Pour faire bouger l’Église, ces 7 femmes postulent à des fonctions réservées aux hommes

Publié le 22 Juillet 2020

Elisa Fernandez nous montre dans L’Obs qu’avec l’aide du collectif Toutes apôtres ! et dans le sillon d’Anne Soupa, les sept candidates déposent leur demande mercredi 22 juillet.

 

Ce pourrait être une petite révolution au sein de l’Église catholique. Sept femmes vont déposer publiquement ce mercredi 22 juillet leur candidature pour occuper des postes jusque-là réservés aux hommes, indique le collectif Toutes apôtres ! à «l’Obs». Evêque, diacre, curé… les candidates qui postulent à ces fonctions historiquement masculines espèrent faire passer un message fort au sein du monde clérical.

 

Elles s’inscrivent dans le sillon de la candidature d’Anne Soupa à la succession du cardinal Barbarin, à l’archevêché de Lyon, il y a près de deux mois. Alix Bayle, cofondatrice de Toutes apôtres !, qui lutte pour l’égalité hommes-femmes dans l’Église, et du Collectif militant pour une parentalité féministe (PAF), insiste auprès de «l’Obs» sur le tournant qu’a constitué cette première prise de position : « Si cette candidature était restée unique, on aurait pu croire que ce n’était que l’acte d’une seule personne. On voulait montrer que cela résonnait chez plusieurs femmes catholiques, qu’elle n’était pas la seule. »

 

La date du 22 juillet n’a pas été choisie au hasard : il s’agit de la fête de sainte Marie-Madeleine, considérée comme l’«apôtre des apôtres».

 

Le mouvement lancé par le collectif a encouragé sept femmes à prétendre aux postes de prédicatrice, diacres, curé, évêque et nonce. Les voici :

 

Laurence de Bourbon-Parme : Enseignante spirituelle et thérapeute, elle postule pour devenir prédicatrice laïque. Depuis plus de vingt ans, elle enseigne la parole biblique lors de stages qu’elle organise. Comme elle l’explique dans sa profession de foi, elle souhaite utiliser sa faculté d’écoute et son «humanité» pour «participer à l’évangélisation de la parole du Seigneur».

 

Claire Conan-Vrinat : Consultante au sein d’un cabinet spécialisé dans la relation aux clients depuis dix ans, elle souhaite mettre à profit ses compétences et sa foi pour devenir diacre. Mariée et impliquée dans la vie professionnelle, elle aimerait porter ses valeurs au sein de l’Église en tant que diacre permanente. Selon elle, «être apôtre du Seigneur n’est pas une question de genre».

 

Loan Rocher : Désignée en tant qu’homme à sa naissance, elle est devenue une femme il y a douze ans. Massothérapeute et psychothérapeute, elle prône une meilleure intégration des croyants LGBTQ + au sein de l’Église et se destine maintenant à être diacre. Elle écrit dans sa profession de foi : «Il est temps de donner la parité aux femmes dans la gouvernance de l’Église, de donner la parole aux femmes et non de n’accepter d’elles qu’un service de petites mains serviles.»

 

Marie-Automne Thepot : Spécialisée dans la lutte contre l’exclusion, l’insertion des jeunes et la réduction des inégalités sociales, elle postule également pour devenir diacre : Comme elle l’explique dans sa profession de foi, elle souhaite «contribuer à tisser des liens entre tous les croyants pour qu’ils trouvent, dans leur paroisse, une communauté fraternelle ouverte, agissante, réconciliée, pleine de ressources».

 

Sylvaine Landrivon : Après avoir enseigné les sciences humaines et avoir beaucoup écrit sur la place des femmes au sein de l’Église catholique, elle se porte candidate pour se voir confier une charge épiscopale. «Quand l’Église du Christ vacille, la moitié du Peuple de Dieu que constituent les femmes ferait preuve de lâcheté en persévérant dans le silence et la subordination», écrit-elle dans sa profession de foi pour devenir évêque.

