Pédophilie dans l’église : Le prêtre mis en cause «reconnaît les faits», selon l’évêque de Saint-Etienne

Publié le 5 Juillet 2017

Elisa Frisullo dans son article du mardi 4 juillet 2017 pour 20minutes.fr nous montre que Régis Peyrard, le curé de 84 ans, a été dénoncé à trois reprises depuis 2000 auprès du diocèse… Ce prêtre a été mis en cause une première fois en 2000 par deux victimes. L’avenir de l’ecclésiastique est désormais entre les mains de Rome, saisie de cette affaire.

 

«C’est un prêtre âgé, mais très profondément conscient de la gravité de ses faits.» Ce mardi après-midi, suite aux révélations faites par 20 Minutes, l’évêque de Saint-Etienne (Loire) Sylvain Bataille a indiqué qu’une procédure canonique avait été engagée à l’encontre du père Régis Peyrard, 84 ans, accusé par trois victimes de faits d’agressions sexuelles sur mineurs datant d’une trentaine d’années. «Celui-ci reconnaît les faits», a ajouté l’évêque, précisant toutefois que l’homme d’Église, en poste dans le diocèse depuis les années 1960, présentait «des vraies difficultés de mémoire par rapport à ces faits-là ».

 

Ce prêtre, passé ces dernières décennies par les paroisses de la Talaudière, puis de Saint-Just-Saint-Rambert et Sainte-Thérèse du Rond-Point, a été mis en cause pour la première fois, selon Sylvain Bataille, en 2000. Cette année-là, deux victimes ont dénoncé les abus perpétrés à leur encontre par le curé auprès du diocèse. Puis, en 2014, un troisième signalement a été fait auprès de l’Église. «À trois reprises, des victimes se sont manifestées et à chaque fois, les faits ont été signalés à la justice», a assuré l’évêque. Mais pour l’heure, les attouchements sexuels dont est accusé Régis Peyrard étant prescrits, ce curé n’est visé par aucune procédure judiciaire, avait indiqué mi-juin à 20 Minutes une source judiciaire.

 

Dès les premiers signalements, l’évêque de l’époque Pierre Joatton, aurait pris les mesures nécessaires pour empêcher tout contact entre le curé et les enfants. A savoir «résider dans une maison de retraite et exercer un ministère restreint», a ajouté ce mardi Sylvain Bataille, jugeant «inqualifiables» les actes reprochés au curé. «Nous pensons d’abord aux victimes, à leurs souffrances et aux conséquences dramatiques de ces actes», a ajouté l’évêque, inquiet que d’autres enfants aient pu par le passé subir les assauts du père Peyrard.

 

«Forcément, c’est une question qui m’habite, qui m’affecte. On se demande combien de personnes ont pu être touchées», a-t-il déclaré. L’avenir de ce prêtre, qui a multiplié les pèlerinages en terre sainte et à Lourdes, est désormais entre les mains de Rome, saisie de cette affaire. «Cette procédure pourra aboutir à différentes choses et aller jusqu’à le relever du sacerdoce», a précisé le diocèse.

 

Même si la pédophilie est toujours un problème que l’Église se doit de régler sérieusement, aux États-Unis on tente l’unité dans l’Église. Céline Hoyeau (à Orlando, Floride) nous montre ce mercredi 5 juillet dans son article pour la-Croix.com «Les responsables catholiques américains de toutes tendances rassemblées à Orlando» que pour la première fois, les principaux acteurs des diocèses des États-Unis se sont retrouvés du 1er au 4 juillet pour réfléchir à la manière d’atteindre une jeunesse qui se détourne de l’Église.

