Publié le 30 Novembre 2011

Dans l’article de quotidien genevois Le Temps du 30 novembre 2011, les catholiques intégristes rejettent le Préambule doctrinal du Vatican, car la Fraternité Saint-Pie-X exige des modifications dans le document soumis par le Vatican en septembre dernier

 

Après deux ans de négociations avec le Vatican, les intégristes schismatiques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) ont rejeté le Préambule doctrinal que Rome leur a soumis à la mi-septembre. Un prélude à l’échec définitif des discussions doctrinales? C’est fort possible : durant le processus, les intégristes n’ont jamais manifesté la plus petite ouverture sur les positions du Concile Vatican II concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, des points pourtant fondamentaux du Concile, auxquels le Vatican ne saurait renoncer sans renier cinquante ans d’histoire de l’Eglise. Bien au contraire, chaque fois qu’ils en ont eu l’occasion, les intégristes ont condamné ces positions.

 

Le Père Congar n'avait t-il pas écrit un certain soir : «Toute l'œuvre du Concile aboutit à une puissante revitalisation de l'Église catholique et de son dynamisme.» D’ailleurs le pape Jean-Paul II présentant, au seuil du troisième millénaire, Vatican II comme «une boussole toujours fiable» (Tertio millenio adveniente). Si les Intégristes ne veulent pas de cette boussole, où vont-ils ? Pas dans le bon sens à mon avis.

 

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité, laisse toutefois croire qu’une discussion est encore possible. Dans un entretien qu’il a donné au site internet www.dici.org, l’organe de communication de la FSSPX, il explique qu’il a l’intention de faire une contre-proposition au Vatican. «Le Préambule doctrinal qui nous a été remis est un document qui, comme l’indique la note qui l’accompagne, peut recevoir des éclaircissements et des modifications, dit Mgr Fellay. Ce n’est pas un texte définitif. Nous adresserons sous peu une réponse à ce document en indiquant avec franchise les positions doctrinales qu’il nous paraît indispensable de tenir.» Mgr Fellay souligne qu’une marge est prévue pour une «légitime discussion» sur certains points du Concile Vatican II. Discussion, ne veut pas dire remettre en cause Vatican II comme le font à chaque négociation les lefebvristes.

 

«La seule doctrine ne varietur, c’est bien évidemment le Credo, la profession de foi catholique, poursuit l’évêque. Le Concile Vatican II s’est voulu pastoral; il n’a pas défini de dogme. Il n’a pas ajouté aux articles de foi : «Je crois en la liberté religieuse, en l’œcuménisme, en la collégialité…» Le Credo ne serait-il plus suffisant aujourd’hui pour être reconnu comme catholique ?»


Le concile Vatican II n’aurait pas définie de dogme ? Pourtant il a des constitutions dogmatiques : le cœur du concile Vatican II qui est la constitution dogmatique Lumen Gentium, qui a toute sa place, toute son importance. De celle-là découlèrent (ou sur elles s'arc-bouteront) les trois autres «Constitutions» dont deux «dogmatiques» : Sacrosanctum concilium et Dei Verbum.

 

Le texte du Préambule est resté secret jusqu’à maintenant. Le Vatican craint-il la réaction de ses ouailles ? Le Préambule fait-il des concessions importantes aux intégristes ? C’est ce que laisse entendre Mgr Fellay : «Ce texte risque fort de susciter l’opposition des progressistes qui n’admettent pas la simple idée d’une discussion sur le Concile, parce qu’ils considèrent que ce concile pastoral est indiscutable ou non négociable.» Quel jeu de dupe, je ne crains pas ceux qui crient plus fort que les autres alors que leur jeu est mauvais.

 

La contre-proposition de Mgr Fellay pourrait être envoyée au Vatican avant Noël. Á quoi cela peut bien servir, car en refusant d’accepter le Préambule les lefebvristes ont montré que toute discussion avec eux est dès le départ compromise.

