James Alison : «La proportion du clergé gay est beaucoup plus élevé que la normale dans la société civile»

Publié le 19 Mai 2017

James Alison : «La proportion du clergé gay est beaucoup plus élevé que la normale dans la société civile»

Un péché ou une bénédiction ? L'homosexualité reste un tabou au sein de l'Église. Le prêtre et théologien gay James Alison appelle à la nécessité d'aborder le grand défi de l'Église d'aujourd'hui : parler de l'homosexualité «en personne», surtout quand la proportion du clergé est gay y est beaucoup plus élevé que 2 à 4%, au-dessus de la normale qui se trouve dans la société civile comme nous le montre Jesús Bastante dans on article pour periodistadigital.com le jeudi 18 mai 2017.

 

Il déclare qu’il connaît beaucoup de prêtres qui vivent leur sexualité comme une grande souffrance, parce qu’ils désirent être honnêtes et ils découvrent la dissimulation du système sur l’homosexualité quand il est trop tard. Quand on révèle son homosexualité on devient persona non grata et on impose le silence. On cesse d'exister pour le système. Et cela, chez certaines personnes est suffisant pour aller faire autre chose. Dans son cas, Alison a un statut canonique irrégulier. Et il est en attente de voir sa situation se régulariser.

 

Pour le théologien la question des homosexuels est beaucoup plus facile que celle sur les personnes divorcées et remariés, parce qu'il ya des éléments beaucoup plus complexes de théologie et de raisonnement. L'arrivée dans la conscience d'un gay fils de Dieu, est beaucoup moins compliquée que la prise de conscience, qu’entre deux personnes, de ce qui a été leur passé conjugal. C’est un moyen. Maintenant, ce type de signal est plutôt mis de côté et pas en avant. Le pape François dit de ne pas attendre des réponses d'enseignement sur toutes les choses.

 

Il dit aussi que : «Nous espérons tous que le jour ce regard (sur l’homosexualité) sera plus palpable, au sens de la reconnaissance qu'il a des opinions différentes.» Mais qu’il est «inimaginable que le degré actuel de cléricalisme, ait de l'honnêteté au sujet de ces questions. Ceci est une chose connue. Ces questions doivent être résolues toutes ensemble en même temps.»

 

Le monde qu’il décrit est selon lui devenu pharisien dans les sens où la miséricorde est permise à l’intérieur avec une fermeture. Cela est pour James Alison une grande tristesse en voyant en France, l'invisibilité absolue du clergé gay qui ne pouvait parler à la première personne suite au processus de la Manif pour Tous, qui était beaucoup plus violente, comme cela s’est passé en Espagne par le mouvement de refus de Rouco au moment du mariage pour tous.

 

Ce qu’il voit aujourd’hui, c’est le placard ecclésiastique, où il y a beaucoup de ceux qui y vivent pensent qu'ils ne sont pas dans le placard puisque par les règles de conduite ils se croient protégés par le système. Mais quand ils mettent en avant leur sexualité et indiquent également qu’ils sont hors de ces règles de vie, il n'y a pas de protection, car ils passent pour des traîtres. Et il est une forme d'auto-justice qui doit prendre fin, car il est clair que cela n'a rien à voir avec l'Évangile, mais plutôt son contraire.

 

James Alison salue enfin l’exemple de Krzysztof Charamsa en provenance de Pologne, où la pression du clergé ultra est très forte en matière de sexualité, qui a eu le courage de révéler son homosexualité à travers le besoin émotionnel de rendre réel tout cela d'une manière intense et de ne plus vivre dans l’hypocrisie. «Chapeau», comme disent les Français, nous dit-il pour féliciter Charamsa.

 

Une belle invitation a modifier la vison de l’Église sur l’homosexualité alors que le clergé se montre plutôt hypocrite à ce sujet dans ses rangs. Pour l’instant les deux synodes sur la famille en 2014 et 2015 n’ont pas voulu traiter réellement de la question. Et cela risque de durer longtemps.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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Jean-christian Hervé 21/05/2017 22:12

Bonsoir Paroissiens progressistes et merci de porter à notre connaissance les réflexions de James Alison.
Ce théologien a tout compris du regard de Dieu sur les homosexuels et notre Église institution serait bien inspirée d'infléchir ses positions dogmatiques avec la même bienveillance...
Pour mémoire, je vous donne le lien d'un post déjà un peu ancien mais toujours disponible sur le site de Père Jonathan: http://pere-jonathan.over-blog.com/article-un-theologien-parle-de-l-homosexualite-102696982.html
Bien cordialement.
J-C H