L’appel à la paix du Vatican dans le dossier nucléaire nord-coréen

Publié le 10 Août 2017

Baptiste Protais nous montre ce jeudi 10 août 2017 sur la-Croix.com que Mgr Silvano Tomasi, l’ancien observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, appelle les États-Unis et la Corée du Nord au dialogue et à la négociation diplomatiques. Mgr Silvano Tomasi a rappelé que le dialogue doit être la voie privilégiée des relations diplomatiques, «pour ne laisser personne à l’écart sur le chemin du bien commun». «La voie du conflit est toujours mauvaise », a déclaré Mgr Tomasi, et il faut « investir le temps, l’énergie, l’argent et les ressources» nécessaires pour éviter d’en arriver à ce point de la crise. Cette attitude diplomatique est aussi une disposition politique : «Au lieu d’élever des murs (…) nous devons changer notre culture publique [en ne cherchant pas] à posséder les dernières technologies militaires, mais en ayant une approche inclusive.»

 

Ce faisant, il réaffirme l’engagement du pape François pour le désarmement nucléaire. Mgr Tomasi rappelle également que le 1er janvier 2017, dans son message pour la cinquième journée de la paix, le pape François avait appelé tous les hommes à «faire de la non-violence [leur] style de vie». Cette éthique de la non-violence n’est évidemment pas une forme de résignation, mais «un engagement actif dans la promotion de ce qui est bon et qui évite la confrontation». Dans son message pour la paix, le pape François évoquait notamment la menace de la guerre nucléaire. Il a réaffirmé sa volonté de voir appliquer le traité de non-prolifération des armes nucléaires dans un message adressé à l’ONU pour la conférence sur l’abrogation des armes nucléaires, qui s’est tenue à New York du 27 au 31 mars : elle avait réuni 113 des États membres et aucun des membres du conseil de sécurité.

 

Le pape avait alors montré «l’insuffisance de la dissuasion nucléaire comme réponse efficace» aux défis du XXIe siècle que sont «le terrorisme, les conflits asymétriques, la cybersécurité, les problèmes environnementaux [et] la pauvreté». De surcroît, l’idée même de dissuasion nucléaire est à rebours d’une politique de la «confiance mutuelle [qui] ne peut être construite qu’à travers un dialogue véritablement tourné vers le bien commun». Loin de tout angélisme, le pape François souhaitait que la conférence fût une étape décisive dans l’acheminement vers un monde sans armes nucléaires, reposant sur une «éthique de la paix et de la sécurité coopérative».

 

Mais comme le montre euronews.com dans son article «Le régime précise sa menace contre l'île américaine de Guam» que Pyongyang a présenté ce jeudi un projet détaillé pour tirer des missiles au-dessus du Japon, vers le territoire américain de Guam, dans le Pacifique. Les contours du plan ont été dévoilés officiellement à la télévision d’État nord-coréenne KRT. Il s’agirait de quatre missiles. En juillet, Pyongyang a déjà mené deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux mettant une bonne partie du continent américain à sa portée. Cette nouvelle surenchère intervient au lendemain de la déclaration tonitruante du président américain. Donald Trump a promis pas moins que “le feu et la fureur” à la Corée du Nord.

 

Le gouverneur de Guam a prévenu que l‘île était “parfaitement équipée” pour faire face à une éventuelle frappe nord-coréenne. Le territoire aux plages paradisiaques est très dépendant du tourisme qui fournit un tiers de ses emplois. Il a attiré plus d’un million et demi de visiteurs l’an dernier. L‘île compte surtout des installations stratégiques américaines : bombardiers à longue portée, chasseurs et sous-marins ainsi qu’un bouclier anti-missiles

 

Une situation tout aussi compliquée se dessine au Venezuela comme le montre Marie Malzac aujourd’hui sur la-Croix.com dans l’article : «Au Venezuela, l’Église en terrain miné». Après avoir proposé, en vain, ses services de médiateur, le Saint-Siège a adopté un ton plus ferme à l’égard de la dérive autoritaire du gouvernement chaviste. Il s’était montré jusque-là plus conciliant que les évêques vénézuéliens, qui s’opposent frontalement au président Nicolas Maduro. Dans cet échiquier, le pape François peut encore assumer un rôle clé, estiment certains observateurs. De fait, Nicolas Maduro a systématiquement exclu le pape, «défenseur des peuples» dont il reconnaît «l’humilité», des critiques qu’il a adressées à «la bureaucratie vaticane».

 

Là aussi la situation est des plus mauvaises comme le montre l’article de Libération.fr de ce jour : « «Tu ne seras pas seul», assure Raul Castro à son allié Maduro ». Le président cubain Raul Castro a assuré mercredi à son homologue et allié vénézuélien Nicolas Maduro qu’il ne «sera pas seul» dans son combat politique et face au «harcèlement international» dont il est victime, selon La Havane.

 

Dans une lettre le félicitant avec «une immense joie révolutionnaire» pour l’élection et l’installation récente d’une Assemblée constituante controversée, Raul Castro a assuré à M. Maduro que «les Cubains seront à l’avant-garde de la solidarité militante» du bloc socialiste latino-américain et resteront «engagés en faveur de (sa) cause». «Des jours de lutte acharnée, de harcèlement international, de blocus et de privations sont à venir, mais tu ne seras pas seul», a-t-il insisté à l’adresse du président socialiste dans ce courrier lu sur l’antenne de la télévision d’État cubaine.

 

Confronté à une vague de contestation ayant déjà fait 125 morts depuis quatre mois, Nicolas Maduro se trouve de plus en plus isolé par la communauté internationale. Il a notamment déclenché l’ire de nombreux pays et de l’Onu en tentant de reprendre en main les institutions de son pays avec l’installation d’une Assemblée constituante qui menace le Parlement contrôlé par l’opposition. Pour contre cela, réunis à Lima, douze pays – l'Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay et le Pérou - ont décidé mardi de ne pas reconnaître la légitimité de l'Assemblée constituante qui vient d'être élue, ni les décisions qu'elle pourrait prendre.

 

Mais ce soutien n’est pas aussi beau qu’on pourrait le croire puisque La Havane est fortement dépendante des livraisons de pétrole de Caracas, concédé à des conditions favorables et payé en grande partie avec l’envoi de médecins cubains au Venezuela.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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