Cas de Toulon et de Toulouse : fermentations dans la formation sacerdotale en France

Publié le 18 Juin 2022

katholisch.de nous montre ce samedi 18 juin 2022 qu’il y a de plus en plus de preuves que l'Église catholique en France souffre d'une forme de trouble bipolaire. Les forces libérales et traditionalistes s'entendent de moins en moins. Le renversement spectaculaire de l'archevêque Michel Aupetit de Paris l'automne dernier - ostensiblement à propos d'une prétendue histoire de femme, énigmatiquement à propos de ses mesures contre l'aile traditionaliste de l'Église - a donné l'idée que cela ne devrait pas être la fin du conflit. Maintenant, les choses fermentent en plusieurs endroits dans la formation sacerdotale.

 

La nouvelle fait l'effet d'une bombe début juin : le Vatican ordonne l'arrêt de quatre ordinations sacerdotales et de six ordinations diacres dans le diocèse méridional de Fréjus-Toulon ; sans donner de raisons. Le diocèse était consterné; a fait référence à l'insécurité existentielle des candidats - et a souligné qu'il ne s'agissait que d'un report, pas d'un rejet. Entre-temps, la fumée des armes à feu s'est quelque peu calmée et une image plus claire se dessine. Le diocèse du département du Var est une véritable forge de prêtres depuis une bonne vingtaine d'années, avec un très grand nombre d'ordinations; elle est donc également considérée comme une "source vivante de la nouvelle évangélisation" - en fait une préoccupation majeure des papes depuis Jean-Paul II (1978-2005). À cet effet, l'évêque de Fréjus-Toulon, Dominique Rey, a accueilli de nombreux candidats étrangers depuis son entrée en 2000 et compte pas moins de 20 communautés spirituelles nouvelles dans son diocèse, au spectre spirituel très large. Le journal catholique "La Croix" a fait des recherches intensives et plusieurs couvertures sur le fond du Var depuis des semaines. En conséquence, le Vatican a averti à plusieurs reprises Mgr Rey ces dernières années de repenser sa formation et sa gestion de l'ordination. Selon la recherche, des prêtres ordonnés ont été condamnés à plusieurs reprises comme agresseurs sexuels. D'autres ont quitté le diocèse après la consécration et se sont cachés sous le droit canonique; dans deux cas, par exemple, sous la garde spirituelle d'un monastère en Ukraine qui a fait faillite en 1991.

 

Plusieurs des nouvelles communautés spirituelles locales sont maintenant tombées dans la suspicion canonique, principalement en relation avec des pratiques sectaires, des abus de pouvoir spirituels ou sexuels par des personnalités fondatrices ou d'autres membres de leur clergé. Cela s'applique à la fois à l'aile la plus charismatique et à l'aile traditionaliste. Selon "La Croix", un autre instrument de la nouvelle évangélisation promu par Mgr Rey et approuvé en 2018 est la soi-disant "Fraternité Missionnaire de Marie, Mère des Apôtres", appelée "la Frat" en abrégé. Selon sa propre déclaration, elle a "la vocation de construire ensemble des paroisses attractives à travers une vie familiale et apostolique d'inspiration monastique". Cependant, au cours des deux dernières années, plus d'une douzaine de plaintes ont été déposées auprès du diocèse selon lesquelles les pasteurs de la communauté ont semé la discorde et la confusion dans les paroisses qu'ils desservent. Le responsable de la confrérie, Ludovic-Marie Margot, n'a pas souhaité commenter ces informations dans le journal, précise-t-il. Même l'évêque lui-même ne s'adresse pas actuellement aux journalistes, tout comme il a interdit aux candidats à l'ordination de faire des déclarations publiques en attendant. Un proche de Rey a déclaré à La Croix que la diversité spirituelle dans le diocèse est «un défi; elle n'est pas sans difficultés, mais c'est aussi et surtout une richesse pour le diocèse et pour l'Église». Le traitement des cas critiques s'est «professionnalisé» ces dernières années et continuera de le faire.

 

Dans l'archidiocèse de Toulouse, les candidats à la prêtrise et les diacres ne seront plus autorisés à porter la soutane. L'un des trois vicaires généraux du diocèse, Jean-Noël Dol, a récemment appelé les fidèles à "garder la tête froide". «À l'église, dit Dol, nous ne faisons pas de pétitions; nous attendons avec confiance ce que les autorités décideront». Ce message s'adressait probablement en premier lieu aux partisans de Mgr Rey, qui avaient recueilli près de 10 000 signatures en une semaine pour exprimer leur incompréhension au pape François. Pendant ce temps, les choses commencent également à fermenter dans l'archidiocèse de Toulouse, dans le sud de la France. Là, le nouvel archevêque Guy de Kerimel a interdit aux candidats à la prêtrise et aux diacres de son diocèse de porter la traditionnelle soutane longue. L'évêque, en poste depuis janvier, soutient qu'il ne s'agit pas d'abord d'incarner un type de prêtre "trop ​​clérical" pour les séminaristes en amont, mais de consolider leur propre relation avec le Christ dans l'humilité. Après tout, ce sont toujours des laïcs non ordonnés.

 

Il fallait s'attendre à des réactions conservatrices dans les réseaux sociaux et les médias. L'archevêque est accusé de "gérer" et de méconnaître le ministère ordonné. Selon un contre-argument, la soutane aide les séminaristes à se mettre à la place du prêtre. Or, les séminaristes ne sont pas considérés comme des clercs jusqu’à leur ordination diaconale, qui intervient, vers la fin de leur formation. Selon l’usage établi par la Conférence des Évêques de France, ils ne doivent donc pas porter un vêtement de clerc (https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/pourquoi-les-seminaristes-ne-peuvent-ils-pas-porter-la-soutane-en-france-82747.php). La position de Mgr de Kerimel symbolise la lutte des factions au sein de l'Église catholique en France. L'année précédente, toujours dans son ancien diocèse de Grenoble-Vienne, il avait mis fin aux activités de la Société traditionaliste Saint-Pierre de sa région après le décret pontifical restreignant la messe ancienne préconciliaire. Les croyants occupaient alors un clocher d'église; les dons des catholiques traditionnels, la plus importante source de revenus du diocèse, seraient importants.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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