«Toujours en vie bien que certains veuillent ma mort», plaisante le pape François

Publié le 21 Septembre 2021

Ouest-France.fr avec l’AFP nous montre que dans un entretien publié mardi 21 septembre 2021, quelques semaines après son opération du côlon, le pape François plaisante sur des rumeurs sur son départ, et rassure : «Dieu merci, je vais bien.»

 

Je suis «toujours en vie. Bien que certaines personnes veuillent ma mort», a lancé le pape lors d’une rencontre informelle le 12 septembre avec une cinquantaine de jésuites slovaques à l’occasion de sa visite dans ce petit pays d’Europe centrale. Ses propos ont été publiés mardi par la très sérieuse revue jésuite La Civiltà Cattolica. Le pape âgé de 84 ans, lui-même jésuite, a subi début juillet à Rome une ablation partielle du côlon sous anesthésie générale, alors qu’il souffrait d’une inflammation potentiellement douloureuse des diverticules, hernies ou poches qui se forment sur les parois de l’appareil digestif. «Je sais qu’il y a même eu des réunions entre prélats qui pensaient que l’état du pape était plus grave que ce qui était dit. Ils préparaient le conclave. Patience !» a ironisé devant son auditoire le pape argentin, qui est resté hospitalisé dix jours. «Dieu merci, je vais bien.» Le pape François a été élu en 2013 après la démission surprise de son prédécesseur Benoît XVI, premier pape à renoncer au trône de saint Pierre depuis le Moyen-Âge. Début septembre, le pape François avait balayé en riant les rumeurs courant sur sa propre démission. «Cela ne m’a même pas traversé l’esprit», avait assuré le pape dans un long entretien diffusé par la radio catholique espagnole Cope. «Dès que le pape est hospitalisé, il souffle toujours une brise ou un ouragan de conclave», avait-il en outre plaisanté.

 

Il en a profité pour adresser quelques coups de griffe à ses ennemis au sein de l’Église, notamment dans le camp des conservateurs. Il a mis en garde l'Église contre le fait de tomber dans le piège d'une idéologie de "retour en arrière" alors qu'il s'adressait à l'opposition traditionaliste à son pontificat, visible dans la réticence à exercer son ministère auprès des «personnes ayant une diversité sexuelle» ou chez un jeune prêtre qui demande à célébrer l'Ancien Rite peu après son ordination. Pour lui, «C'est le mal de ce moment, à savoir chercher la voie dans la rigidité et le cléricalisme, qui sont deux perversions.» Pour cela, il a raconté l'histoire d'un cardinal qui, lorsque deux jeunes prêtres lui ont demandé d'étudier le latin pour célébrer le rite ancien, les a exhortés à étudier d'abord l'espagnol et le vietnamien étant donné que le diocèse comptait un grand nombre d'hispaniques et de vietnamiens (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-). Tout en profitant pour donner une dernière pique à leur encontre : «Il y a aussi des ecclésiastiques qui font de mauvais commentaires à mon sujet. Je perds parfois patience, surtout lorsqu’ils portent des jugements sans entrer dans un véritable dialogue. Là, je ne peux rien faire. Cependant, je continue (mon chemin) sans entrer dans leur monde d’idées et de fantasmes. Je ne veux pas y entrer», a-t-il affirmé.

 

Lors de la discussion à Bratislava, le pape a condamné ceux qui font «l'œuvre du diable» en attisant l'hostilité contre l'Église. Il a évoqué une "grande chaîne de télévision catholique qui n'hésite pas à dire du mal du Pape en permanence". Même s’il n’a nommé aucune organisation médiatique en particulier, beaucoup pense qu’il parle d’EWTN (The Eternal Word Television Network), une grande plate-forme de télévision catholique qui est devenue une plate-forme d'opposition à ce pontificat, notamment avec la diffusion d'une messe où le prêtre a attaqué le pape François pendant l'homélie, et une émission hebdomadaire présentée par Raymond Arroyo qui lui est toujours hostile. Le pape François a dit : «Je mérite personnellement des attaques et des insultes parce que je suis un pécheur, mais l'Église ne les mérite pas. Ils sont l'œuvre du diable. J'ai aussi dit cela à certains d'entre eux» (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-).   

 

Et pendant ce temps, le pape François a également mis en garde contre la montée de la supposée idéologie du genre, qui est surtout un concept fourre-tout qui a émergé avec force dans la décennie 2010, dans les discours réactionnaires d’extrême-droite très souvent liés à des mouvements chrétiens plus ou moins fondamentalistes (églises évangélistes mais aussi catholiques), en affirmant que le monde était devenu une «civilisation des idéologies», qui ignorent si souvent la réalité de l'expérience d'une personne, alors que ce ne sont pas des idéologies mais politiques publiques (surtout éducatives) qui promeuvent l’égalité des droits entre femmes et hommes et la lutte contre les discriminations, notamment à caractère homophobe et transphobe. «L'idéologie 'genre' dont vous parlez est dangereuse, oui», a-t-il déclaré à un jésuite. «Si je comprends bien, il en est ainsi parce que c'est abstrait par rapport à la vie concrète d'une personne, comme si une personne pouvait décider abstraitement à volonté si et quand être un homme ou une femme. L'abstraction est toujours un problème pour moi» (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-).

 

En réalité, cette référence aux idéologies de genre n’est pas des plus subtile étant donné le débat actuel en Italie sur l'opportunité d'adopter un projet de loi appelé «ddl Zan», qui vise à élargir les protections contre la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle dans la constitution italienne et contrairement à ce qu’avance le Vatican, elle n’incorpore pas une supposée la théorie du genre dans les programmes scolaires, mais elle n’exempte pas les écoles catholiques des journées nationales contre l’homophobie. Le ddl Zan a fait la une des journaux au cours de l'été lorsqu'il a suscité un recul sans précédent du Vatican, qui a pour la première fois invoqué son statut souverain dans une nota verbale, ou communication diplomatique formelle, pour s'opposer au projet de loi au motif qu'il violait la garantie constitutionnelle de l'Italie de liberté religieuse. La discussion sur le projet de loi et les plus de 1000 amendements proposés a été reportée et devrait être reprise au Sénat italien cet automne (https://cruxnow-com.translate.goog/vatican/2021/09/media-critical-of-the-pope-do-the-devils-work-francis-says/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=nui,sc,elem).

 

Il a souligné que cela n'avait «rien à voir avec la question homosexuelle» et que l'Église devait offrir un soutien pastoral aux couples homosexuels (https://www.thetablet.co.uk/news/14532/pope-condemns-critics-who-are-doing-work-of-the-devil-), car «nous pouvons faire un travail pastoral avec eux, avancer dans notre rencontre avec le Christ.» "Quand je parle d'idéologie, je parle de l'idée, de l'abstraction dans laquelle tout est possible, pas de la vie concrète des gens et de leur situation réelle", a-t-il déclaré (https://cruxnow-com.translate.goog/vatican/2021/09/media-critical-of-the-pope-do-the-devils-work-francis-says/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=nui,sc,elem). Pourtant, aucun mouvement féministe ou LGBTIQ+ ne se revendique de cette soit disant «idéologie», qui n’a été définie nulle part et ne représente aucun programme social ou politique.

 

Merci !

 

 

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Actualités

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