Publié le 30 Juillet 2011

Les JMJ font partie des grandes réalisations du pontificat de Jean-Paul II. A l’origine de ces JMJ, il y a deux événements importants pendant lesquels les jeunes étaient particulièrement acteurs : le Jubilé de 1984 et l’Année internationale des Jeunes en 1985. A la fin de l’année jubilaire de 1984, le pape a remis aux jeunes la Croix du Jubilé, qui est devenue la Croix des JMJ et qui circule dorénavant dans le monde entier. L’idée de Jean-Paul II était de permettre aux jeunes de vivre des temps forts de rencontre et de ressourcement. Mais le véritable but des JMJ est de rendre visible le christianisme dans un monde où il l'est de moins en moins, tel est l'objectif.

 

Les JMJ ont lieu chaque année, soit en diocèse le dimanche des Rameaux, soit au cours d’un grand rassemblement international. La première JMJ a eu lieu à Rome en 1986, et depuis elles se sont déplacées dans le monde entier : Buenos Aire (1987), St Jacques de Compostelle (1989), Czestochowa (1991), Denver (1993), Manille (1995), Paris (1997), Rome (2000), Toronto (2002), Cologne (2005), Sydney (2008). Et les prochaines auront donc lieu à Madrid en août 2011.

 

Le talent de fascination qu'exerce Wojtyla, ancien homme de théâtre, fera le reste... En 1995, quatre millions de fidèles se retrouvent autour du pape à Manille - c'est l'un des plus grands rassemblements humains dans l'histoire du monde. En 1997, ils sont 1,2 million de jeunes dans les rues de Paris.

 

Les apparitions de Jean Paul II, y suscitaient à chaque fois un enthousiasme proche de l'hystérie. Le pape polonais, qui cultivait les contacts directs avec les foules, n'a jamais cherché à combattre ce phénomène d'adulation qui indisposait une partie de la hiérarchie de l'Eglise catholique.

 

Du point de vue de la fréquentation par les jeunes, les JMJ remportent un succès certain. Cela tient sans doute au besoin qu'ils ont de célébrer en groupe, de partager une certaine chaleur humaine dans une société par ailleurs très dure. Ce succès s'explique également par le charisme de Jean Paul II qui les a créées. Sa personne avait suscité une certaine adulation. Lors des JMJ de Paris, on était choqué d'entendre des jeunes dire que «le pape est un autre Christ» ou que «le Christ, c'est une vieille histoire tandis que le pape est moderne». Pour l'Eglise, les JMJ répondent à une recherche de visibilité, et une certaine manifestation de puissance. Mais que rend-elle visible avec ce type d'événement ? Une institution, une hiérarchie, un pouvoir... Ici, il manque l'essentiel. Lors du concile Vatican II, Jean XXIII avait dit : «Ce qui est important, c'est de rendre visible les choses invisibles.» Pour les chrétiens, cela veut dire que Dieu nous parle à travers un certain nombre d'événements.

 

A nous de comprendre quel message il nous envoie. Peut-être nous dit-il de résister à la mondialisation et à l'oppression qu'elle entraîne ? Peut-être qu'un autre monde est possible qui a quelque chose à voir avec ce que vers quoi les chrétiens marchent : le royaume de Dieu. Peut-être qu'une partie des participants ont cette idée en tête. Mais ce que l'Eglise catholique met en avant, ce n'est pas cela, c'est une affirmation de puissance, de visibilité. Il s'agit de montrer qu'on est fort, qu'on déplace les foules, qu'on arrive à réunir des millions de personnes. Cela n'a rien à voir avec le message de Jésus.

 

Lors des JMJ de Sydney en 2008, Benoît XVI s'est distingué de Jean Paul II et de son image de rock star. Si le pape a défendu les journées mondiales de la jeunesse (JMJ), où souffle "l'Esprit saint", il avait critiqué la position de son prédécesseur lors de ces rassemblements. Même si il avait défini les JMJ de Sydney comme "une fête de la joie". Benoît XVI avait relevé qu'"il y a aussi des voix catholiques pour juger tout cela comme un grand spectacle, beau certes, mais sans grande signification sur le plan de la foi et de la présence de l'Evangile dans notre époque." Il avait évoqué "les analyses en vogue" qui "tendent à considérer ces journées comme une variante de la culture jeune moderne, comme une espèce de festival rock modifié dans un sens ecclésial, avec le pape comme star". Un bel oubli depuis.

Mais les JMJ restent une utopie fondée sur le désir de jeunes croyants, archi-minoritaires dans leurs pays, de faire nombre, de se retrouver, à intervalles réguliers, pour manifester leur foi, prier, faire la fête, écouter du rock et... le pape. Il faut dire que le pontificat de Benoit XVI est un pontificat d'idées et de paroles contrairement à celui de Jean-Paul II qui donnait beaucoup d’importance aux gestes.

 

Mais certains catholiques portent eux une appréciation sévère sur les JMJ. «Ces journées sont focalisées sur le pape et les évêques», critique Tobias Raschke, porte-parole de la section jeunes du mouvement «Nous sommes Eglise», lors des JMJ de 2005 à Cologne, implanté dans une vingtaine de pays. Selon lui, seuls certains évêques, soigneusement sélectionnés, pourront intervenir, au détriment des théologiens. Leur discours devra avoir l'imprimatur de Rome. Et quand, on voit les évêques invités lors des JMJ de Madrid en 2011, je ne lui donne pas tort.

 

Mais que propose Benoit XVI, aux 16-30 ans ? De lire et relire le catéchisme. De se rendre à la messe tous les dimanches. Les jeunes pèlerins sont invités à alimenter leur foi à la source des catéchèses n'ont eu droit qu'aux enseignements d'évêques triés sur le volet. Mais, sur les thèmes abordés, peu portent portaient sur l'œcuménisme, sur l'environnement, sur la mondialisation… En revanche, on ne parle pas des sujets qui fâchent : contraception, mariage des prêtres, ouverture aux femmes, aux homosexuels, démocratisation, décentralisation.

 

Les JMJ ne feront pas revenir les jeunes à la messe et ne ramèneront pas les vocations sacerdotales. Les jeunes attendent autre chose du pape et veulent vision plus moderne et sociale de l’Eglise. L’Église ne sait plus parler à la jeunesse, car elle ne vit plus avec son temps.

 

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Publié le 27 Juillet 2011

Aux Etats-Unis, Plus de 150 prêtres catholiques soutiennent le Père Roy Bourgeois, menacé de renvoi après avoir participé à l’ordination d’une femme, indique "The New York Times" le 22 juillet 2011.

 

Le Père Roy Bourgeois est un critique virulent de la politique étrangère américaine en Amérique latine et le fondateur de l'école School of the Americas Watch (SOAW), qui est l'un des groupes les plus efficaces dans les États-Unis en ce qui concerne la dénonciation de l'enseignement par l'armée américaine de la torture stratégique,. En 2005, il a reçu le Prix Thomas Merton. Il s’est prononcé récemment en faveur de l'ordination des femmes.

 

Dans une déclaration commune, 157 prêtres américains affirment soutenir le Père Bourgeois dans son "droit à exprimer sa conscience". Une formulation prudente qui expliquerait, selon "The New York Times", le succès de l'initiative. Car le Père Bourgeois ne s'est pas contenté d'appuyer l'ordination des femmes par les mots, il y a également pris part dans les actes. Une attitude que le Vatican ne saurait tolérer.

 

Suite à sa participation à une cérémonie d'ordination illicite, organisée par le groupe "Roman Catholic Womenpriests", le Père Bourgeois a reçu une lettre du Vatican en 2008, le menaçant d'excommunication s'il ne se rétractait pas. En réponse, le prêtre a adressé une longue lettre au Vatican dans laquelle il affirmait vouloir suivre sa conscience.

 

Si, dans un premier temps, la congrégation des missionnaires de Maryknoll – à laquelle il appartient - ne l'a pas démis de ses fonctions, elle lui a récemment fait parvenir la première des deux "monitions canoniques" le 18 mars 2011 qui devraient déboucher sur son renvoi et qu'il avait 15 jours pour se rétracter sur son soutien à l'ordination des femmes ou il ferait face à l'expulsion de l'ordre. Et il faut dire que cette menace n’a pas été réalisée dans les faits, tant elle a été appliquée mollement.

