Justin Welby : «Il existe une théologie religieuse derrière ces attaques terroristes »

Publié le 7 Juin 2017

Anne-Bénédicte Hoffner nous montre dans son article pour la-Croix.com du mercredi 7 juin 2017 qu’interrogé par la BBC après l’attentat qui a eu lieu à Londres samedi 3 juin, Justin Welby, archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane, a appelé les responsables religieux à «prendre leurs responsabilités» pour lutter contre «les atrocités commises au nom de leur religion».

 

Tout au long de l’histoire et dans toutes les grandes religions, les traditions religieuses et les Écritures saintes ont été «tordues et mal utilisées» par les fidèles, parfois même encouragés par leurs responsables. Aujourd’hui, ces derniers doivent donc reconnaître que «des atrocités» peuvent être commises au nom de leur religion, a estimé mardi 6 juin le Dr Justin Welby, archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane, interrogé dans l’émission «Today» de la radio BBC 4.

 

«Si quelque chose se passe dans notre propre tradition religieuse, nous devons le dire et prendre nos responsabilités en étant très, très clairs pour le contrer», a-t-il poursuivi, tout en soulignant la très ferme condamnation et au plus haut niveau des responsables musulmans britanniques. Interrogé sur cette phrase souvent entendue selon laquelle «les attaques terroristes n’ont rien à voir avec l’islam», Justin Welby a pris ses distances : «Je ne pense pas que cela nous amène quelque part.»

 

À ses yeux, le problème des attentats est triple : «global, générationnel et idéologique». «Il existe une théologie religieuse derrière ces attaques terroristes. Elle doit être contrecarrée», estime le primat de la Communion anglicane, convaincu que nier le rôle joué par l’islam dans les attentats récents revient à nier celui «du christianisme dans le massacre de Srebrenica en 1995 en Bosnie». «Nous devons contrer cette [théologie] dans notre propre tradition de foi et dire pourquoi ce n’est pas acceptable, pour enseigner aux gens et pour éduquer les gens», a-t-il expliqué.

 

Dans un pays sous le choc de deux attentats, à Manchester puis à Londres, le responsable anglican a donc clairement indiqué ses attentes à l’égard de la communauté musulmane et de ses responsables. Mais il n’a pas oublié non plus le reste de la société britannique, critiquant le «très grave manque d’alphabétisation religieuse» des responsables de la lutte contre l’extrémisme, incapables de «comprendre les doctrines fondamentales de la foi avec lesquelles ils traitent». À ses yeux, le Royaume-Uni doit également parvenir à tracer «une ligne» claire entre conservatisme et extrémisme. «Notre histoire et notre culture permettent aux gens d’avoir des points de vue très différents, mais cette ligne doit porter sur la violence et l’incitation au dénigrement d’autrui», avance-t-il, soulignant le désir d’une vaste majorité des citoyens britanniques de continuer à vivre ensemble.

 

Il ne s’agit donc pas de cibler «un groupe uniquement en raison de sa foi» mais uniquement en raison «des actes que ses membres posent au nom de leur foi», prévient-il, alors que le débat risque de s’enflammer à nouveau sur les mesures à prendre pour contrer l’islamisme radical.

 

Le raisonnement de Justin Welby ne semble pas être de mise en France puisqu’un article de L’Express.fr nommé «Un projet de loi prévoit de faire entrer l'état d'urgence "dans le droit commun"», nous montre que le gouvernement présentera le 21 juin en Conseil des ministres un texte visant à pérenniser certaines mesures exceptionnelles de l'état d'urgence, a annoncé l'Élysée ce mercredi 7 juin, au lendemain de l'attaque au marteau d'un policier devant Notre-Dame de Paris. Comme déjà annoncé, le Parlement sera saisi d'une première loi pour prolonger jusqu'au 1er novembre "au maximum" l'état d'urgence, qui devait prendre fin mi-juillet. Selon Le Monde, qui a consulté le texte, "ce sont quasiment toutes les mesures de l'état d'urgence qui vont se retrouver dans le droit commun, avec quelques modifications marginales" : assignations à résidence, perquisitions administratives, fermeture de lieux de culte et zones de protection et de sécurité. Autant de mesures qui seront décidées sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et des préfets, sans l'intervention d'un juge.

 

Le plus inquiétant comme le montre amnesty.fr est que depuis près d’un an, l’application de l’état d’urgence et un usage disproportionné de la force ont restreint le droit fondamental du droit de manifester pacifiquement en France de manière préoccupante. 155 manifestations ont été interdites en 18 mois. 639 mesures d’interdictions individuelles de manifester ont été prises contre des personnes dont 21 dans le cadre des manifestations liées à la COP21, et 574 dans le cadre des manifestations contre la loi travail. À cela s’ajoute des pratiques policières contestables comme les nasses, cette pratique qui vise à confiner des manifestants pour les empêcher de manifester ou de rejoindre une manifestation, et un le recours par les forces de l’ordre à un usage arbitraire et disproportionné de la force, sans oublier des journalistes intimidés et violentés.

 

Mettre de telles mesures dans la loi, sans l’intervention d’un juge fera alors de la France un pays de non droit, ne valant pas mieux que les dictatures qu’elle critique.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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Françoise 11/06/2017 11:56

C'était tellement prévisible d'entériner l'état d'urgence de façon définitive. Ca, la fuite sur la destruction du code du travail, le rachat fusion des médias par Bolloré donc la perte d'indépendance des médias, c'était cousu de fil blanc. Et oui, la France est en train de devenir lentement mais sûrement une dictature ultra libérale, de la finance et des grands groupes industriels. L'ubérisation, la finalisation de destruction des services publics y compris l'école, la santé...l'avenir du pays devient de plus en plus sombre.

paroissiens-progressistes 13/06/2017 11:01

Françoise,

Il y avait des doutes important sur la normalisation de l'état d'urgence surtout avec un ministre de l'intérieur qui va se montrer plus dur encore avec les migrants. Macron n'aimait pas les grèves, ni les manifestations, il va pouvoir les museler pour pouvoir mettre en place son capitalisme sauvage.

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M.W 07/06/2017 21:53

J'ai une idée

Pourquoi ne pas faire comme en Turquie ? mettre en place le contrôle des religions par l'Etat, au moins, l'Etat pourra inciter les chefs religieux à prêcher le refus du radicalisme et l'attachement à la diversité.

paroissiens-progressistes 08/06/2017 13:41

M.W,

Contrôler la religion serait mettre fin à la laïcité qui donne une séparation de la religion et de l'Etat, mais le fait de former les religions dans un cadre neutre et laïc à la compréhension de la laïcité, pourrait en donner une vision ouverte.

Merci !