Marie Collins répond au cardinal Müller

Publié le 16 Mars 2017

Nicolas Senèze dans son article pour la-Croix.com nous montre que dans un entretien au Corriere della Sera, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait tenté de se justifier sur le manque de coopération de son dicastère dans le cadre de la lutte contre les abus sexuels que mettait en cause l’Irlandaise Marie Collins.

 

L’Irlandaise Marie Collins, qui a récemment démissionné de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, a vertement répondu, mardi 14 mars, au cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui, dans un entretien au Corriere della Sera, avait tenté de justifier l’attitude de son dicastère.

 

Lors de sa démission, Marie Collins, elle-même victime d’un prêtre pédophile dans son adolescence, avait sévèrement critiqué le «manque de coopération» de la Curie, et notamment de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), dans la lutte contre les abus sexuels dans l’Église.

 

Dans sa lettre, publiée par l’hebdomadaire américain National Catholic Reporter, Marie Collins dresse une liste de rendez-vous manqués, de réunions annulées ou de courriers dont la CDF n’a pas tenu compte, soulignant l’absence de contacts réguliers entre la commission et la congrégation.

 

Elle critique notamment le fait que, comme l’explique lui-même le cardinal Müller, «après un intense dialogue entre différents dicastères engagés dans la lutte contre la pédophilie dans le clergé», il avait été décidé de ne pas concrétiser le «projet» d’un tribunal interne à la CDF pour juger les manquements des évêques dans leur gestion des abus.

 

«C’était un projet, dites-vous, seulement un projet ?», s’indigne l’Irlandaise, rappelant que le pape avait explicitement demandé «l’établissement d’une nouvelle section judiciaire» au sein de la CDF avec «la nomination d’un personnel stable» et d’un «secrétaire pour assister le préfet pour ce tribunal» auquel des ressources ont déjà été affectées.

 

Elle souligne ainsi que la Congrégation pour la doctrine de la foi a délibérément passé outre une demande expresse du pape. Enfin, alors que le cardinal Müller dit n’avoir «jamais eu la chance de la rencontrer», Marie Collins lui rappelle un dîner à ses côtés à Dublin (Irlande), peu de temps après sa nomination…

 

Cette réponse de l’ancienne victime au cardinal Müller fragilise un peu plus le préfet de la CDF, dont certains ont publiquement demandé la démission, alors que celui-ci est déjà en délicatesse avec le pape sur plusieurs sujets, notamment l’interprétation de l’exhortation Amoris laetitia.

 

Une belle mise au point de Marie Collins qui attend mieux que des justifications de la part de la CDF, pour qu’elle puisse enfin avoir des actes de protection envers les mineurs, le pape devrait sans doute nommer quelqu’un d’autre.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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