Le pape François dénonce l'attentat "barbare" à Manchester

Publié le 24 Mai 2017

Comme le montre 7sur7.be dans son article du mercredi 23 mai 2017 le pape François a été très touché par l'attentat "barbare" qui a fait 22 morts, dont des enfants et des jeunes, lundi soir à Manchester, a annoncé mardi le Vatican dans un message de condoléances.

 

Le pape "a été très attristé lorsqu'il a été informé des blessures et des morts tragiques provoquées par l'attentat barbare à Manchester", selon un télégramme envoyé comme d'usage en son nom par le N°2 du Vatican, Mgr Pietro Parolin. Évoquant "un acte de violence insensé", il a salué "les efforts généreux du personnel de secours et de sécurité".

 

"Avec une attention toute particulière pour les enfants et les jeunes qui ont perdu la vie, et pour leurs familles en deuil, le pape François invoque la bénédiction divine de paix, de guérison et de force pour la nation" britannique. De "nombreux jeunes et enfants" figurent parmi les 22 personnes tuées dans un attentat suicide à la sortie d'un concert de la chanteuse pop Ariana Grande lundi soir à Manchester, dans le nord de l'Angleterre, revendiqué mardi par le groupe djihadiste État islamique.

 

Les dénonciations du terrorisme sont justes, mais il ne faut pas seulement dénoncer et savoir aussi voir les raisons de ces actes pour que cela ne se reproduise plus. Comme le montre amnesty.be dans un article de 2005 intitulé «I.2.2. QUELLES SONT LES CAUSES DU «TERRORISME INTERNATIONAL» ?», pour savoir comment lutter contre le «terrorisme», il faudrait d’abord se poser la question de comment naît le «terrorisme», quelles en sont ses causes profondes. Faut-il en chercher l’origine dans la religion, dans l’écart de richesse entre le Nord et le Sud de la planète, dans le conflit israélo-palestinien, dans l’opposition entre civilisations occidentale et islamique, ou dans d’autres facteurs sociopolitiques ?

 

Si tous les auteurs ne sont pas d’accord entre eux sur la réponse à cette question, il est intéressant de prendre du recul et de voir le «phénomène terroriste» dans son évolution historique. Le «terrorisme international ressurgit chaque fois qu’un monde en évolution (trop) rapide donne l’impression - subjective ou objective - à de trop grands groupes de gens qu’ils sont marginalisés», explique le professeur belge Rik Coolsaet.

 

«Un monde où trop de dimensions paraissent évoluer trop vite et qui donne ainsi l’impression à trop de gens qu’ils n’en font pas partie, qu’ils restent à la limite de ce monde, qu’on ne tient pas compte d’eux. C’est précisément ce qui forme le terreau sur lequel de petits groupes extrémistes -sorte d’avant-garde autoproclamée- essaient de justifier leurs «actes terroristes» pour se doter eux-mêmes d’une auréole de combattants de l’injustice. Il en fut ainsi il y a 70 ans. Il en fut ainsi il y a 100 ans. Il en est ainsi aujourd’hui.» Il est bizarre que depuis 2005 on connaît les causes du terrorisme et qu’on ne fasse rien pour empêcher des personnes de devenir des monstres.

 

Pourtant les solutions existent. Je prendrais le cas de l’organisation le Peuple de la Paix en Irlande du Nord. Le 10 août 1976, les trois enfants d’Ann Maguire, la sœur de Mairead Maguire, ont été tués par une voiture après que son pilote, un fugitif de l'IRA, ait été abattu au volant par des soldats britanniques. L'accident a non seulement affecté personnellement Mairead Maguire et Betty Williams, une mère qui est arrivée sur les lieux peu de temps après l'accident, mais elle a également touché toute une communauté qui en avait assez de la violence. Émues par l'incident les deux femmes obtiennent, dans les deux jours de l'événement tragique, 6 000 signatures sur une pétition pour la paix et elles attirent l'attention des médias, puis elles cofondent les Femmes pour la Paix qui, plus tard, avec Ciaran McKeown, le mouvement devient Le Peuple de la Paix.