 

Pour le Père Bourgeois, se rétracter pour sauver son sacerdoce ou sa retraite correspondrait à un mensonge. Interviewé par "The New York Times", il a affirmé: "Il s'agit ici clairement à mon avis d'une question de sexisme, et tout comme le racisme, c'est un péché". Et d'ajouter: "Cela ne peut pas être justifié, peu importe combien nous, prêtres et dirigeants de l'Eglise – à commencer par le pape –, essayons de justifier l'exclusion des femmes. Ce n'est pas la voie de Dieu. C'est la voie des hommes."


Les experts de l’Église ont dit qu'il était étonnant que 157 prêtres signèrent une déclaration à l'appui du prêtre américain, le Père Roy Bourgeois, parce qu'il fait beaucoup plus que parler : il a donné l'homélie et béni une femme dans une cérémonie d'ordination illicite menée par le groupe, Roman Catholic Womenpriests. Ce groupe affirme avoir ordonné 120 prêtres et cinq évêques femmes dans le monde entier. Le Vatican ne reconnaît pas ces ordinations et a déclaré la femme ordonné automatiquement excommunié. On sait que pour le Vatican toute «tentative d'ordonner une femme», qui est qualifiée de «délit grave contre la foi». Dans la pratique, l'ordination des femmes est traitée plus durement à l’intérieur de l'église que les prêtres qui sont accusés d'abus sur mineurs. Alors que les prêtres qui abusent de mineurs, sont punis en vertu d'une loi canonique différente et sont rarement excommuniés. Un injuste traitement envers les femmes désirant devenir prêtre mise au plus bas rang que des pervers.

 

L'action des prêtres américains suit de près l’«Appel à la désobéissance» émis en Autriche par plus de 300 prêtres et diacres. Ils stupéfièrent leurs évêques avec un engagement en sept points qui inclut la promotion active de la prêtrise pour les femmes et les hommes mariés, et en récitant une prière publique pour «réforme de l'Église» à chaque messe. Et en Australie, le Conseil national des prêtres a récemment publié une défense pour l'évêque de Toowoomba, qui avait publié une lettre pastorale en disant que, face à une pénurie sévère de prêtre, il faut ordonner des femmes et des hommes mariés même «si Rome ne le permet pas.» Après une enquête à charge, le Vatican le força à démissionner. Les spécialistes de l'Église notent que pour la première fois depuis des années, des groupes de prêtres dans plusieurs pays sont aux côtés de ceux qui contestent l'église sur le célibat sacerdotal et masculin.

 

Karl Rahner, que l'on croyait être un candidat pour devenir pape, avait soutenu dans les années 1970 que les femmes devraient être ordonnées, et avait souligné la place importante des femmes dans l'Eglise primitive. Il avait souligné dans ses écrits que le la première personne de Jésus après la résurrection avait rencontré était une femme.

 

Le Père Roy Bourgeois est punit pour avoir utilisé sa conscience, mais l’Église peut-elle continuer à mettre la femme dans des postes de subalterne sans en prendre le contre coup, car elle ne va pas attendre un meilleur traitement de la part d’une institution ne sachant pas voir leur présence créative et le pilier du renouveau qu’elles puissent être. Même si elles ne peuvent avoir la prêtrise, qu’on leur donne alors le diaconat et le lectorat, mais à l’égal des hommes et pas en version réduite.

 

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Publié le 25 Juillet 2011

L'archevêque de Dublin met en garde contre une rupture des relations entre l'Eglise et l'Etat irlandais et exhorte tous les membres de la société à travailler ensemble pour la protection des enfants.

 

Mgr Diarmuid Martin a accordé mercredi 20 juillet 2011 une interview à la radio publique irlandaise RTE dans laquelle il commente le Rapport sur le diocèse de Cloyne et la violente attaque du gouvernement irlandais contre le Vatican. Des plaintes ont été déposées entre 1996 et 2009 dans le diocèse de Cloyne. 40 victimes et 19 pédophiles identifiés. Parmi ces religieux, beaucoup sont décédés, et trois ont été traduits en justice. L'Irlande, très majoritairement catholique, a été bouleversée par des rapports successifs sur les abus sexuels commis sur des enfants remontant à plusieurs dizaines d'années et couverts par les responsables religieux.

 

Le Rapport établi par une commission d'enquête sur le diocèse de Cloyne et publié la semaine dernière, constate que Mgr John Magee de Cloyne, qui a démissionné en 2010, n'avait pas tenu compte des mesures de protection décidées en 1996 par la Conférence des évêques catholiques d'Irlande. Il qualifie par ailleurs la «réaction du Vatican» aux efforts des évêques irlandais pour répondre aux allégations d'abus sexuels «d'inutiles pour tout évêque souhaitant mettre en place les mesures établies». Le Rapport cite une lettre datant de 1997 adressée à la Conférence des évêques d'Irlande qui exprimait «de sérieuses réserves tant au plan moral que canonique» quant à la «dénonciation obligatoire» figurant dans les mesures.

 

Le rapport Murphy et le rapport Ryan en Irlande, le John Jay report aux États-Unis, ont mis en exergue la trop grande clémence des évêques et des supérieurs d'ordres religieux envers les prêtres et religieux coupables d'abus sexuels. Le fait que des prêtres n'aient pas été dénoncés rapidement, ou qu'ils aient été parfois maintenus dans des fonctions où ils étaient à proximité des enfants a contribué à augmenter le nombre de cas.

 

Le Rapport de Cloyne souligne que cette lettre «donnait effectivement à chaque évêque irlandais la liberté de ne pas tenir compte des procédures établies et réconfortait et soutenait ceux qui (…) étaient en désaccord avec la politique officielle de l'Eglise irlandaise».

 

En 2001, le cardinal Darío Castrillón Hoyos préfet de la congrégation pour le clergé, estimait qu'un évêque n'avait pas à dénoncer aux autorités civiles un prêtre de son diocèse. Il justifiait cet avis par la relation sacramentelle et les liens de paternité spirituelle unissant les prêtres à leurs évêques. Mgr Scicluna, membre de la congrégation pour la doctrine de la foi relève aussi cette difficulté, en comparant les évêques à des parents contraints de dénoncer leur fils. Toutefois ces réticences se sont maintenues au détriment des victimes.

 

Dans un discours au parlement irlandais, le premier ministre et leader du parti «Fine Gael», Enda Kenny s'en est pris violemment au Vatican. Il a affirmé que «les révélations du Rapport de Cloyne ont amené le gouvernement, les catholiques irlandais et le Vatican à un tournant sans précédent». Il l’accuse même le Vatican d’avoir entravé l’enquête dans le diocèse de Cloyne : «Le rapport Cloyne met au jour le dysfonctionnement, la déconnexion de la réalité, l‘élitisme, le narcissisme qui dominent la culture du Vatican aujourd’hui. Le viol et la torture d’enfants ont été sous-estimés, et gérés de façon à ménager l’institution, son pouvoir et sa réputation.» Il a ajouté que le gouvernement attendait la réponse du Saint-Siège.

 

Mgr Diarmuid Martin a reconnu qu'il était lui-même «très déçu et contrarié». «Qu'est-ce que vous faites quand vous avez des systèmes en place et quelqu'un n'en tient pas compte ?» s'est-il interrogé. «Qu'est-ce que vous faites quand vous avez des groupes au Vatican ou en Irlande qui tentent de miner ce qui est fait ou qui refusent tout simplement de comprendre ce que l'on fait ?»


Le primat d'Irlande a affirmé avoir personnellement remis plus de 70 000 documents à la Commission Murphy et avoir informé de tous les cas dont il était au courant. «Je n'ai jamais reçu de reproche du Vatican pour avoir fait cela, donc les normes qui ont été établies sont importantes».

 

L'archevêque a dénoncé ceux qui «jouent» avec les normes, en affirmant qu'ils trahissent l'Eglise. L’archevêque de Dublin s’en est ouvertement pris à «des cercles présents en Irlande et à des courants au sein du Vatican, qui n’adhèrent pas pleinement aux normes en vigueur, tant celles de l’Eglise irlandaise que celles du Saint-Siège». Il estime qu’un changement de mentalité est nécessaire, tout en restant conscient que cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Mgr Martin a aussi mis en garde contre une rupture dans la société : «Je ne veux pas voir une polarisation entre l'Eglise, l'Etat, les groupes de bénévoles. Nous devons tous travailler ensemble pour veiller à ce que les enfants soient protégés», a-t-il insisté.

