Publié le 30 Juin 2011

L’évêque de Graz-Seckau et vice-président de la Conférence épiscopale autrichienne, Mgr Egon Kapellari, a rejeté un appel de "l’initiative des prêtres" (Pfarrer-Initiative) à la désobéissance dans l’Eglise. Ce document met en péril l’unité de l’Eglise, affirme l’évêque autrichien dans une prise de position diffusée le 28 juin.

 

Les évêques et le pape sont conscients des détresses pastorales de l’Eglise. «Des discussions à ce sujet ont eu lieu et se dérouleront encore», a souligné Mgr Kapellari. «Mais il n’y a pas d’état d’urgence, qui pourrait justifier une exception dans l’Eglise en Autriche, en dehors de l’Eglise universelle. Le lien avec l’Eglise universelle et avec le pape fait partie de notre inabrogeable identité», affirme l’évêque de Graz-Seckau. Un aveuglement qui va s’avérer dangereux pour le futur.

 

Ce dernier voit dans l’appel de "l’initiative des prêtres" une «perception sélective de la situation globale actuelle de l'Eglise en Autriche». «Les demandes proviendrait semblerait-il de beaucoup de gens raisonnables, mais de manière sérieuse, elle menace l'identité et l'unité de l'Eglise catholique», souligne Kapellari. «Les soucis et les préoccupations légitimes des personnes et des paroisses sont à prendre en compte. C'en est une autre, celle qui appelle à la désobéissance et à mettre en danger la forme commune de l'Église universelle et ses engagements partagés pour les résilier unilatéralement.»


La “Pfarrer-Initiative”est un groupe de quelque 300 prêtres de paroisse né en 2006 en Autriche. Ses préoccupations et objectifs sont clairement exprimés dans l’appel ‘Mit drängender Sorge’. Voici un extrait du communiqué lors de sa fondation : « Nous, curés de paroisses catholiques, tous issus de différents diocèses, voulons nous engager en faveur d'une discussion ouverte dans l'Église sur les questions qui se posent d'une manière urgente pour l'avenir de celle -ci, en y intégrant notre expérience spécifique dans le domaine de la pastorale en paroisse. Nous ne sommes pas satisfaits du comportement des responsables à la direction des diocèses et au niveau de l'Église universelle.»


Et de citer prioritairement la politique de suppression et de regroupement des paroisses à cause de la pénurie de prêtres, le droit des baptisés à célébrer l'Eucharistie, le partage des responsabilités et des décisions avec les laïcs, la crise du sacrement de pénitence, les problèmes humains et pastoraux liés à la sanction des divorcés remariés, la stagnation du dialogue œcuménique et particulièrement de l’intercommunion. Cinq des neuf évêques diocésains d’Autriche ont accepté le dialogue avec les prêtres et les laïcs de leurs diocèses sur ces questions.

 

Encouragés par le cardinal Schönborn, les responsables du mouvement ont envoyé une lettre au pape en septembre 2007, ont obtenu une réponse du cardinal Bertone, secrétaire d’état, et ont ensuite tenté une démarche directe à Rome. Après avoir essuyé les refus de pouvoir rencontrer la Secrétairerie d’État, la Congrégation pour le Culte et les sacrements, et le Conseil Pontifical pour les Laïcs, il apparaissait clairement que, sur ordre du pape, seule la Congrégation pour la doctrine la Foi avait le droit de les recevoir. L’entretien avec les P. Geissler et Ladaria (secrétaire de la Commission théologique internationale) dura une heure et demie et semble avoir été franc et cordial. Pour reconnaître que les questions posées étaient évidemment très importantes, mais s’entendre rappeler que les positions de l’Église étaient claires à ces sujets, et que ‘les possibilités des églises locales n’étaient pas encore épuisées.’


On peut voir que ce groupe a fait des appels qui n’ont pas été entendus par l’Eglise qui traine des pieds, leur dernier recours est donc la désobéissance. Le constat est problématique : les séminaires et noviciats se vident au même rythme et les vocations sont en chute libre. L’avenir est plutôt sombre et l’on se demande qui prendra la relève. Beaucoup de prêtres quittent le sacerdoce et le petit nombre de ceux qui l’exercent encore – dont l’âge est souvent au-dessus de celui de la retraite – doivent assurer le service de plusieurs paroisses, de façon expéditive et administrative. Des solutions s’imposent car le modèle du prêtre actuel n’est plus en état de grâce, surtout que maintenant même les communautés nouvelles connaissent la crise des vocations. La solution des prêtres mariés et d’une plus grande participation des laïcs pourrait donner un répit à la crise des vocations.

 

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Publié le 30 Juin 2011

Les évêques catholiques d’Allemagne demandent un renouvellement de la société basé sur le principe de la liberté tel que défini par la doctrine sociale de l’Eglise.

 

Dans un document d’une quarantaine de pages, présenté le 27 juin à Berlin, les évêques font un certain nombre de propositions politiques concrètes pour le soutien à la famille ou l’imposition des grosses fortunes par exemple.

Mgr Reinhard Marx, cardinal archevêque de Munich, a présenté le document en tant que président de la commission épiscopale pour les questions sociales. Le texte intitulé "Une société de l’égalité des chances: modèle pour un ordre libéral" relève que les conditions pour le bien-être de tous ont été perdues de vue. C’est pourquoi l’idée de l’égalité des chances pour tous doit être remise au premier plan. La notion de liberté est au cœur du nouveau document épiscopal. "Elle est la mesure centrale de l’éthique sociale de l’Eglise", a souligné Mgr Marx. Chacun doit avoir la possibilité de jouir de sa liberté au sein de la société.

 

Concrètement, les évêques préconisent des réformes dans divers domaines. Ils jugent nécessaires des places de crèches gratuites pour les enfants, ainsi que des appuis aux parents d’enfants handicapés. Ils souhaitent aussi que les institutions catholiques d’enseignement s’engagent davantage pour l’intégration des enfants et des jeunes issus d’autres cultures. Des réformes réalistes que n’appliquent pas les États trop occupés à faire des bénéfices au dépend de leurs populations. L’intégration des enfants d’autres cultures est une bonne chose pour montrer que leur intégration est possible et permettant ainsi de mettre en doute les propos désastreux contre les immigrés.

 

Le document se prononce encore en faveur d’une fiscalité élargie, en particulier sur les grosses fortunes. Par contre les évêques ne sont pas favorables à l’introduction d’un revenu minimum garanti à cause des risques d’incitation qu’une telle mesure comporterait. Donc pas de RSA en Allemagne, là les évêques allemands ne sont pas très solidaires. Comme le disait un prêtre espagnol : «Il vaut mieux donner à un tricheur plutôt que de punir les autres.»


