Netanyahu renonce à sa promesse de mixité au mur des Lamentations

Publié le 26 Juin 2017

L’Express.fr nous montre ce lundi 26 juin 2017 que le Premier ministre israélien n'établira pas d'espace de prière mixte, réclamé depuis des années par les juifs libéraux. Netanyahu a cédé devant les fondamentalistes. Le gouvernement israélien a abandonné dimanche le projet d'aménagement d'un lieu de prière mixte devant le mur des Lamentations. Après des années de querelle, le gouvernement avait pourtant accepté, en janvier 2016, le principe de créer cet espace mixte. Conformément à la stricte tradition ultra-orthodoxe, deux espaces séparés de prière, l'un pour les hommes l'autre pour les femmes, existent devant le mur des Lamentations, l'un des lieux les plus saints du judaïsme, à Jérusalem-Est.  Mais des militantes se battent depuis des années pour obtenir le droit, réservé aux hommes, de prier et de lire la Torah collectivement et à voix haute, et de porter le châle de prière.

 

Alors que les ultra-orthodoxes ne cessent de gagner du terrain dans le pays, leurs principaux représentants politiques sont parvenus à faire céder le Premier ministre. Des membres des partis ultra-orthodoxes Shass et Judaïsme unifié de la Torah ont annoncé dimanche que Benyamin Netanyahu avait accepté de "geler" ce projet, un geste qui reflète selon eux "la volonté de la majeure partie de la nation qui veut sauvegarder le caractère sacré du mur et son statut". Ils partagent la position du rabbinat ultra-orthodoxe, qui a le monopole sur les affaires religieuses et rejette la mixité au mur des Lamentations. L'annulation de cette décision a été saluée par le rabbin ashkénaze David Lau. Partenaires de la coalition gouvernementale de Netanyahu, ces partis ont su faire valoir leur appui au Premier ministre pour faire avorter la réforme réclamée par les mouvements juifs libéraux qui accordent une place égale aux femmes et aux hommes dans les rituels.

 

Anat Hoffman, présidente de l'association Women of the Wall, qui lutte pour changer les règles sur le mur des Lamentations, a estimé qu'il s'agissait d'une "terrible journée pour les femmes en Israël", accusant Netanyahu de "céder à une poignée de religieux extrémistes". L'Agence juive, en charge de l'immigration au sein de la diaspora, a dénoncé cette décision, expliquant que "soutenir Israël ne signifiait pas automatiquement le gouvernement israélien".

 

La décision de Netanyahu a aussi été critiquée par le puissant ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui a reproché la précipitation du Premier ministre sur cette question sensible.  Le judaïsme libéral reste très minoritaire en Israël contrairement aux États-Unis. Seulement 7,1% des juifs israéliens se définissent comme tels, contre 26,5% qui disent appartenir au judaïsme orthodoxe, les autres se définissant traditionalistes -respectant les principales fêtes mais pas le shabbat- ou non religieux, selon le centre de recherches Israel Democracy Institute (IDI).

 

Les ultra-orthodoxes ont réussi à faire capoter une excellente décision celle d’un espace mixte pour prier au mur des lamentations pouvant donner un espace aux libéraux qui ordonnent des femmes et des homosexuels et sont inclusifs envers les convertis et les religions, tout en faisant des mariages interreligieux. Comme au Vatican, en Israël c’est la minorité religieuse conservatrice dans le monde juif qui a l’écoute des puissants.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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