Le pape François invite le clergé d’Europe centrale à prendre des «mesures concrètes» contre les abus sexuels dans l’Eglise

Publié le 20 Septembre 2021

LeMonde.fr avec l’AFP qui nous montre aussi ce lundi 20 septembre 2021 qu’une conférence épiscopale consacrée au sujet se tient actuellement en Pologne, pays marqué par de graves affaires de pédophilie touchant l’Église catholique. Elle rassemble les représentants d’une vingtaine d’États d’Europe centrale et orientale.

 

Le message est clair. Le pape François a demandé, dimanche 19 septembre, dans une vidéo au clergé catholique d’Europe centrale et de l’Est de prendre des «mesures concrètes de réforme» pour prévenir les abus sexuel. Il donnait ainsi le coup d’envoi d’une conférence sur le sujet coorganisée par la Commission pontificale pour la protection des mineurs et la Conférence épiscopale polonaise. Elle rassemble les représentants d’une vingtaine de pays à Varsovie. L’Église polonaise est secouée depuis des années par une série de scandales d’abus sexuels dans un pays où la religion catholique continue à exercer une forte influence politique. Depuis l’an dernier, le Vatican a déjà sanctionné huit évêques polonais et un cardinal, accusés d’avoir couvert des faits d’abus sexuels venus à leur connaissance. Quelque 368 témoignages d’abus sexuels commis par le clergé catholique ont été adressés à l’église polonaise depuis 2018, a annoncé en juin cette dernière.

 

Dans un message vidéo adressé dimanche à la conférence, le pape François a parlé de «crise» en évoquant le «problème sérieux» des abus sexuels dans l’Église. «Nos expressions de chagrin doivent être converties en mesures concrètes de réformes pour à la fois empêcher de nouveaux abus et ramener la confiance sur le fait que nos efforts déboucheront sur des changements réels et véritables», a ajouté le souverain pontife. «Je vous encourage à écouter le cri des victimes et à vous dévouer, entre vous et vis-à-vis de la société au sens large, à ces discussions importantes parce qu’elles concernent l’avenir de l’Église en Europe centrale et orientale», a encore dit le pape argentin.

 

Cette conférence, qui prendra fin mercredi, entendra également le témoignage de victimes et de personnes engagées dans la protection des mineurs. Le cardinal Seán O'Malley, archevêque de Boston, a donné le coup d'envoi d'une conférence de quatre jours à Varsovie en évoquant l'importance de la conversion pastorale «comme chemin missionnaire pour toute l'Église». Selon lui, l'invitation à la conversion est un thème essentiel de la conférence, qui espère-t-il, doit inspirer une transformation profonde. «Nous devons œuvrer pour un changement qui sera incorporé dans tous les aspects de la vie de l'Église, en combattant les abus sexuels où qu'ils se soient produits, quel que soit le statut ou la fonction de la personne qui a commis le crime», a déclaré le cardinal américain avec fermeté. Le cardinal O'Malley a ensuite proposé trois étapes pour aider les responsables de l'Église dans leur ministère de sauvegarde et de prise en charge des mineurs et des personnes vulnérables. La première – «l'écoute» - exige un cœur disposé à reconnaître la «vérité de ce qui s'est passé». Le cardinal a également appelé à la création et à l'amélioration de «canaux clairs de communication et de rencontre» où les survivants d'abus peuvent contacter l'Église s'ils le souhaitent. L'étape suivante du processus de renouvellement – «reconnaître les survivants» - signifie que l'Église doit «reconnaître honnêtement et clairement ceux qui ont été victimes d'abus». La troisième et dernière étape – «chercher le pardon» - exige des responsables de l'Église qu'ils imitent Jésus, qui était ému lorsqu'il voyait les besoins des gens. Enfin, le président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs a appelé l'Église d'Europe centrale et orientale à poursuivre le chemin de la conversion pastorale, afin que l'Église puisse «retrouver sa crédibilité et promouvoir la guérison». Ce parcours d'apprentissage, a conclu le cardinal O'Malley, sera «continu tout au long de notre vie» (https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2021-09/cardinal-o-malley-abus-conference-de-varsovie.html).

 

Deux témoins ont raconté leur expérience lors de la première journée, d’abord le père Tarsycjusz Krasucki qui a évoqué ce qui lui était arrivé en 1993, au Foyer Saint-Albert de Szczecin, un centre fondé par le père Andrzej Dymer, ce dernier le convoque un soir, dans son bureau pour discuter, et le harcèlement et les abus suivent, deux ans plus tard, le père Krasucki est entré dans l'ordre franciscain, et en 2003, il a témoigné à Szczecin lors du procès canonique, et une femme, abusée par un prêtre, qui se souvient d'épisodes dramatiques dans la maison de ses grands-parents lorsqu'elle était enfant et sa vie dans la dépression avec un mariage terminé par un divorce s'est également dénouée au fil des années de thérapie, avant que Mgr Halík, président de l’Académie chrétienne tchèque, ne constate ce lundi matin que cette crise des abus est aussi celle du clergé dans son ensemble, et cette crise «ne peut être surmontée que par une nouvelle compréhension du rôle de l'Église dans la société contemporaine» en tant qu'«école de sagesse chrétienne», «hôpital de campagne» et lieu de rencontre, de partage et de réconciliation (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-09/varsovie-la-force-de-la-misericorde-abus-temoignage.html).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Actualités

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