Une élection présidentielle qui continue mais qui oublie l’essentiel

Publié le 15 Avril 2017

LCI.fr dans son LIVE PRÉSIDENTIEL de ce samedi 15 avril 2015 nous montre que c’est le dernier week-end de campagne pour les onze candidats à la présidentielle. A huit jours du premier tour, la plupart vont de nouveau battre le pavé ce samedi et quelques grands meetings vont animer la journée.

 

Dans son Direct francetvinfo.fr nous montre que dans un entretien à Libération, le candidat du PS refuse de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon. "La France a besoin de la gauche que je représente : sociale, écologiste, européenne et ouverte", explique Benoît Hamon. "Je suis un combattant. Que ce soit bien clair, je suis en campagne jusqu'au bout pour convaincre et éviter que les électeurs soient tentés de choisir un «bon candidat», alors que l'enjeu est de choisir un bon président", a-t-il précisé. Il n’a pas tort de lutter, puisque comme l’a montré Libération.fr hier dans son Direct selon un sondage... les quatre favoris (Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon) pour la présidentielle sont désormais tous dans la marge d'erreur, c'est-à-dire qu'il est impossible d'estimer lesquels ont le plus de chance d'être au deuxième tour, sur la base des intentions de vote, si l'on retire de leur score la marge d'erreur. Moralité ? Votez pour qui vous voudrez. Finalement, au lieu de regarder les sondages il faut sans doute voter par conviction et par les beaux parleurs.

 

Mais comme le montre LeMonde.fr les favoris d’hier peuvent devenir les perdants de demain comme on peut le voir dans son article du Brief Politique : «L’équipe Macron perturbée par la fin de campagne». Persuadés depuis des semaines que leur poulain se qualifiera pour le second tour, les partisans du candidat d’En marche ! montrent d’inhabituels signes de fébrilité dans la dernière ligne droite. Jusqu’à ces derniers jours, Emmanuel Macron et Marine Le Pen faisaient la course en tête dans les sondages, loin devant François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Mais l’envolée du leader de La France insoumise fait craindre un match à quatre avec François Fillon, dans lequel Macron ne serait plus certain de l’emporter.

 

Mais il semble qu’on a oublié l’essentiel dans cette campagne polluée par les affaires et le populisme. Malo Tresca dans son article pour la-Croix.com du jeudi 13 avril 2017 «Avant la présidentielle, des mouvements chrétiens veulent accorder «valeurs morales» et «foi»» nous montre que dans un climat de grand discrédit politique, une vingtaine de mouvements catholiques a publié, jeudi 13 avril, une tribune appelant les fidèles à «mettre en cohérence leur vote avec leurs convictions» avant le premier tour de la présidentielle. Le CCFD-Terre Solidaire est à l’initiative de l’écriture de cette déclaration commune et se livre à deux constats suscitant, au sein des différentes associations, une profonde inquiétude : «le phénomène grandissant de l’abstention» et le discrédit de la chose publique, après la révélation des différentes affaires ayant agité, ces derniers mois, la campagne présidentielle.

 

Stigmatisation de «celui qui est différent», volonté «de construire des murs», surenchère de propositions sécuritaires et identitaires… En filigrane, une vive critique de certaines propositions de campagne – impossible de ne pas y reconnaître particulièrement là les positions de l’extrême droite – se dessine entre les lignes de la tribune. «Mais il n’y a pas que cette mouvance : nous pouvons retrouver, dans chacun des programmes proposés par les candidats, des propositions à risque pour la paix sociale», nuance Hugues Boiteux, secrétaire national du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). «Notre foi et nos valeurs nous appellent à ne pas céder devant la colère, le rejet de l’autre, mais à plaider la cause des plus pauvres et à promouvoir le respect de la personne et de l’environnement», expliquent les auteurs du document.

 

Pour cela, il faut mettre en mettant en avant des initiatives concrètes, menées ou observées par les différentes associations, pour déconstruire cette idée qui se banalise et qui tend à faire croire que la France doit être celle du rejet. Développement de nouvelles manières de travailler, plus soucieuses de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, essor de l’économie sociale et solidaire, recrudescence de propositions d’accueil de migrants dans des familles… «Les dizaines de milliers de bénévoles de nos organisations et mouvements sont témoins tous les jours que la réalité de la société française, c’est aussi et surtout des milliers d’actions concrètes qui construisent une planète plus solidaire et fraternelle», écrivent encore les auteurs de la tribune.