 

L’archevêque de Dublin s’est même dit honteux de ce qui c‘était passé. «Puis-je être fier de l’Eglise dont je suis le dirigeant ?», s’est-il même interrogé. Après d’autres scandales pédophiles de ce genre, Dublin attend cette fois une explication du Vatican et pas des faux fuyants.

 

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Publié le 23 Juillet 2011

PUuXAFr7kaJseiT-3WGKrgZtwWxFg8ZxIaN9ySVM9I0AJosé Raúl Vera López avait donné sa vision sur ce que devait être l’Église en 2010 dans le quotidien La Croix et elle est loin de cette image que nous propose actuellement le Vatican. Il est un critique sans concession de l'abus de pouvoir et un défenseur sans relâche des immigrants, des peuples indigènes et autres groupes à risque dans la société mexicaine.

 

L'activisme en faveur des Droits de l’Homme de Raúl Vera a commencé lorsqu’il était évêque auxiliaire dans la région sud du Chiapas entre 1995 et 1999. Il a travaillé à l’amélioration des droits des paysans pauvres et des populations indigènes, en collaboration avec l'évêque Samuel Ruiz García, connu comme un défenseur infatigable des droits des populations indigènes. Au cours de la rébellion du Chiapas dans les années 1990, les deux ont contribué à maintenir le cessez-le-feu entre le gouvernement et les zapatistes. Ces efforts se sont heurtés à la désapprobation des autorités, et l'Élise a répondu en ne le nommant pas évêque du Chiapas après Ruiz García – ne position qui selon la coutume aurait du être sienne. Au lieu de quoi Raúl Vera a été nommé évêque du diocèse de Saltillo, à la frontière américano-mexicaine. Raúl Vera a refusé de se taire. Saltillo est situé dans une région en proie à des violations massives des droits de l'homme et l'évêque Vera réagi par l’activisme en faveur des droits de l'homme et par on travail pour les pauvres. Des menaces viennent d’être faites à l’évêque de Saltillo en 2011. Elles furent écrites sur quatre pancartes placées dans sa cathédrale. Comme pour Jésus, on cherche à le faire taire pour avoir dit la vérité.

 

Le travail de Raúl Vera démontre une volonté inébranlable et la foi en des mesures concrètes pour améliorer la vie des pauvres, vulnérables et opprimés du Mexique. Ses activités sont variées : les assassinats ainsi que les abus dont sont victimes les femmes et les migrants sont des préoccupations centrales. Il est engagé dans les luttes pour les droits des peuples indigènes, des paysans pauvres et es travailleurs. Il s’est exprimé contre le manque de protection des journalistes et l'impunité pour les exactions commises par l'armée et la police. Il a accusé la Cour suprême du Mexique d'être associée à des cartels criminels. Mgr Raúl Vera a donné la parole aux prisonniers, et a démontré comment les structures sociales au Mexique désavantagent systématiquement les pauvres et force les gens à sombrer dans la criminalité. Contrairement à la plupart des membres du clergé, il se prononce en faveur des gays et lesbiennes ainsi que des prostituées. Dans le débat actuel sur les droits des gays et lesbiennes, l’évêque Vera a souligné l'importance de la lutte contre les préjugés : «La communauté gaie et lesbienne mérite le respect. Nous devons nous efforcer d'éliminer les préjugés et comprendre l'ordre social dans lequel nous vivons. Nos problèmes ne seront pas résolus par des préjugés, mais par une meilleure compréhension.» José Raúl Vera López avait reçu le prix Rafto 2010 pour sa lutte en faveur des droits de l'homme et de la justice sociale dans son pays natal. Il est d’ailleurs allé plus loin en prenant partie pour le mariage civil gay et une meilleure place des femmes dans l’Église.

 

Pour lui le rôle de l’Église est le suivant : «L'Église n'est pas là pour soi, ne doit pas faire de pacte avec les politiques. Elle est là pour servir le monde. Le règne de Dieu est beaucoup plus ample que les limites de la seule Église. Notre force vient de ce que les gens ont besoin de nous. Si nous vivons cachés, les gens se détourneront de nous. La lutte pour les droits de l'homme ou la maison des migrants sont des manières de faire Église, ici, au Mexique. Le seul pouvoir de l'évêque est d'organiser son peuple, son diocèse, pour conduire à une organisation qui change les cœurs, qui aille vers le bien.»


Son engagement dans l’Église est tout aussi admirable : «C'est le projet historique du Christ. L'Église a son rôle dans l'histoire. Les sacrements sont les signes de la nouvelle alliance que Dieu a faite avec le Christ. Nous devons nous impliquer avec les fils de ce monde, pour que nous vivions tous comme Dieu veut que nous vivions, dans la paix et la justice. Ce n'est pas la parole de l'évêque qui compte. C'est la parole prophétique de deux mille ans d'histoire qui a toujours trouvé un écho dans le coeur des hommes. Le Christ est né dans une étable et mort nu sur la croix, sans avoir appartenu à un quelconque pouvoir. La parole de Dieu demande la liberté.»


Un homme qui montre que l’Église n’est pas là pour se fixer sur ses certitudes et sur un passé illusoire, mais qu’elle est là pour servir et non pour condamner comme l’avait dit Jean XXIII.

 

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Publié le 21 Juillet 2011

Jésus, le rebelle de NazarethCette image de Jésus au jardin des Oliviers tiré de Manga Bible de Siku disant : "C'est le temps de mourir", montre le mieux le caractère subversif de Jésus. Pourquoi subversif me direz vous, je me dois de vous le montrer.

Le message de Jésus est radical. Il est le continuateur du message prophétique de Jean le Baptiste, dont il a été le disciple, qui rassemblait des foules toujours plus nombreuses et menaçait le pouvoir d'Hérode Antipas, qui le décapitera. C'est le cas des Béatitudes présentes dans l'Evangile de Matthieu et de Luc, où l'on trouve de nombreuses exhortations à renverser les codes établis, à dénoncer les conformismes, à se dégager de toute propriété. Lisez cela et vous comprendrez : "En marche, les humiliés ! Oui, il est à vous, le royaume d'Elohîms !
21 En marche, les affamés de maintenant ! Oui, vous serez rassasiés ! En marche, les pleureurs de maintenant ! Oui, vous rirez !
22 En marche, quand les hommes vous haïssent, vous bannissent, vous flétrissent, et jettent dehors votre nom comme criminel, à cause du fils de l'homme !
23 Jubilez, ce jour-là, dansez de joie ! Voici : votre salaire est grand au ciel ! Oui, cela, leurs pères l'ont déjà fait contre les inspirés."
(Luc, 6,20-23).

Jésus, le rebelle de NazarethCe Jésus hait les puissants, la grande propriété de son époque. Il semble que Jésus souhaite une réforme agraire et de la hiérarchie villageoise. Et d'après les formules les plus percutantes du texte évangélique, le message apparaît comme destiné aux plus pauvres. C'est là sa plus grande audace. "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait" (Matthieu 25,40). Jésus devient dangereux, car il annonce que le "règne de Dieu" commence "ici et maintenant" pour tous ceux qui acceptent de se convertir. Un tel message répond à l'attente des plus pauvres, "les laborieux et les accablés", les malades et les marginaux. Un tel message ne peut que faire peur aux élites en place.

C'est un homme en colère. Il méprise la réputation et les étalons traditionnels de la réussite. Il se forgea d'une façon ou d'une autre une réputation "de glouton et d'ivrogne" (Luc 7,34). Il mange à table avec des pêcheurs, ce qui remet en cause la communauté de table telle qu'on la concevait en Orient, car selon Jésus tout le monde sera présent au grand banquet de la fin des temps, même les pêcheurs. D'ailleurs ses paraboles sont souvent sur les pouvoirs en place. Et ceux qui y sont visés s'y reconnaissent.

A entendre le message de Jésus, ce sont les obligations familiales elles-mêmes qui doivent être abandonnées, car "le royaume de Dieu est proche". Chez Jésus on rencontre un dédain certain des liens familiaux. Jésus n'a-t-il pas dit : "Qui vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses soeurs, et son propre être aussi, ne peut être mon adepte." (Luc 14, 26; Matthieu 10,37).

Ce Jésus n'est ni le docteur universel ni même l'apôtre de la paix que l'on nous présente par la suite. C'est un homme pressé par l'urgence de son message; un justicier divin apportant "le glaive et non la paix" (Matthieu 10,34). Il tient des discours incroyablement violents contre les villes de Capharnaüm, Chorazin, Bethsaïde et Jérusalem.