Des propositions sérieuses qui montrent que l’Église n’a pas oublié sa doctrine sociale et l’amour du prochain, qui est la base des enseignements de Jésus. Cela laisse de l’espoir face aux situations de plus en précaire des populations face à la crise.

 

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Publié le 29 Juin 2011

La Commission pour la doctrine de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a publié le lundi 27 juin, une lettre sur le ministère pastoral auprès des jeunes ayant une attirance pour les personnes du même sexe.

 

«En tant qu’évêques, nous souhaitons répondre aux besoins pastoraux des adolescents et des jeunes adultes qui s’interrogent sur leur identité sexuelle ou qui vivent des sentiments d’attirance homosexuelle. Nous nous soucions du bien spirituel de toutes les personnes et nous espérons les aider à vivre leur appel ‘à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité’. Convaincus que ‘seul ce qui est vrai peut finalement être pastoral’, nous voulons offrir ici des principes généraux et des balises à tous les catholiques, aux pasteurs, aux parents, aux éducateurs et aux jeunes adultes eux-mêmes», de préciser les membres de la Commission dans leur mot d’introduction.

 

Tout en soulignant que, dans son enseignement, l’Église ne condamne jamais les personnes ayant une attirance homosexuelle, les évêques rappellent qu’«alors que les actes homosexuels sont toujours objectivement mauvais, les inclinations ne constituent pas en elles-mêmes un péché ou une faute morale». (…) «Pour bien des gens, l’attirance homosexuelle est une épreuve. Les pasteurs se doivent donc de les approcher avec beaucoup de prudence et de charité.»


Dans sa lettre, la Commission offre diverses balises pastorales, en plus d’exprimer sa «profonde gratitude à tous ceux et celles qui, avec sagesse et avec amour, guident les jeunes qui se découvrent une attirance homosexuelle : les prêtres, leurs collaboratrices et collaborateurs pastoraux, les parents et les éducateurs».

 

Malheureusement la promotion de la chasteté est la seule réponse proposée par les évêques en adéquation avec le droit canon. «Pour les jeunes qui vivent une attirance homosexuelle et pour qui le mariage n’est pas une option, choisir la chasteté comme valeur positive constitue un défi d’autant plus grand qu’il est constant. Il faut les encourager à vivre leur célibat chastement, […] même si répondre généreusement à cet appel à la chasteté ne va pas sans souffrances et sans difficultés.»

 

Et si on voyait une autre piste. Le prêtre religieux catholique de la Compagnie de Jésus et américain John MacNeill, se fit connaître par son livre The Church and the Homosexual, publié en 1976. La Congrégation pour la doctrine de la foi demanda, deux ans plus tard, au Père Arruppe, alors supérieur général de la Compagnie de Jésus, de retirer l’imprimatur accordé pour la première édition (afin d’éviter toute nouvelle réimpression), d’interdire à John MacNeill de faire des tournées de conférences sur la question de l’homosexualité, ou des tournées destinées à faire connaître son livre.

 

Pour Mac Neill, chez certaines personnes, l’homosexualité devient dominante sans qu’ils en soient responsables; l’homosexuel existe grâce à la volonté divine et doit donc participer à la construction de la société; il peut aussi enseigner la valeur des relations interpersonnelles en dehors de la procréation; deux homosexuels sont parfaitement capables de vivre un amour réel dans une relation stable, situation qui les rapproche de Dieu; la constitution de communautés croyantes d’homosexuels qui cherchent à établir un dialogue avec l’Église doit être reconnue comme l'œuvre de Dieu. Le problème rencontré par MacNeill est que ces hypothèses s'opposaient directement à la doctrine traditionnelle des théologiens moralistes qui s'articulait sur trois points : l'homosexualité est un péché; les homosexuels n'ont pas de place dans la communauté humaine; les pratiques homosexuelles sont «humainement destructives».

 

Un beau geste qui montre que l’Eglise avance sur le sujet sensible de l’homosexualité. Espérons qu’elle considérera de meilleur façon les homosexuels, car si ils sont pêcheurs comme le dit l’Église, alors ils sont tout autant chrétiens que nous, car Jésus l’a bien dit : «Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.» (Marc 2,17)

 

Heureusement, certains d’entre eux, refusant de se laisser exclure de leur tradition religieuse, arrivent à se prémunir contre un tel discours. Avec l’amitié et la solidarité d’autres chrétiens et de pasteurs, ils mettent sur pied des groupes de partage et de soutien. Ils s’approprient des clés d’interprétation biblique et théologique pour développer une compréhension positive de leur condition. Ils investissent des lieux qui leur permettent de célébrer leur foi dans la dignité et le respect. Ils transforment l’injustice éprouvée en ressort pour l’engagement chrétien, social et politique. Le Vatican ignore aussi les propres paroles et la conduite explicite de Jésus envers les personnes marginalisées et au regard des codes de pureté qui prévalaient à son époque et cela est vraiment choquant, car l’Église ne doit exclure personne.

 

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Publié le 29 Juin 2011

Le synode de l’Eglise catholique cantonale de Bâle-campagne, réuni à Liestal le 27 juin 2011, a décidé de repousser à l’automne la discussion sur l’égalité homme femme et sur l’accès des femmes au sacerdoce.

 

Le synode a refusé la proposition de la paroisse de Binningen-Bottmingen qui demandait de rendre possible un accès égal des hommes et des femmes à la prêtrise. Cette proposition relayait l'initiative cantonale sur le même sujet pour laquelle la récolte de signatures est en cours dans les paroisses.

 

Comme cette revendication entre en contradiction avec le droit canon, le synode a décidé de renvoyer la discussion à l'automne et a demandé au Conseil synodal de présenter alors une nouvelle formulation. Sous le pontificat de Paul VI en 1976, la Congrégation de la doctrine de la foi a formulé les fondements de la position de l'Église sur l'ordination des femmes. Jean Paul II, par sa Lettre apostolique "Ordinatio sacerdotalis" (22 mai 1994), à l'occasion des ordinations de femmes dans l'Église anglicane, a réaffirmé la position de l'Église catholique en affirmant que l'Église n'a pas le pouvoir de donner le sacrement de l'ordre sans pour autant y mettre son infaillibilité pontificale. Enfin, De gravioribus delictis du 15 juillet 2010 prévoit une excommunication aussi bien pour celle qui tente de recevoir cet ordre sacré que pour celui qui tente de conférer un ordre sacré, avec en plus pour ce dernier une possible déposition.

