États-Unis : Jésus encagé pour protester contre la politique migratoire de Trump

Publié le 24 Décembre 2018

Ambre Lepoivre nous montre ce lundi 24 décembre 2018 sur BFMTV.com qu’alors que Donald Trump réclame cinq milliards de dollars pour la construction d'un mur destiné à freiner l'immigration clandestine, des églises protestent symboliquement contre sa politique et entourent leurs crèches de barrières grillagées.

 

Des paroisses américaines s’érigent contre ce qu’elles appellent le "mur de la honte". Pour contester la politique migratoire du président Trump, certaines paroisses ont symboliquement entouré leurs crèches de Noël de fils barbelés, rapporte France Inter. Leur message est clair: l’histoire du christianisme commence par la migration de Jésus, Marie et Joseph qui fuyaient le danger. Toute famille demandeuse d’asile doit donc, elle aussi, être aidée et mise en sécurité.

 

A la Fellowship congregational church de Tulsa, en Oklahoma, Jésus, la Vierge et Saint Joseph ont été enfermés, parqués derrière des barrières grillagées.

 

Une allégorie en référence à la "tolérance zéro" imposée à la frontière entre les États-Unis et le Mexique alors que Donald Trump a réaffirmé dimanche sa volonté farouche d'obtenir cinq milliards de dollars pour la construction d'un mur destiné à freiner l'immigration clandestine.

 

"La seule manière de stopper les gangs, la drogue, le trafic d'êtres humains et beaucoup d'autres choses qui arrivent dans notre pays, c'est un mur ou une barrière", a-t-il tweeté. "Les drones et tout le reste sont merveilleux et très amusants, mais ce qui marche c'est un bon vieux mur", a ajouté le président.

 

Depuis, les États-Unis font face à un "shutdown", résultat d'un désaccord entre la Chambres des représentants et le Sénat sur le texte devant entériner le budget provisoire.

 

Certaines églises vont encore plus loin. La paroisse Sainte Suzanna, à Denham dans le Massachusetts, allie foi et politique en mettant le petit Jésus en cage, séparé des autres membres de la crèche.

 

Cette mise en scène rappelle la séparation de familles entières arrêtées à la frontière, au mois de mai dernier. Plus de 2300 mineurs ont été arrachés à leurs parents. Au nom d’une lutte stricte contre l'immigration clandestine, l'administration Trump a décidé d'incarcérer systématiquement les sans-papiers, qu'ils soient accompagnés d'enfants ou non. Ces derniers ne pouvant pas être détenus avec eux, ils sont séparés et envoyés dans des centres d'hébergement.

 

Cet été, des églises américaines se sont déjà émues du sort de ces familles. Le doyen Stephen Carlsen, d’une paroisse d’Indianapolis, avait alors lancé la campagne #EveryFamilyIsHoly ("Chaque famille est sainte").

 

"Jésus, Marie et Joseph étaient sans abri et ont fui le danger pour demander l'asile", écrivait le doyen dans un communiqué. "La Famille Sainte nous appelle aujourd'hui à soutenir toutes les familles en quête de sécurité et d'avenir pour leurs enfants. Nous ne resterons pas là pendant que des enfants sont enlevés à leurs parents".

 

La naissance de Jésus montrait une nouvelle vision du pouvoir dans l’humilité et la fragilité d’un nouveau-né, celle qui aurait mis fin au pouvoir oppresseur des empereurs romains et de leurs alliés. Aujourd’hui encore, Jésus doit faire face à des hommes comme Trump et ses alliés d’extrême-droite au pouvoir violent et trompeur.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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