 

Christina Moreira : Prêtre ARCWP (Association des femmes prêtres catholiques romaines) depuis 2015, elle souhaite à présent devenir curé. Avec de nombreuses années d’apostolat derrière elle, elle veut «animer ou bâtir des communautés d’Église horizontales et non hiérarchiques, où les services et ministères sont assurés par des personnes élues par l’ensemble des membres».

 

Hélène Pichon : Le parcours professionnel et diplomatique de cette dernière l’a notamment conduite à voyager dans de nombreux pays. Colonel de la réserve citoyenne de l’armée de l’air depuis 2012, elle souhaite devenir nonce, un poste dont elle ne voit pas pourquoi il serait réservé aux hommes : «En quoi une femme laïque ne pourrait-elle pas assurer cette fonction ?»

 

Dans un manifeste, Alix Bayle, Anne Guillard, Hélène Pichon, Valentine Rinner et Anne Soupa expliquent leur ambition de montrer que des femmes se sentent prêtes à assumer des fonctions jusque-là limitées aux hommes au sein de l’Église. «Pour qu’elle puisse accomplir sa mission, l’Église doit permettre aux femmes d’accéder aux différents ministères ordonnés aussi bien qu’aux hautes responsabilités de l’institution», écrivent les initiatrices du mouvement.

 

Selon Alix Bayle, les candidates prennent un risque en révélant publiquement leurs vocations : «La position qu’elles prennent les clive forcément de leur communauté.» Mais la cofondatrice du collectif souligne aussi l’enjeu de ces annonces : «Il s’agit de montrer qu’il y a des vocations et que le fait que les femmes soient discriminées est une souffrance pour certaines d’entre elles qui sont appelées à ces postes.»

 

Les créatrices de Toutes apôtres ! espèrent également que ces candidatures publiques pourront inciter d’autres femmes à se lancer et constituer un modèle de féminisme au sein de l’Eglise, comme l’explique Alix Bayle : «On offre des solutions ou des idées pour que d’autres femmes portent elles-mêmes leur candidature, dans les mois et les années à venir. On espère fortement pouvoir répéter cet exercice le 22 juillet 2021.»

 

Et comme le dit dans 20minutes.fr (https://www.20minutes.fr/societe/2827059-20200722-catholicisme-sept-femmes-candidatent-fonctions-interdites-eglise), Anne Soupa qui accompagne et médiatise leur action «les femmes sont rendues invisibles dans l’Église catholique, elles n’ont pas de citoyenneté à part entière. Toutes les responsabilités qu’elles peuvent avoir sont toujours coiffées par un prêtre. Ce n’est pas possible à l’heure de la parité, à l’heure où on reconnaît les compétences (des femmes), ça ne peut pas continuer comme ça.» «Il y a une crise profonde dans l’Église, il faut ouvrir les portes. Ce n’est pas un geste contre l’Église, mais pour», estime-t-elle.

 

Et le collectif Toutes Apôtres !, a pleinement raison de dire que «l’absence des femmes en situation de responsabilité (…) constitue un scandale autant qu’un contre-témoignage de l’Église. Cette immense injustice n’est pas un problème mineur mais blesse l’ensemble du corps ecclésial».

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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Commenter cet article
A
Immense BRAVO aux paroissiens progressistes pour, une fois encore, être en avance sur tous et tout ! Que vivent ces femmes déterminées et que leur persévérance n' ait d' égale que leur foi. Place aux femmes appréciées de Jésus, écoutées par Jésus et aimées par Jésus. Sa mère Marie, la première en chemin les approuve et les soutient, c' est certain.
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P
aménité,<br /> <br /> Ces femmes font bouger les choses, il n'est pas normal que 50 % de l’Église n'ait pas le droit à la pleine égalité des ministères. Les femmes sont la cheville ouvrière de l’Église et c'est grâce à elle qu'elle continue d'exister, il est donc normal qu'elles demande ce qui leur est due.<br /> <br /> Merci !