 

Après la phase de marche initiale, les organisateurs du mouvement se sont concentrés au niveau local, en encourageant les individus à former des groupes de la paix, à aborder les problèmes qui affectent leurs quartiers, à s'engager dans un dialogue intercommunautaire et à travailler avec d'autres localités sur des projets communs. Au cours des années suivantes, les Peuple de la Paix s’est battu pour une abrogation de la loi sur l'Irlande du Nord (les Dispositions d'urgence), qui, entre autres, avait accru les pouvoirs de l'armée britannique pour arrêter et interroger des suspects. En 1981, le groupe a aidé à créer le Comité sur l'administration de la justice, une organisation des droits de l'homme, pour exposer et contrecarrer ce qu'il considérait comme la nature draconienne des dispositions d'urgence.

 

Le Peuple de la Paix a également fait campagne pour les droits des prisonniers loyalistes et républicains, et il a organisé un service de bus pour transporter les visiteurs dans les prisons. (Le programme a cessé avec la libération des prisonniers politiques dans le cadre de l'Accord du vendredi saint, datant du 10 avril 1998). Un autre programme a aidé les membres des groupes paramilitaires à quitter leurs organisations et, dans certains cas, à émigrer pour leur propre sécurité. Dans d'autres domaines, le Peuple de la Paix a soutenu le Mouvement d'éducation intégrée, qui visait à relier les divisions religieuses et culturelles de l'Irlande du Nord en créant des écoles interreligieuses. En outre, le groupe a mis en place un programme pour les jeunes qui organisait des camps de la paix annuels dans différents pays, ce qui a permis aux jeunes de milieux différents de voyager à l'étranger et de partager leurs idées dans un contexte neutre.

 

L'organisation a finalement élargi ses activités au-delà de l'Irlande du Nord. Elle a exercé des pressions internationales au nom du désarmement nucléaire et des approches non violentes pour la résolution des conflits, et elle a envoyé des délégations de la paix dans un certain nombre de pays en conflit, y compris l'Irak, Israël et la Palestine, les États-Unis, l'Australie, l'Inde et divers pays d'Afrique afin de soutenir ceux qui ont préconisé des solutions non violentes. L'organisation a également été une force décisive derrière la déclaration des Nations Unies de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010). Comme on le voit ici mettre en place un État d’urgence n’est pas la solution pour faire face à la violence, mais plutôt de résoudre les problèmes qui en sont les facteurs tant au niveau local qu’international.

 

Enfin, comme le montre francetvinfo.fr dans son article «Daniel Balavoine : "Le désespoir entraîne le terrorisme"», dès 1980 Daniel Balavoine a interpellé le candidat à la présidentielle François Mitterrand qui l'avait invité sur un plateau de télévision à ce sujet. Il s'est fait le porte-parole d'une jeunesse laissée pour compte, avertissant sur les dangers à venir. Daniel Balavoine, venu avec un certain nombre de thèmes qu'il souhaitait évoquer, interpelle alors François Mitterrand : "Ce que je peux vous dire, c'est que la jeunesse se désespère. Elle est profondément désespérée parce qu'elle n'a plus d'appuis. Le désespoir est mobilisateur et quand il le devient, c'est dangereux et cela entraîne le terrorisme. Les jeunes vont finir par virer du mauvais côté parce qu'ils n'auront plus d'autre solution." Pourtant, rien n’a été fait pour que cela change, puisque des jeunes sont passés aux mouvements terroristes d’extrême gauche à ceux djihadiste.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

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Pierre 24/05/2017 17:46

d'accord avec votre analyse mais ce qui est nouveau c'est le comportement suicidaire des jeunes kamikases .
les revendications des groupes terroristes semblent être moins le bien pour les pauvres que la conquête

la drogue , les trafics , le comportement mafieux et la recherche sans morale du plus grand profit pour un petit nombre sont les maux à combattre

les jeunes qui se font sauter ne sont que des victimes

cette guerre de conquête du monde par des groupes d'hommes mauvais trouve sa justification dans la misère mais n'a pas l'ambition de la vaincre

comment nommer cette grangrène

surtout pas d'habillage pseudo religieux

merci
solidarité avec les familles des victimes

paroissiens-progressistes 30/05/2017 11:23

Pierre,

Il y a beaucoup d'explication aux raisons du désenchantement de la jeunesse qui la mène vers le terrorisme, pour moi il faut d'abord aider les parents de ces jeunes, faire aussi découvrir une vision ouverte de la religion, de la prévention et de donner les même chances à tous. Tout cela peut aussi être mis avec une sécurité qui protège en respectant les droits des personnes pour ne pas donner raison aux terroristes avec un réel soutien aux familles des victimes.

Merci !