La démission de Marie Collins a-t-elle un lien avec le cas Karadima ?

Publié le 3 Mars 2017

La démission de Marie Collins fait suite aux difficultés de la Commission pontificale pour la protection des mineurs de pouvoir mettre en avant des punitions sévères contre les évêques qui ont protégé les prêtres abuseurs du fait que la Congrégation pour la doctrine de la foi ne fait rien dans ce sens. Je remercie Régine Ringwald de m’avoir permis de voir à travers Golias Hebdo une affaire qui a eu raison de Peter Sanders et de Marie Collins, celle du prêtre pédophile Fernando Karadima qui a été couvert par l’évêque nommé à Osorno au Chili par le pape François en 2015, Juan Barros Madrid. Cela a entraîné la résistance des laïcs d’Osorno.

 

Periodistadigital.com nous montre dans l’article de Juan Carlos S. Claret du 18 février 2017 «Lettre ouverte : "Que les pasteurs ne mangent pas les moutons"», que Juan Barros ne semble pas affecté par le départ du diocèse d’Osorno du père Oscar Escobar, des prêtres Pedro Kliegel, Vinzenz Gottschalk et José Américo Vidal qui sont avec une licence psychiatrique pour sa cause; que les diacres ont demandé une année off, qu’ils ont renoncé à l’ordination de séminaristes, que les laïcs sont confrontés, une fois comme amis et aujourd'hui comme ennemis, ceux qui demandent sa démission endurent la persécution, les coups, la moquerie et le mépris ... et tout cela Juan Barros l’a justifié durant ses homélies. Les laïcs se demandaient pourquoi la mère Église n’est pas avec eux et souhaitaient que la visite ad limina des évêques chiliens mette en avant le cas Karadima devant le pape.

 

La visite ad limina n’aura pas les résultats escomptés, mais comme le montre l’article de periodistadigital.com du 21 février «De Osorno nos cardinaux à Rome», la Communauté des laïcs et laïques de Osorno a voulu profiter de cette visite ad limina puisque dans une lettre au cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Vatican, au cardinal Gerhard Muller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, au cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, au cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée, au cardinal Ricardo Ezzati Andrello, archevêque de Santiago du Chili, et au cardinal Francisco Javier Errazuriz, archevêque émérite de Santiago du Chili, ils leur demandent de na pas préparer une visite du pape au Chili tant le cas Barros ne sera pas résolu.

 

Don Juan Barros, était un disciple du pédophile Fernando Karadima, au moment où il se rendit à Rome pour le défendre, il était aussi une personne clé dans la déjà dissoute Pieuse Union des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, créé et dirigée par Karadima avec un fort impact dans certains secteurs du clergé de Santiago. Enfin, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a reconnu coupable Karadima du crime d’abus sexuel sur mineurs en 2011, et pour les laïcs Don Juan, est répréhensible aussi pour celui-ci pour beaucoup de gens à l'intérieur et à l'extérieur du Chili. Ce seul fait rend sa nomination «insoutenable» maintenant et dans l'avenir. Pour ces laïcs d’Osorno la conscience, la sincérité et la douleur sont massives, et par leurs actions non-violentes ils disent à haute voix notre position claire : Non à l’évêque Barros à Osorno.

 

La situation a été à un tel point que la Communauté des laïcs et laïques d’Osorno a bloqué pacifiquement la cathédrale d’Osorno le vendredi 13 janvier pour demander le retrait de Juan Barros Madrid comme évêque. Un article de periodistadigital.com datant du vendredi 30 décembre 2016 intitulé «La désunion ecclésiale persiste, le manque de dialogue et la crise de leadership dans le diocèse chiliens de Osorno», nous montre que la désunion entre le clergé et les laïcs du diocèse est évidente. L'ouverture de certains ecclésiastiques est à corriger puisqu’elle encourage le détachement et l'absence du dialogue nécessaire pour trouver une solution à la crise actuelle.

 

Ce cas montre qu’il n’y a pas eu aucun changement réel à cet égard au Vatican. La démission de Collins confirme ce que des milliers de personnes dans le monde entier ont rapporté : que le Vatican n’est pas intéressé par les victimes. Et beaucoup moins lorsque ces victimes hésitent à parler publiquement et à dénoncer leurs agresseurs. Collins et Saunders ont été nommés par Bergoglio pour faire croire à une transparence et une ouverture sur les abus sexuels. Si le pape François est sérieux au propos de la tolérance zéro, alors il doit faire ce qu’il n’a toujours pas fait : enlever Juan Barros Madrid de l’évêché d’Osorno. Ce serait un geste qui parlera plus que les discours pour toutes les victimes des prêtres pédophiles couverts par leurs évêques.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 03/03/2017 23:39

Il n'y a pas que cette affaire, Taï.
Regarde d'un peu plus près l'actualité religieuse irlandaise:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/03/03/des-restes-des-796-enfants-morts-a-l-orphelinat-irlandais-de-tuam-ont-ete-identifies_5089116_3214.html

Et puis il y a eu cette béatification à marche forcée récente au Vatican, alors que le futur bienheureux était un pédophile avéré. Je t'avais passé l'article émanant de la Parole Libérée, traduite de l'italien.

Tout ça, ça fait beaucoup d'horreurs. Sans compter en plus l'affaire Pell en Australie, l'affaire Preynat-Barbarin et combien d'autres affaires...

Je crois que Marie n'avait pas envie de servir de caution morale à une institution qui ne cesse pas de bafouer les droits les plus élémentaires des enfants tout en se drapant derrière la défense de la vie et des plus petits.

Nous voyons qu'il n'en est absolument rien et que le Vatican se comporte de façon particulièrement méprisante et méprisable. Rien n'a changé dans les faits, Taï. Il s'agit juste de poudre aux yeux et de communication pour gagner du temps, rester dans le déni et maintenir le système identique envers et contre tout.

C'est comme Fillon qui s'entête alors qu'il va être mis en examen.
Ca relève de la même attitude.