Reims : abus sexuels sur de jeunes scouts, de nouvelles pièces ajoutées et un dossier "complexe" selon le procureur

Publié le 25 Octobre 2021

france3-regions.francetvinfo.fr nous montre ce lundi 25 octobre 2021 que depuis le 21 octobre, les témoignages se multiplient à l'encontre d'un ancien aumônier rémois accusé d'avoir abusé de jeunes scouts dans les années 90 sans être inquiété.

 

Après deux témoignages d'anciens scouts indiquant avoir subi des attouchements sexuels dans les années 90 de la part d'un ancien aumônier de Reims, Matthieu Bourrette, procureur de la République de Reims, s’est exprimé lors d’une conférence de presse ce lundi 25 octobre. Prudent quant à la véracité des premières informations qu'il a reçues, Matthieu Bourrette a néanmoins confirmé avoir réceptionné le 21 octobre en milieu de matinée un premier courriel de la part d'un ancien jeune scout de Reims. Dans celui-ci, l’homme alors mineur au moment des faits, mentionne des attouchements sexuels non consentis exercés sur lui et sur plusieurs autres anciens scouts, par un ancien aumônier de Reims qui ne "serait plus en activité aujourd'hui", selon le procureur. La victime «expliquait que sa démarche résultait notamment du fait qu'il avait appris que ce prêtre était toujours en activité», précise le procureur (https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2021/10/25/reims-d-anciens-scouts-accusent-un-pretre-de-les-avoir-agresses-sexuellement). Dans ce même courriel, le plaignant affirme que d’autres victimes étaient prêtes à être entendues. Dans la soirée, vers 22h, Matthieu Bourrette réceptionne également un second courriel provenant d’un deuxième plaignant qui atteste avoir été victime de ce même prêtre entre 1996 et 1999 alors qu’il était lui aussi scout et mineur.

 

«J'ai sollicité que les plaignants soient entendus au plus vite afin de pouvoir apprécier la nature exacte des faits, leur fréquence», explique Matthieu Bourrette qui évoque «une affaire complexe» exigeant «la plus grande prudence». «Ces éléments doivent me permettre de qualifier au mieux les faits et de vérifier [s'ils] doivent être ou non prescrits.». «Je ne serais pas surpris qu'il y ait d'autres plaignants», a confié le procureur de Reims. «D'autres victimes sont prêtes à être entendues» (https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2021/10/25/reims-d-anciens-scouts-accusent-un-pretre-de-les-avoir-agresses-sexuellement).

 

Dès la réception des deux courriels, une enquête pénale a été ouverte des chefs d’agression sexuelle sur mineurs de plus de 15 ans par une personne ayant autorité, non dénonciation et non assistance et la division territoriale de la police judiciaire de Reims a été saisie du dossier. Matthieu Bourrette a sollicité que les plaignants soient entendus au plus vite afin d’éclaircir rapidement ce dossier qu'il estime "complexe". En effet, ces éléments pourront permettre au Parquet de pouvoir qualifier au mieux les faits et apprécier leur ampleur mais surtout de vérifier si "au regard de la date de commission des faits, et de l’état de minorité à l’époque des faits, ces faits être ou non prescrits", précise le procureur. Si pour le moment la prescription est fixée à 20 ans au vu de la nature des faits reprochés qualifiés "d’attouchements" par les victimes, cette prescription pourrait s’élever à 30 ans si d’autres faits de l’ordre du crime (viol…) sont constatés.

 

L'enquête est ouverte et de nouvelles pièces provenant des archives (un nombre conséquent de documents) de l'Archevêque de Reims viennent compléter le dossier après avoir échangé le 21 octobre, puis sollicité une rencontre le 22, avec l’archevêque de Reims. L’ensemble des pièces ont été versées à l’enquête ouverte mais elles "doivent toutes faire l’objet de recoupements approfondis", a ajouté le procureur. Les premières auditions et investigations ont commencé ce lundi 25 octobre. Les proches des plaignants, le mis en cause et son entourage ainsi que les responsables du mouvement de scout devraient être entendus rapidement afin d’identifier au plus vite d’autres victimes éventuelles.

 

Le parquet s'est par ailleurs défendu des accusations d'inaction à la fin des années 90 et au début des années 2000. «Mon parquet et moi-même n'avons été avisé de ces faits pour la première fois que le 21 octobre 2021», répond Matthieu Bourrette. L'archevêque de Reims Mgr de Moulins-Beaufort a cependant affirmé dans un communiqué qu'en janvier 2000, «les parents d'un scout» étaient entré en relation avec Mgr Jordan, l'archevêque de l'époque, lequel avait téléphoné «dès le lendemain au procureur général près la cour d'appel de Reims». Selon lui, le procureur général avait alors recommandé d'interdire au prêtre concerné tout ministère auprès des jeunes. Selon l'archevêché, des mesures conservatoires avaient été prises dès 1999 contre ce prêtre. Il a en outre été suspendu «de toute célébration sacramentelle publique» et «n'a plus aucune mission pastorale» depuis 2019. Cette nouvelle enquête intervient quelques jours après la publication du rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église catholique, évaluant à 216 000 le nombre d'enfants et d'adolescents victimes de clercs et de religieux depuis 1950 (https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2021/10/25/reims-d-anciens-scouts-accusent-un-pretre-de-les-avoir-agresses-sexuellement).

 

Enfin, le diocèse d’Annecy maintient sa cellule d’accueil et d’accompagnement des victimes d’abus sexuels mise en place en 2016. Trois nouvelles personnes se sont manifestées après le rapport de la Ciase, ce qui porte le nombre de témoignages à 23 en Haute-Savoie et Val d’Arly (https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2021/10/25/abus-sexuels-dans-l-eglise-en-haute-savoie-la-cellule-d-ecoute-plus-que-jamais-active). Plus on parle de la pédocriminalité, plus les victimes se font connaître.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités, #Actualités de l'Église

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