 

La nouvelle formulation pour un ministère féminin pourrait porter sur le diaconat. La diaconesse serait comme le diacre une personne ayant reçu le premier degré du sacrement de l'ordre dans l'Église catholique romaine, collaboratrice de l'évêque dans son caractère ministériel. À la messe, elle aurait la charge de proclamer l'Évangile et pourrait prêcher : Elle serait, par excellence, le ministre de la parole. Pendant la liturgie eucharistique, elle aiderait le prêtre, en particulier pour la préparation des dons : elle remplirait de vin le calice et y ajouterait l'eau. Elle inciterait les fidèles au geste de paix. Lors de la communion, elle distribuerait le saint sacrement aux fidèles. Enfin, c'est elle qui enverrait les fidèles : «Allez dans la paix (et dans la joie) du Christ».

 

Sinon le lectorat pourrait être cette autre formulation. La lectrice serait la «ministre ordinaire» des lectures et des psaumes pendant la liturgie à l'exception de la lecture de l'Évangile (dont le diacre à la charge). Elle pourrait donner, lorsqu'il n'y a ni chantre ni diacre de disponible, les intentions de la prière universelle; diriger le chant et la participation du peuple fidèle; prendre enfin les dispositions nécessaires pour que les fidèles reçoivent dignement les sacrements. Elle pourrait aussi, s'il en est besoin, veiller à la préparation des autres fidèles qui, occasionnellement, doivent lire la Sainte Écriture au cours des célébrations liturgiques. Afin de s'acquitter de ces fonctions d'une manière toujours plus convenable et plus parfaite, elles devront méditer assidûment les Saintes Écritures.

 

Le synode s'est en outre penché sur une proposition de révision de la Constitution ecclésiastique cantonale. Il s'agit notamment de renforcer la surveillance du Conseil synodal cantonal sur les paroisses et d'instituer une commission de recours.

 

Comme le voulait le cardinal Carlo Maria Martini, le Vatican devrait sans doute reformuler le rôle des femmes dans l'Église dans une perspective plus actuelle. Il devrait également exprimer son soutien pour l'ordination des diacres féminins ou au moins le lectorat féminin. Les femmes ont prouvé leurs valeurs, il suffit de voir Hildegarde de Bingen qui soutenait en particulier que l'esprit de la femme est en tous points comparable et égal à celui de l'homme. Ces déclarations lui avaient attiré les bonnes grâces du peuple, mais n'avaient pas manqué de choquer des hauts membres du clergé de Mayence et même la noblesse masculine allemande de l'époque.

 

Le refus de la prêtrise aux femmes ne devrait pas les empêcher d’avoir des ministères ordonnés comme le diaconat et le lectorat. Un peu de bon sens ne ferait pas de mal au Vatican pour le plus beau cadeau que Dieu nous ait fait, les femmes.

 

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Publié le 27 Juin 2011

L’eucharistie, en nous unissant au Christ, nous unit aussi aux autres fidèles. «La présence sociale de l’Eglise dérive donc de l’eucharistie», a expliqué Benoît XVI dans l’homélie de la messe qu’il a célébrée le 23 juin 2011 au soir à Saint-Jean de Latran à l’occasion de la fête du Corpus Domini.

 

Dans son homélie, Benoît XVI a rappelé que l’Eucharistie était un «Pain différent» de la «nourriture corporelle» qui contribue à la subsistance de l’organisme : «ce n’est pas nous qui l’assimilons, mais il nous assimile à lui, afin que nous devenions conforme à Jésus-Christ, membre de son corps, une seule chose avec Lui», a-t-il expliqué.

 

L’Eucharistie qui est communion, se célèbre en famille, en communauté, en Église. Paul avait écrit : «La coupe d’action de grâce que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain» (1 Co 10,16-17).

 

«Ce passage est décisif» parce que «c’est le Christ qui, dans la communion eucharistique nous transforme en Lui, notre individualité, dans cette rencontre, est ouverte, libérée de son égocentrisme et insérée dans la personne de Jésus qui, à son tour, est immergée dans la communion trinitaire».

 

Le mot communion a deux sens : 1) Du latin communio, commune union ou union avec, c’est-à-dire union avec le Christ et les autres qui communient eux aussi. 2) Du latin com-munus, c’est-à-dire avec les responsabilités ou avec les charges qui en découlent. Célébrer l’Eucharistie, c’est donc s’engager; c’est prendre ses responsabilités de ce qu’on célèbre. Si donc, le Christ a donné sa vie, nous devons donner la nôtre aussi, et si Christ nous transmet sa vie de Ressuscité, nous devons la partager entre nous et avec les autres. En d’autres mots, célébrer l’Eucharistie, le Faites ceci en mémoire de moi, c’est vivre comme le Christ.

 

Ainsi l’eucharistie, a affirmé Benoît XVI, «tout en nous unissant au Christ, nous ouvre aussi aux autres, nous rend membre les uns des autres : nous ne sommes plus divisés mais une seule chose en Lui». «La communion eucharistique m’unit à la personne que j’ai à côté, et avec laquelle je n’ai peut-être pas de bons rapports, mais aussi à des frères éloignés, dans chaque partie du monde».

 

L’Eucharistie n’est pas une dévotion personnelle qui nourrit l’ego; l’Eucharistie est un acte communautaire qui nous oblige à reconnaître l’autre, les autres, tous les autres, avec leurs différences et leur histoire, comme des frères et des sœurs, et de nous mettre à leur service.

 

«Le sens profond de la présence sociale de l’Eglise dérive donc de l’eucharistie, comme en témoignent les grands saints sociaux qui ont toujours été de grandes âmes eucharistiques», a-t-il ajouté. «Qui reconnaît Jésus dans la sainte hostie le reconnaît dans son frère qui souffre, qui a faim et soif, qui est étranger, nu, malade, emprisonné; et il est attentif à chaque personne, il s’engage, de manière concrète, pour tous ceux qui en ont besoin».

