Cardinal Burke : "Donner la communion à Biden serait un sacrilège"

Publié le 12 Août 2020

Lucia Lopez Alonso dans son article du mardi 11 août 2020 dans religiondigital.org nous montre que le cardinal Raymond Burke a durement attaqué le candidat démocrate à la présidentielle aux États-Unis, Joe Biden, dans une interview à Fox News. "Donner la communion à Biden serait un sacrilège", a condamné le prélat. Mais comme le cardinal n'est pas le prêtre de Joe Biden, son avis est peu recevable dans ce sens.

 

Figure éminente de la faction la plus conservatrice de la hiérarchie de l'Église catholique, le cardinal Burke a estimé que les politiciens chrétiens qui défendent le droit de décider d'avorter et le mariage homosexuel  «ne peuvent pas se présenter pour recevoir la sainte communion parce qu'ils ne sont pas en communion avec le Christ». Dans son argumentaire, un problème demeure Jésus n’a jamais parlé de l’avortement et du mariage gay. Il est donc difficile par ce biais, de dire qui n’est pas en communion avec le Christ.

 

Les qualifiant de «pécheurs obstinés», le cardinal a insisté sur le fait que «ce n'est pas une punition», mais une «faveur que nous leur rendons en leur disant de ne pas apparaître, car s'ils le font, ils commettent un sacrilège». Ce n’est pas une faveur, car la communion ne peut être refusée aux croyants qu'ils fautent ou pas, car si l’Église prétend représenter la miséricorde divine, cela la rend hypocrite.

 

Originaire d'une zone agricole du Wisconsin, Burke a affronté à plusieurs reprises le pontificat d'ouverture du pape François. Refusant la communion à Biden, il semble réitérer son opposition au pape actuel, qui lui a donné la communion après qu'un prêtre de Caroline du Sud a refusé de le faire, comme La Reppublica l'a fait savoir.

 

Les déclarations de Burke continuent de réchauffer l'environnement politique aux États-Unis, où, en pleine campagne électorale, le président Trump a accusé Biden d'aller «contre Dieu», mettant - à la recherche de votes - les convictions du candidat dans le débat électoral. Pourtant, Joe Biden, est un catholique revendiqué qui a souvent expliqué que sa foi l'avait aidé à traverser la mort de deux de ses enfants et de sa première femme, a qualifié les propos de Donald Trump de "honteux", dans un communiqué. Il a réaffirmé que ses croyances religieuses lui ont apporté "du confort dans les pertes et la tragédie, et de la modestie dans les triomphes et le bonheur" (https://www.rtl.fr/actu/international/etats-unis-joe-biden-est-contre-dieu-selon-donald-trump-7800712264).

 

Le cardinal Burke et Trump représentent ce vieux monde fermé sur leurs certitudes clivantes et dépassées (machistes, homophobes et racistes), cherchant toujours un ennemi pour survivre à leur chute, alors que Joe Biden a annoncé mardi qu’il avait désigné la sénatrice de Californie, Kamala Harris, comme candidate à la vice-présidence. Un choix historique puisque c'est la première fois qu'une femme de couleur est désignée sur un ticket présidentiel, et elle s’est mise aux avant-gardes de la mobilisation antiraciste durant les derniers mois (https://www.rfi.fr/fr/amériques/20200812-états-unis-bien-titres-kamala-harris-est-choix-historique-quelque-soit-son-destin). Un choix plus porteur, que de parler de religion dans une campagne présidentielle.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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