce mardi la Grèce et ses créanciers ont repris mardi à Athènes des discussions pour examiner les réformes mises en place par le gouvernement d'Alexis Tsipras dans le cadre du plan d'aide international. Pour obtenir un accord, le gouvernement Tsipras a approuvé la semaine dernière des réformes impopulaires, portant notamment sur les impôts et les retraites, qui prendront effet en 2019. On oublie dans tout cela la population qui a fait les frais de la cure d’austérité dans un pays où el chômage est à 23 % de la population active. Ces nouvelles mesures pour faire plaisir au FMI, à l’UE et à la BCE vont empirer les choses.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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