Publié le 31 Mai 2011

Le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, institué en octobre dernier, s’est réuni pour sa première Assemblée plénière, sous la présidence de Mgr Rino Fisichella. Les membres de ce nouveau dicastère ont été reçus par Benoît XVI le lundi 30 mai 2011. L’occasion pour le Pape d’expliquer pourquoi l’Église est appelée à accomplir une nouvelle évangélisation et à intensifier son action missionnaire.

 

Pour Benoit XVI, les temps ont changé, les mutations culturelles sont profondes, la sécularisation a laissé de lourdes traces y compris dans les pays de tradition chrétienne. La crise actuelle se traduit par l'exclusion de Dieu de la vie des personnes, une indifférence généralisée à l’égard de la foi chrétienne, et même la tentative de marginaliser le christianisme dans la vie publique. C’est la version du courant réactionnaire supportant Benoit XVI craignant les sociétés sécularisées, à cause de l'apport des sciences humaines et des sciences pures favorisant un regard critique sur la «Vérité soit disant éternelle» de l’Église. Leur analyse du contexte moderne les amène à considérer qu'un raidissement moral et théologique revaloriserait le christianisme miné par la laïcisation et le relativisme. Ce qui est tout sauf réaliste.

 

Evoquant le thème du Synode des évêques de 2012 (Nouvelle évangélisation et transmission de la foi chrétienne), Benoît XVI a souligné la nécessité de renouveler le mode d'annonce, en particulier pour qui vit dans une société où la sécularisation a laissé un lourd héritage, notamment dans les pays de tradition chrétienne. Benoît XVI a brossé un sombre tableau de la situation actuelle : la crise qui tenaille les sociétés n’épargne pas la foi et les sentiments religieux - a-t-il dit - aujourd’hui, nous sommes confrontés au drame de la fragmentation qui ne permet plus d’avoir une référence unique. Des personnes désireuses d’adhérer à l’Église sont fortement façonnées par une vision de la vie en contradiction avec la foi. Pour Benoit XVI annoncer Jésus comme seul Sauveur du monde est plus compliqué que par le passé. Comment l’Église veut-elle parler au monde moderne, quand elle a remplacé les évêques de type prophétique par des évêques distants du peuple, et qu’elle a fermé certaines institutions de théologie et condamné ses professeurs. Le dialogue et la libre expression sont réduites au silence, car l’avis du fidèle ne compte pas comparé à ce que veut le magistère.

 

Benoît XVI a alors dit son espoir que les travaux de cette assemblée débouchent sur "un projet de relance immédiate de l'annonce qui prenne en comptes la formation, celle des jeunes notamment. Il faut des gestes concrets en mesure de rendre évidente la réponse de l'Eglise. Si toute la communauté est appelée à raviver son esprit missionnaire pour répondre aux attentes de l'humanité d'aujourd'hui, il ne faudra pas sous-estimer que le style de vie des croyants doit être crédible et convainquant pour les demandeurs". Benoît XVI demande aux membres du nouveau dicastère de mettre au point un projet qui puisse aider toute l'Église catholique à affronter la nouvelle évangélisation. Cela ne m’emballe pas.

 

Cette nouvelle évangélisation n’est pas une solution pour faire revenir les fidèles à l’église. Il faut plutôt adopter une approche contextuelle et donc resituer le message du Christ au cœur de notre histoire pour y déceler l'intuition des personnes croyantes qui nous ont précédés. Celles qui ont donné naissance aux théologies féministes, écologiques ou de la libération. Autrement dit, on doit favoriser une relecture de l'expérience chrétienne en fonction des défis contemporains marqués par la pluralité spirituelle. Cela nous invite donc au dialogue et à l'ouverture, au sein du christianisme mais aussi au cœur de nos sociétés. Par là, le christianisme pourra offrir une voie plus humaine pour mieux contribuer à la construction d'un monde plus juste, plus fraternel, pacifique et pluriel.

 

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Publié le 30 Mai 2011

La théologie de la libération se situe dans la droite ligne du concile Vatican II. Elle réunit des intellectuels mais aussi des habitants des quartiers populaires groupés dans des «communautés de base» dont est issue en partie la théologie de la libération. Ces prêtres généreux et populaires, sont plongés au cœur d’une injustice sociale flagrante et ils puisaient leur inspiration chez le Christ ouvrier que chez Saint Jean de la Croix.


C’est une «Église du peuple», organisée autour de «communauté de base» - une Église novatrice, politiquement engagée en faveur du changement social (si nécessaire par la force des armes), dont l’ardeur était attisée par les vents de la théologie de la libération. Les groupes de laïques réunis au sein de ces communautés constituaient une Église, mais une Église dans une grande mesure indépendante des structures ecclésiastiques établies : ils prient ensemble, s’administrent mutuellement les sacrements et luttaient contre l’oppression et les conditions de vie misérable des pauvres.


La thèse centrale de la théologie de la libération était que l’enseignement des Évangiles ne doit pas devenir désincarné, abstrait et négligeant les conditions de vie réelles du peuple. La foi chrétienne devait être une force active, contribuant à libérer des centaines de millions de Latino-Américains de leurs conditions de vie misérables et de l’oppression sociopolitique. Afin d’éliminer les structures perpétuant l’injustice, soutenaient les théologiens de la libération, il était possible d’utiliser l’analyse sociale marxiste, sans pour autant accepter le matérialisme de l’idéologie communiste. Il faut signaler que la théologie de la libération n’est pas marxiste, c’est seulement avec la survenue des dictatures et l’extrême politisation des enjeux qu’elle a été associée à cela.


Ses théoriciens sont pour la plupart des Espagnols émigrés après 1939, à la fin de la guerre civile. Des franquistes retournées par la misère découverte sur place. Ils ont étudiés en Europe et se sont notamment inspirées de la théologie politique allemande développée dans les années 1960. Le chef de file de ce courant, Johann Baptist Metz, postule notamment que l’Église en tant qu’institution sociale a une influence sur la vie collective; qu’il lui revient d’assumer la charge d’œuvrer au sein de la société pour plus de justice et de paix.


En 1968, à Medellin (Colombie), le CELAM (Conseil épiscopal latino-américain) avait constaté que la pauvreté loin d’être un hasard, était planifiée et structurellement organisée. Il avait décidé de s’engager  plus délibérément dans la promotion des pauvres et la défense des droits de l’homme. Alertés par les mouvements de laïcs et de jeunes prêtres, interpellés par Helder Camara, les évêques dans leur majorité, entrent dans les perspectives de la théologie de la libération.


