Aquarius : pour Jacques Toubon, Défenseur des droits, il fallait "accueillir d'abord", étudier les situations "ensuite"

Publié le 24 Juin 2018

huffingtonpost.fr ce dimanche 24 juin 2018 nous montre que le Défenseur des Droits a critiqué la réponse française à la crise du navire humanitaire de l'Aquarius, jugeant qu'il aurait fallu "accueillir d'abord" les migrants et étudier leur "situation administrative ensuite" alors que Paris, longtemps silencieux, a fait le choix inverse. "La réponse qu'il fallait donner à l'errance des migrants d'Aquarius était une réponse humanitaire : accueillir ces personnes dans l'urgence", a estimé Jacques Toubon dans une interview au Journal du dimanche, ce 24 juin, alors qu'un mini-sommet européen consacré à la crise migratoire est prévu à Bruxelles dans la journée.

 

L'Aquarius, un navire humanitaire qui transportait 630 migrants, a terminé le 17 juin sa route à Valence, en Espagne, après une errance d'une semaine en Méditerranée provoquée par le refus de l'Italie et de Malte de lui ouvrir leurs ports. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement français n'ait pas proposé d'accueillir le bateau, passé près des côtes corses.

 

Face aux critiques, Paris a fini par accepter une partie de ces migrants mais ne n'est dit prêt à accueillir que ceux "qui répondraient aux critères du droit d'asile" après examen de leur situation en Espagne. "Le principe de non refoulement prévu par la Convention de Genève impose à la France de donner à l'errance de ces personnes une réponse humanitaire et juridique : les accueillir d'abord, observer leur situation administrative ensuite", assure Jacques Toubon. Le Défenseur des Droits a par ailleurs plus généralement déploré que "la peur" et l'idée "fausse" d'une "submersion" migratoire "guident les opinons et les choix politiques".

 

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, dont le projet de loi controversé sur l'immigration doit être adopté pendant l'été, a été critiqué pour avoir déclaré que certaines régions étaient "submergées par les flux de demandeurs d'asile". "Il faut que la vérité et la raison reprennent le dessus sur les préjugés et les émotions pour que soient respectés scrupuleusement les droits fondamentaux", a exhorté Jacques Toubon. Dans son interview, il appelle par ailleurs de ses vœux la "fin" du règlement "injuste et inefficace" de Dublin, qui confie principalement la charge du traitement des demandes d'asile aux pays de première entrée dans l'UE.

 

Mais aucune solution n’est pour l’instant trouvée en Europe pour cette crise humanitaire. La réunion de ce dimanche, organisée par la Commission européenne, a réuni 16 pays pour déminer le terrain du Conseil européen à 28 des 28-29 juin. Les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) n'ont pas souhaité participer, mais l'Italie, qui affiche une ligne dure sur la question de l'immigration, a répondu présente. L'objectif affiché par Bruxelles est d'éviter la multiplication de décisions unilatérales, à l'image de celle de Rome de fermer ses ports aux navires d'ONG secourant des migrants, comme l'Aquarius il y a peu et désormais le Lifeline et ses 234 passagers, dont quatre bébés, en attente d'une solution dans les eaux internationales. Pourtant, aucune mesure concrète n'a été présentée à la sortie de ce mini-sommet. Si Emmanuel Macron a salué une réunion "utile" qui a permis d'évacuer des solutions "non-conformes" aux valeurs européennes, il a laissé entendre que les avancées reposeraient surtout sur des accords bilatéraux. Il semble de fait difficile d'obtenir un accord commun pour le  jeudi 28 prochain (https://www.lci.fr/international/en-direct-mini-sommet-de-l-ue-sur-les-migrants-la-reunion-a-ete-utile-estime-macron-2091385.html).

 

Pendant ce temps, une autre voie que la peur et la xénophobie est proposée par le Printemps européen dans sa page Twitter (#PrintempsEuropéen) qui a lancé hier sa plateforme à Varsovie pour faire un New Deal pour la Démocratie, la révolution écologique, le revenu universel, l’égalité des travailleurs, l’accueil des réfugiés, la libération de l’avortement et des droits des femmes en Europe. Génération.s (France), Alternativet (Danemark), MeRA25 (Grèce), Razem (Pologne) ou Diem25 participent à ce printemps européen, et ont discuté d'alliances avec les mouvements sociaux en Asie, Afrique, Amérique latine, car pour le mouvement l'Europe a besoin de restaurer un véritable internationalisme pour un Printemps européen. Comme le montre Yanis Varoufakis : "L'échec des politiques néolibérales ont créé les conditions de la montée du fascisme".

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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