Le procès juif de Jésus : une invention des auteurs des évangiles

Publié le 13 Avril 2017

Le procès juif de Jésus : une invention des auteurs des évangiles
Le procès de Jésus auprès du Sanhédrin est une invention des évangélistes notamment des trois évangiles synoptiques (MatthieuMarc et Luc), alors que l'évangile de Jean montre que Jésus a reçu un simple interrogatoire, ce qui semble des plus probables. Ce procès dessiné par les évangiles synoptiques ne respecte aucune des procédures juives de l'époque.
 
 
La Mishna montre que la législation juive pour condamner un accusé doit être attestée par deux témoins fiables entendus séparément et dont les propos sont concordants, puis les juges votent individuellement .Rien de tout cela dans les évangiles synoptiques, puisque les témoins sont en désaccord et on signale qu'ils font un faux témoignage, de plus les assistants interviennent en cours d'interrogatoire, avec un dialogue de sourd entre le Grand prêtre et Jésus (Geza VermesJésus le Juif, Desclée, 1978 et Les Énigmes de la Passion : L'histoire qui a changé le monde, Bayard, 2006).
 
 
Plus bizarre encore. Dans le cas de Jésus, il est impossible qu'un jugement ait eu lieu à «huis clos» ou avec quelques juges car la procédure est une procédure contradictoire avec des témoins à décharge convoqués par l'accusé (Jésus est seul dans les évangiles). D'autre part on juge «face au peuple»; selon le droit pénal juif, il y a publicité du jugement. Enfin, si un tribunal est unanime sa condamnation n'est pas valide. La Mishna montre aussi que dans les cas de peine de mort, le jugement a lieu pendant le jour et le verdict doit être aussi rendu pendant le jour. Dans les cas de peine de mort, le verdict d'acquittement peut être rendu le même jour, mais un verdict de condamnation ne peut pas l'être avant le jour suivant. C'est pourquoi des jugements ne peuvent avoir lieu la veille d'un sabbat ou la veille d'un jour de fête (Traité Sanhédrin 4, a) (http://didierlong.com/2015/04/06/les-juifs-nont-pas-tue-jesus-pour-en-finir-avec-lantisemitisme-chretien/).
 
 
Poussons plus loin Haïm Cohn  met en avant que les Juifs n'ont pas arrêtés Jésus mais les Romains, qui le remette aux instances juives qui sont embarrassées de la situation (The Trial and Death of Jesus, Ktav Pub Inc., 1980). Le Grand Prêtre doit alors prêter la main à cette procédure pour sauver sa vie, maintenir l'ordre du Temple et éviter toute conséquence funeste (Jacqueline Martin-BagnaudezPour les Juifs, qui est Jésus ?, Salvator, 2014). Il n'y aurait donc pas eu de procès juif mais un  interrogatoire de Jésus par Caïphe et le petit sanhédrin dans la maison de son beau-père Anne afin de l'amener à rétracter ses prétentions messianiques. Ce qui échoua puisque Jésus confirma celles-ci.
 
 
Enfin Salomon Malka montre que le Grand Prêtre Caïphe déchire ses vêtements selon la coutume juive antique pour manifester sa peine puisque Jésus en se proclamant Messie refusa la main tendue du Sanhédrin (Jésus rendu aux siens : Enquête en Terre sainte sur une énigme de vingt siècles, Albin Michel, 2012). Selon leur halakhah, les Sadducéens ne pouvaient pas livrer un juif à une autorité étrangère, car c'était une faute que même le pardon ne pouvait pas effacer. Caïphe n'aurait sans doute pas eu le choix car il craignait le succès du mouvement de Jésus auprès du peuple qui aurait pu amener une intervention violente des Romains (David FlusserJésus, éditions de l'éclat, 2005). Ne pouvant plus le sauver, il le renvoie aux Romains (Haïm CohnThe Trial and Death of Jesus, Ktav Pub Inc., 1980).
 
 
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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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Guillaume 17/04/2017 16:30

Le procès ne pouvait pas être équitable puisque le sort de Jésus était déjà scellé longtemps à l'avance. Il fallait qu'il meurt et ce part tous les moyens. A partir de là, rien ne pouvait plus être juste et réglementaire, les normes habituelles ne pouvaient plus être respectées parce que les dés étaient pipés dès le début, les règles devaient être transgressées pour que le résultat décidé à l'avance puisse être appliqué.

paroissiens-progressistes 17/04/2017 20:15

Guillaume,

Il n'y a pas eu de procès juif, juste un interrogatoire qui a permis aux chefs des prêtres de le livrer aux Romains, d'ailleurs il ne pouvait plus condamner à mort vu que les Romains leur avaient enlever ce droit.

Merci !