Les Églises d’Amérique latine, malgré leurs tensions intérieures, s’engagent sérieusement pour la défense des droits de l’homme et dénoncent courageusement les situations d’injustice, la torture, les emprisonnements arbitraires. Pour beaucoup de prêtres fervents, le marxisme est la bonne explication de la vie sociale qu’ils observent en Amérique du Sud. Certains rejoignent les violences des guérillas communistes comme Camillo Torres Restrepo, un prêtre qui consacra toute sa vie à la défense des pauvres en Colombie, qui mourut au combat en 1966, au sein de l’Armée de libération nationale, qui s’opposait à l’armée gouvernementale. D’autres se limitaient à des cours d’hygiène d’alphabétisation et de petits métiers. Ils légitimaient leurs analyses par le dévouement. Le succès de la théologie de la libération tient au fait qu’une flamme parcourt le continent, nourrie des scandales de corruption, de l’arrogance des privilèges et des sentiments anti-yankees, vu que les États-Unis protégeaient et finançaient ces régimes. Le brésilien Hugo Assmann refuse le modèle soviétique et préconise une logique de majorité démocratique, assez différente de la dictature du prolétariat. Le cardinal franciscain Evaristo Arns en tire argument pour ne pas voir le marxisme dans ses écrits. Depuis les États-Unis, les Pères de Maryknoll soutiennent les «communautés de base», véritable alternative aux paroisses traditionnelles.


Entraînés par des évêques, dont Helder Camara, archevêque de Recife, dom Fragoso, évêque de Crateus, le cardinal Evaristo Arns, archevêque de Sao Paulo, le cardinal Lorscheider, archevêque de Fortaleza, elles se retrouvent exposées en même temps à la persécution. Le développement de l’Église des pauvres est jalonnée par des arrestations, des morts tragiques, des morts tragiques et des assassinats se militants chrétiens, de religieux, de religieuses, de prêtres, tels l’archevêque de San Salvador, Oscar Romero (mort en 1980) ou l’abbé Jarlan (mort en 1984).


Mais la théologie de la libération réunissait des courants divers, certains assez radicaux, ce qui la fit suspecter de tendances marxistes et provoque, en 1984, une mise en garde sévère de la Congrégation pour la doctrine de la foi, interprétée comme une condamnation, ce qu’elle n’était pas. En 1986, la Congrégation pour la doctrine de la foi s’applique à montrer que le clergé peut répondre aux maux de l’Amérique du Sud à travers la doctrine sociale de l’Église. Enfin, la Commission pontificale biblique admet en 1993, la théologie de la libération comme une lecture possible de l’Évangile pourvu qu’elle ne repose pas sur des principes contraires à la Bible.


A partir de 1979 quand Lopez Trujillo (Colombie) devint président du CELAM et que Castrillon Hoyos (Colombie) lui succéda en 1983, alors que ce dernier accepta par deux fois l’argent de la drogue, les conservateurs organisent leur contre attaque, avec la complicité tacite du pape Jean-Paul II obsédé par le communisme. Les responsables du CELAM se déchainent alors contre les théologiens de la libération, contre les évêques, contre les religieux et les religieuses de la CLAR (Confédération latino-américaine des religieux) qui compte 105 000 religieuses et 43 000 religieux. La convergence des amis de Lopez Trujillo avec le cardinal Baggio, proche de l’Opus Dei, qui a été pendant 11 ans, «patron» de la Congrégation des évêques, permet de contrôler et d’orienter la nomination des évêques.


Car si la théologie de la libération est morte des sa version révolutionnaire, elle muté dans la mesure des changements de société. Elle inspire de nombreux chrétiens qui s’engagent pour l’environnement, le recul de la misère, qui est moins important que l’évangélisation pour le Vatican, et pour une mondialisation humaine. Ce sont aujourd’hui le plus souvent des laïcs, donc moins dépendant de l’appui de la hiérarchie catholique, et qui s’investissent dans les mouvements sociaux et altermondialistes. Pour preuve, l’élection à la présidence de la République au Paraguay de l’ancien évêque, Lugo Mendez en 2008. Enfin, la théologie de la libération, dans sa dimension théorique, est loin d’avoir perdu sa pertinence : en 2007, le jésuite Jon Sobrino, l’un des poids lourds du mouvement, était mis en cause par la Congrégation de la doctrine de la foi. Celle-ci lui reproche un Jésus trop humain, pas assez divin.


Le mouvement a encore de beau jour devant lui, surtout que depuis 2007, les évêques brésiliens et honduriens revinrent aux communautés de base pour faire face aux protestants évangéliques, tant les solutions proposées par les communautés nouvelles étaient limitées.


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Publié le 28 Mai 2011

puerta sol.bigEn 2011, suite à une manifestation le 15 mai à l'appel du mouvement ¡Democracia Real Ya! (Une vraie démocratie, maintenant), de nombreux manifestants ont campé la nuit sur la place, débutant l'occupation de la place qui dura plus d'une semaine. Des dizaines de milliers de personnes s'y réunirent tous les jours, débattant et s'appropriant l'espace public. Le mouvement des «indignés» de la Puerta del Sol, qui n’est affilié à aucun parti, ne rassemble pas seulement des jeunes, mais aussi des chômeurs, des travailleurs, des retraités et même des riches. Beaucoup disent avoir l’impression qu’ils portaient cette révolution en eux et qu’enfin aujourd’hui elle est rendue possible.

 

La puerta del Sol s’est transformée en 7 jours en agora, à la fois centre de débats et centre de vie, qui compte maintenant une garderie, une bibliothèque une infirmerie, et trois points d'alimentation. L'organisation de ce rassemblement est impressionnante. Les manifestants font le ménage, au point que les services municipaux disent n'avoir jamais vu la Puerta de Sol aussi propre. Le campement de la Puerta del Sol, improvise une efficace organisation par assemblées et se construit comme un petit village autosuffisant, qui subsiste grâce aux donations anonymes des habitants, seulement acceptées si elles sont en nature, car tout apport monétaire est refusé. Aussi bien à Sol que sur les autres places du pays, de nombreuses assemblées sont réunies, dans lesquelles la parole est donnée à tous. Des décisions sont prises sur les étapes suivantes, ainsi que sur les manifestes et les communiqués. A la manière de la place Tahrir au Caire lors de la révolution égyptienne de 2011, la Puerta del Sol est devenue un symbole de la lutte en faveur d'une vraie démocratie lors des Manifestations de mai 2011 en Espagne.

 

Depuis une semaine, le mouvement s'est répandu à travers l'Espagne sous le mot d'ordre «Toma la plaza» (Prend la place). Cette mobilisation spontanée, aussi appelée Mouvement du 15 mai, s'est organisée, comme les révoltes arabes, via les réseaux sociaux en ligne Twitter et Facebook et sur le principe du «droit à s'indigner». Les mots d'ordre: la mainmise des grands partis sur la vie politique espagnole, l'injustice sociale et la «corruption des politiciens». Le mouvement, qui se veut apolitique, s'est rapidement étendu à toutes les villes d'Espagne, où des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Les manifestations se sont poursuivies samedi et dimanche en dépit de la trêve électorale, qui, selon la loi, interdit tout rassemblement politique. À Madrid, des centaines de manifestants restaient mobilisés dimanche à la Puerta del Sol, où le village de bâches bleues et de tentes des jeunes "indignés" est devenu le foyer de la contestation. En toile de fond, un taux de chômage de 21,19%, le plus élevé de la zone euro, qui touche presque la moitié des moins de 25 ans.