Jésus, le rebelle de NazarethJésus privilégiait une rébellion culturelle. Il voulait réveiller à une vie plus profondément juive et séparée des Romains. Son "Rendez à César ce qui est à César" n'est qu'une nouvelle affirmation que le mélange culturel avec l'occupant n'est pas possible. Il veut regrouper les croyants monothéistes et, à cette époque, il n'y a que les juifs et les samaritains. Il tente ainsi de diminuer le clivage entre les samaritains et les juifs, sans toutefois aller jusqu'à abolir les différences qui persistent entre eux.

Chez Jésus il y a également l'exigence d'un don de son soi inconditionnel allant jusqu'au martyre, l'attente de la fin des temps très marquée dans les passages les plus anciens des Évangiles, ainsi qu'une opposition sourde à l'autorité romaine, souvent décelable, en particulier quand il dit aux disciples : "Allez ! Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups." (Luc 10,3; Matthieu, 10,16). Cette phrase vise les collaborateurs des Romains et les Romains eux-mêmes.

Sa réputation de Messie est à l'origine d'un vaste mouvement populaire qui inquiétait aussi bien les notables d'Israël que le pouvoir du protecteur romain. Son entrée à Jérusalem est son plus beau coup. A chaque fête du Temple, le préfet romain entrait dans Jérusalem avec ses cohortes en venant de l'ouest, pour assurer la tranquilité et l'ordre durant la période de fête souvent agitée. Si Jésus entre dans Jérusalem sans troupe et venant de l'est accompagné de pèlerins, et y est salué comme le représentant du "règne de David notre père" (Marc 11,10), il s'agit sans doute là d'une contre mise en scène délibérée. Jésus ici prend au dépourvu les autorités juives et romaines. Elles n'osent intervenir et cela durant plusieurs jours, car une foule nombreuse l'écoute et le soutien.

Jésus, le rebelle de NazarethIl faut aussi signaler l'épisode des marchands chassé du Temple (Marc 11, 15). Jésus les chasse avec une certaine violence, bizarre pour quelqu'un qu'on dit non violent. Son but est la purification du Temple, car le Temple actuel avec l'aristocratie qui y est liée, se voit privé par là de sa légitimation religieuse.

Le danger qu'il représente pousse les autorités juives à conspirer contre lui, sans doute poussées par le gouverneur romain en place, Ponce Pilate. Après le repas du Seder, Jésus est arrêté pendant la nuit, et conduit devant les autorités juives pour l'interroger. Ne trouvant rien contre lui ou n'arrivant pas à le sauver, les chefs des prêtres l'envoient devant Pilate. Ce dernier, cherche un motif de condamnation à travers un court interrogatoire, qui doit se résumer à cela : "Es-tu le roi des juifs ?" Jésus en lui répondant : "Tu le dis", donne à Pilate le motif de sa condamnation et ce dernier le fait crucifier.

La croix montre que Jésus était une menace pour l'autorité romaine. Pilate ne se privera pas de placarder les raisons de sa condamnation : INRI (Iesus Nazareus Rex Iudaeorum) : Jésus le Nazaréen roi des Juifs. Condamnation on ne peut plus politique.

Mais la résurrection de Jésus après sa mort, peut servir pour les disciples et les frères de Jésus à continuer le mouvement, et la croyance qu'il n'était pas mort n'est pas si inimaginable, car son charisme et sa puissance de persuasion ne pouvait mourir avec lui. Alors a-t-il survécu ou pas ? Là, c'est question de foi.

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Publié le 19 Juillet 2011

«Une Eglise sans prêtres ? Les scénarios catastrophes sont en train de se réaliser dans des pays comme la France, l’Allemagne, le Benelux... Même de vieux pays catholiques comme l’Italie ou l’Espagne sont touchés. Sans doute les Eglises du tiers-monde sont-elles plus riches en vocations, mais aussi plus fragiles.» C’est le constat d’Henri Tincq, qui suite à l'élection du pape Benoît XVI au conclave de 2005 avait établi une "liste d'objectifs" qui constitue en somme un résumé de ses conceptions, celle d'un certain catholicisme progressiste, généralement opposé aux mouvements intégriste auquel il estime notamment que le pape Benoît XVI fait trop de concessions. Il a parfois regretté que le Souverain Pontife maintienne certaines des positions habituelles de l'Église en matière de morale. Pour ces raisons, il est peu apprécié des milieux catholiques les plus conservateurs.

 

Tous les efforts faits pour former des laïcs (non-prêtres) et leur confier des responsabilités dans l’Eglise butent sur cette réalité : des besoins spirituels et sacramentels ne peuvent plus être remplis. Les assemblées sans prêtres, les funérailles de laïcs s’étendent. L’appel à des prêtres africains ou polonais n’est qu’un palliatif.

 

Suite à ce constat, il faut trouver des solutions et ne pas faire le bon vieux coup du c’est le manque de formation, c’est de la faute au monde sécularisé. Toujours les mêmes excuses qui nous mènent droit vers le mur. Dans certains pays, les entorses au célibat sont si nombreuses qu'on ne peut plus ignorer le problème. En Asie, en Amérique du Sud et en Afrique, nouveaux berceaux du dynamisme catholique, la situation devient telle qu'un évêque camerounais aurait dit à ses prêtres : «Puis-je vous demander de n'avoir qu'une seule femme ?» Partout, l'Eglise se trouve confrontée au problème, et la hiérarchie n'est pas en reste: en 1992, Mgr Casey, évêque de Galway (Irlande), donne sa démission et annonce sa paternité; en 1995, c'est le tour de Mgr Vogel, évêque de Bâle (Suisse); l'année suivante, Mgr Wright, évêque d'Oban (Ecosse), quitte son ministère en révélant qu'il est papa d'un adolescent de 15 ans. Plutôt favorables à l'assouplissement de la règle, les évêques océaniens, réunis en synode en 1998, ont réclamé à plusieurs reprises l'ouverture de débats sur l'ordination d'hommes mariés.

 

Dans sa biographie Le Pape aux deux visages, le jésuite et vaticaniste espagnol Pedro Miguel Lamet rapporte l'anecdote suivante : Karol Wojtyla, alors archevêque de Cracovie, aurait refusé à l'un de ses prêtres l'autorisation d'abandonner son ministère pour vivre avec sa compagne et leurs deux bébés, lui suggérant plutôt de quitter la femme et de confier les petits à une institution pour enfants abandonnés. Pas très évangélique cette décision.

 

«Le célibat des prêtres n'est pas un dogme mais une norme de discipline. L'Eglise peut réfléchir sur l'argument.» Ces propos furent tenus par le cardinal brésilien Claudio Hummes, archevêque de São Paulo, en 2006 dans le journal O Estado de São Paulo. Á la tête de la Congrégation pour le clergé de 2006 à 2010, le très stratégique ministère des prêtres dans le monde. Et le cardinal ne s'est pas limité à une réflexion théologique abstraite : «La crise des vocations est un défi auquel nous devons faire face. L'Eglise n'est pas une institution immobile, elle sait changer lorsque c'est nécessaire. Ce n'est pas une décision facile à prendre, mais l'Eglise doit en discuter.»


Il n'y a toutefois rien de révolutionnaire dans l'affirmation que le célibat des prêtres n'est pas un dogme. Certains apôtres étaient mariés et, pendant les premiers siècles du christianisme, la majorité des prêtres et évêques l'étaient. Le principe du célibat est affirmé pour la première fois en 306 après Jésus-Christ lors du concile d'Elvire. Mais, en 325, le concile de Nicée fait marche arrière en autorisant les prêtres mariés avant leur ordination à conserver leur épouse. Seule contrainte : éviter les rapports sexuels la veille d'une messe. Il faut attendre le concile du Latran (1123) pour que les prêtres cohabitant avec des femmes qui ne seraient ni leur sœur, ni leur mère, ni une servante «d'âge canonique» soient déchus de leur fonction sacerdotale.

 

Le célibat fut imposé au nom de la chasteté exaltée par les ordres monastiques. Aujourd'hui encore, seuls les membres de certaines congrégations - Franciscains, Jésuites, Dominicains, etc. - font vœu de chasteté. Alors que les prêtres du clergé ne sont contraints à l'abstinence que parce qu'ils ne sont pas mariés, au même titre que les célibataires, les divorcés ou les veufs. Mais en forçant les prêtres au célibat, l'Eglise avait également des préoccupations d'ordre social et économique. Rome voulait éviter que des évêques mariés ne servissent davantage les intérêts de leur descendance que ceux de l'Eglise.