 

Qui peut communier? Peut-on exclure de la table de l’Eucharistie des personnes ? Les divorcés remariés ? Les homosexuel(le)s? Les femmes qui ont subi un avortement? Les médecins qui les ont assistées? Les marginaux? Ceux et celles qui ne vivent pas selon les règles de l’Église? Personnellement, je suis convaincu que non! Et pourtant, dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, saint Paul écrit : «Celui qui mangera le pain ou boira à la coupe du Seigneur indignement se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur» (1 Co 11,27). Mais de quelle indignité parle Paul ? Dans cette même lettre, il dénonce les divisions et les scissions entre les chrétiens qui se réunissent en assemblée pour prendre leur repas ensemble. Il leur dit : «Quand vous vous réunissez en commun, ce n’est pas le repas du Seigneur que vous prenez. Car, au moment de manger, chacun se hâte de prendre son propre repas, en sorte que, l’un a faim, tandis que l’autre est ivre» (1 Co 11,20-21). Il ajoute : «N’avez-vous donc pas de maisons pour manger et pour boire? Ou bien méprisez-vous l’Église de Dieu et voulez-vous faire un affront à ceux qui n’ont rien ?» (1 Co 11,22).

 

«Notre responsabilité spéciale de chrétiens dans la construction d’une société solidaire, juste, fraternelle provient donc du don d’amour du Christ», a rappelé le pape. «Le christianisme peut et doit faire en sorte que cette unité ne se construise pas sans Dieu, c’est-à-dire sans le véritable amour, ce qui ferait place à la confusion, à l’individualisme», a-t-il ajouté, particulièrement aujourd’hui «où la globalisation nous rend toujours plus dépendants les uns des autres».

 

Selon Paul, les seuls qui ne peuvent communier sont donc ceux qui refusent de partager, ceux qui ignorent les pauvres, ceux qui méprisent les autres, ceux qui condamnent et qui excluent les petits, les mal-aimés, les blessés de la vie; ceux-là sont indignes de communier et de célébrer l’Eucharistie. Jésus était venu pour lé pécheurs et non pour les justes.

 

Le pape a rappelé que l’Evangile «vise depuis toujours l’unité de la famille humaine», une unité «qui ne s’impose pas d’en haut ni par des intérêts idéologiques ou économiques, mais par le sens des responsabilités des uns envers les autres, pour que nous nous reconnaissions membres d’un seul corps, du corps du Christ».

 

À ce sujet, Jean Chrysostome, au IVème siècle, peut nous être d’un grand secours. Il écrivait : «Tu participes à ce repas divin? Tu dois être le plus compatissant des hommes. Tu as bu le Sang du Seigneur, et tu ne reconnais pas ton frère? L’aurais-tu méconnu jusque là, tu dois le reconnaître à cette table. Il nous faut tous être dans l’Église, comme dans une commune maison : Nous ne formons qu’un seul Corps. Nous n’avons qu’un seul baptême, une seule table, une seule source, et aussi un seul Père».

 

«Il n’y a rien de magique dans le christianisme», a-t-il conclu. «Il n’y a pas de raccourcis, mais tout passe par la logique humble et patiente du grain de blé qui se rompt pour donner la vie, la logique de la foi qui déplace les montagnes par la force douce de Dieu». «C’est pourquoi Dieu veut continuer à renouveler l’humanité, l’histoire, le cosmos à travers cette chaîne de transformation dont l’eucharistie est le sacrement».

 

Une des réductions les plus sensibles, c’est autour de la présence eucharistique. On a réduit cette présence du Christ au seul pain mettant largement en veilleuse la présence dans les autres. Cela rétrécit l’expérience de la communion : comme si le partage du pain eucharistique nous faisait oublier la communion avec les autres. De sorte qu’on a réduit l’ampleur du Corps du Christ. C’est ici qu’il faut rappeler Augustin qui disait dans une homélie : «Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c’est le sacrement de ce que vous êtes qui est déposé sur la table du Seigneur; c’est le sacrement de ce que vous êtes que vous recevez. C’est à ce que vous êtes que vous répondez Amen et cette réponse est votre signature…» (Sermon 27) Vous êtes le corps du Christ, recevez ce que vous êtes. Benoit XVI revient à l’essentiel de ce rite important de la liturgie de Paul VI.

 

Lors de la prière de l’Angélus, le dimanche 26 juin 2011 au Vatican, Benoît XVI a présenté «l’Eucharistie» comme un «antidote» à l’individualisme grandissant des sociétés occidentales. Le pape a ainsi estimé que la messe enseignait la «communion», le «service» et le «partage», alors que, dans de nombreux pays, l’Eglise célèbre la Fête-Dieu, solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ.

 

La Fête-Dieu est la fête de toutes celles et de tous ceux qui portent le Christ au monde. Comme le disait le prêtre André Beauchamp, en 2005 : «C’est beaucoup plus facile de porter en procession l’ostensoir et de rendre visible l’hostie consacrée, que de porter en soi le Christ ressuscité et de le rendre visible aux autres, par notre témoignage de foi et par notre engagement au service des autres».

 

Revenons à l’essentiel, l’eucharistie n’est pas un mystère mais la communion de tous les fidèles au sein de l’Eglise qui par leurs actes accomplissent ce que veux le Christ et deviennent ainsi le Corps du Christ.

 

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Publié le 25 Juin 2011

L’adoration est la première condition de la nouvelle évangélisation, a affirmé à la rédaction française de Radio Vatican Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, à l’initiative du colloque international «Adoratio 2011» organisé à Rome par les Missionnaires du Très Saint-Sacrement.

 

Cette manifestation, qui s'est achevée le 24 juin 2011 à Rome, a rassemblé 300 congressistes de 38 nationalités. «Adoratio 2011» a proposé 14 conférences, des carrefours, la célébration de la messe sous la forme ordinaire et extraordinaire, ainsi que l’adoration de nuit, rapporte Radio Vatican. Le colloque s’est conclu le 24 juin au soir avec la célébration de la Fête Dieu autour de Benoît XVI à Saint-Jean-de-Latran, suivie de la procession eucharistique vers Sainte-Marie-Majeure.

 

«L’évangélisation et donc la nouvelle évangélisation a sa source dans l’eucharistie», a affirmé Mgr Rey. «Jean-Paul II parlait de l’eucharistie comme le sacrement le plus missionnaire qu’il soit. De ce fait, réfléchir sur la nouvelle évangélisation, c’est revenir à la source de la mission qui se trouve dans le corps et le sang du Christ». «Il y a dans l’essence même de ce sacrement une dimension de proclamation de notre foi. Il y a une force spirituelle, sacramentelle, par laquelle se réalise la présence du Christ». Ainsi, «dans l’eucharistie, nous puisons la force spirituelle et sacramentelle de témoigner que Jésus est vraiment présent».