 

Les porte-parole du mouvement ont l’intention de poursuivre leur action. Mais la poursuivre autrement, de façon coordonnée, organisée, en réseau. Bien que le nombre de campeurs ait diminué ces derniers jours, le mouvement reste extrêmement actif sur le Web avec plus de 150 000 "amis" sur Facebook et autant d’internautes qui le suivent sur Twitter. La mondialisation par le bas doit se poursuivre. Déjà le dialogue aurait été établi avec des personnes qui partagent ce sentiment d’indignation dans d’autres pays, en Islande, en Grande-Bretagne ou même au Maroc.

 

Le mouvement à pris de l'ampleur et s'est étendu à toutes les grandes villes espagnoles, ainsi qu'a d'autres villes européennes, comme à la place de la Bastille, à Paris, tous les soirs à 19h, ou bien encore à Athènes, Lisbonne. A l'instar des «Indignés» de la Puerta del Sol à Madrid, un collectif, les «Indignés», qui proteste via les réseaux sociaux contre les nouvelles mesures d'austérité décidées sous la pression des créanciers du pays, a lancé un appel à manifester place Syntagma, devant le Parlement, au centre d'Athènes. Selon la police, environ 8.000 personnes étaient présentes. Comme en Espagne, la manifestation a été organisée via Internet, notamment le réseau Facebook, sous un seul mot «les indignés», qui rassemble à droite et à gauche. Sur la place, quelques slogans «voleurs», ou «kleptocratie» ont été criés malgré un mot d'ordre de rassemblement silencieux. La page Facebook «Indignez-vous à Syntagma» compte désormais plusieurs milliers de fans.

 

En France, le collectif "Belle démocratie maintenant !", calqué sur le "Democracia real, ya !" des jeunes espagnols, appelle (sur le web et les réseaux) les citoyens à se réunir sur les places des grandes villes, pour la "régénération démocratique du système politique et défense d’une politique sociale". Après la Place de la Bastille à Paris, des rassemblements sont organisés ce mercredi dans une vingtaine de villes françaises. Après que les forces de l'ordre aient prié lundi à une cinquantaine d'"indignés" de libérer la place de la République de Perpignan, de nouveaux rassemblements sont annoncés. Plusieurs ont eu lieu à Paris; Nîmes Montpelier, Perpignan.

 

Ces mouvements montrent le désarroi de plus en plus de personnes envers les politiciens et qui souhaitent retrouver une véritable démocratie où le marché ne dicte pas sa loi. Mais comment faire quand l’Église qui devrait soutenir ce mouvement ne sait dire que pour elle que la crise économique est surtout morale, ce n’est pas les valeurs qui amènent le pain sur la table. Pendant ce temps là, pour financer les JMJ, l’Église espagnole se vend à la plupart des présidents de société de l’Ibex 35 (l’équivalent du Cac 40) pour un grand cirque de la foi, alors que les jeunes ne se reconnaissent plus dans cette église car plus de la moitié des 15-24 ans, se déclarent athées et on le comprend tant le cardinal-archevêque de Madrid, Rouco Varela, fait preuve d’autoritarisme.

 

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Publié le 28 Mai 2011

Le pape Benoît XVI a réaffirmé le soutien du Saint-Siège pour Caritas Internationalis dans une audience avec les délégués des Caritas du monde entier le dernier jour de la 19ème Assemblée générale de la confédération.

 

Benoît XVI a rappelé que «la communion entre tous les fidèles dans l'exercice de la charité» devait être «entendue non seulement comme une vague philanthropie, mais comme don de soi». «En même temps», a ajouté le pape, cette organisation «est appelée à offrir sa propre contribution pour porter le message de l'Eglise dans la vie politique et sociale sur le plan international». Le pape a ensuite demandé que Caritas travaille «en étroite collaboration» avec les évêques locaux. Ici, Benoit XVI a choisit une solution mixte pour apaiser les tensions et faire un travail constructif avec CI.

 

Le pape Benoît XVI a dit que «les Caritas nationales sont appelées à continuer à rendre leur témoignage fondamental au mystère de l’amour vivifiant et transformant de Dieu manifesté en Jésus Christ. La même chose vaut aussi pour Caritas Internationalis, qui, dans l’engagement pour accomplir sa propre mission, peut compter sur l’assistance et sur l’appui du Saint-Siège, particulièrement à travers le Dicastère compétent, le Conseil Pontifical Cor Unum.» La demande du pape est de ne pas oublier de rendre témoignage de sa foi, et fait confiance à CI qui recevra le soutient du Saint Siège à travers le Conseil Pontifical Cor Unum.

 

Il a dit, «C’est seulement sur les bases d’un engagement quotidien à accueillir et à vivre pleinement l’amour de Dieu, qu’on peut promouvoir la dignité de chaque être humain en particulier.» «Tout ce que vous dites et faites, le témoignage de votre vie et de vos activités, sont importants et contribuent à promouvoir le bien intégral de la personne humaine», a déclaré le pape. Le pape a rappelé que le rôle de Caritas est l’option préférentielle pour les pauvres comme il l’avait déjà dit dans Caritas in veritate, et montrant qu’il faisait confiance à CI dans ce domaine.

 

Dans son discours en anglais, le pape a aussi mis en avant le «rôle important sur le plan international» de l'organisation, qui est le «porte-parole, dans la communauté internationale, d'une saine vision anthropologique, nourrie de la doctrine catholique et engagée à défendre la dignité de toute vie humaine». Benoit XVI a fait une mise en valeur du fait que CI est une organisation humanitaire d’inspiration chrétienne.

 

L'assemblée a réélu le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga en tant que président. Michel Roy a été choisi comme nouveau secrétaire général remplaçant Lesley-Anne Knight, qui avait servi son mandat de quatre ans. Donc, à travers ces choix, CI a choisie la continuité et aussi le dialogue tendu mais convivial avec le Saint Siège.

 

Dans ses vœux au pape Benoît XVI, le cardinal Maradiaga, a dit que : «Caritas ose rêver d'un monde de communion et de charité, comme une seule famille humaine à pauvreté zéro. Ceci, cher Saint-Père, est votre Caritas au cœur de la mission sociale de l'Eglise.» Une preuve que benoit Xvi ne doit pas s’inquiéter sur CI.

