Luc Van Looy, évêque émérite de Gand, a demandé au pape de ne pas devenir cardinal

Publié le 17 Juin 2022

Bosco d'Otreppe dans LaLibre.be nous montre ce vendredi 16 juin 2022 que c'est un geste inédit que vient de poser l'évêque émérite de Gand, Luc Van Looy. Choisi en mai par le pape pour devenir cardinal, il a décidé de refuser cette nomination.

 

Celle-ci a en effet "suscité beaucoup de réactions positives mais aussi des critiques du fait qu'il n'aurait pas toujours réagi suffisamment énergiquement en tant qu'évêque de Gand (2004-2020) contre des abus dans la relation pastorale, écrit ce jeudi la conférence des évêques de Belgique. Afin d'éviter que des victimes de tels abus ne soient une nouvelle fois blessées suite à son cardinalat, Monseigneur Van Looy a demandé au pape de le dispenser de l'acceptation de cette nomination. Le pape François a accepté sa requête. Le cardinal De Kesel et les évêques de Belgique apprécient la décision de Mgr Van Looy peut-on encore lire dans leur communiqué. "Ils réitèrent à cette occasion leur engagement à poursuivre imperturbablement leur combat contre toute forme d'abus dans l'Eglise catholique dans lequel l'intérêt des victimes et de leurs proches figure toujours en première place."

 

Les critiques qu'évoquent les évêques avaient été avancées par le groupe Mensenrechten in de Kerk, dans un communiqué publié fin mai, suite à la nomination de Luc Van Looy. Ce mouvement, porté par le néerlandophone Rik Devillé, explique avoir interpelé plusieurs fois par le passé Luc Van Looy à propos d'abus sexuels commis sur des mineurs par des ecclésiastiques dans son diocèse et au sein de son ordre, les Salésiens de Don Bosco. "L'évêque Van Looy était au courant des abus sexuels commis par le salésien Luc D., qui a abusé de plusieurs enfants en Afrique centrale", peut-on lire dans le communiqué. Mais il n'aurait rien fait pour le condamner. De même, il aurait protégé le prêtre Omer V. qui aurait fait des centaines de victimes alors qu'il était missionnaire au Zaïre. Ces faits n'ont pas été jugés.

 

En 2018, interrogé sur le cas d'Omer V. qui était retourné malgré ses antécédents au Rwanda (où il avait une organisation à but non lucratif pour s'occuper d'enfants orphelins), le diocèse de Gand défendait Luc Van Looy. Ce dernier aurait interdit à Omer V. (alors à la retraite) de se rendre au Rwanda. Mais celui-ci aurait ignorées ces interdictions. Luc Van Looy aurait par ailleurs demandé qu'Omer V. soit réduit à l'état laïc, mais Rome n'aurait pas suivi cette demande.

 

Et katolisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/39734-overbeck-zu-missbrauchstudien-fall-wuerde-heute-anders-handeln) nous montre que le rapport d’études des abus de Münster depuis 1945, qui a été présentée lundi, fait référence à un procès de 2009, et accuse Franz-Josef Overbeck, autrefois évêque auxiliaire de Münster, d'inconduite dans ses relations avec un prêtre accusé en 1997. L'évêque d'Essen, Franz-Josef Overbeck, a admis une faute dans ses relations avec un prêtre accusé d'abus. "Je maintiens la décision prise à l'époque et j'en assume aussi la responsabilité", a répondu vendredi l'évêque de la Ruhr à une allégation dans l’étude d'abus pour le diocèse de Münster. "Aujourd'hui, j'agirais sans aucun doute différemment - également parce que la décision concernant un ecclésiastique accusé ne devrait pas être prise par les ecclésiastiques seuls."

Mgr Genn a commenté en détail les conséquences de l'étude vendredi. Il a admis des erreurs personnelles dans le traitement des cas d'abus sexuels. Cependant, il a refusé de démissionner, même s'il a déclaré qu'il aurait dû agir différemment dans certaines situations. Il veut utiliser le mandat restant en tant qu'évêque de Münster "avec le plus haut niveau d'engagement, pour continuer à écouter de plus près ce que ces organismes concernés et indépendants me recommandent pour faire face aux abus sexuels dans le diocèse de Münster et essayer de Mettre en œuvre".