 

Mais en voyant le vote catholique aux régionales de 2015, on peut voir que les catholiques sont de plus en plus tentés par un vote d’extrême droite, puis par celui de droite. Il est difficilement concevable de voter François Fillon et Marine Le Pen quand on veut une planète plus solidaire et fraternelle. Plus encore avec les affaires qui les touchent.

 

Le pape François a poussé plus loin lors du vendredi saint en nous parlant d’autres oubliés de ces présidentielles dans euronews.com ce samedi 15 avril 2017 : «Le Pape François évoque sa "honte" face aux "destructions et aux naufrages" quotidiens». Le pape François a rejoint à pied le Colisée de Rome retraçant le Chemin de Croix traditionnel. Près de 20 000 fidèles l’ont suivi, une bougie à la main, dans un silence absolu en souvenir de la crucifixion du Christ. Une famille égyptienne a été choisie pour porter la croix. La semaine sainte, temps fort du calendrier chrétien qui commémore les derniers jours de Jésus, a démarré dimanche dernier. Un jour marqué par deux, attentats contre des églises coptes en Égypte, qui ont fait 45 victimes.

 

Il a commencé cette cérémonie, commémorant les dernières heures de la vie de Jésus de son entrée à Jérusalem à sa crucifixion, en se prosternant sur le sol devant l’autel. Devant la foule, le pape a prononcé une prière : «nous revenons vers toi cette année encore avec les yeux baissés par la honte mais le cœur plein d’espoir. Honte pour toutes les images de dévastation, de destruction et de naufrage qui sont devenues ordinaires dans notre vie». Le pape François a exprimé «la honte» de l’humanité «pour le sang innocent, versé quotidiennement, de femmes, d’enfants, de migrants», avant de diriger la messe célébrant la passion du Christ.

 

On ne devrait pas oublier quelque chose, c’est que Jésus est mort comme un dissident politique, comme le montre finalement periodistadigital.com dans l’article de José Manuel Vidal du vendredi 14 avril : «Qui a vraiment tué Jésus?». Il était un rebelle. Un franc-tireur. Un révolutionnaire. Il a voyagé et prêché dans son pays. Il s'entouré pauvres, prostituées et marginalisées. Et il a peur du pouvoir établi. Et s’est créé beaucoup d'ennemis très puissant. Son comportement, ses prédications, ses amitiés et son mode de vie étaient irritant pour ceux qui avaient la force et la puissance. Un scandale. Ni sa famille le comprenait et le prenait pour un fou.

 

Jésus vit dans une atmosphère tendue entouré par les conflits, mais cela finit par lui coûter la vie pour celui qui fait face aux autorités juives de son temps. Et, comme tous les prophètes, en plus d'annoncer le Royaume, il dénonce l’injustice. Il est un conflit d'intérêts évident entre les autorités religieuses juives et Jésus, qui finit en faire des ennemis à cause de la loi, le temple et de l'argent. Et enfin, Jésus s’est fait des ennemis pour sa critique constante et acerbe de l'argent et de la richesse.

 

Son jugement fut une pure comédie, la peine avait déjà été donnée. Ensuite, Jésus est condamné à la peine appliquée aux subversifs. La croix, comme le dit Cicéron, c’est l’une «des peines les plus barbares et terribles». Jésus est resté sur la croix de midi à quinze heures. «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as- tu abandonné ?» Étaient ses derniers mots. Le soi-disant Fils de Dieu est mort dans l'obscurité d'une crise de la foi. Il n’y a ni voile du temple déchiré ni tremblements de terre, ni de soleil obscurci.

 

Dans cette élection présidentielle, je ne vois que des faux rebelles, qui annoncent qu'ils sont les candidats de la rupture ou du peuple. Le monde ne change pas avec de belles paroles et des dirigeants charismatiques mais avec des actes.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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