 

Les délégués ont également travaillé sur le cadre stratégique de la confédération pour les quatre prochaines années: Une Famille Humaine, Pauvreté zéro. Caritas va concentrer ses efforts sur les objectifs suivants:

- Sauver des vies, soulager la souffrance et aider à reconstruire les moyens de subsistance afin que les femmes, hommes et enfants dans les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables soient en mesure de survivre et de se remettre des crises humanitaires afin de vivre dans un environnement sûr et sécurisé.

- Promouvoir le développement afin que les femmes et les hommes dans les communautés les plus pauvres et les plus défavorisés aient un accès égal aux services essentiels comme l'eau potable, l'éducation, les soins et les ressources dont ils ont besoin pour vivre de manière durable, avec dignité.

- S'efforcer de transformer les systèmes injustes et les structures afin que les femmes et les hommes dans les communautés les plus pauvres et les plus défavorisés soient en mesure d'influencer les systèmes, les décisions et les ressources qui les touchent et pour vivre sous des gouvernements, des institutions et des structures mondiales qui sont justes et responsables.

- Le renforcement des capacités de Caritas de sorte qu’elle soit plus forte et mieux équipée pour faire face au défi de la pauvreté mondiale, enracinée dans la foi, par la prière et l'action dans des partenariats mondiaux efficaces.

 

Le cadre stratégique est intéressant et montre que Caritas internationalis va continuer d’apporter de l’aide aux plus vulnérables, sans distinction de race ou de religion, au nom des catholiques du monde entier, sans pour autant oublier sa foi. Ce que Caritas a toujours fait, même si le Siège en doutait, mais je pense que le problème a été réglé.

 

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Publié le 27 Mai 2011

Caritas Internationalis a un nouveau secrétaire général. Michel Roy a été élu ce jeudi par 14 voix contre 6, par le Comité exécutif, un choix qui a ensuite été ratifié par l’Assemblée générale. C’est donc un français, directeur du plaidoyer international au Secours catholique Caritas France qui succède à Lesley-Anne Knight. Depuis 2003, Michel Roy était Directeur du plaidoyer international, responsable des dossiers relatifs à la gouvernance mondiale, au financement du développement, à la promotion de la paix et des droits humains ou encore à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Dans le cadre de cette mission, Michel Roy a intégré de nombreux réseaux internationaux dont l'Initiative de Transparence des Industries Extractives, la plateforme française «Publiez ce que vous payez» ou encore le CRID, un collectif de 53 associations françaises de solidarité internationale. Il devra reconstruire un lien de confiance entre Rome et Caritas Internationalis. Ce lien semble terni par la volonté du Vatican à ne pas se center su le vécu, car la foi tout le monde peut l’avoir, mais l’exprimer est plus noble.

 

François Soulage, président du Secours Catholique qui se félicite de cette élection fait part de sa réaction : «C’est une très belle élection, avec un mandat clair, d’autant que sa déclaration de candidature reprenait précisément le positionnement de Caritas Internationalis, qui est le même que celui du Secours Catholique face à la pauvreté et aux chrétiens.» C’est une bonne nouvelle, car en choisissant Michel Roy, CI dit au Vatican qu’elle va continuer à aider les pauvres sans distinction et obligation. La continuité avant tout, voilà ce qu’a choisit CI.

 

La réélection de Mgr Maradiaga à la présidence de CI, celle du trésorier, ont montré le soutien de la confédération à la politique suivie jusqu’ici par CI, et met fin à la “critique” formulée par le Saint Siège sur la nécessité de «réaffirmer l'identité catholique» de l'organisation.

 

Des représentants du Vatican obsédé par la doctrine, rappelaient sans cesse aux Caritas qu’elles étaient d'abord des acteurs de l'Eglise, expliquant parfois que la transmission de la foi passait même avant l'exercice de la charité. Choquant, en la transmission de la foi est supérieure à la charité.

 

Plusieurs cardinaux intervenus au cours de l'Assemblée générale ne se sont pas privés de critiquer indirectement plusieurs Caritas nationales pour leur caractère trop «social», qui ne serait pas «assez catholique»... car d’autres Caritas sont davantage engagées sur des champs professionnels. Comme en Allemagne par exemple, où la Caritas est chargée par l’État d’assurer les services sociaux, avec un grand nombre de salariés qui ne sont pas forcément des agents d’évangélisation. Ce qui montre qu’on pas besoin de montrer sa foi quand on aide les plus pauvres.

 

François Soulage explique cette différence de conception entre CI et le Saint-Siège : «Du fait d’une relative clarté des propos du Vatican, l’assemblée générale a permis de mieux comprendre le conflit sous-jacent qui existait et le refus du Nihil Obstat du Vatican, face à la candidature de la sortante Lesley-Ann Knight. Le Saint-Siège considère en effet CI comme partie intégrante du Vatican, en vertu d’un décret de Jean-Paul II qui remonte à 2004. Alors que CI se vit comme une confédération autonome. L’assemblée générale a permis de mettre au jour cette différence de conception. Mais il aurait été préférable que tout cela soit exprimé plus clairement avant afin d’éviter le conflit.»


Si CI se plie au décret qui implique pour elle une perte d’une bonne partie de son autonomie directionnelle, cela ne veut pas dire pour autant que le débat de fond est réglé entre justice et charité. Le débat est lancé et le Vatican par son insistance a créé l’incompréhension dans les rangs des Caritas présentent.

 

François Soulage nous montre bien que le débat n’est pas fini : «Nous n’avons pas la même conception de l’évangélisation avec le Saint-Siège, mais ce n’est pas conflictuel pour autant, c’est juste en débat.» Heureusement que CI n’a pas la même conception que le Saint Siège, car la pauvreté doit pas passer avant la foi, comme nous l’a dit Victor Hugo dans Pour les pauvres : «Qui donne au pauvre prête à Dieu.»


Le vendredi 27 mai, en fin de matinée, les quelques 300 délégués, représentant plus de 160 organisations membres de Caritas, seront reçu par Benoît XVI dans la salle Clémentine au Vatican.

 

Ces choix sont bons et ont montré que le Vatican ne peut pas mettre fin à la liberté de conscience de ces organisations qui elles vivent sur le terrain la misère humaine et essayent de la soulager.

 

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Publié le 25 Mai 2011

cardinal3Le mardi 24 mai 2011, le cardinal Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga a été réélu président de Caritas Internationalis, à Rome, pour un second mandat de 4 ans, avec 75% des voix. Pourtant, l’élection du cardinal hondurien à sa propre succession demeurait incertaine. Selon des sources vaticanes, lui-même aurait d’ailleurs hésité à se représenter suite à l’éviction de Lesley-Ann Knight, l’actuelle secrétaire générale de l’ONG. Une bonne nouvelle car le cardinal Maradiaga ne cache pas qu'il regrette «l'ethnocentrisme» de Rome qui a conduit par exemple à une condamnation «sans nuances» de la théologie de la libération où lui observait de réels fruits pastoraux, dans des assemblées pas forcément politisées.