 

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Publié le 28 Novembre 2011

Je vais vous parler aujourd’hui de l’Association Plein Jour qui nous montre l’énorme souffrance infligée aux compagnes de prêtres et à leurs compagnons, par la règle du célibat ecclésiastique.

 

Plein Jour est une Association de soutien aux compagnes de prêtres ou de religieux en lutte pour l'abolition de la règle de célibat ecclésiastique imposé dans l'Eglise catholique romaine. Elle recueille des témoignages et dispense des conseils aux compagnes d'hommes d'Église.

 

Le double objectif de Plein Jour est d'abord, offrir aux compagnes de prêtres une possibilité d'écoute, de dialogue, de rencontres et de soutien, et ensuite, de dénoncer la règle du célibat ecclésiastique imposé de façon autoritaire, dans le non-respect des personnes.

 

Cette association a vu le jour quand des compagnes de prêtres ont décidées de mettre fin au silence. Ce qu’elles firent d'abord au sein de l'Association "Claire-Voie" dont la présidente est Odette Desfonds, auteur d’ouvrages aussi connu que "Les Folles de la place St-Pierre" des Editions Golias et "Rivales de Dieu"chez Albin Michel ou livre de poche.

 

Ensuite vint Plein Jour, en 1996, à l'initiative de quelques-unes de ces "clandestines" qui ont décidé de réagir devant l'immobilisme de leurs compagnons. Elles sont plus de 300 femmes à avoir simplement contacté l'association et cela démontre que le phénomène n'est pas si marginal qu’on le croyait.

 

Plein jour est aussi solidaire des mouvements de prêtres mariés, comme en Italie, "Vocatio" : Associazione Italiana Preti Sposati qui milite pour une abolition de la règle du célibat.

 

Plein jour nous mets face à une dure réalité que l’Église nie. Contraints à la clandestinité sur le plan conjugal, de nombreux prêtres mènent une double vie. Les associations de compagnes de prêtres nous montrent que le phénomène est loin d'être marginal. Frustrés, condamnés à vivre dans la clandestinité et l’hypocrisie, de plus en plus de prêtres quittent leur paroisse pour convoler en justes noces. Quand ce ne sont pas des prêtres qui vivent en toute illégalité, maritalement, avec une compagne, faisant fi de tous les interdits.

 

Mais les femmes de prêtres, les enfants de curés, les curés défroqués, ces gens doivent vivre dans le silence et en secret et sont les premières victimes, et pour ainsi dire les «dommages collatéraux» du célibat sacerdotal mal vécu par certains. Dans tous les cas, la relation est dominée par la culpabilité de l'homme face à une situation en contradiction avec son statut de prêtre et une profonde souffrance de ces femmes qui n'ont aucun moyen pour modifier la situation.

 

Devant cette situation est-on en droit de forcer les prêtres au célibat, je ne le pense pas. Car à l’époque de Paul, les épiscopes, les futurs évêques et les presbytres, futurs prêtres devaient être de bons pères de familles (Tite 1,6; 1 Thimothée 3, 1-13). Si l’histoire contredit l’Église, alors laissons une chance à ses hommes et femmes qui apporteront leur amour et leur expérience à celle-ci.

 

Pour plus d’information et découvrir cette belle Association, je vous met ce lien : link

 

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Publié le 27 Novembre 2011

Comme nous le montre la Matinale chrétienne de La Vie – site chrétien d’actualité du 21 novembre, il s'agit d'Ivan Dragicevic, l'un des six voyants des apparitions mariales controversées.

 

Invité par le cardinal Schönborn le jeudi 17 novembre à Vienne lors d'une messe à la cathédrale retransmise en direct sur internet, le voyant, qui bénéficie toujours selon ses dires d'apparitions quotidiennes de la Vierge Marie, a assuré aux fidèles rassemblés qu'une apparition de la Mère de Dieu aurait lieu juste avant la messe, avec bénédiction de sa part à tous les participants et à tous les spectateurs derrière leurs écrans.