 

Le fondement de notre foi est le kérygme qui est le noyau de la première prédication des Apôtres et non l’eucharistie : Jésus-Christ est le Messie, le fils de Dieu. On le trouve exprimé en plusieurs lieux du Nouveau Testament, par exemple dans le discours de Pierre le jour de la Pentecôte (Actes 2,14-36). C’est l’attestation de la résurrection de Jésus crucifié et celui qui parle en rend témoignage personnellement, l’annonce du pardon, une invitation à la conversion et à l’attente du retour glorieux du Christ.

 

Le missionnaire, a poursuivi Mgr Rey sur Radio Vatican, «vient puiser à la source de l’eucharistie pour ensuite se mettre en posture d’annonce dans la société dans laquelle nous nous trouvons». «Aujourd’hui, on peut parler de nouvelle évangélisation». Le décret de Vatican II sur l’activité missionnaire affirmait que la fin propre de l’activité missionnaire «est l’évangélisation et l’implantation de l’Église dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n’a pas encore été enracinée» (Vatican II, Décret Ad Gentes, 6). L’évangélisation dont il est alors question est la première annonce de l’Évangile conduisant à la formation d’une nouvelle Église locale. Toujours selon ce décret de Vatican II, la mission de l’Église «continue et développe au cours de l’histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle; c’est donc par la même route qu’a suivie le Christ lui-même que, sous la poussée de l’Esprit du Christ, l’Église doit marcher, c’est-à-dire par la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service…» (Vatican II, Décret Ad Gentes, 5). Donc nous n’avons pas besoin de nouvelle évangélisation pour cela.

 

«On voit bien qu’il y a tout un courant de nouvelles générations qui sont à la fois des adorateurs et des missionnaires. Des jeunes, qui sont dans un monde où l’on parle beaucoup, qui ont besoin de retrouver des lieux d’intériorité», a-t-il conclu. «C’est à partir de cette source de prière, de cœur à cœur avec le Seigneur, de rencontres très intimes, que leur désir d’annoncer le Christ se façonne et se déploie».

 

Cette déclaration de Mgr Rey me rappelle ce qu’a dit Benoit XVI sur les jeunes : «Oui, vous devez être bien plus profondément enracinés dans la foi que celle de vos parents, pour pouvoir résister avec force et décision aux défis et aux tentations de ce temps.» Facile à dire quand nous voyons la jeunesse se révolter contre sa situation précaire au Portugal, en Espagne, en Grèce et en France, a-t-elle le temps d’annoncer le Christ alors qu’elle cherche du travail.

 

L’adoration eucharistique n’est pas la base de notre foi mais une croyance médiévale, osons sortir des vieilles recettes du concile de Trente pour enfin retrouver une Église vivifiée dans le service des plus pauvres.

 

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Publié le 24 Juin 2011

La centrale de l’Eglise ne prend pas en compte les différentes mentalités dans l’Eglise universelle et a une «sensibilité digne de l'Europe centrale», estime le jésuite Eberhard von Gemmingen, dans l’encart "Zeit" du magazine "Christ und Welt" le 21 juin 2011. Von Gemmingen préconisa des vues modernes au sein de l'Eglise. Par exemple, il suggéra que les femmes soient nommées au rang de cardinal. Il critiqua également la manipulation du pape Benoît XVI lors de l'affaire Richard Williamson et suggéra que le souverain pontife pourrait démissionner.

 

Dans les mentalités de l’Église universelle on voit la collégialité en termes de fraternité interecclésiale plutôt qu’en termes de participation à l’activité romaine. Le pape y est un principe d’unité, mais aussi le défenseur d’une diversité légitime dans la mesure où il favorise la diversité culturelle des Églises. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

 

L'ancien directeur des programmes allemands de Radio Vatican affirme que l'Eglise catholique a besoin d'être décentralisée. Des décisions prises à Rome ne sont pas suffisamment motivées et communiquées, estime le jésuite, qui prône une réforme de la Curie allant vers la suppression ou la réduction de certaines instances. Mais Rome a surtout besoin, selon lui, d'un cabinet rassemblant les plus hauts responsables.

 

Il faut dire que les mécanismes de la curie, sous l’angle de la rationalité, ne sont guère logiques : les informations ne passent pas d’un dicastère à l’autre, et les domaines d’intervention de chacune des congrégations ou des conseils ne sont pas toujours délimités, si bien que deux prélats peuvent sans le savoir se pencher sur le même dossier. Benoit XVI confie surtout des responsabilités à des prélats qui ont sa confiance. Mais ce n’est pas une équipe : ce sont des individualistes qui travaillent séparément. D’ailleurs au Vatican, il n’y a ni réunion du conseil des ministres, ni réunion de cabinet, ce qui est plutôt catastrophique.

 

Von Gemmingen estime également que c’est «une entreprise presque impossible que de tenir l’ensemble du monde catholique pour le Pape avec ses mentalités, ses situations et ses problèmes.» La solitude dans la décision n’est pas bonne pour le pape. Contrôler empêche toute spontanéité et le vécu de la foi. Centraliser à outrance pour empêcher toutes les dérives, n’amène-t-il pas ces dérives que l’on veut éviter comme le montre le cas de la Réforme protestante. Un gouvernement plus collégial pourra empêcher de mauvaises décisions prises par le pape.

 

Il a noté que pour les catholiques en Afrique, en Asie et en Europe du Sud, la papauté est un phénomène culturel de la vie sociétale. La mission des prêtres, des évêques et l’autorité de l'Eglise y est beaucoup moins contestée. «Le rôle des femmes dans de nombreux pays et dans les églises catholiques locales est encore plus traditionnellement conçue qu'en Europe centrale. En dehors des régions de langue allemande, il y a quelques laïcs parmi les théologiens.»


Le clergé diminue en Europe et s'accroît dans les autres régions du monde notamment en Afrique et en Asie. Les diacres permanents ont globalement augmenté principalement en Océanie (+ 19 %) et en Asie (+ 16 %), contre + 2,3 % en Europe et 2,6 % en Amérique. Le nombre des religieuses, qui constituent le groupe principal d'appui à l'action pastorale des évêques et des prêtres, fléchit. Leur nombre n'augmente qu'en Afrique et en Asie. Ces chiffres prouvent ce qu’a noté Von Gemmingen, mais cela s’explique du fait que ces continents, comme l’Afrique et l’Asie sont de nouvelles terres de mission. Mais le rôle des laïcs commence à s’affirmer car ils sont un contre poids du clergé dans leur mission.

 

Le jésuite Eberhard von Gemmingen donne courageusement des solutions qui pourraient aider l’Église à avoir une nouvelle vision du monde moderne par la sensibilité des fidèles qui eux ne se cachent pas les yeux devant les problèmes mais cherche à l’aider même avec leurs faibles moyens.

