Rapport Sauvé: le rappel à la loi de Darmanin aux prêtres

Publié le 12 Octobre 2021

“Il n’existe aucune loi supérieure à celles de l’Assemblée nationale et du Sénat.” Gérald Darmanin a pris la parole, ce mardi 12 octobre 2021 au Palais Bourbon, pour rendre compte de son entretien avec le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, qui avait tenu des propos polémiques en lien avec le rapport Sauvé comme nous le montre Anthony Berthelier dans huffingtonpost.fr. Le ministre de l’Intérieur a ainsi expliqué que les prêtres ayant connaissance de “crimes” contre des “enfants de moins de 15 ans”, devaient “porter” ces faits de pédocriminalité “à la justice”, comme vous pouvez le voir ci-dessous, et ne pas y opposer le secret de la confession, contrairement à ce que laissait entendre le religieux.

 

Éric de Moulins-Beaufort avait effectivement jugé, mercredi 6 octobre, sur franceinfo, que le secret de la confession était “plus fort que les lois de la République” et ne pouvait donc pas être brisé. Des mots qui avaient suscité une puissante vague de réprobation au lendemain du rapport Sauvé, un document édifiant -et des chiffres effrayants - sur la pédocriminalité au sein de l’Église catholique depuis 1950. “Le secret de la confession est depuis quasiment 200 ans dans notre droit, connu comme un secret professionnel, au même titre que les médecins ou les avocats”, a d’abord expliqué Gérald Darmanin, ce mardi à l’Assemblée nationale, ajoutant : “Il souffre cependant d’exceptions en ce qui concerne notamment les crimes commis pour des enfants de moins de 15 ans et qu’il est évident qu’il ne peut y avoir aucune sanction contre tout religieux ou toute personne qui a connaissance de faits d’abus sexuels contre des enfants et que ceux-ci doivent le porter pour la protection des enfants à la justice de notre pays.”

 

Une semaine après la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), le ministre de l’Intérieur, qui répondait à une question du député LREM Florent Boudié, a salué “le courage de l’Église de France de commander ce rapport”. Revenant sur les propos d’Eric de Moulins-Beaufort, à qui il avait demandé de venir le voir ce mardi pour s’expliquer, le ministre a affirmé lui avoir “redit, comme (il) le dit à chacun des cultes, qu’il n’y a en effet aucune loi qui est supérieure aux lois de la République”.

 

Message reçu ? Le président de la Conférence des évêques a assuré la “détermination de tous les évêques” à “faire de la protection des enfants une priorité absolue, en étroite collaboration avec les autorités françaises”, dans un communiqué publiée à la suite de sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur. Eric de Moulins-Beaufort a en outre demandé “pardon aux personnes victimes” pour le “débat suscité par (ses) propos” la semaine dernière.

 

Côté politique, la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa, a fait valoir sur Radio J qu’il n’y avait pas «d’exception» pour le respect des lois de la République. «On a voté il y a quelques semaines une loi sur les principes républicains [loi dite contre le séparatisme]. On nous a beaucoup accusés de l’avoir faite contre les musulmans. La première fois que cette loi va s’appliquer, c’est à l’Église [catholique]», a observé samedi sur France 2 le patron des députés MoDem, Patrick Mignola. La candidate du Rassemblement national à la présidentielle, Marine Le Pen, a souligné dimanche sur BFM-TV que le secret confessionnel n’est «ni en dessous, ni au-dessus», mais «dans la loi» (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/12/gerald-darmanin-recoit-le-president-de-la-conference-des-eveques-de-france-pour-une-mise-au-point-sur-le-secret-de-la-confession_6097996_3224.html).

 

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), présidée par Jean-Marc Sauvé, préconise que les autorités de l’Eglise relaient un message clair sur l’obligation faite au confesseur de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles sur un mineur ou une personne vulnérable. M. Sauvé a toutefois souhaité que «l’arbre du secret de la confession ne cache pas la forêt de l’ensemble des recommandations» (45 au total) de sa commission. Une levée du secret de la confession que M. Sauvé a une nouvelle fois justifiée lundi dans un entretien à l’hebdomadaire Famille chrétienne : «L’obligation de protéger la vie des personnes est, de notre point de vue, supérieure à l’obligation du secret de la confession qui vise en particulier à protéger la réputation du pénitent», réaffirme-t-il (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/12/gerald-darmanin-recoit-le-president-de-la-conference-des-eveques-de-france-pour-une-mise-au-point-sur-le-secret-de-la-confession_6097996_3224.html).

 

Enfin, le sujet, brûlant, a fait réagir : plusieurs associations de victimes ont exprimé leur lassitude voire leur indignation face aux propos de l’épiscopat. Dans un texte transmis à l’AFP, trois personnalités, dont le cofondateur de l’association de victimes La Parole libérée (aujourd’hui dissoute) François Devaux, ont réclamé lundi «la démission collective de l’ensemble des évêques en exercice», «comme un signe d’espoir et de renouveau» (https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/12/gerald-darmanin-recoit-le-president-de-la-conference-des-eveques-de-france-pour-une-mise-au-point-sur-le-secret-de-la-confession_6097996_3224.html).

 

Merci !

 

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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