Hans Küng, théologien contestataire suisse, est mort à l'âge de 93 ans

Publié le 7 Avril 2021

Hans Küng, théologien contestataire suisse, est mort à l'âge de 93 ans

francetvinfo.fr avec l’AFP nous montre ce mardi 6 avril 2021 qu’il s'est éteint à Tübingen (Allemagne). Hans Küng, théologien suisse catholique très critique envers l'Église, est mort mardi 6 avril à l'âge de 93 ans, a annoncé la Fondation pour une éthique planétaire, qu'il avait fondée. "Avec Hans Küng, nous perdons le charismatique et impressionnant créateur de la Fondation et un maître à penser visionnaire pour un monde plus juste et pacifique", a indiqué la Fondation dans un communiqué. La cause du décès de ce promoteur du dialogue entre les religions n'a pas été précisée. Il s'était mis en retrait de la vie publique en 2013 pour raison de santé (https://www.letemps.ch/suisse/deces-theologien-suisse-oppose-vatican-hans-kung-93-ans).

 

Né le 19 mars 1928 à Sursee, en Suisse, fils de cordonnier, Hans Küng a étudié à l’Université pontificale grégorienne de Rome et obtenu son doctorat de théologie à l’Institut Catholique de Paris. Ordonné en 1954, il commence à enseigner à l’université de Tübingen. Il sera expert au cours du concile Vatican II, tout comme un certain Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, que Hans Küng a fait venir à l’université de Tübingen dès 1966. Loin d’être sur la même longueur d’onde, les deux théologiens s’affronteront au cours de longues années. En 1979, le Vatican avait interdit à Hans Küng, un des plus jeunes participants au concile Vatican II, d'enseigner la théologie catholique, à la suite d'une controverse sur le dogme de "l'infaillibilité" du pape. Tübingen créa alors tout spécialement pour le professeur Küng l’Institut de recherches œcuméniques, ce qui lui permit d’enseigner jusqu’en 1996. Le Lucernois a pu ainsi continuer à enseigner à Tübingen, sans être affilié à la faculté de théologie, ainsi que dans le monde entier en tant que professeur invité. «Du pays de Guillaume Tell, j'ai hérité d'une certaine fermeté qui souvent déplaît à la hiérarchie», aimait-il à déclarer. L'éthicien a en outre ouvertement qualifié le pape polonais d'autoritariste opprimant les femmes et les théologiens. En 1995, il a co-fondé la Fondation pour l'éthique planétaire, active dans l'éducation et la recherche interculturelles et interreligieuses (https://www.la-croix.com/Religion/Mort-Hans-Kung-figure-contestataire-theologie-2021-04-06-1201149665, et https://www.letemps.ch/suisse/deces-theologien-suisse-oppose-vatican-hans-kung-93-ans).

 

Huit fois docteur honoris causa, Hans Küng a été traduit dans une vingtaine de langues. Ses plus de 50 livres, dont plusieurs «bestsellers», ont été lus dans des milieux culturels, sociaux et confessionnels les plus divers. Hans Küng, qui a été un des Suisses les plus connus à l'étranger, s'est engagé dans ses écrits pour une Suisse tolérante et ouverte. Il est également connu pour ses opinions favorables au mariage des prêtres, à l'ordination des femmes, à la contraception et à la théologie de la libération. Certains de ses ouvrages sont considérés comme de véritables innovations de la théologie du 20e siècle, telle sa trilogie «Ëtre chrétien», «Dieu existe-t-il?» et «Vie éternelle?». Théologien libéral, Hans Küng s'est engagé avec vigueur pour un élargissement de l'horizon de l'Église catholique, ce qui a attiré sur lui les foudres de la hiérarchie romaine. Intellectuel reconnu, Hans Küng s'est vu également décerner de nombreux prix. L'Union des Églises évangéliques d'Allemagne lui a décerné le prix Karl Barth 1992. En 1994, il a reçu lacroix du mérite fédéral allemand de première classe. Le Prix culturel de Suisse centrale lui a également été remis en 1991. Et en 1998, HansKüng a été fait bourgeois d'honneur de sa commune de naissance, Sursee (https://www.letemps.ch/suisse/deces-theologien-suisse-oppose-vatican-hans-kung-93-ans).

 

À la surprise générale, Hans Küng avait été reçu par le pape Benoît XVI en 2005. Lors de cette audience consacrée à sa fondation, les sujets qui fâchent avaient été soigneusement évités. Les deux hommes ont certainement parlé du bon vieux temps : tous deux ont enseigné à Tübingen. Et lorsqu'il pleuvait, Hans Küng avait coutume d'emmener le cycliste Ratzinger dans son Alfa Romeo. Plus récemment, en 2010, le théologien avait exigé que le pape Benoît XVI fasse son "mea culpa" sur la façon dont les affaires de pédophilie avaient été gérées depuis des décennies. Hans Küng n'avait alors pas épargné non plus l'attitude de l'épiscopat allemand, secoué par une série de révélations d'abus sexuels anciens commis par des membres du clergé. Hans Küng avait salué l'élection en 2013 du cardinal argentin Jorge Bergoglio, devenu le pape François, "le meilleur choix possible (...) car c'est un latino-américain ayant une ouverture d'esprit". Le théologien suisse a, en revanche, tenu des propos élogieux à l'égard de François, le pape actuel. Dans son livre paru en 2015, «SiebenPäpste», il a dit de l'Argentin qu'il a profondément changé l'atmosphère du système de la curie romaine par son langage direct, son style de vie atypique par rapport à la curie et son appel à l'évangile (https://www.letemps.ch/suisse/deces-theologien-suisse-oppose-vatican-hans-kung-93-ans).

 

Avec son décès, on perd un homme qui a réussi à rendre compréhensible le message évangélique, et qui avait aussi compris que le véritable christianisme est avant tout œcuménique.

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualité de l'Église

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