Un final décevant dans une campagne présidentielle qui s’est éloigné de l’essentiel

Publié le 21 Avril 2017

Dans le Récap' de Libération.fr de ce vendredi 21 mars 2017 nous montre qu’un policier a été tué et deux autres ont été blessés sérieusement jeudi soir, lors d'une fusillade à l'arme automatique sur les Champs-Elysées. L'assaillant a été abattu par la police. L'attentat a été revendiqué par le groupe État islamique. La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie. François Hollande a convoqué un conseil de défense ce matin à l'Elysée, et a annoncé qu'un «hommage national» serait rendu au policier. Dans cette campagne présidentielle où rien ne va, cette attaque terroriste a évidemment bouleversé la fin de campagne présidentielle (et l'émission présidentielle de France 2, dont le résumé est à lire ici). Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron ont annulé leurs déplacements. Les candidats doivent pour la plupart prendre la parole aujourd'hui. La campagne officielle s'achève ce soir à minuit.

 

Certains candidats sont plus courageux que d’autres comme nous le montre l’article du HuffingtonPost.fr : «L'actualité de l'attentat de Paris sur les Champs-Elysées rebat les cartes du dernier jour de campagne». De son côté, Benoît Hamon a rappelé la nécessité de ne pas céder au terrorisme, affirmant par la suite à l'AFP que "ce serait une grave erreur de tomber dans la peur et de mettre entre parenthèses le débat démocratique". Le vainqueur de la primaire socialiste a décidé de maintenir la prise de parole à Carmaux (Tarn) qu'il avait programmée vendredi après-midi sur les terres de Jean Jaurès, mais annulé un autre déplacement prévu à Evry dans la matinée. Jean-Luc Mélenchon maintient l'"apéro insoumis" prévu à 19h dans le quartier populaire de Ménilmontant à Paris où il doit se rendre avec le leader de Podemos, l'Espagnol Pablo Iglesias, a annoncé son entourage dans la nuit de jeudi à vendredi.

 

Comme on pouvait s’attendre les favoris des sondages vont essayer reprendre pour eux les événements. Comme le montre le Direct Présidentielle de francetvinfo.fr Marine Lepen n’a pas attendu bien longtemps pour s’en servir politiquement. Elle a donné une conférence de presse à 10 heures, réclamant notamment le rétablissement des frontières et "une expulsion immédiate des fichés S étrangers", bien que l'auteur de l'attaque soit un Français, dont on ignore encore s'il était effectivement fiché S. "Tout a été fait pour que nous perdions la guerre contre le terrorisme", a-t-elle déclaré. Mais est-elle bien placée pour faire la morale au gouvernement puisque comme le montre le journaliste Nicolas Henin, spécialiste du Moyen-Orient et ex-otage en Syrie, l'inaction de Marine Le Pen en matière de terrorisme, alors qu'elle est élue au Parlement européen est plus que visible. Elle était absente au parlement européen lors d'un vote qui visait à renforcer le contrôle aux frontières de l'espace européen le 16 février 2017.

 

Libération.fr dans son Live Présidentiel nous montre que depuis son QG de campagne, François Fillon a fait lui aussi une déclaration à la suite de l'attaque des Champs-Elysées. «Nous sommes en état d'urgence et il ne sera pas levé avant longtemps», a dit le candidat LR, estimant que «l'adversaire est puissant, ses complices vivent parmi nous et à côté de nous.» Il a évoqué «le totalitarisme islamique [...] qui s'est donné pour but de détruire notre civilisation» et visé «certains [qui] n'ont semble-t-il pas encore pris totalement la mesure du mal qui nous agresse.» Puis, comme Marine Le Pen avant lui, il a profité de l'occasion pour ressortir son programme : renforcement des frontières nationales, augmentation du nombre de places de prison, budget de la défense augmenté à 2% du PIB, placement en détention de fichés S, dissolution de mouvement «se revendiquant du salafisme». Il demande aux musulmans de France «d'aider l'État à faire le ménage contre le fanatisme et l'obscurantisme».

 

Marine Le Pen et François Fillon ont fait référence aux fichés S mais le seul problème est que l’auteur de l’attentat ne l’était pas. Se taire serait préférable plutôt que de lancer des approximations. Pour LeMonde.fr à deux jours du premier tour de la présidentielle, les Français ne doivent pas céder à la panique ni s’en remettre aux candidats qui prônent la loi du Talion. Un retour à la raison qui permettra de mieux voter et de ne pas choisir les mauvais candidats à la présidence de la République.