 

Le cardinal Rodríguez a déclaré aux membres de la confédération que «le service des plus pauvres» serait «au cœur» de son travail pour les quatre prochaines années. Le Cardinal réélu a souhaité «remercier la Confédération pour son soutien et est impatient d’apporter ses services aux pauvres durant ces quatre prochaines années». Jürg Krummenacher a été élu trésorier. Il était depuis un an trésorier intérimaire.

 

Il semble, de plus, que l’archevêque de Tegucigalpa ne soit pas tout à fait sur la même longueur d’onde que le Vatican concernant la réorientation que celui-ci souhaite donner à l’ONG. En effet, si, pour le cardinal Maradiaga, «la justice est la première voie de la charité», pour le Vatican, la charité ne peut se réduire à une action sociale ou politique. L’erreur que fait le Vatican, est qu’il ne pense pas le message chrétien à partir des derniers, un peu à la manière dont Walter Benjamin qui préconise de connaître l’histoire en commençant par les derniers. Il faut être engagé avec les pauvres, afin de faire en sorte qu’ils deviennent acteurs de leur propre destin.

 

Le Vatican n’ayant pas autorisé Lesley-Anne Knight à se représenter au poste de secrétaire générale qu’elle occupait depuis quatre ans, la Confédération va se doter d’un nouveau secrétaire général. Jugée pour une gestion trop autonome, Mme Knight a pourtant été défendue par le Cardinal Rodriguez Maradiaga : «la façon dont elle n’a pas été autorisée à être candidate (…) a suscité des doléances, surtout parmi les nombreuses femmes travaillant pour Caritas, qui avaient placé tant d’espoir dans son élection et ses réalisations».

 

L'assemblée générale de Caritas Internationalis rassemble actuellement à Rome (22-27 mai) trois cents représentants des organismes membres. En réélisant le cardinal Maradiaga à la tête de l’ONG, les délégués des 165 Caritas ont donc exprimé leur préférence pour la continuité plutôt que pour le changement. Une bonne chose car le choix prioritaire des pauvres comme l’avait fait remarqué le congrès de Medellin en 1968, engage «l'Eglise pour le développement intégral de tout l'homme et de tous les hommes vers une libération.»


Jeudi 26 mai 2011, ils doivent également élire le nouveau/la nouvelle secrétaire général/e, actuellement Mme Lesley Anne Knight, qui n’est pas candidate à sa succession, le Vatican souhaitant un changement. Il y a le sentiment chez certains responsables du Vatican que Mme Lesley Anne Knight n’a pas fait assez pour inculquer une identité spécifiquement catholique dans le sens de l'évangélisation dans la mission de Caritas internationalis et de ses activités. Pourtant les membres de la Congrégation ont fait son éloge pour son «professionnalisme», la lutte contre la dette et la réforme des opérations financières. Le refus de sa candidature vient sans doute du fait qu’elle a observée qu'à Rome, l'Église peut sembler fixée sur la tradition : «Du coup, elle oublie parfois la réalité du monde tel qu'il est.»


Le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum a confié à Zenit à ce sujet, en février dernier, que Mme Lesley-Ann Knight «a fait beaucoup pour rendre la Confédération plus efficace et pus professionnelle ». Il a ajouté : «Aujourd'hui, Caritas Internationalis est confrontée à des défis internes qui incluent la révision des statuts. Ces défis concernent aussi la collaboration interne, l'identité catholique de la Confédération, la coopération avec le Saint-Siège, une plus grande participation des divers continents et une compréhension plus juste de l'autonomie de chaque membre de la Confédération».

 

Caritas internationalis n'est pas là pour défendre l'agenda de l'Église, car elle apporte l’aide aux plus vulnérables, sans distinction de race ou de religion, au nom des catholiques du monde entier. Caritas n’a pas besoin de changer ses statuts, mais le Vatican doit changer ses méthodes pour gouverner et doit prêter un peu l'oreille aux clameurs du monde. Le pape ne doit plus gouverner seul et devrait être entouré d’une équipe de collaborateurs ouverts au monde dans lequel ils vivent.

 

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Publié le 24 Mai 2011

L'ancien maître général des Dominicains, Timothy Radcliffe, a été privé de parole à l'ouverture de la 19e Assemblée générale de "Caritas Internationalis" qui se tient à Rome jusqu'au 27 mai, révèle The Tablet. Selon l'hebdomadaire catholique, le retrait au dernier moment du célèbre prédicateur anglais est une énième modification du programme pour satisfaire les exigences de la secrétairie d'Etat du Vatican, qui souhaite que les principales interventions soient confiées à des membres de la curie romaine.

 

Cet épisode s'ajoute à un contexte déjà tendu entre la secrétairie d'Etat et la direction de la première organisation caritative mondiale. Le Vatican, qui souhaite réaffirmer plus clairement l'identité catholique de la Caritas, a refusé à l'actuelle secrétaire générale, la britannique Lesley-Anne Knight, de solliciter un nouveau mandat de quatre ans auprès des 300 délégués de 165 pays réunis à Rome cette semaine. Elle n’a pas reçu le ’nihil obstat’ du Vatican pour briguer un second mandat de 4 ans, en dépit du soutien du cardinal Oscar Rodríguez Maradiaga, président de ’Caritas Internationalis’ (’CI’). Si ce sujet n’a donné lieu à aucune déclaration officielle, le comportement trop autonome de l’actuelle secrétaire générale de ’CI’ par rapport au magistère de l’Eglise serait en cause, a rapporté l’agence I.MEDIA.

 

Le Saint-Siège souhaite redonner une identité catholique plus affirmée aux services rendus par l’Eglise à la société dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la solidarité, ainsi que contrôler davantage ’CI’ qui fête cette année son 60e anniversaire. Depuis 60 ans, Caritas répond à la souffrance humaine dans un monde d’injustices avec les armes de la foi et par des actions concrètes. Le cardinal Maradiaga, président de la Confédération a relevé dès l’ouverture de l'assemblée que les progrès accomplis jusqu’ici sont menacés : la faim et les catastrophes humanitaires sont en augmentation, le changement climatique risque d’aggraver la situation. Je ne vois pas en quoi Caritas n’a pas montré son identité chrétienne, car c’est par ses actions qu’on reçoit la justification de sa foi.

 

Au cours de cette assemblée générale, plusieurs hauts responsables de la curie romaine prendront la parole. Le 22 mai, l’intervention du cardinal Maradiaga sera suivie de celle du cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical ’Cor Unum’. Et le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, célèbrera la messe. Le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical ’Justice et Paix’ et le Père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, y participeront aussi. Cela sent le recentrage.