 

La règle n'est pourtant pas intangible et, après le XIe siècle, le Vatican a émis de nombreuses dispenses. Ainsi, Pie VI accepta des prêtres qui s'étaient mariés durant la Révolution française. Plus récemment, Pie XII intégra des prêtres anglicans mariés qui s'étaient convertis au catholicisme.

 

Au cours des dernières décennies, l'Eglise semblait pourtant avoir durci sa position et aucun responsable n'évoquait plus le mariage des prêtres de peur d'être accusé de blasphème. Même tempérés par une mise au point selon laquelle «le célibat des prêtres n'est pas à l'ordre du jour». Dès 1971, un certain père Ratzinger écrivait bien : «Devant la pénurie de prêtres, on ne pourra pas éviter d'examiner avec sérénité la question de l'ordination d'hommes mariés.»


Pourtant les solutions à la crise du sacerdoce existent, on croule même sous les solutions. La fin de la règle du célibat serait une démarche audacieuse et réaliste. L’idée de l’ordination d’hommes mariés fait son chemin mais malheureusement, elle est freinée des quatre fers. Paul VI en avait dessaisi le Concile, estimant que l’affaire n’était pas mûre et redoutant que le seul fait d’ouvrir la discussion ne tarisse un peu plus les entrées au séminaire. Au synode des évêques de 1971, un texte avait même été voté, stipulant que "sauf le droit du souverain pontife, l’ordination sacerdotale d’hommes mariés n’est pas admise, même dans des cas particuliers". La demande d’ordination d’hommes mariés été reprise dans le cadre du Synode sur l’Eucharistie de 2005.

 

En 1994, le cardinal Kasper posait la question : «Ne faut-il pas ordonner ceux qui dirigent de facto la communauté et qui en ont la compétence ?» Dans une entrevue au journal Le Monde le 21 mai 2008, le cardinal Martini soutenait que faire venir des prêtres de l’étranger, d’Afrique ou d’Asie, n’est pas une solution. La solution se trouve plutôt dans l’accès au ministère ordonné, d’hommes mariés qui ont fait leurs preuves (virus probatus).

 

Quelques évêques sont intervenus. En 2003, l’évêque d’Edmundston, Mgr François Thibodeau demandait à ses diocésains : «Quelles personnes de votre milieu verriez-vous comme pouvant remplacer éventuellement un jour votre pasteur, ses coéquipiers, ses coéquipières ?» Récemment, l’évêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet, insistait : «L’Église ne pourrait-elle pas appeler au ministère presbytéral des personnes mûres, responsables et riches d’une expérience de vie chrétienne ?». On trouve une position semblable dans le livre de Mgr Fritz Lobinger : «Qui ordonner? Vers une nouvelle figure de prêtres». Pour cet ancien évêque du diocèse d’Aliwal (Afrique du Sud) Il faut aller vers le type de prêtres suivants, qu’il qualifie de «corinthiens» : des hommes mariés, dotés d’une profession, et reconnus pour les services rendus au sein des communautés locales. Dans le manifeste de 143 théologiens germanophones intitulé "Eglise 2011 : un renouveau indispensable", le document réclame notamment l'accès aux ministères ecclésiaux pour les hommes mariés.

 

Une autre solution celui de l’ordination des femmes à la prêtrise. Le mouvement pour l’ordination des femmes dans l’Église catholique et l’ordination de facto de plusieurs d’entre elles comptent pour beaucoup dans la perception renouvelée des ministères qui se généralise présentement. La réaction quasi mondiale à la menace d’excommunication par Rome du père Bourgeois en 2011 montre à l’évidence qu’on est loin d’un phénomène marginal. Le manifeste "Eglise 2011 : un renouveau indispensable" réclame également l’accès au ministère ordonné des femmes. Mais la hiérarchie bloquera cette solution innovante, elle pourrait au moins offrir aux femmes le diaconat et le lectorat.

 

D’autres choisissent une solution mixte. La Fédération Internationale pour le Renouveau du Ministère catholique a tenu à Vienne, du 6 au 9 novembre 2008, un congrès qui prend en compte la sensibilité et les préoccupations qui s’expriment dans presque tous les pays occidentaux en ce moment. Deux membres du Groupe du Manifeste d’Ottawa y ont participé. Le rapport du congrès souligne que cette crise des ministères résulte de l’abus de pouvoir d’une autorité ecclésiastique qui a perdu la confiance des communautés chrétiennes. L’objectif fixé par les participants au congrès est de travailler à une redéfinition des ministères qui donne priorité au «peuple de Dieu» sur l’institution hiérarchique. La réponse aux besoins des communautés doit venir du choix par ces mêmes communautés, de  pasteurs compétents, hommes ou femmes, mariés ou célibataires, en lien étroit avec le vécu du milieu.

 

Et si la solution était les laïcs. La publication du document des Dominicains hollandais en 2007 : L’Église et le ministère. Vers une Église du futur est arrivée comme une pièce majeure dans le débat actuel. Le document pousse plus loin la problématique de l’enjeu lié aux ministères dans l’Église. Il questionne la position officielle de l’Église qui s’oppose de façon absolue à la célébration eucharistique en l’absence de prêtre ordonné. Le document fait état de la volonté des communautés chrétiennes de trouver une solution de rechange à la privation de prêtres. En l’absence de prêtres ordonnés, les communautés doivent être en mesure de se débrouiller seule. Elles sont habilitées à désigner la personne qui présidera la célébration eucharistique, tout en espérant que l’évêque procédera à l’ordination de la personne choisie.

 

Joseph Moingt, l’auteur de «Croire quand même» opte plus «pour une assemblée qui cherche Dieu par le lien social». En gros, des laïcs qui  se constituent en petites communautés autonomes pour leur ressourcement chrétien. C’est de la base laïque que l’auteur a l’espoir de voir repartir l’Église dans un style adapté aux «signes des temps».

 

Pour Mgr Martini, l’obligation du célibat des prêtres devrait être réservée à ceux qui en ont «la vraie vocation.» Pour Maurice Weitlauff, comme pour de nombreux théologiens et historiens, le célibat imposé n'a pas de justification religieuse. L'encyclopédie catholique Théo mentionne même que «le célibat des clercs n'est pas une exigence d'ordre divin», il est une «question de discipline interne à l'Eglise latine». Et le texte Presbyterorum ordines 16, rédigé à l'issue du concile Vatican II, précise que «le célibat n'est pas essentiel au sacerdoce». Jusqu'au deuxième concile du Latran, en 1139, qui a réaffirmé fermement le célibat obligatoire pour les prêtres, le clergé séculier se pliait mollement à cette règle fluctuante héritée du monachisme. La tradition est versatile... La preuve: Pierre en personne avait une épouse, 39 papes furent mariés, et certains coiffèrent même la tiare de père en fils.

 

Les solutions sont face à nous, mais ne prenons pas comme exemple les protestants qui connaissent aussi une baisse des vocations mais eux ont un clergé marié depuis longtemps. Si nous n’essayons pas ces solutions, alors l’Église sans prêtre sera une réalité, mais que voulez vous le Vatican croit que les anciennes recettes sont toujours les bonnes.

 

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Publié le 17 Juillet 2011

Le Concile Vatican IIJe vais vous parler du concile Vatican II qui est l'événement le plus marquant de l'histoire de l'Église catholique au XXe siècle, symbolisant son ouverture au monde moderne et à la culture contemporaine faite de progrès technologiques considérables, d'émancipation des peuples et de sécularisation croissante. Des réponses aux questions modernes furent cherchées dans un retour aux racines du christianisme : la Bible (sur base de nouvelles recherches bibliques) et la grande Tradition, dépoussiérée d'une multitude de coutumes accumulées au cours des siècles.

