Le Vatican estime que l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis "interpelle le monde entier" et demande l'ouverture d'un débat mondial sur l'avortement

Publié le 25 Juin 2022

religiondigital.org nous montre dans son article du vendredi 24 juin 2022 que l'Académie pontificale pour la vie a affirmé aujourd'hui que la décision de la Cour suprême des États-Unis qui supprime la protection du droit à l'avortement est une question qui «interroge le monde entier» et qu'il est nécessaire de rouvrir un débat sur la protection de la vie dans une société.

 

"L'arrêt de la Cour montre à quel point la question de l'avortement continue de susciter des débats houleux. Le fait qu'un grand pays avec une longue tradition démocratique ait changé de position sur cette question interpelle également le monde entier", a déclaré l'Académie pontificale dans une note. "La protection et la défense de la vie humaine ne sont pas une question qui peut se limiter à l'exercice des droits individuels, mais plutôt une question d'une grande portée sociale", a-t-il ajouté. Après cette phrase, le monde doit "rouvrir un débat non idéologique sur la place qu'occupe la protection de la vie dans une société civile" pour se demander "quel type de coexistence et de société" il veut construire. "Cela signifie également assurer une éducation sexuelle adéquate, garantir des soins de santé accessibles à tous et préparer des mesures législatives pour protéger la famille et la maternité, en surmontant les inégalités existantes", a-t-il déclaré.

 

Le président de l'Académie pontificale pour la vie, Vincenzo Paglia, a expliqué que «face à une société occidentale qui perd la passion de vivre, cet acte est une puissante invitation à réfléchir ensemble sur la question grave et urgente de la générativité humaine et des conditions qui le rendent possible; en choisissant la vie, c'est notre responsabilité pour l'avenir de l'humanité qui est en jeu». "C'est le moment de panser les blessures et de réparer les divisions sociales; c'est le moment de la réflexion raisonnée et du dialogue civil, et de se rassembler pour construire une société et une économie qui soutiennent les mariages et les familles", indique le communiqué.

 

Il est tout de même flagrant de voir l’Église se contredire à propos de cette décision de la Cour Suprême puisqu’au XIIIe siècle le pape Innocent III et ses successeurs promeuvent l’adage juridique : «Ce qui concerne tout le monde, doit être discuté et approuvé par tous. » Donc, l'Académie pontificale pour la vie approuve une décision menée par une minorité (en gros 5 juges contre 4) alors que l’on a pas demandé son avis au peuple américain pour lui retirer ce droit et elle se permet de parler de dialogue et de réflexion raisonnée alors que le peuple n’a pas eu le droit de le faire sur cette question. Le dialogue et la réflexion raisonnée dans un seul sens, surtout religieux, est ce qu’on appelle une obligation ou une interdiction de voir autrement. Ce n’est ni du dialogue, ni de la réflexion. Et ce n’est en rien démocratique, et pas plus chrétien.

 

De plus, l'Académie pontificale pour la vie sait très bien comme le signale dans un tweet, le patron de l’OMS, Tedros Ghebreyesus que restreindre le droit à l’avortement ne fait qu’augmenter le nombre d’avortements clandestins. Et donc le risque de mourir pour celles qui y ont recours. C’est aussi l’avis de plusieurs experts indépendants et rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Dans un communiqué, ils demandent à Joe Biden de tout faire pour limiter l’impact de cette décision. Notamment, en aidant financièrement les femmes qui vont devoir voyager d’un État à l’autre pour obtenir un avortement (https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20220625-droit-%C3%A0-l-avortement-r%C3%A9voqu%C3%A9-par-la-cour-supr%C3%AAme-aux-%C3%A9tats-unis-consternation-tout-autour-du-monde).

 

Cette Académie, créée par Jean-Paul II en 1994, est chargée d’étudier les répercussions des progrès des techniques médicales et des nouvelles législations  concernant la promotion et la défense de la vie», ainsi que d’évaluer leur compatibilité avec la doctrine de l’Église. Sa prise de position n’est guère étonnante : elle a régulièrement signifié son opposition à l’avortement et aux méthodes de contraception – qui, selon elle, s’y apparentent (https://www.lemonde.fr/international/live/2022/06/25/droit-a-l-avortement-de-nombreuses-manifestations-attendues-samedi-dans-les-villes-americaines_6131915_3210.html). On ne peut pas attendre mieux d’elle, puisque cette Académie ne conçoit pas les droits des femmes, oubliant que l'époque où l'avortement était illégal, les femmes devaient avorter illégalement et mouraient d'avortements bâclés (https://fr.euronews.com/2022/06/25/des-milliers-de-personnes-manifestent-aux-etats-unis-pour-defendre-le-droit-a-lavortement).

 

Pourtant, de nombreux catholiques soutiennent le droit pour les gens de mettre fin à leur grossesse. Selon le Pew Research Center, plus de la moitié (58%) des catholiques aux États-Unis pensent que l'avortement devrait être légal dans la plupart ou dans tous les cas (https://www.bbc.com/news/live/world-us-canada-61709865).

 

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église

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