Démission de l'évêque de Dax pour "attitudes inappropriées" avec les jeunes

Publié le 6 Avril 2017

L’OBS dans son article du jeudi 6 avril 2017 nous montre un coup de tonnerre dans l'Église catholique : l'évêque de Dax (Landes), Mgr Hervé Gaschignard, a été contraint à la démission en raison d'"attitudes pastorales inappropriées" envers des jeunes, une décision exceptionnelle de la hiérarchie catholique. Cette démission intervient dans un contexte de mises en cause répétées de l'Église pour sa gestion des affaires de pédophilie. Elle a été acceptée jeudi par le pape François, a annoncé la Conférence des évêques de France (CEF) dans un communiqué.

 

Interrogé par l'AFP, le responsable de la communication à l'évêché de Dax, Paul Perromat, s'est borné à préciser que cette démission intervenait après "des propos et comportements inappropriés qui auraient pu être tenus" par Mgr Gaschignard, mais "il n'est en aucun cas question d'agressions ou d'actes sexuels". "À l'heure actuelle, aucune plainte n'a été déposée ni auprès du procureur de Dax, ni auprès de celui de Mont-de-Marsan", a-t-il ajouté, soulignant que "l'église d'Aire-sur-Adour et de Dax pense à toutes les personnes blessées dans cette histoire".

 

L'évêque, âgé de 57 ans et originaire de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a présenté sa démission "sur suggestion du Nonce apostolique", l'archevêque italien Luigi Ventura, représentant du Vatican auprès de l'Église catholique française, précise la CEF dans son communiqué signé par son président, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille. Dans des communiqués séparés, l'évêché de Dax et le cardinal-archevêque de Bordeaux, Jean-Pierre Ricard, font état de "problèmes" de l'évêque "dans sa relation pastorale aux jeunes". Les rumeurs sur ces "attitudes inappropriées" avaient "rendu difficile le gouvernement du diocèse", indique encore la CEF.

 

Le responsable d'une association landaise de lutte contre la pédophilie, "Colosse aux pieds d'argile", a indiqué à l'AFP avoir recueilli ces derniers mois deux témoignages mettant en cause Mgr Gaschignard : un garçon de 14 ans que l'évêque aurait notamment interrogé sur ses pratiques sexuelles, et une adolescente du même âge ayant parlé de "caresse sur la cuisse, bisou volé sur la joue, chuchotements dans l'oreille, et beaucoup de paroles inappropriées".

 

Pour sa part, le cardinal Jean-Pierre Ricard précise avoir reçu "le 21 mars deux personnes du diocèse d’Aire et Dax, en contact avec des jeunes. Elles lui ont fait part de leurs interrogations et même du malaise ressenti devant des attitudes et des paroles de Mgr Hervé Gaschignard vis-à-vis de jeunes". Le 28 mars, dans le cadre de l’Assemblée des évêques à Lourdes, le cardinal en a parlé à Mgr Gaschignard, qui, "déjà alerté, en avait informé le Nonce apostolique et pris contact avec le procureur de la République".

 

Le pape François a nommé Mgr Bernard Charrier, évêque émérite de Tulle, âgé de 78 ans, administrateur apostolique du diocèse d’Aire et Dax. Mgr Hervé Gaschignard avait été ordonné prêtre en 1989, consacré évêque en 2008 et nomme évêque d'Aire et Dax en 2012.

Selon le quotidien La Croix, le comportement de Mgr Gaschignard lui avait déjà valu une alerte, il y a six ans, alors qu’il était évêque auxiliaire de Toulouse depuis 2007, en charge de la formation des prêtres et des laïcs, de la jeunesse et de la famille. Quatre encadrants d’un pèlerinage pour jeunes s’étaient émus par courrier auprès de l’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, de la proximité de l’évêque avec les jeunes. "Par prudence", ce dernier avait fait un signalement au procureur de la République qui l’avait classé sans suite. Une autre famille, ajoute le quotidien, avait fait état d’un comportement inapproprié, à Nantes, alors que le religieux était directeur adjoint du séminaire (1995-2006) et conseiller spirituel des scouts d’Europe.

 

L'Église catholique a mis en place en 2016 un plan d'action pour lutter contre "les abus sexuels" (cellules d'écoutes des victimes, commission d'expertise indépendante...). Selon des données de la CEF, la France compte moins de 0,5% de prêtres ou diacres (70 sur environ 15.000) mis en examen ou condamnés pour abus sexuels sur des mineurs. Mais l'Église catholique reste confrontée dans de nombreux pays à des critiques récurrentes à propos de son laxisme dans la lutte contre la pédophilie.

 

Ça commence à faire beaucoup, et cela vient encore mettre du plomb dans l’aile dans les belles paroles données par les évêques de France, s’ils ont déjà des loups parmi eux comment peuvent-ils y arriver. Pour y arriver, il faudrait fuir le cléricalisme qui fait que les évêques ne mettent pas en avant les victimes pour chercher à protéger les brebis galeuses qui salissent l’Église par leurs crimes.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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