Les quatre cardinaux frondeurs réécrivent au pape François

Publié le 22 Juin 2017

Nicolas Senèze, à Rome, nous montre dans son article du mardi 20 juin 2017 nous montre que les cardinaux opposés au pape François estiment que les mises en application d’Amoris laetitia créent des «situations de confusion et de désarroi».

 

Les quatre cardinaux qui avaient émis, à l’automne dernier, une série de doutes (dubia) sur l’exhortation apostolique Amoris laetitia, ont réécrit au pape début mai pour lui demander une audience. N’ayant pas reçu de réponse formelle du pape, ils ont décidé, comme la fois précédente, de rendre publique leur lettre, publiée sur le blog Settimo cielo du vaticaniste Sandro Magister.

 

Sous la plume du cardinal Carlo Caffarra, qui s’exprime au nom de ses collègues Walter Brandmüller, Raymond L. Burke et Joachim Meisner, ils expliquent vouloir parler avec lui des divisions provoquées par Amoris laetitia et des «situations de confusion et de désarroi » qui, selon eux, en résulteraient « dans une bonne partie de l’Église».

 

Faisant part de leur «inquiétude», ils mettent notamment en cause le fait que «plusieurs interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation post-synodale ont été données publiquement, non pas divergentes mais contraires au Magistère de l’Église».

 

Persistant à demeurer dans une logique du permis/défendu, ils s’indignent notamment du fait que certains évêques puissent permettre à certains divorcés remariés, dans certains cas, d’accéder à la communion eucharistique et relèvent que des épiscopats ont pris des positions qu’ils estiment divergentes. «Et c’est ainsi – oh comme il est douloureux de le constater ! – que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est licite à Malte», regrettent-ils.

 

Mais peut-on faire confiance à des cardinaux qui prétendent demander le dialogue alors que les questions de la dubia qu'ils ont soumises au pape exigent des réponses «oui ou non», ce qui empêche un réel dialogue. Ils s’opposent également à un document collégial fait par deux synodes et leurs doutes ne répondent pas aux questions pastorales actuelles alors qu’Amoris Laetitia, est une réponse large au mariage et à la famille, où l'enseignement catholique doit être appliqué aux situations pastorales de la vie réelle tout en offrant les sacrements à un remariage, ce qui est un développement légitime de la doctrine catholique.

 

Le pape souhaite sortir de l’Église forteresse que les quatre cardinaux souhaitent garder pour intégrer et réinsérer tous ceux qui souhaitent retourner dans l’Église. Amoris Laetitia n’est ni révolutionnaire ni dangereuse, tout juste une réponse à certaines questions auxquelles l’Église refusait de répondre en limitant l’enseignement de Jésus sur le mariage qui aurait du être vu dans son contexte et non repris tel quel. Le mariage de notre époque tout comme le divorce ne peuvent être vu à travers ceux de l’époque de Jésus.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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