Laurent Ulrich, successeur «François-compatible» d’Aupetit à l’archevêché de Paris

Publié le 26 Avril 2022

Bernadette Sauvaget nous montre dans Libération.fr que le pape a fait ce mardi 26 avril 2022 de l’archevêque de Lille le successeur de Michel Aupetit, contraint de démissionner fin 2021. À 70 ans, il est le tenant d’un christianisme social, attentif à la cause des réfugiés et moins conservateur et centré sur les questions bioéthiques que son prédécesseur.

 

«C’est quand même étonnant cette mode de nommer des septuagénaires !» soupirait, la semaine dernière, un prêtre catholique médiatique lorsque le nom du nouvel archevêque de Paris commençait à circuler avec insistance. Confirmant ces bruits, le pape a nommé ce mardi l’archevêque de Lille, Laurent Ulrich, 70 ans, à la tête du diocèse le plus puissant de France, doté de 116 paroisses, de 477 prêtres et d’un patrimoine immobilier estimé au minimum à 700 millions d’euros. Ulrich, moins conservateur et plus «François-compatible» que son prédécesseur, succède à Michel Aupetit, contraint de démissionner, fin novembre 2021, à la suite de rumeurs de supposées liaisons féminines qu’il a toujours niées.

 

En fait, le pape a choisi un homme d’expérience pour reprendre en main un diocèse très chahuté ces dernières années par le management brutal d’Aupetit. Ulrich, originaire de Dijon, formé d’abord à la philosophie avant de rentrer dans les ordres, a été d’abord archevêque de Chambéry de 2000 à 2008 puis archevêque de Lille. Sous la présidence du cardinal André Vingt-Trois, il a exercé, de 2007 à 2013, la vice-présidence de la Conférence des évêques de France (CEF). Son nom figurait déjà dans la liste des favoris, en 2017, lors de la nomination d’Aupetit à la tête du diocèse de Paris.

 

«C’est un homme bon et droit», dit d’Ulrich Benoist de Sinety, prêtre de paroisse à Lille et ancien vicaire général (c’est-à-dire bras droit de l’évêque) de Paris. De l’extérieur, l’archevêque de Lille apparaît froid. Ce que dément un évêque, l’un de ses voisins dans l’hémicycle à Lourdes où se tiennent, deux fois par an, les assemblées plénières de l’épiscopat. «Ulrich est plutôt cool», résume ce prélat. Les détracteurs de l’archevêque de Lille lui reprochent aussi un manque de charisme. Bref, Ulrich aurait un profil assez techno, issu de la nomenklatura ecclésiale. En tous les cas, il connaît parfaitement les rouages de l’institution et ceux du monde politique, ce qui est un sérieux atout à la tête du diocèse de Paris, son archevêque jouant un rôle éminemment politique.

 

Sur l’échiquier politico-religieux, le nouvel archevêque de la capitale est un «centriste», tenant d’un christianisme social, attentif à la cause des migrants et des plus démunis. «Rechercher la justice pour les plus pauvres et rechercher l’utilisation raisonnable de ce monde dans lequel nous vivons sont un même chemin de conversion», disait-il dans son homélie de la Toussaint 2021. Il est moins centré sur les questions bioéthiques qu’Aupetit, qui en avait fait son cheval de bataille. Cette nomination apparaît comme un recentrage de l’épiscopat catholique français, de plus en plus sous pression des courants conservateurs. Elle intervient dans un contexte difficile pour le milieu, encore sous le choc des révélations du rapport Sauvé sur les violences sexuelles commises dans l’institution et le vote massif des catholiques à l’extrême droite lors de l’élection présidentielle.

 

La prise de fonctions aura lieu très rapidement, dans à peine un mois. La messe d’installation de Laurent Ulrich sera célébrée le lundi 23 mai à l’église Saint-Sulpice, la cathédrale par intérim du diocèse depuis l’incendie qui a ravagé Notre-Dame. Depuis la démission de Michel Aupetit, la gestion du diocèse avait été confiée à Georges Pontier, l’ancien archevêque de Marseille et ex-président de la CEF. Faisant figure de «vieux sage», Pontier, à qui le pape a confié des missions de pacification depuis qu’il a pris sa retraite, connaît aussi très bien l’épiscopat français.