 

Xavier Le Normand nous montre aussi dans la-Croix.com  (https://www.la-croix.com/Religion/eveque-americain-retire-titre-catholique-ecole-avoir-fait-flotter-drapeau-LGBT-2022-06-16-1201220373) que l’école jésuite de la Nativité, à Worcester, au Massachusetts (États-Unis) s’est vu retirer le droit de se qualifier de «catholique» par un décret de l’évêque du lieu, Robert McManus. Celui-ci reproche à l’école d’avoir fait flotter les drapeaux LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) et Black Lives Matter, qui sont selon lui «incompatibles avec l’enseignement catholique», car les drapeaux de la fierté représentent un soutien au mariage homosexuel et le drapeau de Black Lives Matter est pour lui celui d’«un mouvement spécifique avec un programme plus large qui a coopté l’expression».

 

Thomas McKenney, président de l’école, a déclaré mercredi dans un communiqué que les drapeaux indiquent simplement que tous sont les bienvenus à la Nativité et que cette valeur d’inclusion est enracinée dans l’enseignement catholique. McKenney a ajouté que faire voler les drapeaux n’est pas une approbation d’une organisation ou d’une idéologie, «ils volent pour soutenir les personnes marginalisées». La Nativité peut faire appel de la décision de l’évêque par l’intermédiaire des jésuites qui supervisent l’école. La ville de Worcester a hissé les drapeaux Black Lives Matter et Pride pour soutenir l’école, qui s’est engagée à continuer de faire flotter les drapeaux pour montrer sa solidarité avec les élèves, leurs familles et leurs communautés, rapporte le Globe. Juin est également le mois de la fierté, connu comme une célébration de la communauté LGBTQ qui implique des défilés et des événements (https://drumpe.com/2022/06/17/leveque-de-worcester-robert-mcmanus-punit-lecole-pour-black-lives-matter-pride-flags/).

 

Enfin katolisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/39733-synodaler-prozess-96-prozent-der-katholiken-irlands-fuer-frauenweihe) nous montre que l'écrasante majorité des catholiques irlandais pratiquants soutient l'ordination des femmes en tant que prêtres ou diacres. C'est la conclusion d'un examen des rapports des 26 archidiocèses d'Irlande, rapporté par The Irish Times (vendredi) . Selon cela, 96% des personnes interrogées pour le processus synodal mondial ont soutenu l'ordination des femmes. 85% ont exprimé leurs inquiétudes concernant l'exclusion des personnes LGBTIQ dans l'église et l'attitude et le langage de l'Église à leur égard. Près de 70 pour cent aimeraient une plus grande participation des laïcs dans la prise de décision de l'Église.

 

En principe, une majorité s'est également prononcée en faveur de la possibilité de prêtres mariés et d'un rôle plus important pour les personnes divorcées et remariées ou les parents célibataires dans l'Église. En outre, selon le rapport, les fidèles souhaitaient des sermons mieux préparés et plus courts et le renoncement aux lectures "sanguinaires" de l'Ancien Testament dans la liturgie. Selon l'Irish Times, des dizaines de milliers de croyants ont pris part au processus synodal mondial du pape. Un groupe de 160 personnes se réunira samedi pour discuter du résumé diocésain et rédiger le document pour la Conférence épiscopale irlandaise.

 

En préparation du Synode mondial des évêques 2023 sur le thème de la synodalité, le pape a appelé toute l'Église à participer à un processus synodal mondial. En octobre dernier, le pape François a entamé la première phase diocésaine du processus et a appelé tous les croyants à participer aux sondages et aux actions. Dans une interview accordée à catholic.de, la sous-secrétaire du synode des évêques, sœur Nathalie Becquart, a souligné : «Le pape François l'a dit et redit et le cardinal Mario Grech et moi l'avons toujours répété : c'est la phase la plus importante du synode parce qu'il s'agit de donner au peuple l'écoute de Dieu - dans toute sa diversité». Les conférences épiscopales doivent envoyer leurs résumés de dix pages à Rome d'ici la mi-août.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Église, #Réforme de l'Église

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