Rapport Sauvé : "Qu'au moins nous soyons à hauteur de ces vies détruites", appelle la Conférence des religieux et religieuses de France

Publié le 2 Novembre 2021

francetvinfo.fr nous montre que l'Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France débute ce mardi  2 novembre 2021à Lourdes et doit examiner le rapport Sauvé sur les violences sexuelles dans l'Eglise. "Nous ne serons jamais à la hauteur des conséquences des crimes qui ont été commis, mais qu'au moins, nous soyons enfin à hauteur de femmes et d'hommes, de ces vies détruites", a appelé lundi 1er novembre sur franceinfo Véronique Margron, théologienne présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). La Corref est commanditaire, avec l'épiscopat français, du rapport de Jean-Marc Sauvé sur les violences sexuelles dans l'Église. Ce rapport doit être examiné par l'Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France qui débute mardi 2 novembre à Lourdes.

 

Véronique Margron attend que l'épiscopat soit à la hauteur "de toutes ces vies abimées", et notamment de "ces femmes et ces hommes qui se sont suicidés à la suite des abus qu'ils ont subis". Elle souhaite également que soit mis en route "ce tiers de justice que les victimes, mais aussi la société et l'ensemble de l'Église des fidèles, attendent avec raison". Pour résoudre le problème de l'indemnisation des victimes, la présidente de la Corref estime que "la seule façon" est de "se dire que nous devons le faire. Il nous faut enfin faire justice aux victimes qui, pour beaucoup d'entre elles, attendent depuis des décennies". Elle souligne que "ces violences ont pu entraîner des traumatismes qui durent toute la vie". À travers les indemnisations, il s'agit "de tenter de réparer ce qui n'est pas réparable d'une vie", poursuit Véronique Margron. "Personne de nous ne pourra rendre ni l'innocence, ni l'enfance à quiconque, ajoute-t-elle. Mais ceci nous oblige plus encore à tenter de réparer ce qui peut l'être et ceci doit pouvoir se faire de façon, autant que possible, individualisée."

 

francetvinfo.fr (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/rapport-sauve-un-appel-aux-dons-pour-indemniser-les-victimes-est-exclu-pour-l-archeveque-de-strasbourg-car-ce-serait-tres-mal-pris_4830023.html) nous montre que les évêques français vont réfléchir, à partir de mardi, aux suites du rapport de la Commission Sauvé sur les violences sexuelles dans l'Église et notamment sur la question de l'indemnisation des victimes. Il y avait deux positions présentent chez les évêques durant la discussion du mois de mars de cette année. Une qui disait que oui, bien sûr, il y avait une responsabilité des auteurs, que personne ne le niait, et qu'on allait faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Et puis l'autre position qui disait qu'il fallait aller jusqu'au bout de cette reconnaissance parce que c'est l'esprit sain qui appelle aujourd'hui à prendre en charge totalement les victimes à travers la reconnaissance de ces responsabilités civile, sociale et systémique.

 

Faire un appel aux dons pour indemniser les victimes de viols ou d'agressions sexuelles de la part de prêtres est exclu pour l'archevêque de Strasbourg. "Ce serait très mal pris, ça n'aurait pas de sens", a affirmé monseigneur Luc Ravel, mardi 2 novembre sur franceinfo qui pense qu’«il faut trouver de l'argent autrement.» Le rapport de la Commission Sauvé sur les violences sexuelles dans l'Église a été publié le 5 octobre dernier. Les suites de ce rapport doivent être discutées cette semaine à Lourdes, lors de l'assemblée plénière de la Conférence des évêques de France. Pour l’archevêque, il faut rouvert des solutions concrète, car «on nous presse - aussi bien les victimes que la Commission - de reconnaître notre responsabilité avec évidemment toutes les conséquences qui vont avec parce que le rapport de la Commission Sauvé», et pour lui  «Les victimes demandent des choses concrètes. J'en ai entendu une centaine. Leur premier mouvement est d'abord d'être reconnues réellement comme des victimes de l'Église.», «Mais il faut leur dire qu'elles sont réellement des victimes, que ça produit en elle des chocs qui les détruit pendant 50 à 60 ans.», et «D'abord, elles attendent de l'écoute et éventuellement, mais pas toutes, un accompagnement dans le temps. Vraiment, il y aura aussi je pense des discussions qui vont avec la question de la responsabilité».

 

Selon Olivier Savignac, fondateur du collectif de victimes "Parler et Revivre", et lui-même victime d'un prêtre en 1993 lors d'un camp de jeunes à Arthez d'Asson dans le Béarn, c'est une preuve que la conférence n'a pas pris pleinement conscience de la gravité de la situation. "L'Église doit pouvoir mettre dans sa priorité ce sujet-là avant tout autre" expliquait ce mardi matin Olivier Savignac sur France Bleu Béarn Bigorre. "Parce qu'il en va de sa crédibilité, et il en va aussi de son existence parce que ce sujet a ébranlé les fondations, les racines de l'Église, donc je trouve que c'est pris un peu à minima, et je m'inquiète de la mise en place de ce processus qui devrait être pris au sérieux et qui à mon goût ne l'est pas de la part des évêques".  Invité à participer à la conférence, comme d'autres associations de victimes, Olivier Savignac a décliné car selon lui, il est temps que les évêques se mettent au travail. Il explique que c'est à eux d'agir, plus aux victimes, et c'est à eux de prendre des mesures à la hauteur de la gravité du sujet. Selon Olivier Savignac, il faut piocher dans le patrimoine immobilier. D'après lui, certaines communautés religieuses ont déjà décidé d'y faire appel pour réparer financièrement les blessures provoquées sur les victimes. "On attend que les diocèses fassent de même" explique-t-il. "Chaque diocèse gère un patrimoine immobilier, peut revendre ce patrimoine, peut financer avec sa trésorerie le fonds d'indemnisation. Si les religieux le font, les évêques doivent pouvoir le faire aussi" (https://www.francebleu.fr/infos/societe/abus-sexuels-dans-l-eglise-la-conference-des-eveques-de-france-doit-faire-de-ce-sujet-sa-priorite-1635844384).  

 

Enfin francetvinfo.fr  (https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/pedophilie-de-l-eglise/conference-des-eveques-de-france-depuis-la-publication-du-rapport-sauve-on-a-surtout-entendu-beaucoup-de-silence-souligne-une-journaliste_4830123.html) nous montre que pour Christine Pedotti, directrice de la rédaction de "Témoignage Chrétien", il y a une "une très forte attente" car "on a surtout entendu beaucoup de silence" chez les catholiques après la publication du rapport Sauvé sur les violences sexuelles dans. La journaliste souligne une "véritable inquiétude" chez les catholiques, "sur le fait que les évêques ne se rendent pas compte de la déflagration qui vient de se produire, y compris à l'égard de leurs prêtres". Elle signale aussi qu’«On voit bien que dans le monde catholique, il y a une grande agitation. Il y a beaucoup de propositions. Les laïcs, c'est-à-dire ceux qui ne sont ni prêtre ni évêque, pensent qu'en fait ils ont une responsabilité. Ce sont des questions très profondes qui agitent en ce moment les catholiques, et en particulier les pratiquants.» Et «Il y a vraiment une très forte demande des catholiques pour qu'en fait, il y ait une grande mise à jour de l'Église. Et puis, évidemment, arrive tout de suite quelque chose qui renverse la centralité de la figure des prêtres, puisqu’ils demandent des prêtres mariés, la présence des femmes. Le partage du pouvoir entre les clercs et les laïcs dans des pourcentages qui sont énormes, de neuf sur dix.»

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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