 

Mais, pour le cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical cor Unum, la grande pauvreté du monde moderne, c’est aussi la perte de la foi, la diffusion d’un humanisme sans Dieu. Les organisations caritatives de l’Église doivent évangéliser une humanité qui perdu le chemin de Dieu. Le pain est important, la liberté aussi, mais ce qui compte le plus c’est notre foi en Dieu que nous exprimons en servant les pauvres. La charité chrétienne – a averti le cardinal Sarah - n’est pas une œuvre philanthropique. Non la charité chrétienne ne se vent pas, alors nous ne vaudrons pas mieux que les protestants britanniques qui lors de la famine en Irlande (1845-1849) demandaient en échange de nourriture la conversion. Aurait-il oublié ce qu’a dit Jésus : «Donnez et on vous donnera.» (Luc 6,38) Donc pas besoin d’évangéliser pour aider les gens.

 

Le numéro deux du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, leur a demandé le dimanche 22 mai de rendre leur identité chrétienne plus visible : «L’action caritative de l’Église ne peut jamais se limiter à secourir les hommes dans leurs besoins matériels, même si, parfois, ils sont extrêmement urgents», a-t-il dit, critiquant une ligne trop politique de ceux qui voudraient faire espérer les populations en «un paradis sur terre». Le cardinal Bertone a donc donné le ton sans détours en souhaitant par ailleurs que cette Assemblée favorise une meilleure collaboration entre Caritas internationalis et les organismes du Saint-Siège. En quoi est-il mal de vouloir mettre fin à la misère, aller à la messe n'apporte pas le pain pour se nourrir.

 

Cette orientation a provoqué des remous parmi certains délégués, qui estiment que «l’option préférentielle pour les pauvres» doit passer avant la «nouvelle évangélisation». Réunie sur le thème «Une seule famille, pauvreté zéro», l’Assemblée se prononcera sur les orientations 2011-2015 et l’équipe dirigeante, dont l’autonomie a été parfois critiquée au Vatican. Le Vatican a t-il oublié ce qu’a dit Grégoire le Grand dans Regula pastoralis à la fin du Ve siècle : «Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne faisons pas pour eux des dons personnels, mais nous leur rendons ce qui est à eux. Plus qu'accomplir un acte de charité, nous accomplissons un devoir de justice.»


Le Saint-Siège souhaite redonner une identité catholique plus affirmée aux services caritatifs rendus par l’Eglise, dans l’esprit de l’Encyclique «Deus caritas» de Benoit XVI. Selon l’agence de presse de la Conférence épiscopale américaine ’Catholic News Service’ (CNS), le Vatican préparerait un document sur le rôle et la responsabilité des évêques concernant les organisations caritatives de l’Eglise. Elaboré par le Conseil pontifical ’Cor Unum’, dont dépend ’CI’, ce texte a été soumis à l’examen de la Congrégation pour la doctrine de la foi, selon CNS. L’information a été révélée par l’actuel président de Caritas Internationalis, le cardinal Oscar Rodríguez Maradiaga, devant l’assemblée précédant la messe d’ouverture. Dans son intervention, le cardinal Maradiaga a salué le professionnalisme, la foi profonde et l’engagement de Lesley-Anne Knight. Il a aussi regretté son éviction par le Vatican, tout en appelant à éviter les divisions au sein même de l’organisation. La candidature du cardinal Maradiaga à sa propre succession, le 24 mai, serait elle aussi incertaine. On peut se demander qui lui succédera, car je pense qu’il n’aura pas le même souci de la pauvreté et sera plus dans la ligne de Benoit XVI.

 

Le nouveau secrétaire général doit être élu le 26 mai, par le comité exécutif de Caritas Internationalis. Parmi les six candidatures parvenues à Rome depuis les Caritas locales, seules trois ont été agréées par la Secrétairerie d’Etat. Cela sent la démocratie, nous voilà revenu à l’époque où l'on contrôlait tous les organisme catholiques.

 

L’exemple de Caritas internationalis nous montre une papauté comme le Jésus de Benoit XVI, sans imagination, sans idée et fondée sur un passé illusoire. L’Église ne doit pas imposer son pouvoir, car comme Jésus l’a dit : «Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.» (Luc 14,11) Le Vatican devrait abandonner cette nouvelle évangélisation qui ne lui apportera rien de bon.

 

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Publié le 21 Mai 2011

A52C62A828D933F4248326 LargeL’assouplissement des restrictions à l'utilisation du Missel Romain de 1962 qu’a fait le pape Benoît XVI, connue sous le nom du rite tridentin, n'est que la première étape d'une "réforme de la réforme" de la liturgie a estimé le cardinal Kurt Koch, le 14 mai 2011, déjà connu pour sa vision démodée de l’œcuménisme catholique. Il a affirmé qu’“Entre la liturgie ancienne et la réforme liturgique post-conciliaire, il n’y a pas de rupture radicale mais une continuité de fond”. Et d’ajouter: “On ne peut comprendre le Motu proprio “Summorum Pontificum” de Benoît XVI qu’à la lumière de cette conviction”. Selon le cardinal suisse, le pape “ne comprend pas l’histoire liturgique comme une succession de divisions, mais comme un processus organique de croissance, de maturation et d’auto-purification”. Avec le Motu proprio, le pape aurait voulu contribuer à la réconciliation au sein de l’Eglise. Si le pape ne voit pas que l’histoire du christianisme est faite de divisions, je peux lui passer les 13 tomes de l’Histoire du christianisme : des origines à nos jours, sous la direction de Jean-Marie Mayeur, parus entre 1990 et 2000, cela lui sera très instructif.

 

L’objectif à long terme du pape n'est pas simplement de permettre à des rites anciens et nouveaux de coexister, mais d'aller vers un «rite commun» qui sera façonnée par l'enrichissement mutuel des deux formes de messe. Impossible d’en faire un rite commun, car comparer le rite extraordinaire et rite ordinaire romain est comme comparer le jour et la nuit. Ils n’ont rien de commun dans la forme.

 

En effet, le pape lance un nouveau mouvement de réforme liturgique, c’est du moins ce que le cardinal a dit. Ceux qui s'y opposent, y compris les "rigides" progressistes, ont tort de voir le Concile Vatican II comme une rupture avec la tradition liturgique de l'église, dit-il. Si on regarde de plus près les 22 conciles œcuméniques (je compte parmi eux le concile de Jérusalem), on verra que tous ces conciles sauf deux visaient à condamner une hérésie, instaurer un dogme, asseoir la domination du pape sur les autres églises et définir la discipline ecclésiastique. Les deux conciles qui se différencient nettement sont celui de Jérusalem en 49 ou 52 et celui de Vatican II entre 1962 et 1965. Ce sont des conciles d’ouvertures et en totale rupture avec les conciles œcuméniques connus. Ce qui vient démentir que la Tradition n’admet pas la rupture et qu’elle serait fixe.

 

Cardinal Koch a fait ces remarques lors d'une conférence à Rome sur "Summorum Pontificum", la lettre apostolique de Benoît XVI de 2007 qui offre une plus grande latitude d’action pour l'utilisation du rite tridentin. Le texte du cardinal a été publié le même jour par L'Osservatore Romano, le journal du Vatican.

