En France, de nouvelles initiatives des diocèses pour les divorcés remariés

Publié le 13 Septembre 2017

Anne-Bénédicte Hoffner dans son article sur la-Croix.com du 12 septembre 2017 nous montre qu’à Lyon, le cardinal Philippe Barbarin invite les catholiques «séparés, divorcés ou divorcés remariés» pour une rencontre le 15 octobre. De leur côté, les évêques suisses se sont mis d’accord sur un texte commun, «renouvelant la pastorale du mariage et des familles».

 

«Depuis qu’il est notre pape, François a demandé que personne ne soit laissé sur le bord du chemin.» Dans le diocèse de Lyon, une lettre signée du cardinal Philippe Barbarin circule depuis la rentrée «à l’attention des catholiques séparés, divorcés ou divorcés remariés». «Avec toute la famille diocésaine, nous devons prendre soin de tous, et spécialement de ceux dont la vie a été marquée par une rupture, une souffrance. Et si vous-mêmes vous êtes sentis jugés, rejetés ou exclus par un membre de notre Église en raison de votre situation matrimoniale, je vous demande pardon, car aucune de ces attitudes ne reflète le cœur du Serviteur», leur écrit l’archevêque de Lyon.

 

«Pour que soit concrètement mis en œuvre l’enseignement du pape François dans Amoris laetitia», le texte du pape qui a suivi le synode des évêques sur la famille, l’archevêque de Lyon invite les catholiques vivant une rupture conjugale à une rencontre dimanche 15 octobre à 17 h 30 à la primatiale Saint-Jean-Baptiste. Différentes initiatives paroissiales à leur intention seront présentées, avant la célébration des vêpres et un «moment convivial».

 

Comme Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, le 1er novembre 2016, puis Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre le 23 avril, le cardinal Barbarin a choisi à son tour de tendre la main aux personnes séparées, divorcées ou remariées, conscient que beaucoup d’entre elles se sentent «exclues, jugées ou blessées». Un processus leur sera-t-il proposé, comme à Rouen ou au Havre, pour pouvoir éventuellement accéder à nouveau aux sacrements de réconciliation et de l’Eucharistie ? La lettre ne l’évoque pas à ce stade.

 

Cette invitation est en tout cas une conséquence directe de la publication le 8 avril 2016 de l’exhortation Amoris laetitia (La joie de l’amour), et également un geste symbolique de la part de l’archevêque de Lyon, réputé proche du pape François, mais aussi du cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, et inlassable défenseur de ce texte papal qui inquiète et déstabilise une petite minorité dans l’Église.

 

Soucieux eux aussi d’expliquer le texte à leurs fidèles, et de dégager des «orientations générales» pour sa mise en œuvre, les évêques de Suisse ont publié le 5 septembre un «message» commun intitulé «Pour un renouvellement de la pastorale du mariage et des familles à la lumière d’Amoris laetitia : une bonne nouvelle pour tou (te) s». «Avec son exhortation Amoris laetitia, le pape François nous fait un cadeau, écrit la Conférence des évêques de Suisse. Il nous la propose comme une invitation à la conversion et à l’engagement missionnaire, valable non seulement pour la pastorale des couples et des familles, mais également pour l’ensemble de la pastorale.»

 

Répondant aux inquiétudes qui se sont manifestées ici ou là – relayées publiquement et au plus haut niveau dans l’Église par quatre cardinaux – les évêques suisses assurent que «François rejette ainsi à la fois le rigorisme et le laxisme, c’est-à-dire une pastorale plus rigide qui prétend tout résoudre en appliquant les normes générales, autant qu’une pastorale de concessions qui conduirait à penser que “l’Église entretient une double morale”».

 

En pratique, la conférence épiscopale invite notamment les diocèses à renforcer «la formation initiale et permanente des agents pastoraux» à l’écoute et à l’accompagnement «dans notre Église intégrative et bigarrée», y compris en s’appuyant sur les interventions de «psychologues, thérapeutes, juristes». Rien n’est en revanche proposé aux couples divorcés remariés, à l’exception de «groupes d’accompagnement et de partage de la Parole».

 

En France, aucun texte commun à l’ensemble des évêques n’est attendu. Chaque diocèse travaille donc de son côté pour répondre aux attentes du pape en matière de pastorale. Celui de Besançon travaille à une «réception progressive» du texte, en misant notamment sur l’éducation des jeunes à la vie affective et sexuelle.

 

«La tension, c’est de tenir la tradition de l’Église sur le sacrement de mariage, tout en accueillant de manière inconditionnelle les personnes en souffrance et qui aiment l’Église, résume Mgr Jean-Luc Bouilleret, archevêque de Besançon. Nous ne sommes qu’au début d’une conversion mutuelle : d’un côté, les gens en souffrance qui veulent se mettre en chemin; de l’autre, le diocèse qui veut répondre à l’appel du pape. Pour ma part, je suis prêt à m’impliquer dans ce temps d’accueil et d’écoute, je peux recevoir tous ceux qui le souhaitent.»

 

Samedi 19 août à 10 h 30, dans l’église Saint Antonin d’Epaignes (Eure), «Philippe et Annie», divorcés et remariés, ont célébré leur «retour à l’Eucharistie» lors d’une messe présidée par le père Jean-François Berjonneau, l’un des trois missionnaires de la miséricorde du diocèse d’Évreux représentant l’évêque. «Après un long cheminement, un temps de discernement de leurs motivations, avec l’aide d’un accompagnateur spirituel et une journée de retraite dans une abbaye où ils ont reçu le sacrement du pardon», rapporte sur son blog le père Denis Chautard.

 

Jésus n’a-t-il pas dit qu’il n’est «pas venu appelé des justes, mais des pécheurs» (Marc 2, 17) ? Dans ce cas pourquoi, on prive de sacrement les divorcés remariés qu’on traita pendant longtemps de pêcheurs au lieu de leur donner des outils pour leur salut. Finalement ceux qui regardent les divorcés remariés comme des pêcheurs auront sans doute le même genre de réponse qu’à donné Jésus aux les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple dans Matthieu 21, 31 : «les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu». Qui sait, les divorcés remariés nous devancerons aussi dans le royaume de Dieu ?

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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