Pédocriminalité : Un collectif milite pour «une suite concrète» au rapport Sauvé

Publié le 26 Octobre 2021

20Minutes.fr avec l’AFP nous montre ce mardi 26 octobre qu’il est temps de passer aux actes. Un collectif d’associations et de victimes a interpellé lundi la Conférence des évêques de France avant son assemblée plénière début novembre pour qu’elle «reconnaisse la responsabilité» de l’Église catholique et donne «une suite concrète» aux recommandations du rapport Sauvé sur la pédocriminalité ainsi qu’un calendrier.

 

Les quelque 120 évêques de France doivent se réunir du 2 au 8 novembre à Lourdes et consacrer environ 40 % de leurs travaux sur le sujet de «la lutte contre les violences et les agressions sexuelles sur mineur». «De la parole aux actes !», réclame que soit alors «reconnue et officiellement prononcée la responsabilité de l’Église», selon un communiqué diffusé lundi. Ce collectif est né dans le sillage de la remise, le 5 octobre, des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église catholique (Ciase) à l’épiscopat français et aux ordres et congrégations religieuses. «De la parole aux actes !» réunit des associations et victimes de tous horizons et sensibilités, ayant participé ou non aux travaux de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église catholique) et souhaitant y donner une «suite concrète», explique le mouvement dans un communiqué. «Il est ouvert à toute personne victime qui désirerait participer à ses actions.» Parmi les signataires, on trouve le collectif des victimes de l’aumônerie du lycée d’Enghien, les associations Parler et revivre et Sentinelle, le Collectif 85, qui rassemble des victimes de violences sexuelles dans l’Église vendéenne ou encore le prêtre Jean-Luc Souveton, lui-même victime (https://www.leparisien.fr/societe/pedocriminalite-dans-leglise-apres-le-rapport-sauve-des-victimes-creent-le-collectif-de-la-parole-aux-actes-25-10-2021-KODSTBVEC5BEBFX2CSWFTKRPII.php). «Nous sommes unis pour bousculer les choses. On ne sent pas une Église, à travers ses évêques, déterminée à se réformer», explique à l’AFP Olivier Savignac, membre du collectif et président de Parler et Revivre.

 

Pour soutenir la réforme qu’il appelle de ses vœux, «De la parole aux actes !» propose aux évêques et responsables religieux de travailler avec eux à «l’élaboration d’une charte détaillant les modalités et le calendrier de mise en œuvre» des préconisations du rapport de la Ciase, et ce afin d'«assurer le suivi de la mise en œuvre effective de ces préconisations».  En plus d’une pétition lancée à la remise du rapport, le mouvement souhaite se rendre visible, comme l’explique François Devaux : «On lance une opération de rubans violets pour symboliser un mouvement qu’on veut le plus large possible. On espère que cela trouvera de l’écho chez des catholiques qui sont actuellement en attente de quelque chose. On sent que la pétition ne suffira pas, que les évêques ne sont pas dans la bonne démarche pour ouvrir le débat que demande la Ciase. L’objectif est de rassembler des victimes, mais pas uniquement. On cherche aussi à toucher le peuple des catholiques, des prêtres et des citoyens, pour appeler à ce que l’Église fasse ce qu’il faut pour enrayer ce désastre» (https://www.leparisien.fr/societe/pedocriminalite-dans-leglise-apres-le-rapport-sauve-des-victimes-creent-le-collectif-de-la-parole-aux-actes-25-10-2021-KODSTBVEC5BEBFX2CSWFTKRPII.php). «Il y a des choses qui concernent le Vatican. Quelles vont être les démarches avec Rome ? Il faut de la transparence et une méthodologie de travail pour qu’on avance», commente François Devaux, membre du collectif. «De la parole aux actes !» regrette par ailleurs le peu d’invitations adressées aux victimes. Cela crée de l'«opacité, un entre-soi et un repli» et génère «la colère des victimes», indique François Devaux.

 

La Ciase estime que depuis 1950, 216.000 personnes de plus de 18 ans ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles pendant leur minorité, de la part de clercs (prêtres ou diacres) ou de religieux et religieuses. Elle chiffre à environ 3000 le nombre de prédateurs impliqués en 70 ans. On peut comprendre que trois semaines après la remise du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Église devant la lenteur des évêques, François Devaux, victime du père Bernard Preynat, est toujours aussi véhément : «C’est catastrophique, rien n’avance !» (https://www.leparisien.fr/societe/pedocriminalite-dans-leglise-apres-le-rapport-sauve-des-victimes-creent-le-collectif-de-la-parole-aux-actes-25-10-2021-KODSTBVEC5BEBFX2CSWFTKRPII.php).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Actualités

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