 

Cardinal Koch déclare que le pape Benoît XVI pense que les modifications liturgiques post-Vatican II ont apporté "beaucoup de fruits positifs" mais aussi des problèmes, notamment l'accent sur les questions d'ordre purement pratiques et une négligence du mystère pascal dans la célébration eucharistique. Le cardinal a dit qu'il était légitime de se demander si les innovateurs liturgiques étaient intentionnellement allés au-delà des intentions déclarées du concile. Je crois que le mouvement liturgique ne serait pas du même avis. Le mouvement liturgique, qui depuis plus d’un siècle a travaillé inlassablement, créant dans le clergé et chez de nombreux fidèles un intérêt et même une certaine culture liturgique. C'est sans aucun doute un mérite. La liturgie actuelle est l'aboutissement et le fruit d'un siècle de mouvement liturgique.

 

La pièce se termine ici : Le dernier jour de la conférence le 15 mai 2011, les participants ont assisté à une messe célébrée selon le rite tridentin à l'autel de la Chaire de la Basilique Saint Pierre. Le cardinal Walter Brandmüller présida la liturgie. C'était la première fois depuis plusieurs décennies que l'ancien rite fut célébré dans l'autel. Ce qui est pour moi, juste anecdotique, mais un symbole fort pour ceux qui veulent revenir en arrière.

 

Je vous livre l'expression de la pensée de Paul VI qui s’exprime dans sa grande lettre du 11 octobre 1976 à Mgr Marcel Lefebvre : «Nous avons sanctionné cette réforme [de la messe] de notre autorité, en demandant son adoption par tous les catholiques. Si, en général, nous n'avons pas jugé bon de maintenir plus longtemps des retards ou des exceptions à cette adoption, c'est en vue du bien spirituel et de l'unité de l'entière communauté ecclésiale, car, pour les catholiques de rite romain, l'Ordo missae est un signe privilégié de leur unité. C'est aussi parce que, dans votre cas, l'ancien rite est en fait l'expression d'une ecclésiologie faussée, un terrain de lutte contre le Concile et ses réformes, sous le prétexte que là seulement on conserverait, sans que leurs significations soient obscurcies, le véritable sacrifice de la messe et le sacerdoce ministériel. Nous ne pouvons accepter ce jugement erroné, cette accusation injustifiée, ni tolérer que l'eucharistie du Seigneur, sacrement d'unité, soit l'objet de pareilles divisions et qu'elle soit elle-même utilisée comme instrument et signe de rébellion.» Vous voyez qu’ainsi le retour au rite tridentin est une arme contre le concile Vatican II pour les intégristes et les traditionnalistes, et que Paul VI n’a jamais cédé sur la liturgie qu’il a établie sachant cela, comme ce fut le cas pour Jean-Paul II.

 

Les négociations entre la Fraternité Saint-Pie-X et le Vatican sont en effet au point mort et, au Vatican, on considère qu’elles n’aboutiront jamais. Nous voyons donc qu’aucune réconciliation n’est possible. Dans sa paroisse populaire de Bordeaux, le père Francis Aylies nous disait en 2006, qu’il n'avait qu'une crainte : que les catholiques ordinaires soient désormais "confondus" avec les traditionalistes. Et que l'Eglise de Vatican II, "son" Eglise, ressorte encore plus fragilisée. Une vision des plus réaliste.

 

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Publié le 17 Mai 2011

Mgr William Morris estime que sa révocation récente par le Vatican est "un signal envoyé aux évêques du monde entier" et demande la publication du rapport envoyé au Vatican et qui a conduit à sa retraite forcée. Evêque de Toowoomba, en Australie, il avait émis l'idée d'ordonner des femmes, dans une lettre pastorale de 2006. C’est ce qu’il a dit sur l’Australian Broadcasting Corporation dans le show "Sunday Nights with John Cleary" du 8 mai 2011.

 

Jean Paul II aurait mis le poids de son infaillibilité dans une Lettre apostolique de 1994 où il réaffirme que l'Eglise ne peut ordonner les femmes, ce qui amène à se poser la question sur les possibles conséquences de cette interdiction de débattre de la question et y voir une sanction disproportionnée contre Mgr Morris, qui n’a rien d’un prêtre rouge. A sa connaissance, il n'avait jamais vu ça par écrit avant, car Jean Paul II, n'a jamais utilisé le mot infaillible, Mgr Morris dit. "Si ma mémoire est fiable, sans regarder le document. Je crois qu'il a dit qu’il ne se voyait aucun pouvoir ou de droit d'ordonner des femmes, ou quelque chose comme cela. Mais il n'a jamais utilisé le mot infaillible." La Congrégation pour la doctrine de la foi a précisé que la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis du 22 mai 1994, n'entre pas dans le champ de l'infaillibilité pontificale mais de celle du magistère. Donc Mgr Morris n’est pas en tort.

 

Le Vatican a réagit. Bien sûr, on lui donne une image qui plait mieux à l’hypothèse de son renvoi. Mgr William Morris, était en conflit ouvert avec le Vatican depuis de nombreuses années, et sa révocation n'a été décidée par le pape qu'au bout d'un long processus de négociation qui a échoué. Rome lui aurait demandé à plusieurs reprises de démissionner de ses fonctions en raison de ses positions théologiques et de sa vision des sacrements. Il aurait notamment déclaré qu'il était prêt à avoir recours au ministère de pasteurs d'Eglises issues de la Réforme, et il refusait de mettre fin à la pratique des absolutions collectives dans son diocèse. Je ne vois pas en quoi ce sont des gestes graves. Ces éléments sembleraient corriger la version donnée par Mgr Morris d'une mesure disciplinaire brutalement expédiée. L'évêque déchu avait rencontré le pape il y a deux ans pour s'expliquer, mais n’avait pas été révoqué. Mais des évêques qu’il faudrait révoquer comme Mgr Jean-Pierre Cattenoz et Mgr Vitus Huonder eux sont confirmés dans leur fonction par Benoit XVI. Le lobbying traditionnaliste marche fort bien.

 

Enfin le 12 mai 2011, Les évêques australiens affirment leur solidarité avec la décision du Vatican de relever de ses fonctions l'évêque de Toowoomba, ce qui étonne puisqu’ils se disaient solidaires de Mgr Morris. C’est un peu lâche mais pas étonnant car depuis 1987, les évêques doivent prêter un serment de fidélité au pape et ne peuvent plus publier de déclarations doctrinales sauf si elles sont approuvées par Rome depuis 1990. Les évêques ont donc une marge de manœuvre limitée et s’ils s’opposent au pape, ils perdront leur poste ou seront mis dans une voie de garage.

