Comment les prêtres de la communauté Saint-Martin s’implantent dans les diocèses de France

Publié le 10 Juin 2017

Gauthier Vaillant dans son article du jeudi 8 juin 2017 pour la-Croix.com nous montre que la Communauté a annoncé mardi 6 juin son arrivée prochaine dans deux nouveaux diocèses, Aix et Arles et Tulle. Sollicitée par de nombreux évêques pour pallier la pénurie de prêtres diocésains, la communauté Saint-Martin ne s’installe dans les diocèses qu’au terme d’une longue préparation. Dix-neuf. C’est le nombre de diocèses français dans lesquels la communauté Saint-Martin sera présente en septembre 2017, date à laquelle elle s’implantera dans deux nouveaux diocèses : celui de Tulle et celui d’Aix et Arles.

 

Également présente à l’étranger (à Cuba et Gênes, en Italie), la communauté fondée en 1976 par l’abbé Jean-François Guérin, fait aujourd’hui partie des plus dynamiques de France en matière de vocations. Elle compte actuellement 100 séminaristes, dont trois seront ordonnés prêtres et huit diacres en juin. La communauté Saint-Martin s’est donnée pour mission de venir en aide aux diocèses qui en ont besoin, à la demande des évêques. Et ils sont nombreux dans ce cas. En plus des 19 diocèses où ils sont présents, «une trentaine d’évêques fait actuellement appel à la communauté en France, et 25 à l’étranger», indique Don Paul Préaux, modérateur général de la communauté depuis sept ans. Il ne le cache pas, répondre à la pénurie de prêtres est «la première raison» pour laquelle des évêques se tournent vers lui.

 

Le modérateur général est bien conscient que le style des membres de la communauté, qui portent la soutane, célèbrent une liturgie classique et enseignent une catéchèse plutôt traditionnelle, peut susciter des réticences chez certains fidèles. Pourtant la défiance est de mise puisque ces prêtres affectionnent la liturgie grégorienne en latin – célébrée selon le missel de Paul VI – et se donnent entre eux du «Don», au lieu de «Père». Ils furent aussi protégés par le cardinal Guiseppe Siri, qui fut contre le concile Vatican II. Pas de quoi se réjouir.

 

Comme nous pouvons le voir, l’Église compte sur des groupes aux méthodes des plus étranges et au comportement sectaire, en gros des mouvements réactionnaires catholiques trop démonstratifs. Ayant de la famille chez les Témoins de Jéhovah, les protestants évangéliques et chez le Renouveau charismatique, je sais voir les comportements sectaires visibles au sein de ces groupes dont l’Église est devenue dépendante et la communauté Saint-Martin suit parfaitement cette logique comme le montre dans l’article de Matthieu Langaerd dans lavie.fr du 24 avril 2015 intitulé «chrétiens en herbe : Comment animer des séances de «formation humaine et religieuse» dans le collège de mes enfants ?» : affirmation de soi, certitudes, conviction d’avoir la vérité, position haute, goût pour l’entre-soi, logique de club normative, uniformité sociale (élitisme masqué), virilité offensive, monde sans femmes, paternalisme, hypervalorisation de la doctrine catholique, esthétisme et romantisme, désir de pureté / perfection, méfiance à l’égard des émotions (le fond de l’Homme est malin), fragmentation de la personnalité, clivages, service de la tradition catholique, exigence dans l’adoption des codes du groupe, et un christianisme musculaire : "Il s'agit d'avoir une mentalité de premier de cordée [...] Rien n'est plus décevant et contraire au véritable esprit de l'Église que l'attitude de ces pseudo-chefs qui n'ont pas d'épine dorsale."