 

L’unité est précisément ce qu’a visé pendant trois jours l’Église des États-Unis, en rassemblant pour la première fois à Orlando, en Floride, des responsables catholiques de toutes tendances, des plus «pro-vie» aux plus fervents défenseurs de la justice sociale, soit 3400 participants choisis par les 155 évêques présents. Objectif de cette «convocation» : dépasser les «cultural wars», les divisions autour des sujets de société. Même si, comme l’a fait remarquer à l’ouverture Mgr William Lori, l’archevêque de Baltimore, «les études menées nous ont montré que ces divisions étaient bien moins fortes que nous le pensions». Le climat de ce laboratoire inédit a, de fait, été moins aux débats qu’à une réflexion sur la manière de rejoindre une Amérique en cours de sécularisation. Autrement dit, la manière d’être de meilleurs «disciples missionnaires», selon les mots du pape François. Pour les évêques, ce gigantesque rassemblement est d’abord l’occasion d’écouter. Et d’identifier avec les «experts», engagés sur le terrain, les mutations auxquelles l’Église américaine est confrontée : montée de l’individualisme, de l’indifférence religieuse, des «sans religion» (un quart de la population américaine), baisse de la pratique mais aussi vagues migratoires…

 

Parmi les participants, nombreux sont les jeunes adultes, solidement formés et nommés à des postes clés dans les diocèses. Une grande question revient pourtant : comment rejoindre les jeunes Américains à qui l’Église ne parle plus ? Les évêques le reconnaissent : «Il nous faut trouver une nouvelle manière de parler de la foi, en partant sans doute davantage de notre expérience et de notre témoignage», avance le cardinal Donald Wuerl, archevêque de Washington. Une Église moins dogmatique ? C’est ce qu’appelle de ses vœux ­ Matthew Halbach, 38 ans, directeur du Centre Saint-Joseph pour l’éducation à la foi, dans l’Iowa, et consultant pour la conférence épiscopale. «Les gens attendent de nous un témoignage authentique, de la compassion. Pour nommer un couple remarié qui est fidèle, éduque ses enfants avec amour et dans la foi mais n’a pas obtenu la nullité de mariage, on n’a qu’une catégorie : “adultères”… Nous avons besoin d’un langage plus miséricordieux», constate ce père de quatre enfants.

 

«L’Église américaine a toujours été présente aux périphéries, à travers nos écoles, nos paroisses… mais nous pouvons faire mieux», appuie Mgr José Gomez, archevêque de Los Angeles et vice-président de la conférence épiscopale, sommant les leaders catholiques à aller aux périphéries «sociales, existentielles et spirituelles». Si certains, comme cette religieuse, aumônière d’hôpital, regrettent le manque de réel débat – «Il y a un éléphant dans la pièce et on n’en parle pas !», glisse-t-elle, évoquant entre autres l’accueil des homosexuels –, Matthew Halbach se veut plus optimiste. «Nous sommes au début de la route, mais je sens dans nos conversations informelles que les gens de tous bords s’ouvrent.»

 

Mais comme le montre cruxnow.com dans l’article de John L. Allen Jr. et Ines San Martin du mardi 4 juillet 2017 «John Carr : les critiques du pape trop souvent "bloqués dans leurs propres têtes"», John Carr qui a eu l'idée de ce rassemblement entre les leaders du camp pro-vie catholique avec ceux qui travaillent sur la justice sociale pour montrer qu’ils pouvaient «agir ensemble» et mettre en avant l'étreinte de l'enseignement social de l'Église, pourraient les rendre dangereux et et ainsi fournir une vision alternative de la vie publique et montrer que les soins aux faibles, à l'être à naître, aux sans-papiers, à la personne âgée, aux jeunes, aux personnes sans soins de santé, aux personnes qui luttent pour survivre face aux persécutions religieuses, en d'autres termes, un engagement commun à la défense de la vie et de la dignité humaine, offre non seulement une voie à suivre pour l'Église, mais aussi un chemin vers la société.

 

Même si les évêques y ont montré leur soutien envers le pape et que ce rassemblement essaye d’accompagner les changements, il y a surtout eu une tentative de réunir deux camps profondément opposés les catholiques pro-vie et sociaux, sans parler réellement des problèmes sociétaux.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

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