Dom Helder Camara, apôtre d’une Église pauvre pour les pauvres

Publié le 27 Août 2019

Mélinée Le Priol, nous montre le lundi 26 août 2019 sur la-Croix.com que l’«évêque des bidonvilles», grande figure de la gauche non violente brésilienne, qui des années 1950 aux années 1980, il fut l’un des évêques les plus estimés et les plus controversés du Brésil, apôtre de la théologie de la libération, est mort il y a vingt ans, le 27 août 1999. Dom Helder Camara adopta une spiritualité de la pauvreté et lutta contre le gouvernement militaire brésilien, dénonçant publiquement la torture. Ses prises de position, redoutées de la dictature militaire, contribuèrent à accélérer le retour au régime civil en 1985. Là, il fut même proclamé «l’homme du siècle» au Brésil.

 

Né en 1909 dans une famille de treize enfants, Dom Helder Camara devint archevêque auxiliaire de Rio en 1955. Il inaugura bientôt un projet de logement pour les habitants des favelas et mit en place une campagne permanente de charité pour les nécessiteux. En 1964, il fut nommé archevêque de Recife, dans le Nordeste, l’une des régions les plus pauvres du pays. Il ne profita jamais des privilèges attachés à cette fonction, qu’il occupa jusqu’en 1985, renonçant au palais épiscopal pour vivre dans une petite maison paroissiale derrière une simple église. Surnommé l’«évêque des bidonvilles», voire l’«évêque rouge», il adopta en effet une spiritualité de la pauvreté qu’il chercha à honorer jusque dans son quotidien. Dom Helder (toutefois mal à l’aise avec ce titre qui symbolise la noblesse) puisa son inspiration dans les écrits de penseurs comme Jacques Maritain ou Emmanuel Mounier, mais aussi dans des expériences comme celle des prêtres ouvriers français. Pour lui, les religions devaient être rien de moins que «la conscience éthique de l’humanité et le cri pacifique des pauvres».

 

Après avoir participé, en 1955, à la création du Conseil épiscopal d’Amérique latine (Celam), il contribua à la définition, au sein de ce conseil, de «l’option préférentielle pour les pauvres», ce qui lui valut des attaques violentes de la part de groupes intégristes. Au moment du Concile Vatican II (1963-1965), il s’opposa fermement à la tendance conservatrice et défendit l’idée d’une Église pauvre au service des pauvres, avec une quarantaine de pères conciliaires. Sa succession à l’archevêché de Récife prêta à polémique, le nouvel évêque Mgr José Cardoso Sobrinho ayant notamment fermé l’Institut de théologie de Récife et étant revenu sur nombre de ses orientations pastorales.

 

Fin juillet 2013, son procès en béatification s’est officiellement ouvert, et sa phase diocésaine s’est achevée en décembre 2018. Le dossier est maintenant aux mains de la Congrégation des causes des saints. Comme le montre religiondigital.org  dans son article de lundi (https://www.religiondigital.org/america/Veinte-Helder-Camara-Francisco-XX-obispo-pobres-brasil-beatificacion_0_2152884701.html), elle a reçu tous les documents nécessaires, en particulier ceux du procès diocésain. Dom José Alberico, prêtre du diocèse d’Olinda Recife et nommé secrétaire général de l’organe devant préparer le 18e Congrès eucharistique national en 2020 (12-15 novembre), a déclaré il y a quelque temps : «Nous savons déjà qu’un miracle pourrait être attribué à l'intercession de Dom Helder, mais la confidentialité est désormais nécessaire dans ce domaine.»

 

Le professeur de théologie de l'Université catholique de Pernambuco (Unicap), Degislando Nobrega, a parlé de l'importance de ce processus et de ce que représente la béatification de Dom Helder. "Ce sera la reconnaissance de l'Église catholique pour quelqu'un qui a vécu et incarné les grandes vertus chrétiennes de charité et d'amour. La sainteté est liée à cette intimité profonde avec Dieu, qui déborde dans sa vie. Dom Helder en a mieux perçu ces caractéristiques", a ajouté l’universitaire : "Un homme qui n'a jamais agi par haine, mais par le dialogue. Un homme, un prêtre qui, comme à l'époque de la dictature militaire brésilienne, a agi pour la défense des nécessiteux et pour la défense de la liberté d'expression".

 

Pour le secrétaire général de la conférence des évêques du Brésil, Dom Joel Portella Amado, l'une des caractéristiques de Dom Helder Câmara a toujours été de promouvoir "un esprit de communion consistant à unir ses forces et à s'entraider". Il est impossible pour quelqu'un de s'occuper seul des problèmes. Dom Helder a estimé qu'il était nécessaire d'être ensemble, de s'asseoir, de parler et de travailler, de discerner ensemble. Et une autre caractéristique de lui étaient les phrases surprenantes et créatives, telles que lorsqu'il affirmait que "la belle et sainte profession de l'Église devait enflammer l'espoir". On se souvient aussi de Dom Helder Câmara ces jours-ci à Recife avec un programme d’activités qui a débuté samedi dernier et se terminera demain (https://www.religiondigital.org/america/Iglesia-Helder-Camara-Luciano-Almeida_0_2153184679.html).

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église

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