 

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Publié le 22 Juin 2011

Les rencontres de la Commission de dialogue doctrinal entre l’Eglise catholique et la Fraternité Saint-Pie X sont terminées, indique l’agence I.MEDIA. Si plusieurs sources romaines évoquent l’échec des discussions doctrinales entre Rome et les lefebvristes, des sources proches du dossier affirment en revanche qu’il est trop tôt pour le dire et annoncent une prochaine rencontre entre les responsables des deux parties pour évaluer ces deux années de travail, une rencontre qui pourrait avoir lieu mi-septembre.

 

«Les discussions ne sont pas formellement terminées», a expliqué à I.MEDIA une source autorisée, proche du dossier. Une réunion d’évaluation aura effectivement lieu «dans les prochains mois au niveau des responsables de la Fraternité Saint-Pie X et de la Congrégation pour la doctrine de la foi», explique-t-on côté romain, avant que les résultats ne soient communiqués à Benoît XVI. Dans ce sens, confie-t-on à Rome, « il est trop tôt pour dire qu’il s’agit d’un échec, comme il est trop tôt pour dire que ces discussions ont réussi».

 

Le 18 juin dernier, alors qu’il célébrait l’ordination de plusieurs nouveaux prêtres au séminaire de Winona (Etats-Unis), Mgr Bernard Fellay, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, a indiqué qu’il avait été invité à rencontrer le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au milieu du mois de septembre prochain. Mais cette réunion risque d’être à nouveau très entendue. Dans son homélie, Mgr Fellay a effectivement eu des propos très durs au sujet de Rome, évoquant en particulier les «messages contradictoires» du siège de l’Eglise catholique, une «Eglise pleine d’hérésies», et fustigeant tout particulièrement la Secrétairerie d’Etat. Cela s’annonce mal car la communion semble impossible du fait que les lefebvristes rejettent toutes ses avancées: liberté religieuse, dialogue avec les autres confessions, assouplissement de la liturgie, collégialité... En leur tendant la main, Benoît XVI semblait annoncer un enterrement de première classe au concile Vatican II.

 

Si les demandes de célébrations en rite extraordinaire (préconciliaire), autorisé par le motu proprio Summorum pontificum n'ont pas explosé, des groupes utilisent néanmoins ce texte, pratiquant la surenchère systématique et agressive, avec des moyens militants, en se réclamant du pape. Les évêques, donnant les exemples des diocèses de Strasbourg et Versailles, particulièrement touchés, s'en sont ouvert lundi 18 janvier 2010 à Benoît XVI. «S'il ne s'agit que de petits groupes isolés à ramener au bercail, il faut les traiter avec respect, disent-ils. Mais s'ils cherchent à faire du prosélytisme au détriment du rite de Paul VI, c'est différent.» Un cardinal de curie français a ainsi été malmené publiquement par de jeunes intégristes, à Bordeaux et à Lyon. La démarche des groupes contestataires s'enracine, selon les évêques, dans un terreau idéologique et politique proche du maurassisme. Mais «Maurras est peu connu au Vatican».

 

Pour Benoît XVI, l'unité de l'Église passe par la reconnaissance de la richesse de son patrimoine liturgique, avant et après Vatican II, dans une continuité à laquelle il est très attaché. Mais, avec ces groupes militants, les évêques français se trouvent face à la revendication d'une nouvelle liturgie. Ils rappellent que le pape célèbre lui-même tous les jours, en communion avec les évêques du monde entier, selon le rite de Paul VI. Et que dans ces affaires, c'est l'autorité de l'évêque, gardien de la liturgie dans son diocèse - qui se trouve défiée.

 

Si les deux parties avaient promis de garder le silence sur les discussions en cours depuis près de deux ans, il n’en reste pas moins vrai que certaines voix, côté romain, n’hésitent à évoquer un échec au terme des rencontres entre théologiens. Il semble en outre que certaines déclarations récentes des responsables de la Fraternité Saint-Pie X aient rendu les rapports plus tendus: des prises de position concernant la béatification de Jean-Paul II, le 1er mai dernier, ou encore la rencontre interreligieuse d’Assise, convoquée par Benoît XVI en octobre prochain. Et l’ordination de plusieurs nouveaux prêtres au séminaire de Winona, le 18 juin dernier, ne va certainement pas contribuer à apaiser les esprits.

 

La présence intégriste étant faible en Italie, le trouble qui a balayé l'Église de France n'a été que faiblement perçu. Les lefebvristes estiment que les possibles discussions doctrinales n'auraient pour but que «de faire résonner plus fortement dans l'Église la voix de la doctrine traditionnelle». La décision de Rome donne du poids à une vision erronée de la Tradition : l’absolutisation d’une époque particulière, celle du Concile de Trente, il y a quatre siècles et demi. En bonne ecclésiologie catholique, et dans la lumière de Vatican II, la Tradition est au contraire une réalité vivante. Elle consiste à accueillir un héritage bimillénaire et à le traduire ici et maintenant. Le peuple de Dieu, sans cesse en mouvement, est en marche vers une vérité qui ne peut être fossilisée ni dans un rite, ni dans une idéologie.

 

Dans la mesure où ils là refusent la part de vérité de l’autre et qu’ils ne partagent pas la conception de l’Eglise et de sa présence dans le monde qui est le nôtre, leur ralliement risque de mettre l’Eglise face à de grandes difficultés, voire de la faire reculer. Mais à vouloir réintégrer, à marche forcée, son aile la plus traditionaliste, le pape multiplie les concessions qui scandalisent ses fidèles parmi les plus modérés, surtout en France, où les évêques et les prêtres conciliaires font encore l'objet d'un harcèlement constant de la part de groupes "tradis", spécialistes de la délation et de la calomnie. C'est un faux calcul de croire que les traditionalistes vont renoncer à leur fonds de commerce, s'amender, faire pénitence, se rallier au dernier concile, cesser leurs campagnes contre un clergé et un épiscopat qui, à les entendre, auraient perdu toute autorité, ne sauraient plus attirer de jeunes prêtres, feraient trop de politique, ne défendraient plus assez de certitudes morales et dogmatiques, dialogueraient trop avec les juifs, les protestants, les musulmans. En montrant que les réformes du concile, et l'esprit même de Vatican II, étaient, d'une certaine manière, négociables, le pape a pris un gros risque : celui de faire passer le souci de la réconciliation et de l'unité avant celui de la clarté doctrinale.