Le pape Jean XXIII ouvre le concile Vatican II le 11 octobre 1962, dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Né près de Bergame (Italie du nord) le 25 novembre 1881, dans une famille très pauvre de dix enfants, Angelo Roncalli se signale par une extrême bonté pendant toute sa vie consacrée à l'Église, y compris quand il accède au prestigieux patriarcat de Venise. Il est élu pape par le conclave le 28 octobre 1958, à 76 ans et onze mois.
Les cardinaux, en portant leur choix sur lui, après la disparition de Pie XII, veulent se donner le temps d'une transition avant d'élire un pape d'action. Mais le nouvel élu provoque d'emblée la surprise en annonçant un "aggiornamento" (mise à jour) de l'Église catholique, autrement dit un grand concile oecuménique en vue d'adapter l'Église au monde moderne. Aucune entreprise comparable n'a été menée depuis le concile de Trente, trois cents ans plus tôt.

Le Concile Vatican IIAu XIXe siècle, l'Église s'était assoupie sous l'effet du conservatisme dominant en politique et dans les relations sociales. Pie IX, après une rupture avec les libéraux et la perte des États pontificaux, s'était replié sur la cité du Vatican et avait entrepris de renforcer le pouvoir du Saint-Siège sur l'Église catholique et ses évêques. C'est ainsi qu'il avait réuni un concile oecuménique, Vatican I, qui avait consacré en 1870 l'infaillibilité pontificale.
À la fin du XIXe siècle, le vigoureux Léon XIII, successeur de Pie IX, réagit à la laïcisation des sociétés européennes et à la montée du prolétariat ouvrier. Il publie l'encyclique sociale Rerum Novarum (1891) et inspire le ralliement des catholiques français à la République. Après une longue pause marquée par les deux guerres mondiales, la tragédie nazie et le pontificat de Pie XII, Vatican II veut adapter l'Église au monde moderne, intégrer une réflexion religieuse dans les mouvements d'idées et réconcilier toutes les chrétientés.

Jean XXIII, dès l'ouverture du concile Vatican II, dénonce l'enseignement du mépris et témoigne de son ouverture aux autres religions et en particulier aux juifs. Plus de 2 300 hommes d'Église, théologiens et observateurs assistent à la séance d'ouverture du concile Vatican II convoqué à Rome par le pape Jean XXIII. Le concile a pour mission de présenter l'Église "à tous les hommes de notre temps, en tenant compte des déviations, des exigences et des besoins de l'époque moderne".
Le 11 octobre 1962, la basilique Saint-Pierre de Rome résonne du discours prophétique de Jean XXIII, inaugurant solennellement l'événement devant plus de 2 500 pères conciliaires. Cette réunion extraordinaire de tous les évêques du monde, la vingt et unième du genre dans l'histoire ecclésiastique de l'Occident, tranche par sa volonté inédite de rendre au message chrétien sa vocation de paix et d'unité. Jusqu'alors, les papes convoquaient leurs évêques plutôt pour affronter des mutations extérieures des événements menaçant l'intégrité doctrinale ou institutionnelle de l'Eglise. A l'instar de Vatican I, réuni en 1869 par Pie IX pour livrer bataille contre la laïcisation de la société et l'anticléricalisme ambiant. Sa volonté de réforme trouve un écho dans les propos du théologien dominicain Yves Congar, le 14 octobre 1962 : "Il n'y a rien à faire de décisif tant que l'Église romaine ne sera pas sortie de ses prétentions seigneuriales et temporelles. Il faudra que tout cela soit détruit. Et cela le sera".

Le Concile Vatican IIDes milliers de participants, originaires de tous les continents, prendront part aux travaux des quatre sessions que comptera Vatican II (11 octobre au 8 décembre 1962, 29 septembre au 4 décembre 1963, 14 septembre au 21 novembre 1964, 14 septembre au 8 décembre 1965). Cette période sera marquée par le décès de Jean XXIII, le 3 juin 1963, et l'élection de son successeur, Paul VI. Le déroulement inattendu du concile s'explique par les différences importantes entre la première et la deuxième session du concile. Un programme pré-établi par des cardinaux de curie (avec textes quasi prêts à être votés) fut rejeté. Les pères conciliaires prirent alors leur agenda en mains. Les cardinaux Léon-Joseph Suenens, Giacomo Lercaro, et Julius Döpfner, trois des quatre modérateurs, semblent avoir été à l'origine de cette "révolte". Le changement de procédure proposé fut immédiatement accepté par Jean XXIII. Tout fut alors très différent, et les débats plus libres.
On y a débattu notamment des célébrations liturgiques, du rapport que devait entretenir l'Église catholique avec les autres Églises chrétiennes, avec les autres confessions religieuses, et la société en général, mais aussi de problèmes plus spécifiquement théologiques, comme la liberté religieuse et la Révélation.

"Au cours des siècles précédents, raconte le père jésuite Gustave Martelet, l'un des participants au concile, l'Eglise s'était ligotée elle-même. Avec Vatican II, elle a ôté ses entraves." De 1962 à 1965, dans un bouillonnement parfois polémique, les prélats planchent au cours de quatre sessions. La promulgation de quatre constitutions - dont Lumen gentium, sur le dogme, et Gaudium et Spes, sur l'Eglise dans le monde - et d'une moisson de décrets et déclarations confirme les intuitions novatrices des grands théologiens, les Rahner, de Lubac, Teilhard de Chardin, Chenu et l'incontournable Congar - les éditions du Cerf ont publiées les deux tomes de son Journal du concile, récit quotidien et encore inédit des séances dont le dominicain fut un acteur capital et le témoin vigilant et critique.
Le Concile Vatican II"Ces réformes ont consacré des courants de pensée chrétiens qui travaillaient depuis des décennies sur la liturgie, l'exégèse ou la patristique, recherchant un ressourcement dans le retour aux origines", confirme le théologien et philosophe Gérard Leclerc, auteur des Dossiers brûlants de l'Eglise (Presses de la Renaissance). Salutaire "éclatement de l'histoire", selon le dominicain Nicolas-Jean Sed, directeur des éditions du Cerf, le concile met à bas "les décisions dans lesquelles [nous] avait enfermés le siècle précédent" : "Il cristallise dans la conscience ecclésiale l'idée que la conversion ne saurait être autre chose que l'avènement de la liberté personnelle." C'est l'une des conclusions majeures des débats: la notion de liberté religieuse substitue le libre choix à l'adhésion forcée. "L'Eglise reconnaît là que la force de son mystère ne dépend pas du pouvoir qu'elle aurait de l'imposer, mais de sa séduction sur les intelligences et les cœurs, souligne Gustave Martelet. Dieu n'impose pas, il propose." Les croyants constituent le peuple de Dieu, humanité au service de laquelle l'Eglise se place, plutôt que de la dominer par ses institutions et sa puissante hiérarchie.

En consacrant la notion de collégialité des évêques, Vatican II prend le contre-pied des textes adoptés par Vatican I, qui édictait l'infaillibilité papale : "Dès lors, le pape n'est plus ce monarque absolu incarné par Pie IX", insiste Martine Sevegrand, historienne du catholicisme. Autre avancée déterminante: l'œcuménisme et le dialogue interreligieux, qui s'amorcent avec la reconnaissance mutuelle des Eglises chrétiennes, la levée réciproque des anathèmes entre Eglises catholique et orthodoxe et la suppression de l'accusation de déicide portée contre les juifs. La soutane abandonnée, la liturgie désormais prononcée dans la langue du pays, l'apostolat des laïques consacrant leur participation active, l'institution se veut désormais proche de ses fidèles, à leur image.
Le second concile du Vatican avait fait un très grand effort pour intégrer certains éléments de la Réforme et de la modernité dans l'Eglise catholique : nouvelle approche de la Bible, nouvelle conception du "peuple de Dieu", liturgie plus proche des fidèles, reconnaissance de la liberté religieuse en chaque individu, affirmation que les juifs ne sont pas responsables de la mort de Jésus... La réflexion avait avancé ! Et la plupart des évêques espéraient que les papes qui suivraient feraient le nécessaire pour réaliser ce programme.