 

L'Australie s'attendait à cette lettre, envoyée aux paroisses et aux écoles à catholiques travers le pays, ce qui fait enrager les partisans de Mgr Morris. Le Conseil national des prêtres, par exemple, a condamné «le traitement mesquin infligé à un pasteur remarquable» et «le manque de transparence et de respect qui a conduit à cette décision».

 

Une Église qui ne sait que condamner les gens leur proposant des solutions ne peut donner quelque chose de bon. Cela me rend triste car l’Église que j’aime perd ainsi son prestige au profit d’une minorité qui ne sait que condamner le monde dans lequel elle vit, nous envoyant peu à peu comme une voiture sans frein dans un mur qu’elle ne peut éviter.

 

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Publié le 15 Mai 2011

Trois ans après la publication en 2007 du Motu Proprio Summorum Pontificum pour permettre la célébration de la forme «extraordinaire» du rite romain, le Vatican rend publique ce vendredi 13 mai 2011 l'Instruction Universae Ecclesiae, destinée à préciser et à faciliter l'application du Motu Proprio.

 

Dans une note synthétisant cette Instruction, le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, évoque un texte «d'un grand équilibre», qui entend favoriser «l'usage serein» de la forme extraordinaire du rite romain pour les prêtres et les fidèles «qui en ressentent le sincère désir pour leur bien spirituel».

 

Ce texte insiste aussi sur «l'esprit de communion ecclésiale qui doit être présent chez tous - fidèles, prêtres, évêques» et ce afin que «la finalité de réconciliation, ainsi présente dans la décision du Saint-Père, ne soit pas empêchée ou freinée, mais favorisée et atteinte». Benoit XVI n’a-t-il pas eu face de lui les lefebvristes pour voir que cette réconciliation est impossible, car on quand on leur donne quelque chose, ils en voudront toujours plus.

 

Ce document, qui émane de la Commission Pontificale «Ecclesia Dei», a été signé de son président le cardinal William Levada, et de son secrétaire, Mgr Guido Pozzo. Il a été promulgué «en vue de garantir la correcte interprétation et la juste application» du Motu Proprio Summorum Pontificum.


Durant ces trois années qui séparent de la promulgation du Motu proprio, les évêques ont été invités à écrire au Saint-Siège si de «sérieuses difficultés» d'application de Summorum Pontificum apparaissaient. L'Instruction porte donc en soi «le fruit de la vérification triennale de l'application de la loi, qui avait été prévue depuis le début», estime le père Lombardi. «Le document est présenté dans un langage simple et de lecture facile», précise encore le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

 

Après une brève histoire du Missel romain, la finalité du Motu proprio est confirmée autour de trois points principaux : a) offrir à tous les fidèles la Liturgie Romaine dans son usage le plus ancien, considérée comme un précieux trésor à conserver ; b) garantir et assurer réellement, à ceux qui le demandent, l'usage de la forma extraordinaria ; c) favoriser la réconciliation au sein de l'Eglise (cf n. 8).

 

Dans ce document, la compétence des évêques diocésains est confirmée pour la réalisation du Motu proprio, rappelant qu'en cas de controverses sur la célébration dans la forma extraordinaria, c'est la Commission «Ecclesia Dei» qui tranchera. Normalement en cas de controverses c’est l’évêque qui doit décider, si ce n’est plus lui qui décide sur ce sujet alors la collégialité sera un beau mot qui n’aura plus de sens.

 

Le document apporte aussi une clarification sur le concept du «groupe de fidèles» qui souhaite assister à la messe dans sa forme extraordinaire : les personnes ne doivent pas forcément appartenir à une même paroisse et pourront même venir de différents diocèses (§ 15).

 

Une précision importante est toutefois ajoutée : les fidèles qui demandent la célébration du rite dans sa forme extraordinaire «ne doivent en aucune façon soutenir ou appartenir à des groupes qui se disent contraires à la validité ou légitimité de la forme ordinaire» du rite romain et/ou à l'autorité du Pape comme Pasteur Suprême de l'Eglise universelle. «Cela irait, en effet, en contradiction manifeste avec la finalité de ‘réconciliation' du Motu proprio lui-même». Il est bon de le rappeler, car déjà en 1970, Paul VI avait mis ce point essentiel pour permettre le rite extraordinaire pour quelques minorités en attendant l’acceptation définitive du rite ordinaire promulgué en 1970, et non pour le libéraliser comme l’a fait Benoit XVI. Je rappelle qu’extraordinaire veut dire qui sort de la règle, de l'usage ordinaire.

 

Des indications «importantes» sont aussi apportées sur l'aptitude du prêtre à célébrer dans la forme extraordinaire. «Naturellement celui-ci ne doit pas avoir d'empêchement d'un point de vue canonique, suffisamment bien connaître le latin et le rite à célébrer», précise le P. Lombardi. Les évêques sont aussi invités à encourager une «formation adéquate» dans les séminaires. Je pense qu’il y aura malgré tout quelques résistances, car beaucoup d’évêques doivent faire face aux prêtres lefebvristes et traditionalistes qui essayent d’imposer leur propre vision de l'Église.

 

Ce dimanche 15 mai2 011, le IVe dimanche de Pâques, une messe solennelle selon le rite ancien sera célébrée à la basilique pontificale Saint-Pierre au Vatican, pour la première fois à l'Autel de la Chaire. Le célébrant sera le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la congrégation pour le culte divin. Le chœur sera dirigé par le cardinal Domenico Bartolucci, ancien maître de chapelle perpétuel de la Chapelle Sixtine. La messe conclura un colloque consacré au motu proprio "Summorum Pontificum". Parmi les intervenants figureront le cardinal Cañizares lui-même, l’évêque Athanasius Schneider et Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontifical "Ecclesia Dei". Il n’est guère étonnant que trois d’entre eux sont favorable au rite ancien : Antonio Cañizares Llovera, pour le retour de la communion à la bouche, ayant soutenu le Motu Proprio Summorum Pontificum et portant la capa magna, Domenico Bartolucci, opposé à l’abandon du latin et à l'impact d'un tel abandon sur le répertoire de musique sacrée en usage au cours des célébrations, et enfin, Athanasius Schneider qui est bien connu pour sa défense de la forme traditionnelle pour recevoir la communion (à genoux, sur la langue), et lors d'une conférence théologique à Rome en Décembre 2010, Mgr Schneider proposa la nécessité d’"un nouveau programme" (en souvenir du Syllabus de 1864), dans lequel l'autorité doctrinale du pape permettrait de corriger les interprétations erronées des documents du Concile Vatican II. On sent les traditionalistes en puissance. Où sont les progressistes ? Cela veut tout dire.

 

L’Église ne gagne rien à cette unité de façade qui lui fera plus de mal que de bien. Il ne faut pas être naïf et voir ce que cela sous tend, une reprise en mains où le Peuple de Dieu, lui n’a pas son mot à dire. Les méthodes doivent changer, car le pape ne peut imposer et gouverner seul.

 

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