Une campagne présidentielle désastreuse

Publié le 29 Avril 2017

LeMonde.fr dans son article du vendredi 28 avril 2017 intitulé «Voter contre Le Pen aujourd’hui, c’est faire gagner le Front national dans cinq ans» nous montre qu’au premier tour de la présidentielle, ils ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, François Fillon ou un plus petit candidat. Cette fois, ce sera blanc. Ou bien sans eux. Parce qu’entre la candidate du Front national (FN) et le leader d’En marche !, le choix est «impossible». Parce qu’ils ont «assez donné avec le front républicain» et le «vote barrage» en 2002. Ou parce qu’ils refusent d’offrir «un bon score» à Emmanuel Macron, dont la victoire leur semble acquise. Cela se double du fait qu’avec l'élimination au premier tour du Parti socialiste et des Républicains, la question du nombre d'assesseurs disponibles pour tenir les bureaux de vote au second tour se pose.

 

Aujourd’hui, Delanoë essaye de faire culpabiliser ceux qui sont tentés par le vote blanc et l’abstention dans l’article «Delanoë fait un parallèle entre la présidentielle et la victoire d'Hitler en 1933» du HuffingtonPost.fr. "Hitler a été élu par le suffrage universel", selon lui car l'extrême gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux démocrates et les nazis. Heureusement que l’ancien maire de Paris n’est pas historien, car ce qu’il a dit est inexact.

 

Ce n’est pas que l’extrême gauche n’a pas voulu choisir entre les sociaux démocrates et les nazis, c’est plus complexe. Lors des élections présidentielles de 1932, le KPD ne voulait pas faire barrage à Hitler avec l’ultraconservateur Hindenburg comme le souhaitait le SPD, il aurait préféré une candidature de front unique de la gauche, et il fut aussi contraint de ne pas s’allier au SPD par Moscou lors des élections législatives de 1932 et 1933 au grand dam des élus locaux qui combattaient Hitler avec les sociaux-démocrates. Enfin Hitler n'a jamais été «élu» chancelier par les Allemands puisqu’il n’est jamais arrivé à obtenir la majorité absolue aux législatives de juillet et novembre 1932 où il perd entre ces deux élections 2 millions de voix et en 1933 ce qui lui aurait permis de prendre le pouvoir légalement, il a été «hissé au pouvoir» en 1933 par une poignée d'industriels et d'hommes de droite.

 

Pour bien enfoncer le clou, Emmanuel Macron continue la culpabilisation envers ceux qui sont tentés par l’abstention et le vote dans l’article de L’OBS «Macron à Oradour-sur-Glane : "Ne pas se souvenir, c'est prendre le risque de répéter l'Histoire"». "Décider de ne pas se souvenir c'est prendre le risque de répéter l'histoire", a déclaré Emmanuel Macron vendredi à Oradour-sur-Glane, où il rendait hommage aux victimes du village martyr. "J'ai vu ici une page de l'histoire de France des plus noires", mais aussi "une France renaissante", a déclaré le candidat d'En marche!, saluant une "volonté à chaque fois de renaître, de reconquérir". "C'est le visage que le nouveau village d'Oradour donne. C'est ce visage de la France, avec toute sa mémoire, que je veux porter aujourd'hui", a-t-il ajouté.

 

Mais cette utilisation de l’histoire à des buts politique a du plomb dans l’aile comme le montre l’article de sudouest.fr «Comment le vote FN s’est progressivement banalisé depuis 2002». Entre 2012 et 2014, l’usure des deux partis de gouvernement profite au FN. Jusque-là, quand un parti était au pouvoir, le principal parti d’opposition voyait sa cote de popularité remonter. Là, ça ne s’est pas passé. L’UMP et le PS restaient dans l’impopularité. Les gens ont eu envie d’autre chose, et ça s’est traduit par l’attrait de Marine Le Pen. Puis en 2015, Marine Le Pen exclu son père, une stratégie qui permet au FN de signer encore de belles performances lors des deux élections de 2015, et entre 2016 et 2017 le FN se positionne peu à peu comme la première force politique du pays, car la conséquence de l’incapacité des autres partis à incarner une vraie alternative pour combattre le FN a finalement banalisé ce parti. On apprend également sur marianne.net dans son article du mardi 25 avril 2017 «Les électeurs de Macron ne comptent pas sur lui pour... améliorer leur sort» que le vote utile a favorisé Emmanuel Macron et qu’une grand partie de ses électeurs pensent que leur situation personnelle ne changera ou s’améliorera pas avec lui.

