PMA : Monseigneur d'Ornellas, archevêque de Rennes appelle à ne pas “réveiller les passions”

Publié le 28 Juin 2017

Dans france3-regions.francetvinfo.fr ce mercredi 28 juin 2017 l'Église catholique, ou plutôt sa hiérarchie, portée par Mgr Pierre d'Ornellas, appelle Emmanuel Macron à ne pas "réveiller les passions" sur la procréation médicalement assistée (PMA). Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est dit favorable à son ouverture aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

 

Dans une tribune à paraître dans Le Monde daté de jeudi, l'archevêque de Rennes Monseigneur Pierre d'Ornellas, chargé des questions d'éthique au sein de l'épiscopat, estime qu'"il serait regrettable pour tout le monde que le président de la République et le gouvernement prennent rapidement des décisions qui suscitent la division en réveillant les passions". Dans un avis rendu public mardi, le CCNE s'est déclaré favorable à l'ouverture aux couples de femmes et aux femmes célibataires de la PMA, aujourd'hui réservée au traitement de l'infertilité chez les couples hétérosexuels.

 

"Le CCNE ne donne qu'un avis qui, sans obliger, invite à une réflexion plus approfondie et davantage partagée. Donnons-nous le temps de la réflexion et du débat !", écrit Mgr d'Ornellas, pour qui "il est urgent de poursuivre l'apaisement de la France". Dans un entretien en mars au quotidien catholique La Croix, le candidat Macron avait dit que sa "conviction personnelle est qu'il faut étendre la PMA, au nom de l'égalité hommes-femmes et du droit à l'accès à une prestation médicale", tout en précisant qu'il "respecterai(t) l'avis" du CCNE et "regarderai(t) aussi l'état de la société et des débats qui s'y jouent pour agir de manière apaisée".

 

Pour Mgr d'Ornellas, "le CCNE fait état de deux réserves qui manifestent que la réflexion est loin d'être aboutie", évoquant "les conditions d'accès et de faisabilité" de cette PMA pour toutes et, s'agissant des femmes seules, "les interrogations sur les conséquences éventuelles pour l'enfant". En outre, souligne l'archevêque, 11 des quarante membres du CCNE ont rendu un "avis divergent" sur la PMA, appelant au statu quo.

 

"La France ne trouverait-elle pas un élan nouveau grâce à une éthique de respect et de responsabilité, partagée par le plus grand nombre? Par le refus de la GPA (gestation pour autrui) en raison de la violence faite aux femmes, le CCNE opte pour une telle éthique", observe le prélat, qui appelle, dans la réflexion sur la PMA, à faire prévaloir les droits du "plus fragile, à savoir l'enfant".

 

Ici en France, l’Église est toujours sur le sociétal mais le gouvernement veut traduire d'un point de vue législatif l'avis du Comité consultatif national d'éthique qui s'est prononcé mardi pour l'accès à la PMA à toutes les femmes, alors que normalement son domaine de prédilection est le social, il est incompréhensible qu’elle soit inaudible sur la future loi travail du gouvernement Philippe qui va précariser les travailleurs, alors qu’en Corée du Sud depuis 1987 l’Église catholique a joué un important rôle de soutien dans les revendications des travailleurs notamment sur la durée du travail et sur la lutte contre la généralisation des travailleurs précaires.

 

Plus grave encore comme le montre HuffingtonPost.fr dans l’article de Sandra Lorenzo du mercredi 28 juin «Tout droit sorties de "The Handmaid’s Tale", elles défilent contre la réforme de la santé devant le Capitole», les sénateurs américains devront voter en juillet 2017 la réforme de la santé. Celle-ci entend, entre autres, abroger les impôts et taxes créés par l'Obamacare, réduire les crédits au système de santé comme ceux accordés au programme Medicaid, l'équivalent de la CMU aux États-Unis. Cette réforme pourrait, si le texte est voté, mettre en danger la santé de nombreuses femmes, d'autant plus que le planning familial américain pourrait perdre ses aides gouvernementales. C'est pourquoi, mardi 27 juin, une trentaine de militantes du planning familial ont revêtu les vêtements des Servantes de la série à succès "The Handmaid's Tale".

 

Adaptée du roman du même nom ("La Servante écarlate", en français) écrit par Margaret Atwood dans le Berlin ouest de 1985, la série plonge dans un futur proche où les États-Unis ne sont plus. Face à la violence des catastrophes environnementales et la chute drastique du taux de fertilité, le pays est tombé aux mains d'une secte de chrétiens extrémistes qui ont décidé de faire des rares femmes encore fertiles leurs esclaves dans le but de s'assurer une descendance. June (Elisabeth Moss dans "Mad Men") est l'une de ces femmes. Capturée alors qu'elle tentait de fuir vers le Canada, elle a été torturée et humiliée jusqu'à ce qu'elle accepte son nouveau rôle de "ventre sur pattes" et est maintenant retenue dans la maison de l'un des couples les plus puissants de cette nouvelle république. Elle est habillée comme ses semblables d'un bonnet blanc et d'une longue cape rouge.

 

Depuis le début de la diffusion de la série, les manifestations de Servantes se multiplient. D'autres ont eu lieu au Texas, dans l'Ohio ou en Californie. Un symbole parfait pour "attirer l'attention sur la menace qui pèse sur les moyens très concrets pour les femmes d'accéder à une couverture santé et à une contraception", résume une consœur du HuffPost américain.

Comme le montre grazia.fr dans son article «La tenue de "The handmaid's tale" adoptée par les féministes», le Trumpcare prévoit d'augmenter les coûts pour les femmes, pour la grossesse, l'accouchement, la contraception, l'IVG ou les dépistages de cancer, ce qui a poussé les féministes à porter la cape rouge et la capeline blanche qui sont devenus le symbole de l'oppression des femmes.

 

La série TV représente la menace pesant sur les droits des femmes. Dans la série, les femmes ne se voient confier qu'une seule tâche : celle d'enfanter et d'éduquer les enfants. Elles ne travaillent plus, n'ont plus de comptes en banque, se voient attribuer l'entière exécution des tâches ménagères, et dépendent entièrement de leurs maris. Une régression totale de leurs droits et libertés qui s'appliquent aussi à leurs tenues. Les patronnes sont habillées en vert, tandis que certaines servantes (seules femmes fertiles chargées d'enfanter pour la nation) sont revêtues de grandes capes rouges et de cornettes blanches.

 

Plus que jamais cette phrase de Simone de Beauvoir est d’actualité : "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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