Une élection présidentielle faite à l’avance ?

Publié le 11 Avril 2017

Libération.fr nous montre dans son article du mardi 11 avril 2016 nommé ««Résistons!», le livre programme de Jean Lassalle» que Jean Lassalle, candidat à l'élection présidentielle, publie vendredi un livre, Résistons ! (éd. La Différence), à mi-chemin entre manifeste et programme électoral pour «retaper la France». «Liberté, Egalité, Fraternité. Je ne connais pas de plus beau programme. Pourtant, que reste-t-il de nos beaux principes ?», écrit le député centriste (ex-MoDem) des Pyrénées-Atlantiques en préambule. Au fil des pages, il porte l'estocade au président François Hollande, dont le bilan dans la lutte contre la spéculation financière est, selon lui, «proche du néant» ainsi qu'à la classe politique, qui a fait de ses mandats une «profession». Il veut aussi, notamment, mettre fin à l'exploitation du pétrole, qui a mené la France à des «guerres indignes d'un pays civilisé».

 

Pour lui, tous ces maux engendrent «désespérance, incivisme, désordre et impopularité des gouvernants» et permettent à l'extrême droite de prospérer. Estimant être «le seul à pouvoir rassembler», n'étant pas le «candidat des pauvres contre les riches», ni celui des «lobbies» ou d'un «parti», Jean Lassalle propose de réorienter l'Europe vers une «société du partage et de la justice sociale» à travers une «meilleure répartition des richesses». Il souhaite faire des campagnes une grande cause nationale, détruire «la dictature de la spéculation», investir massivement dans les énergies renouvelables et la recherche fondamentale, renouer avec la mer et les outre-mer et "assainir" la vie politique. En somme, le «berger-candidat» de 61 ans dit offrir aux Français le choix d'une «révolution pacifique et bienveillante» et les appelle à «rompre avec le cycle de la médiocrité, de la désespérance et finalement de la régression».

 

Pendant ce temps, certains souhaitent que Benoît Hamon se retire pour Jean-Luc Mélenchon, mais une dynamique sondagière ne fait pas le vote des urnes. Et Hamon aurait tort de céder sa place à un tribun, car l’histoire a toujours montré que ces derniers ne savent pas gouverner. Prenons l’exemple de Léon Gambetta dont ses contemporains admiraient en lui un génie oratoire, dont le verbe soulève les auditoires populaires plus encore que les assemblées parlementaires. Pourtant, Gambetta forma un éphémère grand ministère d’union républicaine le 14 novembre 1881 et il ne dura que deux mois (73 jours) à cause de l'inquiétude suscitée par ses projets. Des refus successifs le font échouer (aucun leader de gauche et de droite ne voulant l’aider), et c’est un ministère d’hommes jeunes et peu connus qu’il forme surtout avec ses fidèles. Son action rencontre l’opposition des droites et des radicaux et de certains républicains eux-mêmes notamment dans la création de deux nouveaux ministères à l'agriculture et aux arts est contestée au point que la Chambre en mégote les crédits, sa réforme constitutionnelle sur le recrutement du Sénat et le recours au scrutin de liste pour l'élection des députés; sa réforme de la magistrature et son recours à emprunt pour soutenir l'agriculture et la conversion de la rente. Son charisme et son activisme font peur, mais son attitude autoritaire de vis-à-vis de la Chambre blesse aussi les parlementaires. Son gouvernement disparaît le 30 janvier 1882.

 

Jean-Luc Mélenchon semble suivre cette voie, car il ne pourra pas avoir le soutien du PS, EELV et du PRG, car Benoît Hamon préférera refuser de le rejoindre dans son aventure dangereuse pour son avenir politique. Le caractère autoritaire de ce dernier rendra impossible toute réunion de la gauche autour de lui et il devra former un gouvernement avec ses proches qui n’ont aucune expérience politique durable, vu qu’être dans l’opposition était plus confortable. Enfin, sa réforme de la VIe République avec une Constituante de citoyens ne pourra pas passer sans avoir une majorité confortable à l’Assemblée nationale et il faut dire que la France insoumise n’a pas d’assise locale, puis elle devra encore passer devant le Conseil constitutionnel qui acceptera difficilement qu’on dénie au Parlementaires ce droit. Ses dépenses de 173 milliards et son emprunt de 100 milliards à la BCE devront aussi avoir l’accord de l’Assemblée nationale. Comme tous les tribuns, Mélenchon a le verbe haut mais ce n’est pas ce qui fait de vous un bon gouvernant.

 

L’OBS dans son article du mardi 11 avril 2017 «Benoît Hamon envoie une lettre à neuf millions de Français pour relancer sa campagne» nous fait savoir qu’une lettre signée de Benoît Hamon et publiée à neuf millions d'exemplaires a commencé à être envoyée aujourd'hui aux Français pour les inviter à "voter pour", dans l'espoir de relancer la campagne du candidat socialiste.

 

"Je vous demande de m'élire président de la République française", écrit Benoît Hamon dans sa "lettre aux Françaises et aux Français", dont l'AFP a eu copie. "Ces dernières semaines n'ont ébranlé aucune de mes convictions, elles les ont confirmées", assure le candidat qui plafonne sous les 10% d'intentions de vote dans les derniers sondages, largement distancé depuis trois semaines par le candidat de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon.