 

Dans la bataille de Paris (le poste est le plus prestigieux dans l’épiscopat hexagonal avec celui de Lyon), son avis a certainement pesé, tout comme celui de Vingt-Trois, l’un et l’autre plus centristes que la direction actuelle de l’épiscopat. «Le nom d’Ulrich est apparu tout de suite après la démission d’Aupetit. Mais il a été écarté, dans un premier temps, pour des raisons d’âge», explique une source bien informée. Le profil du nouvel archevêque de Paris correspond néanmoins à ce que recherchait la nonciature apostolique (l’ambassade du Vatican), qui joue un rôle central dans la nomination des évêques.

 

Dans une sorte d’«en même temps» macronien, le mandat d’Ulrich apparaît à la fois comme une rupture et une transition. Une rupture car il n’appartient pas au microcosme parisien, comme ce fut le cas des trois derniers patrons du diocèse de Paris. La «crise Aupetit» a révélé, dans la capitale, une sorte d’entre-soi ecclésiastique, mortifère à long terme. Mais une transition car Ulrich, âgé de 70 ans, devra remettre sa démission au pape dans cinq ans, selon les normes de l’Église catholique.

 

Pour l’heure, l’accueil de cette nomination est assez mitigé. Elle mécontente les courants les plus conservateurs de l’Église catholique ainsi que les fans du cardinal Jean-Marie Lustiger, en poste à Paris de 1981 à 2005 (ce sont souvent les mêmes), ces derniers redoutant que l’on brade l’héritage lustigérien. «Ce n’est pas cela qui constituait la priorité mais plutôt mettre de la diversité en ne nommant pas un Parisien», corrige un théologien. Nombre de curés parisiens n’applaudissent pas non plus. Ils auraient voté – s’ils en avaient eu la possibilité – pour Jean-Marc Aveline, qu’ils connaissent mieux et qu’ils apprécient. L’archevêque de Marseille, dont le nom avait circulé pour le poste parmi beaucoup d’autres a, en effet, dirigé plusieurs retraites spirituelles pour les prêtres de Paris. À 70 ans, Ulrich va devoir faire, encore une fois, ses preuves.

 

«Ça a été la surprise, la surprise complète», a déclaré Laurent Ulrich ce mardi à RCF Hauts-de-France, expliquant qu’il pensait accomplir ses dernières années au diocèse de Lille (la retraite d’un évêque est à 75 ans). « Mon ministère à Paris va être un ministère qui veut manifester l’amitié du Christ», a-t-il ajouté (https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/04/26/laurent-ulrich-nomme-archeveque-de-paris-pour-remplacer-michel-aupetit_6123743_3224.html). Ce choix est excellent et permettra à Paris de se débarrasser de l’héritage du cardinal Lustiger trop réactionnaire.

 

Au 62e jour de l'invasion russe en Ukraine, trois explosions et une «attaque terroriste» dans la région séparatiste moldave de Transnistrie font craindre une étendue du conflit en Ukraine à la Moldavie. L'Ukraine accuse la Russie de vouloir « déstabiliser » aussi la Moldavie. Les autorités moldaves appellent au calme. Et à Moscou, Antonio Guterres appelle l'Ukraine et la Russie à ouvrir des couloirs humanitaires avec l'aide de l'ONU. Le Royaume-Uni affirme que la Russie tente d'encercler les positions ukrainiennes dans l'est du pays. Selon le ministère de la Défense britanniquede violents combats ont été signalés au sud d'Izium, alors que les forces russes tentent d'avancer vers les villes de Sloviansk et Kramatorsk par le nord et l'est (https://www.rfi.fr/fr/europe/20220426-en-direct-guerre-en-ukraine-40-pays-r%C3%A9unis-pour-renforcer-la-d%C3%A9fense-ukrainienne).

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Actualités

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