La réforme de la curie se précise

Publié le 27 Avril 2019

Marie Malzac, nous montre sur la-Croix.com ce samedi 27 avril 2019 que dans des propos rapportés par l’hebdomadaire catholique espagnol Vida Nueva, les cardinaux Oscar Maradiaga et Oswald Gracias, membres du Conseil des cardinaux chargés de réformer la curie, confirment, entre autres, la création prochaine d’un grand dicastère pour l’évangélisation, qui aurait la préséance sur la Congrégation pour la doctrine de la foi, considérée à l’heure actuelle comme l’organe ayant le plus de poids au sein de la curie.

 

Le nouveau dicastère serait le fruit d’une fusion entre la Congrégation pour l’évangélisation des peuples (connue aussi comme Propaganda fide) et le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Un autre changement ecclésiologique majeur est introduit dans les propositions du «C6» : les dicastères du Vatican seront mis au service du collège épiscopal. De ce fait, l’évêque d’un diocèse, même petit, se verrait désormais reconnaître le même poids hiérarchique qu’un préfet de dicastère romain.

 

Selon le nouveau document, les dicastères ne seraient plus un «instrument» du pape pour «superviser» les évêques mais leur «rôle principal serait de les aider». Le texte, précise-t-il en ce sens, consacre en outre la possibilité que des laïcs soient mis à la tête de dicastères. Enfin, le document prévoit d’inclure parmi les «institutions liées au Saint-Siège» la Commission pontificale pour la protection des mineurs, créée par le pape en 2014.

 

Après la promulgation de Praedicate Evangelium et le retour des conférences épiscopales après étude, on pourrait envisager de consacrer une assemblée synodale à ces nouvelles lignes d’ecclésiologie pratique. La dernière version rédigée par les cardinaux de la garde rapprochée du pape doit en effet désormais être envoyée pour de dernières vérifications aux dicastères de la curie, aux conférences épiscopales et à certaines universités catholiques de renom dans le monde.

 

La nouvelle constitution doit remplacer Pastor Bonus, le texte en vigueur, promulgué en 1988 par Jean-Paul II. Toutefois, de l’aveu même des rédacteurs du texte, il devrait être difficile de rester dans ces délais. D’ailleurs, selon les informations de La Croix, le document n’est pas encore arrivé à la Conférence des évêques de France.

 

Malgré cette très intéressante réforme de la curie, l'ONU vient de voter une résolution pour combattre le viol comme arme de guerre, un texte bien moins ambitieux que prévu suite aux pressions américaines, puisque les États-Unis ont accepté de voter en faveur de cette résolution mais après en avoir fait retirer des mentions liées aux droits sexuels et reproductifs. La création d'un "mécanisme" facilitant la poursuite en justice des auteurs de violences sexuelles a aussi été rejetée par Washington, Moscou et Pékin. Le désarroi était visible sur les visages de l'avocate Amal Clooney, aux côtés de Nadia Murad, et du docteur Denis Mukwege face aux positions américaines lors du vote de la résolution à l'ONU. Loin de ces batailles diplomatiques, des survivantes osent briser le silence. Pour la première fois, elles étaient une cinquantaine à parler d'une même voix lors d'une tribune internationale au Luxembourg (https://information.tv5monde.com/terriennes/viol-en-temps-de-guerre-paroles-de-survivantes-296007).

 

Comme on pouvait s’y attendre les États-Unis ont bien été aidé par le Vatican. À l’occasion de ce vote sur les violences sexuelles, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New-York n’a pas manqué, une nouvelle fois, de redire la position de l’Église sur l’avortement prise en charge des crimes sexuels lors de conflits, en appelant à ne pas «stigmatiser» les enfants qui pourraient naître de ces violences et à leur accorder le «droit élémentaire de naître», sans s’exprimer sur la référence à la «santé sexuelle et reproductive» (https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Monde/Le-Vatican-appelle-proteger-enfants-nes-viol-zones-guerre-2019-04-27-1201018249?from_univers=lacroix).

 

Ici, l’Église ne  tente pas de lutter efficacement contre le viol dans les conflits et d’offrir des soins de santé sexuelle et reproductive aux victimes de violences sexuelles. Pourtant, elle fait erreur puisque comme le disent les groupes de défense des droits des femmes – entre autres organisations à but non lucratif – contestent l’idée selon laquelle ces références à la santé sexuelle et reproductive cautionneraient l’avortement et affirment que la communauté internationale ne peut lutter contre la violence sexuelle dans les conflits sans reconnaître toute l’importance de ces questions (http://www.slate.fr/story/176232/etats-unis-onu-resolution-violences-sexuelles-viol-guerre-veto-avortement).

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article