 

Voilà c’est avec eux que le pape nous demande de faire communion, alors que les divorcés remariés et les prêtres ayant été obligé de quitter le sacerdoce alors qu’ils vivaient avec une femme n’y ont pas droit. Pour moi c’est illogique. Souhaitons que ces négociations n’aboutissent jamais.

 

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Publié le 21 Juin 2011

Le Colloque international sur l’adoration eucharistique se tient actuellement à Rome au Salesianum du 20 au 23 juin 2011. Organisé par les "Missionnaires de la Très Sainte Eucharistie", communauté nouvelle reconnue par monseigneur Rey en 2007, ce colloque rassemblera un large éventail d’intervenants du monde entier, dont sept cardinaux de haut rang, mais aucun ne pouvant donner une autre vision que celles de rites figés dans le passé.

 

«La première condition de la nouvelle évangélisation, c’est l’adoration », a déclaré monseigneur Rey. «Nous devons retrouver la capacité d’adorer le Christ dans la très sainte eucharistie, si nous voulons conduire les hommes et les femmes du XXIe siècle à la foi en Jésus-Christ. C’est l’un des thèmes clefs du pontificat du pape Benoît XVI», a-t-il souligné, « c’est pour cette raison que nous avons décidé cette initiative.»


Adoratio 2011 comprendra quatorze conférences, des carrefours, la célébration de la messe de l’unique rite latin dans la forme ordinaire autant qu’extraordinaire (pour moi seule la forme ordinaire de la liturgie est l’unique rite latin), l’adoration de nuit et l’office divin. Environ trois cents participants sont attendus, auxquels viendront s’en ajouter d’autres pour l’une ou l’autre des interventions chaque jour. Une traduction simultanée sera assurée en différentes langues. Le colloque s’achèvera par la célébration de la solennité de la Fête-Dieu avec le pape Benoît XVI dans la basilique Saint-Jean de Latran et la procession eucharistique en direction de la basilique de Sainte-Marie-Majeure qui suivra. Le père Florian Racine, fondateur des "Missionnaires de la Très Sainte Eucharistie" et organisateur principal, a déclaré : «Nous sommes convaincus que ce colloque apportera une contribution importante au nouveau printemps de l’Adoration Eucharistique si chère au cœur de notre Très Saint-Père Benoît XVI. Nous sommes impressionnés de voir tous ceux qui donnent déjà tant pour que ce colloque aille bien au-delà de nos espérances. Adoratio 2011 promet d’être un événement international important pour la vie de l’Église en 2011.» Il entend promouvoir l’adoration perpétuelle dans les paroisses et diocèses du monde entier. Et si on promouvait plutôt la charité et l’aide envers son prochain, et une prêtrise qui est proche de ses fidèles. Le rite de la messe ordinaire a toujours insisté sur la célébration eucharistique et cela ne peut être mis en doute.

 

La remise à l'honneur de l'adoration eucharistique est souvent citée parmi les outils de la nouvelle évangélisation. L'accent est en effet mis sur la nécessité d'ancrer cette démarche d'évangélisation sur une vie de prière riche, et de la centrer sur la figure du Christ. Non, on est chrétien quand on adhère au message du Christ, Matthieu, 25 en est la plus belle preuve, pas besoin d’adhérer au culte pour cela.

 

D'après le pape Benoit XVI, la cause principale de la crise post-conciliaire de 1968 à 1975 fut la réduction de l'importance accordée au culte eucharistique dans la liturgie. Il s'est alors produit un immense vide spirituel chez les fidèles. Encore une fois je m’oppose à cette vision des choses erronée. La véritable raison de cette crise est Humanae Vitae en 1968 qui a montré le décalage ente l’Église et les fidèles.

 

L'adoration eucharistique devient un axe pastoral important pour le renouveau de la vie paroissiale : «Combien est bienfaisante la redécouverte de l'adoration eucharistique par de nombreux chrétiens... L'humanité a grand besoin de redécouvrir ce sacrement, source de toute espérance ! Remercions le Seigneur pour toutes les paroisses où à côté de la messe on éduque les fidèles à cette adoration» C'est ainsi que, comme remède spirituel au scandale des cas d'abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique et à leur gestion désastreuse par la hiérarchie épiscopale en Irlande, Benoît XVI appelle le pays à se purifier par la pénitence, et demande notamment la redécouverte du sacrement de pénitence et de réconciliation, de la prière fervente, et des temps d'adoration eucharistique. Une solution qui ne prend pas en compte de ce qu’ont vécu les fidèles, eux n’ont désormais plus confiance dans une Église qui a couverte les prêtres pédophiles.

 

Benoit XVI ne devrait pas utiliser ces vieilles méthodes du passé, car l’adoration du Saint sacrement n’est jamais allée de fait dans les premiers temps de l’Eglise. C’est un exercice de piété, qui date du Moyen-Âge. A cette époque, les gens ne communiaient pas, en raison des normes très restrictives : il fallait être en «parfait état de grâce» ce qui n’est pas si fréquent, d’autant plus qu’on ne se confessait qu'une fois dans sa vie, en général avant de mourir.

 

La question de la réalité de l’eucharistie, c’est-à-dire de la présence physique du corps et du sang du Christ, est soulevée dès le Moyen Âge. Les réalistes, qui défendent cette idée (comme Paschase Radbert dans son De partu Virginis) se voient opposer les résistances des symbolistes (comme Ratramne de Corbie). Le débat se durcit au XIe siècle. Bérenger de Tours affirme, en se référant à Augustin, qu’une présence «intellectuelle» s’ajoute au pain et au vin sans se substituer à eux. Il trouve l’opposition de théologiens comme Lanfranc de Pavie (vers 1010-1089) et Hildebert de Lavardin (1056-1133), qui défendent l’idée d’un changement de substance : la «transsubstantiation» telle qu’on l’appelle à partir du XIIe siècle, puis au IVe concile de Latran (1215). Bérenger de Tours sera condamné à plusieurs reprises et exilé en 1079, alors qu’il avait utilisé Augustin pour son propos, un comble.

 

C’est ainsi qu’à partir du XIIIe siècle se sont répandus la procession du Saint Sacrement et l’élévation à la messe. Cette piété eucharistique s’est considérablement renforcée au concile de Trente afin de rappeler que contrairement aux protestants, les catholiques croyaient à la présence réelle.