 

Pendant ce temps comme le montre Le LIVE Présidentielle dans LeMonde.fr, Marine Le Pen lance un appel aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, car les électeurs de Jean-Luc Mélenchon semblent plus animés par le rejet d’Emmanuel Macron que par la crainte du FN, alors qu’EELV appelle les forces qui se réclament de la gauche et de l'écologie à des candidatures communes pour les élections législatives, tandis que Benoît Hamon appelle la reconquête des villes et des campagnes mais aussi des têtes et des cœurs, qui doit commencer dès les législatives prochaines. Pour lui, tous les efforts de rassemblement et d’unité doivent être faits en vue de cet objectif. Mais Benoît Hamon n’a pas été entendu puisque Libération.fr dans son article «Au PS, la synthèse fait son grand retour» nous signale que pour sauver les meubles (et les places) aux élections législatives, la direction socialiste compte livrer, dans une semaine, un programme qui contente autant les héritiers de Hollande que les soutiens de Benoît Hamon. Cela amène la colère de certains élus socialistes qui aimeraient que le PS ait une ligne claire.

 

LeMonde.fr dans LE BRIEF PRÉSIDENTIEL nous apprend que le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a annoncé, vendredi 28 avril sur France 2, qu’il «soutient» Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. «Nous avons beaucoup discuté cette semaine, j’ai pris mon temps, a expliqué Nicolas Dupont-Aignan. Nous avons signé un accord de gouvernement avec une évolution de son programme, avec des éclaircissements et des ajouts de mon programme.» Ensuite francetvinfo.fr dans LE LIVE Présidentielle de ce samedi 29 avril 2017 nous montre que sur YouTube, Jean-Luc Mélenchon le leader de La France insoumise, qui ne s'était pas exprimé depuis dimanche soir, a répliqué peu après : "Tout le monde sait" qu'il ne votera "pas Front national" mais pas question de dire ce qu'il va faire en se rendant aux urnes le 7 mai : vote Macron, vote blanc ou vote nul.

 

Enfin LE LIVE Présidentielle de francetvinfo.fr de ce samedi nous signale que dans un entretien au Figaro, Emmanuel Macron exclut toute "coalition" avec le PS ou Les Républicains, s'il est élu président. Au passage, il écorche Jean-Christophe Cambadélis et François Baroin. Il ne s’est pas dérangé dans son meeting à Châtellerault à critiquer Jean-Luc Mélenchon qui n’a pas appelé à voter pour lui et rien à gagner à le soutenir puisque son but est de maintenir l'unité du mouvement qui s'est constitué autour de sa candidature pour qu'il puisse devenir la première force politique aux élections législatives. Pas sûr que cela donne envie de voter pour lui.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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M.W 29/04/2017 12:01

Taï, que pensez-vous du ralliement de Dupont-Aignan à Marine le Pen ? La rallie t-il, selon vous
_parce que c'est un vilain d'extrême-droite qui montre enfin son vrai visage
_par opportunisme
_parce qu'il pense qu'ainsi il pourra modérer le programme du Front national sur certains cas en sachant qu'il a des accords avec certaines parti du programme FN ?

Perso, je pense que c'est les deux dernières idées et vous qu'en pensez-vous Taïus ?

paroissiens-progressistes 29/04/2017 18:32

M;W,

Je pense aussi que c'est les deux dernières et je pense aussi Le Pen est prêtre à tout pour arriver au pouvoir même à changer de camp politique comme on peut le voir maintenant.

Merci !