Le Concile Vatican IILe concile achève ses travaux sous le pape Paul VI, successeur de Jean XXIII, mort le 3 juin 1963. Le pape Jean XXIII est mort quelques mois après l'ouverture du Concile Vatican II, alors qu'une seule session s'était déroulée. La première tâche du nouveau pape est donc de poursuivre puis clore ce concile, en dépit des évêques qui voulaient ne pas le poursuivre. Paul VI, élu le 21 juin 1963, annonce dès le lendemain son désir de donner une suite aux travaux du Concile et nomme quatre cardinaux modérateurs. Un bureau de presse est créé pour communiquer des informations quotidiennes et des laïcs sont invités à participer comme auditeurs, parmi eux Jean Guitton. En 1965, les dernières heures du Concile sont historiques, elles aussi : Paul VI participe à une célébration avec des non-catholiques, le 4 décembre 1965 en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Le 7 décembre, les sentences d'excommunication de 1054, entre les Églises grecque et romaine, sont levées. Le Concile s'achèvera par une messe de clôture et un message au monde, le 8 décembre 1965. Formé à l'école de Pie XII, le pape Paul VI en avait hérité une certaine austérité où s'ajoutait cependant de l'angoisse. Par ailleurs, de Jean XXIII, il partageait ce désir d'ouvrir davantage le Vatican et le pontificat lui-même sur le monde. Beaucoup moins spectaculaire que Jean XXIII, Paul VI avait un fardeau peut-être plus lourd à porter et pourrait être considéré à juste titre comme le véritable pape de transition entre l'Église traditionnelle et la nouvelle Église catholique. Respectant rigoureusement les directives du Concile Vatican II, il entreprit le rajeunissement des structures de l'Église mais ne put rallier les traditionalistes offusqués et les jeunes progressistes qui souhaitaient le voir dépasser les recommandations conciliaires à juste titre, car Paul VI n'avait pas traité les sujets sensibles lors du Concile : la contraception, la place des femmes dans l'Église, le celibat des prêtres. Avant de clore le concile Vatican II, les participants tentent mais en vain de proclamer la sainteté de Jean XXIII par acclamations. Le pape Paul VI s'y oppose par crainte que l'autorité pontificale ne soit battue en brèche par cette entorse à la pratique habituelle.

Le Concile Vatican IICertains théologiens, comme Karl Rahner, redoutent dès les années 60 que Vatican II ait résolu les problèmes du passé sans régler les questions à venir. "Il y a, chez de nombreux évêques, la tentation de s'arrêter là, souligne Martine Sevegrand. Pourtant, beaucoup de sujets sont restés en suspens lors du concile: le célibat des prêtres, les moyens de limiter les naissances, la question du divorce..."
Or, le concile n'a été achevé qu'à 50 %, par la faute de la Curie romaine (les organismes administratifs du Saint-Siège), qui a freiné des quatre fers. L'Eglise est même entrée, depuis Jean-Paul II, dans une période de "restauration" – la restauration du système romain médiéval -, en s'appuyant sur deux instruments : d'une part, la publication de documents (encycliques, etc.) réactionnaires sur des problèmes de doctrine et de morale ; d'autre part, en exigeant des candidats aux fonctions d'évêque une soumission totale à la "ligne" idéologique romaine.
Aux Etats-Unis comme en Europe occidentale, des catholiques de plus en plus nombreux n'hésitent plus aujourd'hui à réclamer la convocation d'un concile Vatican III. Ex-archevêque de Milan fraîchement retraité, le cardinal Martini lui-même avait souligné l'opportunité de cette requête, reconnaissant l'impérieuse nécessité de débattre les questions laissées en suspens. Jean-Paul II, acteur de Vatican II, ne sera pas l'initiateur de Vatican III. Benoit XVI non plus.

Finalement on peut conclure en disant que Vatican II a été un tournant profond : l'Eglise est sortie de cette logique de bunker en acceptant la séparation des pouvoirs, en reconnaissant les droits de l'homme, la liberté religieuse et la valeur des religions non chrétiennes.

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Publié le 16 Juillet 2011

«Mission métropoles» : c’est le titre de l’initiative pour le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation qui mobilisera pendant le carême 2012 douze villes d’Europe, annonce Mgr Fisichella. La réunion qui s’est tenue à huis clos est l’une des premières initiatives du nouveau dicastère créé par Benoît XVI il y a près d’un an, en septembre dernier.


Le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella a en effet annoncé une mobilisation en Europe, alors que se sont réunis à Rome, lundi 11 juillet, les archevêques de Barcelone, Turin, Varsovie, Estergom-Budapest, Vienne, Cologne, Liverpool, Dublin, Paris, Malines-Bruxelles, et le patriarche de Lisbonne.


Il s’agit pour le dicastère organisateur de mettre au point une stratégie pour donner, ensemble, une nouvelle impulsion à l'évangélisation face à la «crise» des sociétés européennes sécularisées. Le Vatican a sur les sociétés sécularisées a une vision erronée : la "sécularisation" et la culture du "relativisme" qui entraînent une "culture de l'image" et "une mentalité hédoniste et consumériste" conduisant à "la superficialité" et à l'égocentrisme". Un raisonnement absurde, car ce traitement vient du fait que la sécularisation a fait entrer dans le siècle des contenus qui auparavant étaient réservés à la sphère théologique. Plutôt que d’avoir peur de perdre son influence, l’Église aurait due accompagner ce mouvement tout en y apportant son esprit communautaire.


Les autorités de l'Église ont longtemps accueilli la sécularisation avec beaucoup de réticences, considérant qu'elle pouvait constituer un danger pour la foi. Ce n'est qu'à partir du concile Vatican I que l'Église a cessé de s'opposer à ce désir d'autonomie progressive du monde. Au concile Vatican II, l'Église a reconnu la légitimité de ce processus. Plus récemment, la sécularisation a été bien accueillie chez les chrétiens. Les théologiens en ont même fait une condition pour la foi. Chez les théologiens catholiques, c'est Jean-Baptiste Metz qui montre le plus d'enthousiasme pour ce phénomène, et en discerne ses rapports avec la foi. C'est dans la théologie politique de ce théologien que l'on trouve une analyse des rapports entre la sécularisation et le salut. L'historien et sociologue Jean Baubérot considère quant à lui que la sécularisation comporte des aspects positifs, en ce sens que l'adhésion au christianisme n'est plus le résultat d'un conformisme social mais un choix personnel.


«Mission métropoles» se développera à la fois dans la pastorale ordinaire – avec un accent mis sur la formation - et l’opération de Carême 2012 qui impliquera simultanément 12 grandes villes du continent. «Mgr Fisichella, c'est cela qui fait son originalité : la communion et la simultanéité». C’est une première réponse à la demande faite par Benoît XVI : surmonter les fragmentations et donner des signes d’unité. Pour Mgr Fisichella, l’initiative favorisera la communion : le pape lui-même a invité le nouveau dicastère à manifester l’unité de l’Eglise. Rappelons que cette expérience pastorale est lancée alors que se célébrera à Rome, en octobre, le synode sur la Nouvelle évangélisation. L’expérience de cette initiative « Mission métropoles » ne pourra que contribuer à la réflexion pour une proposition missionnaire renouvelée et ciblée. Pour Mgr Fisichella il est impératif d’agir sur le tissu social, culturel et politique.


 Jean-Paul II avait pour sa part convoqué deux fois un synode pour l’Europe : en 1991, au lendemain des bouleversements à l’Est, et en 1999, pour préparer le grand jubilé de l’An 2000. Son exhortation apostolique post-synodale sur «L’Eglise en Europe» a été publiée en 2003.


Jean-Paul II avait lancé l’idée, créé le slogan, «nouvelle évangélisation» et assuré sa diffusion. Mais il n’avait pas totalement convaincu, sinon quelques mouvements, dont les charismatiques. Beaucoup d’évêques étaient embarrassés à raison par la notion qui remettait en cause à leurs yeux l’un des piliers du concile Vatican II, le «dialogue» avec le monde, car cela avait tout l’air de «prosélytisme». L’échec a été patent.


La «Nouvelle évangélisation» promue par Benoit XVI, sera surtout le renforcement des mouvements conservateurs ou même réactionnaires comme l'Opus Dei et la Légion du Christ dont le but est d’évangéliser par le pouvoir en faisant de la spiritualité un signe d'excellence sociale et de l'autre, et aussi des divers mouvements charismatiques, au contenu intense et exigeant pour les comportements personnels, valorisant l'affectif, mais généralement peu enclins à intégrer une dimension sociale. Pendant ce temps les mouvements d’action catholiques se voient relégués au profit de ces mouvements ne sachant utiliser que des méthodes traditionnelles et dont les limites sont visibles.


Pour mettre fin à la crise des vocations et à la baisse de la pratique religieuse, l’Église devra utiliser d’autres méthodes pour témoigner à la fois d'une sereine confiance en elle-même et d'un souci d'ouverture attentive aux questions que lui posent les hommes.


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Publié le 14 Juillet 2011

Le cardinal Velasio de Paolis a dressé un bilan de sa première année de travail comme délégué pontifical pour les "Légionnaires du Christ", a rapporté l’agence ACI Prensa, le 11 juillet 2011.