 

Certains diront que les communautés nouvelles et les nouveaux mouvements ecclésiaux ne sont pas des sectes, puisque ceux-ci sont reconnus par l’Église et c’est en partie faux. Les États-Unis laissent eux aussi prospérer des sectes comme la Scientologie et les Témoins de Jéhovah en leur sein puisqu’ils ne font aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, doublé à des raisons financières. L’Église n’est pas plus regardante puisqu’elle dépend financièrement des groupes sectaires réactionnaires catholiques tout autant que religieusement.

 

La réalité est que l’Église devrait sans doute arrêter de penser les paroisses à travers les prêtres, car on ne palliera pas le manque de prêtre ou de fidèles avec des mouvements sectaires et les solutions existent pourtant comme les prêtres mariés ou les femmes prêtres, et qu’un évêque donne la permission aux fidèles de faire la messe plutôt que de fermer les paroisses.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Pierre 12/06/2017 18:13

Danger
dans notre paroisse , un curé dynamique et bien dans ce monde a quitté , à 50ans , son ministère car la solitude lui pesait et qu'il ne voulait pas vivre dans l'hypocrisie
Son remplaçant arrivera en septembre , il s'agit d'un jeune ( soutane , col romain) qui a été vu à Paris dans la manif pour tous.)
Que va devenir notre district paroissial ?
Nos communes votent déjà FN dans de très alarmantes proportions , et si on a un curé soutané ce sera le bouquet !!!!
Merci

paroissiens-progressistes 13/06/2017 10:42

Pierre,

Malheureusement, l'Eglise fait confiance aux "brûleurs d'encens", des jeunes prêtres qui connaissent peu le monde dans lequel ils vivent puisqu'ils ont été protégés de celui-ci dans les séminaire, ou dans les communautés nouvelles et les mouvements ecclésiaux, il préfèrent faire la démonstration de la foi plutôt que de comprendre la société où ils vivent. Je crains que le prêtre qui viendra chez vous ne puisse comprendre que nos paroisses vivent grâce aux laïcs et que la prêtrise identitaire n'est pas la solution. Votre seule solution est maintenant de résister.

Merci !

M.W 12/06/2017 20:38

Pierre

Cela fait un certain temps que j'y réfléchi. La seule solution serait de faire comme sous Ataturk : mettre en place le contrôle de la religion par l'Etat, comme cela, l'Etat pourra chasser les vermines intégristes qui rongent l'Eglise et les empêcher de nuire.

Françoise 11/06/2017 12:01

Je suis contente de voir que tu parviens au même constat que moi, Taï.
Eh oui, le Vatican et les épiscopats ne s'appuient que sur des groupes intégristes qui valorisent les intérêts cléricaux. Ils ne sont pas dans l'intérêt général ni des paroisses, ni des paroissiens mais dans une logique de préservation d'intérêts et de domination.
Quand je te parlais d'imposture, je ne me trompais pas hélas.

M.W 13/06/2017 20:12

Ensuite, fonder un Etat qui prend en main la gestion de l'Eglise et n'hésite pas à chasser les brebis galeuses intégristes.

paroissiens-progressistes 13/06/2017 10:52

Françoise,

La réalité est les communautés nouvelles et les mouvements ecclésiaux se sont rendus indispensables à l'Eglise, tout en permettant aux ecclésiastiques contre Vatican II de minorer le rôle des progressistes. Notre moyen est de résister comme l'a fait la résistance française : journaux et site internet pour informer les fidèles, infiltration de l'Eglise, livraison d'informations à la presse, se rendre indispensable aux paroisses pour limiter l'influence de ces groupes, etc.

Merci !

M.W 10/06/2017 19:44

Une bonne raison de mettre en place le contrôle des religions par l'Etat : ces mouvements sectaires, intolérants et intransigeants ne verront pas le jour et seront interdits par l'Etat avec l'aide de psychologues formés pour lutter contre les dérives sectaires de ces mouvements. Au moins, l'Etat pour lutter contre ces mouvements horribles sans que les religieux viennent pleurer puisque leur formation fera d'eux des soutiens de cette politique.