 

"Je ne me résigne pas à ce que cette élection se résume à un retour vers le passé le plus sombre de notre histoire", écrit-il. "Vous allez voter dans quelques jours", dans le contexte de l'élection de Donald Trump aux États-Unis, du Brexit, et alors que "la dynastie xénophobe du Front National est aux portes du pouvoir chez nous", dit-il aussi. "Mon projet est clair et novateur, social, écologique, républicain et européen et il le restera", explique Benoît Hamon, invitant comme souvent dans ses meetings de campagne à voter "pour" : "Pour plus d'égalité, pour plus de pouvoir d'achat, pour plus de travail, pour plus d'écologie, pour une Europe libérée de l'austérité, pour plus de fraternité, pour un futur désirable", conclut le candidat.

 

Et il a aussi comme le montre LCI.fr dans son Live Présidentiel adressé une lettre au président du Medef Pierre Gattaz, qui avait critiqué son projet et l'avait comparé à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Publiée par Les Echos, on peut y lire : "Vous m'insultez, et surtout, vous insultez la gauche transformatrice qui a apporté à la France l'essentiel du patrimoine de nos droits démocratiques et sociaux et qui a défendu la République comme la prunelle de ses yeux, surtout dans les moments les plus sombres de notre histoire. Vous nous insultez en renvoyant dos à dos cette gauche dont je suis l'héritier et le porte-parole dans cette élection, avec le FN antirépublicain héritier de la collaboration." "Vous balayez avec légèreté mon projet pour le caricaturer" continue le candidat. "Affirmer aimer les entreprises est aussi absurde que d'affirmer aimer les poissons. Il existe des requins et des sardines" écrit Benoît Hamon.

 

Il faut attendre, car ce ne sont pas les sondages qui vont décider du résultat mais bien les électeurs et les favoris d’hier deviennent souvent les perdants de demain.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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Françoise 13/04/2017 23:55

Jean Lassalle, ou le loup devenu berger de la Fontaine.
Un drôle de zig qui soit disant pour protéger la vallée d'Aspe, a fait installer une entreprise japonaise qui pollue l'ensemble des sources de la vallée et qui évite de payer des impôts.
Jean Lassalle qui est de tous les dîners mondains, qui joue au grand seigneur et copine avec tout le monde, joue aux pique assiette pour entretenir son image sympa.
Pour l'avoir vu dans différentes réunions institutionnelles au plan local, entre l'image de ravi de la crèche qu'il présente et la réalité du personnage, il y a un fossé abyssal.
S'il est un peu moins mondain et pervers que Bayrou, il reste un enfoiré de première et pas le genre qui plaisait à Coluche, c'est rien de le dire.
C'est fou comme les journaux nationaux s'emballent pour des personnages qu'ils pensent gentils car folkloriques dans leur mise en scène...Ils ont fait la même chose pour Bayrou.
La mise en avant tient à la fois du mépris profond média pour la province, genre on va vous montrer un plouc mais tellement attachant que vous allez fondre tout comme nous...
Et en même temps, c'est une reconstruction totalement artificielle et sans connexion avec le personnage réel. Donc la création d'une légende, d'une mythologie destinée à tromper. Et le plus drôle, c'est que la majeure partie des gens (qui se garderont bien de se renseigner sur le personnage) tombent dans le panneau, systématiquement.

M.W 18/04/2017 13:50

Mais comment dialoguer, Taï ? Car quand on dialogue tout en insultant notre interlocuteur avec des remarques du genre "tu penses ainsi car tu es un enfoiré-un endoctriné-un paresseux intellectuel, un parfait demeuré, un jeune qui ne comprend rien etc ..." est-ce vraiment constructif ? N'est-ce pas un moyen d'imposer par la contrainte verbal ?

paroissiens-progressistes 18/04/2017 13:06

M.W,

Oui, c'est une bonne question, car Jésus allait très loin dans son amour du prochain. Il a même dit : «Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent» (Matthieu 5, 44). Pas facile en ces temps de crises, on l'on cherche toujours des boucs émissaires. Mais a-t-on vraiment des ennemis ? Car ceux qu'on pensent être nos ennemis, pensent aussi qu'ils ont raison. Le dialogue permet de dépasser les lignes et de convaincre sans pour autant contraindre, car c'est de soi-même qu'on doit adhérer ou venir vers l'autre.

Merci !

M.W 18/04/2017 08:54

Jésus a dit aussi qu'il ne fallait pas juger son prochain, que penserait-il de ces individus ultra-intolérant qui traitent d'enfoiré ou de facho ou de demeuré tout ceux qui ne pensent pas comme eux ?

paroissiens-progressistes 17/04/2017 21:09

Françoise,

Jésus n'a-t-il pas dit : "Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas" (Matthieu 23,3). Après tout ce qu'il dit est vrai sur la situation politique, mais ses actes ne correspondent pas à ce qu'il dit. Alors à nous de faire les actes qu'il ne fait pas.

Merci !