Pédocriminalité dans l’Église : le rapport Sauvé bouscule l’assemblée des évêques à Lourdes

Publié le 1 Novembre 2021

SudOuest.fr avec l’AFP nous montre dans son article du dimanche 31 novembre 2021 que quatre semaines après la remise du rapport Sauvé, la réunion annuelle des évêques (CEF), à partir de mardi à Lourdes, est bousculée par l’onde de choc des révélations sur l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Église catholique. Initialement prévue sur six jours, la rencontre a été allongée avec cette journée d’ouverture qui porte entièrement sur ce sujet (https://actu.fr/societe/hautes-pyrenees-les-eveques-de-france-se-penchent-sur-le-rapport-sauve-a-lourdes_46068924.html).

 

Les quelque 120 évêques réunis pendant sept jours à Lourdes consacreront près de la moitié de leurs travaux à «la lutte contre les violences et les agressions sexuelles sur mineur», selon le programme remis à la presse. L’assemblée, initialement prévue sur six jours, a été allongée avec une journée d’ouverture qui porte entièrement sur le thème. Jean-Marc Sauvé, président de la Commission sur la pédocriminalité, n’a pas été invité. Les évêques ont pour objectif de «donner du temps à la réception, au travail, à la lecture» du rapport publié le 5 octobre et qui a révélé l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Église catholique depuis 1950.

 

La Commission sur les abus sexuels dans l’Église a publié mardi un rapport accablant, faisant état de 216 000 victimes depuis 1950.  Les chiffres sont effrayants. Quelque 216 000 personnes de plus de 18 ans ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles pendant leur minorité, de la part de clercs (prêtres ou diacres) ou de religieux et religieuses depuis 1950. Le rapport chiffre à environ 3000 le nombre de prédateurs impliqués en 70 ans. La réaction de l’épiscopat est attendue par les catholiques : 76 % d’entre eux estiment qu’elle n’a pas été à la hauteur jusqu’à présent, selon un sondage Ifop pour le journal La Croix publié jeudi.

 

Des victimes seront invitées à s’exprimer en assemblée plénière vendredi, avec des membres de la Corref (Conférence des religieux et religieuse de France), des laïcs et clercs ayant participé à des groupes de travail, des membres de cellules d’écoute et des responsables de l’enseignement catholique. Samedi matin, un «geste mémoriel», symbolique est prévu en direction des victimes.

 

Parallèlement, un rassemblement de laïcs, de collectifs de victimes sera organisé à 14 h à Lourdes et à Paris devant le siège de la Conférence des évêques, avec un ruban violet symbolisant l’appel à la reconnaissance de la responsabilité de l’Église, la réparation et un programme de réformes. Si quelques victimes ont été invitées à Lourdes, aucun des collectifs et associations ne fera le déplacement, regrettant que le rapport Sauvé ne soit pas le sujet unique de l’assemblée.

 

Pour François Devaux, cofondateur de l’association La parole libérée, il est «impératif» que les évêques prononcent le 7 novembre la «reconnaissance de la responsabilité de l’Église et engagent un processus de réparation». Les questions de «responsabilité» mais aussi du dispositif financier permettant de verser, à l’avenir, une contribution aux victimes, seront à l’étude pendant cette semaine, et même parmi «les priorités» de cette rencontre, selon l’épiscopat.

 

Parmi ses 45 recommandations, la commission Sauvé a proposé d’individualiser le calcul de l’indemnisation due à chaque personne victime en fonction des «préjudices subis». Pour financer le fonds d’indemnisation, elle écarte la piste d’un appel aux dons des fidèles, préconisant de financer les indemnités versées aux victimes «à partir du patrimoine des agresseurs et de l’Église de France».

 

La journée du mercredi 3 et la matinée du jeudi 4 novembre seront consacrées à la séquence "Clameur de la Terre, clameur des pauvres", en présence de représentants de groupes de personnes en précarité, dans le sillage de la réflexion initiée par les évêques lors de l’Assemblée plénière de novembre 2019 (https://www.ladepeche.fr/2021/11/01/le-rapport-sauve-au-coeur-de-la-conference-des-eveques-de-france-9902199.php). Il faut dire que durant ces six jours d’assemblée, les évêques de France poursuivront par ailleurs leurs travaux sur des thématiques déjà abordées lors des rendez-vous précédents, à commencer par l’encyclique Laudato Si’ et sa traduction dans la vie quotidienne. Cette année, l’accent est mis en particulier sur le lien entre la précarité et la crise écologique (https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-11/assemblee-pleniere-novembre-2021-conference-eveques-france-cef.html).

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités, #Actualités de l'Église

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