 

L’adoration eucharistique est donc une célébration tardive, basé sur une invention de théologiens partisans de la présence réelle du Christ dans le pain et le vin. Malgré tout, cela a donné une belle fête, la fête du "Corps du Christ" ou "Saint-Sacrement" dont l’office en est composé par Thomas d'Aquin et pas besoin d’être croyant pour y aller.

 

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Publié le 18 Juin 2011

Contrairement à une idée reçue, l'islam n'est pas un bloc monolithique. C'est plutôt une mosaïque dont nous n'aurons jamais fini de découvrir les mille et une facettes. Occultée par l'avalanche d'articles, d'études et d'ouvrages consacrés à l'islamisme radical, la pensée critique est féconde en islam, portée avec rigueur et vigueur par de «nouveaux penseurs». C’est une nouvelle génération d'intellectuels musulmans, formée à l'école des sciences humaines que l'on voit émerger en France aujourd'hui. Cette pensée critique est en pleine gestation. Certes, elle ne constitue pas un courant structuré, mais elle annonce sans doute une mutation de l'islam contemporain, amorcée dès le XVIIIe siècle par les «pré-réformistes».

 

Ces «nouveaux penseurs» viennent d'horizons géographiques très divers, et la convergence de leurs recherches n'en est que plus remarquable. Nous y trouvons : l'Iranien Abdul Karim Soroush, surnommé «le Luther de l'islam», qui n’a de cesse de répéter que «l’islam n’est qu’une suite d’interprétation de l’islam, tout comme le christianisme n’est qu’une suite d’interprétation du christianisme»; le Kabyle Mohammed Arkoun, professeur émérite de la Sorbonne, explique que l’islam comme religion, loin d’être ce système dogmatique contraignant, figé, répandu aujourd’hui par le discours islamiste, est une pensée et une force historique; Rachid Benzine, un brillant élève de Mohammad Arkoun, propage idées de celui-ci dans son pays natal, au grand dam des intégristes; le Pakistanais Fazlur Rahman qui travaille à une nouvelle approche du Coran et de la Révélation; le soudanais Mahmoud Mohamed Taha, qui a été exécuté par le régime de Niméiri à cause de ses idées sur la réforme de l’islam; le Syrien Mouhamad Shahrour a provoqué beaucoup de bruit lorsque son premier livre, Le Coran et le livre, une lecture contemporaine, a vu le jour, dans lequel il nous dit qu’il faut comprendre le texte coranique en faisant un compromis sur sa valeur en soi et par rapport à sa signification dans le contexte des différentes situations données et en tenant compte de l’état des connaissances acquises; deux précurseurs de l'analyse littéraire moderne du Coran : les Égyptiens Amin al-Khûli et Muhammad Khalafallâh; l'Égyptien Nasr Hamid Abû Zayd, le père d'une nouvelle herméneutique du Coran, exilé en raison de son prétendu «apostat»; le marocain Mohammad Abed Aljabiri propose une lecture historique du Coran en évoquant les conditions économiques et sociales existant en Arabie à l’époque de la révélation; l’anthropologue Malek Chebel rappelle lui aussi aux musulmans que le Coran fait appel à la raison; l'universitaire tunisien Abdelmajid Charfi veut opposer message et histoire; et Farid Esack, Africain du Sud, qui élabore une théologie islamique de la libération. Si le monde arabe reste l’épicentre du mouvement, les États-Unis ou la Malaisie  fournissent également penseurs et ouvrages.

 

Minoritaires dans leur pays, parfois menacés de mort ou contraints à l'exil, ces «nouveaux penseurs» explorent les chemins périlleux d'une «déconstruction-reconstruction» de la pensée islamique : «Leur intention est de réexaminer les manières dont l'islam a pu se construire historiquement. De "revisiter" les interprétations successives et les utilisations qui ont été faites du message coranique et des autres textes fondateurs (hadiths, Sunna, corpus des grandes écoles juridiques…), et de passer ceux-ci au tamis de la critique».

 

Les nouveaux penseurs dérangent, car ils posent des questions taboues : les rapports entre la religion et l’État, la cohabitation de la charia avec le droit positif des sociétés modernes : les droits de l’homme, l’émancipation de la femme, les liens entre foi et justice sociale, etc. Ils posent aussi la question des rapports entre la loi islamique et la raison critique et le plus difficile à faire admettre, celle d’une exégèse coranique valable pour notre temps. Pour les nouveaux penseurs de l’islam, «seule une nouvelle lecture des textes fondamentaux pourra permettre d’harmoniser les valeurs cardinales de l’islam avec les exigences de la modernité. Seule cette réformation-là permettra l’ouverture de la jurisprudence, l’adhésion véritable de la pensée politique de l’islam à la démocratie et aux droits de l’homme, la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’émancipation des sociétés musulmanes.»


Ce faisant, ces «nouveaux penseurs» prétendent permettre à chaque musulman de s'approprier le message de l'islam, loin des manipulations idéologiques. Leurs recherches impliquent l'émergence d'une démocratisation des sociétés musulmanes. Ces nouveaux penseurs de l’islam moderne ont compris qu’il leur fallait dé construire «l’argumentaire» primaire des intégristes et ne leur laisser aucun terrain, ni celui de la diffusion, ni celui de l’action de proximité. Ces penseurs jouissent d’un avantage énorme. Ils peuvent tout dire sans craindre les représailles des intégristes d’un côté ou le pouvoir politique de l’autre. Ils se prononcent pour un islam laïc, une spiritualité en harmonie avec les valeurs occidentales démocratiques et égalitaires.

 

C’est une guerre de résistance et de contre-offensive que mènent des milliers et milliers d’intellectuels engagés à tous les niveaux pour la laïcité et contre un intégrisme puissant qui dispose de moyens financiers colossaux… Ce qui est fait en Tunisie, au Maroc et en Algérie dans des conditions difficiles est un exemple à suivre en Europe et ailleurs. Le soutien scolaire, l’alphabétisation et l’accompagnement social et citoyen sont des leviers éducatifs qui ne doivent pas être laissés aux mains des fous de Dieu. Il est urgent et indispensable que les laïques soutiennent activement les musulmans modernes et n’hésitent pas à s’engager dans des actions éducatives et sociales au plus près des territoires.

 

Malgré la censure et la répression, les idées de ces nouveaux penseurs gagnent certains secteurs des sociétés arabes et musulmanes. Alors ne faisons pas l’erreur de croire que l’Islam ne peut pas s’intégrer à la société actuelle, nous voyons ici que ce n’est pas le cas. L’Islam n’est pas l’ennemi, mais c’est l’intolérance qui critique cette religion sans la connaître.

 

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