À Washington, une marche contre le racisme dans le sillage de Martin Luther King

Publié le 29 Août 2020

À Washington, une marche contre le racisme dans le sillage de Martin Luther King

RFI.fr avec l’AFP nous montre ce samedi 29 août 2020 qu’une foule de manifestants antiracistes s'est retrouvée vendredi 28 août au cœur de Washington pour commémorer la marche historique de 1963 durant laquelle Martin Luther King a prononcé son discours «I have a dream» et pour réclamer la fin des violences policières contre la minorité noire.

 

Cinquante-sept ans jour pour jour après l'emblématique discours du leader de la lutte pour les droits civiques Martin Luther King, «I have a dream» et malgré les 40 degrés à l’ombre à Washington, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant le Lincoln Memorial, là même où il y a plus d’un demi siècle Martin Luther King a prononcé son discours historique. Son propre fils était d'ailleurs présent. Il a affirmé que les enjeux aujourd’hui sont aussi importants qu’en 1963. Citant les noms de victimes noires de violences policières, il a déclaré qu’il était temps d’avoir «un changement réel, profond et permanent». Intitulée «Enlevez votre genou de nos cous», le mot d'ordre de la manifestation faisait référence à la mort de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, dont le calvaire a déclenché un mouvement de protestation inédit depuis des décennies aux États-Unis. «Submergé» par l'émotion, son frère Philonise a remercié les manifestants pour leur mobilisation. «J'aimerais tellement que George soit là pour vous voir...», a-t-il dit en pleurs, avant d'ajouter, optimiste lui aussi : «le changement est en train d'arriver parce que nous l'exigeons.»

 

Mais d'autres ont laissé filtrer leur amertume. «Nous sommes fatigués des promesses non tenues», a déclaré l'un des organisateurs, le révérend Al Sharpton devant le mémorial érigé en l'honneur du président Abraham Lincoln qui a aboli l'esclavage il y a un siècle et demi. Le père de Jacob Blake, grièvement blessé dimanche à Kenosha, dans le nord du pays, a lui fait scander «pas de justice, pas de paix», alors que l'agent qui a tiré plusieurs balles dans le dos du père de famille n'a toujours pas été arrêté, ni inculpé. «Il y a deux systèmes judiciaires aux Etats-Unis, un pour les Blancs, un pour les Noirs, a regretté Jacob Blake père. Le système pour les Noirs ne fonctionne pas très bien. Mais nous allons nous lever, tous les Noirs aux États-Unis vont se lever ! On est fatigués, je suis fatigué de voir des vidéos montrant des jeunes noirs et des minorités souffrir. Et nous ne l’acceptons plus !» Ce drame a entraîné des manifestations émaillées de violences pendant trois nuits à Kenosha, où deux personnes ont été abattues apparemment par un jeune de 17 ans qui, armé d'un fusil d'assaut, s'était joint à des milices censées défendre les commerces locaux.

 

Les orateurs ont également déploré le discours du président Donald Trump qui, depuis des semaines, insiste sur les violences commises en marge des manifestations sans un mot sur le fond des revendications des Afro-Américains. En campagne pour sa réélection, il se pose en défenseur de «la loi et de l'ordre» face à son rival démocrate Joe Biden, qu'il accuse de vouloir livrer les États-Unis aux «anarchistes» et «émeutiers». «Toutes les familles ont dénoncé les pillages mais nous ne vous avons pas entendu dénoncer les balles tirées», a rétorqué le révérend Sharpton. Sur une ligne tout aussi politique, plusieurs orateurs ont appelé les manifestants à voter massivement le 3 novembre. «Nous devons marcher vers les urnes pour défendre les libertés pour lesquelles les générations précédentes se sont durement battues», a notamment déclaré le fils de Martin Luther King, qui avait dix ans quand son père a été assassiné. Et la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, première femme noire candidate à la vice-présidence des États-Unis s'est adressée par message vidéo aux manifestants : «nous avons une occasion de marquer l'Histoire, ici et maintenant.»

 

Le souvenir du 28 août s’est célébré cette année célébré dans un climat tendu et les enjeux sont aussi importants aujourd'hui qu'en 1963. Cette manifestation de protestation contre les violences policières et le racisme a lieu symboliquement à Washington, à deux mois des prochaines élections présidentielles, et le souhait est celui d’un un changement profond, réel et permanent.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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