Contre le cléricalisme, repenser la diversité des ministères et fonctions

Publié le 29 Avril 2019

Isabelle de Gaulmyn (à Strasbourg) nous montre dans la-Croix.com le dimanche 28 avril 2019 qu’un colloque à la faculté théologique de Strasbourg intitulé opportunément «la tentation du cléricalisme», et qui conviait une série de disciplines, histoire, théologie, droit canonique, pour cerner le cléricalisme, a permis de lancer quelques pistes pour rééquilibrer les pouvoirs entre prêtres et laïcs.

 

L’intervention d’historiens, comme Nicole Lemaître, fut de ce point de vue rassurante : elle a permis de constater que le cléricalisme actuel est d’abord une construction historique, qui doit beaucoup au Concile de Trente. S’est opérée à partir du XVIIe siècle, une «radicalisation catholique» qui a concentré toutes les fonctions sacrées sur le prêtre ordonné, à partir de l’Eucharistie et de la confession. En particulier, l’École française de spiritualité de de Berulle et Olier, a façonné un imaginaire du prêtre idéal, le «saint prêtre» au-dessus des fidèles, identifié au Christ.

 

La première manière de lutter contre ce cléricalisme, et sans doute la plus immédiate, constitue dans une meilleure maîtrise du droit canonique, dont l’objet est justement de sanctionner de telles dérives. Comme l’a noté non sans humour le canoniste Alphonse Borras, «le premier réflexe de l’évêque est de chercher un avocat de la société civile, en oubliant de se tourner vers ses propres autorités judiciaires internes». L’accent mis sur la miséricorde a fait oublier ce que le droit canonique peut avoir de punitif. Il manque aussi de lieux de régulation dans les structures ecclésiales, qui permettraient de signaler les dysfonctionnements graves. Dans le même ordre d’idée, Marie-Jo Thiel a pointé une culture du secret, et l’absence de transparence des procédures et des décisions.

 

Autre piste, plus théologique, l’apprentissage de la liberté spirituelle, et le juste exercice de leur «pouvoir spirituel» par les prêtres. Mgr Eric de Moulin-Beaufort, archevêque de Reims et président élu de la Conférence des évêques de France, a développé une réflexion sur la figure du «pasteur». «Il n’y a qu’un vrai pasteur, c’est le Christ». Il a fustigé les prêtres qui se prenaient eux-mêmes pour le Pasteur. Cela passe aussi par la vigilance des «brebis», c’est-à-dire des fidèles, qui, a-t-il rappelé, ne doivent pas être soumises, ou idolâtres par rapport aux ministres ordonnés.

 

Mais si la conception actuelle du prêtre clerc actuel doit beaucoup à l’histoire, il est sans doute possible d’en repenser la définition actuelle. Le canoniste Thibault Joubert insiste sur l’importance prise par la figure du prêtre au détriment de celle de l’évêque et des autres ministères : «Nous avons eu une théologie du sacrement de l’ordre trop concentrée sur le sacerdoce. Il subsiste aujourd’hui une tension entre deux théologies du ministère : la première centrée sur la figure sacerdotale du prêtre, l’autre partant d’une pluralité organique des ministères sous la présidence de l’évêque». En quelque sorte, la concentration progressive sur le prêtre des tâches originellement réparties dans une grande variété de fonctions sacrées, a nui à la diversité des rôles dans le catholicisme. Un défaut de pluralisme qui a nourri les abus de pouvoir que l’on sait.

 

C’est une bonne chose de trouver des solutions pour mettre fin au cléricalisme avec le souci de mettre plus avant le pluralisme, qui espérons le amènera un rôle plus important aux femmes.

 

Marie Malzac, nous apprend également sur la-Croix.com ce lundi 29 avril 2019 (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/A-Avignon-diocese-CCFD-reconcilient-2019-04-29-1201018637?from_univers=lacroix) que quelques semaines après la décision du diocèse d’Avignon de ne plus reconnaître le CCFD-Terre solidaire comme mouvement d’action catholique, Mgr Jean-Pierre Cattenoz a réintégré le Comité. Une décision qui fait suite au retrait du CCFD du collectif Rosmerta en opposition avec le diocèse. Pour marquer cette réintégration, «un signe fort», Mgr Cattenoz proposera aux prêtres du diocèse d’encourager la campagne d’appels aux dons du CCFD entre l’Ascension (30 mai) et la Pentecôte (9 juin). Habituellement, cette campagne a lieu pendant le Carême, une période au cours de laquelle le diocèse avait coupé ses liens avec le Comité.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église

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