Rome et Abu Dhabi se rapprochent encore

Publié le 26 Août 2019

Gauthier Vaillant, dans la-Croix.com nous montre que le pape François s’est réjoui, ce lundi 26 août 2019, de la création à Abu Dhabi d’un «Comité supérieur» pour la mise en œuvre du Document sur la fraternité humaine, qu’il a signé en février avec le grand imam d’Al Azhar, lors de son voyage aux Émirats Arabes Unis.

 

Depuis, les Émirats multiplient les gestes d’ouverture. En juin, les Émirats rouvraient au public le site archéologique chrétien de Sir Bani Yas, un ancien monastère visité pour l’occasion par le ministre émirien de la tolérance. L’année 2019, d’ailleurs, a été décrétée «Année de la Tolérance» dans le pays, et c’est dans ce contexte que les autorités avaient tenu à inscrire la venue du pape. Début juillet, le gouvernement émirien annonçait encore que la construction de 19 nouveaux lieux de culte non musulmans était à l’étude, dont 17 églises et chapelles, un temple hindou et un temple sikh.

 

Ce nouveau «Haut comité» sera composé de personnalités d’Al Azhar, dont le président de l’université, Mohamed Hussein Mahrasawi, et de figures des Émirats, comme Mohamed Khalifa Al Mubarak, ministre de la culture et du tourisme. Mais il comptera, côté Saint-Siège, aussi deux personnalités catholiques : Mgr Yoannis Lahzi Gaid, prêtre copte catholique égyptien et secrétaire personnel du pape François, ainsi que Mgr Miguel Ángel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Celui-ci s’est aussi félicité de la création de ce comité, y voyant un «acte important». Dans un entretien aux médias du Saint-Siège, il espère notamment que ce comité permettra que le Document sur la fraternité, comme l’avait souhaité le pape, soit étudié et diffusé dans les écoles et les universités, dans le monde musulman et au-delà.

 

Il faut malgré tout faire attention, car plusieurs observateurs, notamment des organisations humanitaires, observent avec une certaine méfiance la séquence émirienne d’ouverture religieuse, y voyant une manière de détourner l’attention d’atteintes aux droits humains perpétrés par ailleurs, notamment contre les critiques du pouvoir, journalistes ou universitaires. Mais le pape François, dans son discours à Abu Dhabi, n’avait pas fait preuve de naïveté, n’hésitant pas au contraire à mentionner bien des sujets délicats, notamment l’égalité des citoyens, la liberté de culte ou encore la guerre au Yémen.

 

Mais un événement tout aussi intéressant est arrivé en Espagne comme le montre religiondigital.org ce lundi (https://www.religiondigital.org/espana/espanol-defiende-mujeres-ordenadas-sacerdotes_0_2152884691.html), lors de la célébration de la messe de San Ginés à Colindres, en Cantabrie, à la demande du révérend qui l'a officiée, Pablo Puente, archevêque et nonce du Vatican au Royaume-Uni, eut lieu la défense du fait que les femmes peuvent être ordonnées prêtres lors de cette cérémonie. Il l’a fait "au milieu de la messe", saisissant le micro et disant : "demain on adressera à Sa Sainteté une lettre dure demandant que les femmes puissent être investies de toute urgence en tant que prêtres". "Nous ne pouvons tolérer cette discrimination flagrante des femmes à l’égard des femmes", a justifié le clerc, illustre fils de la ville de Colindres, qui préside la messe de San Ginés depuis trois décennies, qui est le patron de la confrérie des pêcheurs locaux.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église

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