Le 9 juillet 2010, le cardinal de Paolis avait reçu la mission par le Vatican de mener la "profonde révision" des "Légionnaires du Christ", après les révélations sur la double vie de leur fondateur, le Père Marcial Maciel (1920-2008). Le Père Maciel, avait été accusé au milieu des années 1980 d'abus sexuels sur des mineurs entre 1940 et 1960, cachant ensuite également l'existence de plusieurs enfants, dont certains l'ont aussi accusé d'abus. Egalement accusé de consommation de drogue, le Père Maciel avait été invité par Benoît XVI, en mai 2006, à renoncer à tout ministère public. Le Père Maciel est décédé le 30 janvier 2008 aux Etats-Unis à l'âge de 87 ans. La congrégation est toujours secouée par le grave scandale suscité par son fondateur et par ceux qui, dans son entourage, ont longtemps cherché à camoufler les faits. Plus criminel encore qu’un criminel est celui qui couvre ses crimes.


Reconnaissant "l'exode contenu" qu'ont connu les "Légionnaires" en 2010, notamment parmi les plus jeunes, le cardinal de Paolis a critiqué "l'influence négative" de certains membres, qui ont fait preuve "d'un réel scepticisme quant au chemin de renouveau à parcourir". Le délégué pontifical a pointé du doigt l'attitude de ceux qui se considèrent, "quasiment comme les gardiens de l'orthodoxie". Ce ne sera pas facile, car le Père Marcial Maciel a réussi à influencer durablement cet ordre religieux au point qu’ils soient capable de tout lui pardonner même l’impardonnable.


Le cardinal de Paolis a encore indiqué que les "Légionnaires du Christ" avaient accompli un tiers de leur chemin de renouvellement et devraient, d'ici deux ans, approuver la révision de leurs "Constitutions". «Depuis le 24 mars 2011, Le débat en interne continue», aurait précisé le cardinal de Paolis, avant d'expliquer que les Légionnaires du Christ n'ont pas renoncé à l'établissement d'une telle commission. Ces propos prendraient alors le contre-pied de rumeurs circulant dans la presse aux mois février et de mars 2011 sur l'abandon de la création d'une telle commission pour la recherche de la vérité. Pourtant les Légionnaires du Christ ont institué la «Commission de Recours» depuis le 31 janvier 2011. Pourquoi ne fonctionne-t-elle pas alors ?


Les mesures adoptées par le Vatican en 2010 devaient concerner l'aide aux victimes d'abus sexuels du père Marcial Maciel, la remise en cause du système de pouvoir mis en place, la révision de l'exercice de l'autorité, celui-ci devant être exercé dans un respect de la vérité, une visite apostolique dans la branche laïque (Regnum Christi) des légionnaires du Christ, l'étude de la constitution de la congrégation et la redéfinition du charisme de celle-ci.


Le cardinal de Paolis a été le bon choix, mais j’ai bien peur qu’il doit se montrer plus ferme pour arriver à assainir la Légion du Christ de son passé sulfureux.


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Publié le 13 Juillet 2011

Trop radical dans les méthodes utilisées pour lutter contre les abus sexuels du clergé. L'archevêque de Dublin et primat d'Irlande, Diarmuid Martin n'a pas été invité au symposium international sur le thème de la pédophilie au sein du clergé qui aura lieu au Vatican, en Février 2012. Mgr Martin est un évêque qui n'est pas aimé des ministères de la Curie romaine à cause de son intransigeance excessive et de la visibilité publique qu’il favorise dans des scandales sexuels du clergé. En février 2011, à l'occasion d'une liturgie du repentir dans la pro-cathédrale Sainte-Marie L'Eglise, Mgr Diarmuid Martin avait dit sa reconnaissance aux victimes d'abus sexuels pour avoir refusé de se taire même lorsqu'on ne les croyait pas. Il les encourage à continuer à témoigner et souligne que les responsables ne sauraient demander pardon sans avoir d'abord reconnu l'injustice commise et leur propre échec pour ce qui s'est passé.


Une approchequi ressemblait pour beaucoup à une exécution et non à un manque de respect des garanties de l'accusé. Dans l'épiscopat européen, l'archevêque Martin était l'un des principaux partisans de la «ligne dure» récemment réaffirmée dans une interview avec le New York Times dans lequel il critiquait la "lenteur" avec laquelle le Vatican avait continué la visite apostolique de l'Eglise d'Irlande, afin d'évaluer quelles seront les mesures prises pour résoudre le problème si il y avait des prêtres pédophiles. Ce n’est pas faux, le Vatican a pris trop de temps et il devait le signaler à juste titre.


La chroniqueuse Maureen Dowd divulgua une conversation qui avait eu lieu entre elle et Martin dans laquelle le prélat, en montrant son mécontentement devant la façon dont le Saint-Siège avait tenté de résoudre à ce jour la question "très sensible" de la pédophilie au sein du clergé, elle avait dit ce qu’elle pensait de lui : «Martin a toujours été avec les victimes, il est un outsider dans la hiérarchie». Dans cette conversation les noms de certains ecclésiastiques furent prononcés sur la négative comme le cardinal Bernard Law, ancien archevêque de Boston qui après l'éruption des problèmes de pédophilie dans son diocèse fut déplacé à Rome et devint archiprêtre de la basilique de Santa Maria Maggiore, Angelo Sodano, ancien secrétaire d'Etat du Vatican «qui a défendu le pédophile notoire et père de plusieurs enfants Marcial Maciel Degollado, fondateur des Légionnaires du Christ». Ce qui est certain, c'est que, comme l’avait écrit le National Catholic Reporter, Dowd "a trouvée en Martin son chevalier dans la hiérarchie catholique." Difficile à dire si Martin se sent décrit par ces mots. Il dit au moins tout haut, ce que pensent beaucoup tout bas.


Cependant, tous dans l'Eglise ne semblent pas apprécier le passage dans lequel Mgr Martin a publiquement exprimé sa déception du fait du traitement que le Saint-Siège avait fait sur les abus sexuels. Les propos de Martin firent réagir le Vatican par une réplique officielle à la mi- Juin 2011 sur le fait que «la visite s'était terminée dans les délais fixés.» Et qu’apparemment, l’enquête – qui concernait les quatre archidiocèses irlandais, ainsi que cinq séminaires et des congrégations religieuses – s’est révélée fructueuse, puisque la Congrégation pour les évêques et celle pour l’éducation catholique ont indiqué ne pas prévoir d’autres visites apostoliques. Les visiteurs ont pu «établir un cadre suffisamment exhaustif de la situation de l’Eglise irlandaise», précise le communiqué. Si on envoie un communiqué pour répondre, c’est que tout ce qui a été dit n’est pas faux.


Martin, cependant, ne sera pas parmi les orateurs du symposium international sur le thème de la pédophilie au sein du clergé en Février 2012. Une Église irlandaise, qui a besoin de «renouvellement» et de «réconciliation», après les blessures des abus sexuels et de «l'échec» des croyants à «porter témoignage d'une foi cohérente», mais dont on peut voir des «signes d'espoir.» C'est cette analyse qui n'est pas "pessimiste" mais réaliste qui avait été faite par l'archevêque de l'Eglise irlandaise de Dublin et le primat d'Irlande. Dublin accueillera en 2012, le Congrès eucharistique international («CEI») qui a pour thème «L'Eucharistie, communion avec le Christ et entre nous». Selon certaines sources vaticanes, il n’est pas impossible que Benoît XVI se rende en Irlande en juin 2012, à l’occasion du 50e Congrès eucharistique mondial, pour redonner confiance à l’Eglise locale. Le pape pourrait ainsi célébrer la messe de clôture du congrès, le 17 juin.


Ne pas inviter Diarmuid Martin au symposium international sur le thème de la pédophilie au sein du clergé n’annonce rien de bon, car contre les prêtres pédophiles on doit avoir une ligne dure pour nettoyer les écuries d’Augias de l’Église. Jésus était ferme sur ce sujet là, il suffit de regarder Matthieu 18, 6-7 : «Mais si quelqu’un doit scandaliser l’un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre une de ces meules que tournent les ânes et d’être englouti en pleine mer.» En cela, Martin ne fait que suivre la ligne dure choisie par Jésus, même si heureusement aujourd'hui les méthodes ont changées.


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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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