Daniel Pajuelo : «Aujourd'hui, il est plus évident que jamais que l'Église a fait souffrir»

Publié le 28 Août 2021

«Aujourd'hui, il est plus évident que jamais que l'Église a causé des souffrances». Daniel Pajuelo, smDani pour le monde numérique, a révolutionné la communication dans l'Église, avec un style simple et en s'appuyant sur les nouvelles technologies... et sur l'Évangile de Jésus comme nous le montre Jesús Bastante ce samedi 28 août 2021 sur religiondigital.org. Malheureusement pour beaucoup, ses paroles atteignent là où les hauts fonctionnaires ou les dinosaures ultra-conservateurs ne parviennent pas. Il le montre sur ses chaînes YouTube ou, comme à cette occasion, dans l'interview que Borja Hermoso lui donne dans El País.

 

Une interview dans laquelle tout est évoqué : l'Évangile, les rebuts, les abus... et aussi, bien sûr, les haters professionnels. «En ce moment, mes 90 % de haineux sont de l'intérieur de l'Église», explique Pajuelo, qui tente d'expliquer que «bien que de l'extérieur il semble que nous soyons un bloc de pensée, dans l'Église catholique nous vivons ensemble de nombreux sentiments. Et il y a des tensions internes, et ces tensions nous ont rendus, comme le dit le Pape, autoréférentiels. Plus soucieux de l'institution et de la sauver que de nous consacrer à ce pour quoi nous avons été créés, qui est d'annoncer ce que Jésus a annoncé».

 

Malgré tout, nombreux sont ceux qui bloquent toute réforme. C'est pourquoi l'exemple du pape François est si pertinent pour SMDani. «Sa grande révolution est d'avoir pris le Concile Vatican II et de l'avoir remis au premier plan. Il avait été enseveli par toutes les peurs causées par les changements d'une institution si millénaire». Car «les grands détracteurs du Pape sont en réalité les grands détracteurs du Concile. Ils veulent un retour à tout ce qui précède, mais pas seulement dans l'Église, mais dans toute la société. Un nouveau Franco, un régime dans lequel se sentir protégé, qui va de pair avec le pouvoir... mais cela ne reviendra pas, Dieu nous en préserve. Alors ce que fait le Pape François, c'est laisser le terrain le plus lisse pour celui qui viendra plus tard... car cela va prendre plusieurs décennies. Mais dans l'Église, nous travaillons en vue des siècles».

 

"Dans mes dernières vidéos, j'ai apporté des témoignages d'homosexuels catholiques, dont un prêtre, et j'ai subi un lynchage d'un certain groupe très déterminé de l'Église qui m'a dénoncé à l'évêque, qui a écrit à ma congrégation, qu'ils ont demandé me retirer le ministère sacerdotal...", déplore le religieux, qui finit par se poser une série de questions, que nous ferions bien de faire nôtres. "Peut-être que l'Église n'est pas seulement ceux qui vont au temple. Et s'il s'avérait que Dieu n'est pas seulement dans le temple, mais dans le monde entier ? Et si Dieu parlait déjà dans l'islam, dans le bouddhisme ? Et s'il était parlant en humanisme athée ? Et s'il faisait déjà des choses parce que nous, l'Église, n'avons pas pu les faire ?»

 

Malheureusement pour lui le père Matthieu Jasseron, curé dans l’Yonne aux 620 000 abonnés sur TikTok, a créé la polémique en publiant une vidéo le 23 août assurant que l’Église n’avait jamais considéré la pratique homosexuelle comme un péché. Le diocèse a réagi en prenant ses distances avec les dernières vidéos du prêtre tout en voulant mettre en place une forme d’accompagnement de ce dernier, et un frère dominicain Paul Adrien lui a répondu  sur Youtube (https://www.famillechretienne.fr/36949/article/controverse-autour-du-pere-matthieu-apres-sa-video-tiktok-sur-lhomosexualite). Après le diocèse, c’est au tour de la Conférence des évêques de prendre ses distances. «La CEF désapprouve certaines de ces vidéos qui dénaturent le message de l’Église», écrit-elle. «Elle alerte sur le fait que leur succès d’audience ne signifie pas qu’elles soient justes» (https://www.la-croix.com/Religion/CEF-critique-videos-publiees-pretre-TikTok-2021-08-28-1201172693). Mais la réponse de l’Église à son encontre n’a pas plu et sur twitter on le soutien maintenant ave le hashtag #soutienaupèrematthieu.

 

Et Anthony Favier n’a pas tort de dire sur twitter (https://twitter.com/anthony_favier/status/1430774862079987713) que «Si même les prêtres TikTok se trompent désormais sur le catéchisme et l’homosexualité, peut-être est-ce temps d’admettre que ces articles ne sont pas du tout reçus par le «sensum fidei», même des plus qualifiés des fidèles, qui doivent théoriquement les expliquer ?» Et «Je dis cela sans esprit de polémique : citez moi d’autres articles de ce catéchisme de 1992 dont on connaît le numéro par cœur au point d’en parler sur Twitter ? Le plus important de votre foi : la section «offenses à la chasteté» et la sous-section homosexualité ? SOS encadré Freud !» Puisque «L’adoption de cette façon de poser le problème on peut en retracer la généalogie : le thomisme et les finalités du mariage, Persona humana de 1975, le texte de la Congrégation de la Doctrine de la foi de 1986… mais sur ce point précis ça ne passe pas, étrange ?» Comme «Ça patine au niveau scripturaire : rien explicitement et directement de Jésus, saint Paul sans savoir de quoi il parle exactement… dans l’ancien testament, idem : Sodome ou le Lévitique, vos fils montrent qu’il n’y a rien ni d’évident ni de transposable». Dans tout cela, «Reste la Genèse, l’ordre de la nature et le plan de Dieu : je vois avec quelle grandeur d’âme certains dissertent sur une partie de l’humanité qui ne serait appelé à rien sauf à suivre un chemin de contrition et de pénitence. Allez dire à un .e jeune lgbt : ceinture ou thérapie.» Enfin, «Même si les théologiens, sauf peut-être en Allemagne, sont pétrifiés, il faudra bien dire que les conditions d’adoption de ces textes de 75, 86 et 92 ne sont pas bonnes : sans consensus, sans consultation et sans sincère adhésion, même des prêtres TikTok influenceurs.»

 

Le père Matthieu a voulu mettre en met en avant la bienveillance, l'acceptation de tout le monde et le jugement d'aucune personne, malheureusement pour lui, on l’a dénoncé à la hiérarchie et certains demandent déjà son excommunication. La grandeur d’âme aurait été de lui dire qu’il s’était trompé et de ne pas en faire plus, mais au lieu de cela on en fait déjà une affaire qui ne méritait pas autant de bruit. Daniel Pajuelo n’a sans doute pas tort de dire que «En ce moment, mes 90 % de haineux sont de l'intérieur de l'Église».

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article