 

Après Marine Le Pen et François Fillon, au tour d'Emmanuel Macron, candidat En Marche, de s'exprimer dans une déclaration depuis son QG de campagne comme nous le montre le Live Présidentiel de Libération.fr : «J'ai décidé d'annuler deux rassemblements publics par décence et pour ne pas mobiliser indûment nos forces de sécurité, mais j'ai décidé de ne pas suspendre la campagne pour autant», explique-t-il, estimant que ce serait une concession aux terroristes. Après les assauts sécuritaires de Marine Le Pen et François Fillon, le candidat d'En Marche engage les Français à «ne rien céder à la peur». Il appelle à «refonder une Europe qui protège», à transformer «notre société par l'école, par la culture, par le travail». C'est un peu passe partout.

 

Le Live Présidentiel de Libération.fr montre que Benoît Hamon a réagi de la bonne façon face à la récupération politique de cet attentat qui n’a pas tardé à venir. Benoît Hamon, candidat du PS à l'élection présidentielle, a jugé ce vendredi «sordide» la «surenchère politique» autour des attentats, après l'attaque des Champs-Elysées. «La démocratie ne peut pas s'arrêter, être empêchée par un acte terroriste, et le débat démocratique ira jusqu'au bout», a réagi l'ex-ministre sur RMC et BFMTV. «La surenchère, je la trouve sordide sur ces questions-là», a également déclaré le candidat du PS, visant Marine Le Pen qui a récemment déclaré qu'avec elle, les attentats de Mohammed Merah ou du Bataclan n'auraient pas eu lieu. «Ce sont les moyens qui doivent être consacrés au renseignement et à la lutte contre l'islamisme radical qui me semblent être les priorités». «Ce sont aussi des effectifs dont nous avons besoin, de mieux mailler le territoire, d'organiser des coopérations entre nos services de renseignement beaucoup plus solides qu'elles ne le sont parfois, et avec le renseignement européen», a-t-il prôné. 

 

L’OBS dans l’article «Attentats aux Champs-Elysées : Cazeneuve accuse Le Pen et Fillon d'avoir choisi "l'outrance et la division"», la réaction de Bernard Cazeneuve ne s’est pas faite attendre. Bernard Cazeneuve a accusé vendredi Marine Le Pen et François Fillon d'avoir choisi "l'outrance et la division", accusant notamment la candidate du FN à la présidentielle de chercher à "exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes", après l'attentat de jeudi soir à Paris. Marine Le Pen "cherche comme après chaque drame à en profiter pour instrumentaliser et diviser, elle cherche à exploiter sans vergogne la peur et l'émotion à des fins exclusivement politiciennes". Quant à François Fillon, il "préconise la création de 10 000 postes de policiers. Comment croire sur ce sujet un candidat qui lorsqu'il était Premier ministre en avait supprimé 13 000 dans les forces de sécurité intérieure ?", a accusé le Premier ministre lors d'une déclaration sur le perron de Matignon.

 

LeMonde.fr nous montre enfin dans «Benoît Hamon refuse de "céder aux terroristes"» qu’en déplacement à Carmaux, dans le Tarn, sur les terres de Jean Jaurès, Benoît Hamon est revenu sur l'attentat aux Champs-Elysées à Paris. "Nous ne céderons rien" face aux "terroristes" ni "aux intégristes antirépublicains entourant Marine Le Pen", a-t-il notamment lancé. "Je refuse de faire le cadeau aux terroristes de suspendre la démocratie quand eux le décident", a poursuivi le candidat socialiste, justifiant sa décision de poursuivre sa campagne. "C'est justement parce qu'ils haïssent ce grand moment de démocratie qu'il faut la chérir", a-t-il également affirmé. Il a ensuite évoqué Jean Jaurès qui a eu "le courage de tenir pour ses idées face aux extrémistes, même au prix de sa vie".

 

C’est une campagne présidentielle où rien ne va, où ne peut pas écouter les programmes et qui favorise une politique spectacle qui mettra en avant des personnes peu compétentes pour la présidence de la République. On a vraiment touché le fond. Quel gâchis !

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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