 

Ce fameux voyant roule en BMW, il ne travaille pas et vit des dites apparitions. Il s’est aussi payé une maison d’une belle valeur et il verrait soit disant la Vierge tout les jours. On gagne bien grâce à la Vierge à ce que je voie.

 

Le cardinal Schönborn est connu pour son soutien parfois bruyant aux voyants de Medjugorje : en 2010, il a été obligé de présenter ses excuses à l'évêque de Mostar, ordinaire du lieu des apparitions, pour avoir exprimé publiquement son soutien aux voyants malgré l'opposition de Mgr Ratko Peric et de la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, qui ne voient que charlatanisme derrière les prétendues apparitions.

 

Il faut bien dire qu’à l'inverse de Bernadette Soubirous ou Lúcia de Jesus dos Santos, aucun des voyants n'a choisi un état de vie religieux ou relativement modeste. Ils sont tous mariés et ont des enfants, Ivan Dragićević a notamment épousé une ancienne Miss Massachusetts. De plus, selon Adriana Dias Lopes du magazine Veja, ils se sont considérablement enrichis grâce aux nombreuses conférences, produits dérivés et spectacles autour de Medjugorje.

 

Le pape Benoît XVI a créé une commission d'enquête sur Medjugorje il y a deux ans; celle-ci n'a pour l'instant pas rendu ses conclusions. Pourtant, l'Église catholique romaine, concernant ces phénomènes, se réfère au «non-constat de supernaturalitate» de la Déclaration de Zadar donnée par la Conférence des évêques de l'ex-Yougoslavie dans son rapport du 10 avril 1991 : «Sur la base des recherches effectuées jusqu'à présent, il n'est pas possible d'affirmer le caractère surnaturel de ces apparitions ou révélations.». Toutefois, divers groupes de pression tentent depuis cette date de faire croire le contraire, ce qui a conduit le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, à publier un démenti : le 22 juillet 1998, il met un terme aux rumeurs de bienveillance papale dans une lettre en allemand : «Je dois vous dire que toutes les déclarations (positives) sur Medjugorje, que certaines personnes attribuent au pape et à moi-même, sont de pures inventions.».

 

Le cardinal Schönborn ne devrait pas inviter une personne qui est soupçonnée de charlatanisme et qui prône des apparitions qui n’ont jamais eu lieu. L’Église devrait voir la réalité à la place de rester dans l’imaginaire.

 

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Publié le 26 Novembre 2011

La crise actuelle est d’abord une crise du sens et des valeurs avant d’être économique et sociale. Benoît XVI l’a réaffirmé ce vendredi 25 novembre 2011 au matin, dans un discours à l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les laïcs, réunie du 24 au 26 novembre à Rome. Une crise du sens et des valeurs des élites, pas de ceux qui crèvent dans la misère.

 

Alors qu’une mentalité diffuse semble soit disant déterminée à écarter Dieu, le Pape invite, au contraire, à recommencer par Dieu, pour redonner aux hommes leur dimension totale et leur pleine dignité. Cette mentalité, qui renonce à toute référence à la transcendance, a-t-il dit, s’est révélée incapable de comprendre et de protéger l’homme. Alors vouloir le progrès sans le vouloir comme l’Église serait mal, c’est assez conservateur comme mentalité. C’est cette mentalité qui serait à l’origine de la crise économique et sociale actuelle. Les hommes qui prétendent exister uniquement d’une manière positiviste, dans ce qui peut être calculé et mesuré, finissent par être étouffés.

 

Malheureusement pour le pape, je tiens à lui rappeler que Dieu ne mettra pas la nourriture sur le plat des pauvres. Ce n’est pas l’oubli de Dieu qui a provoqué cette crise, mais l’appétit de richesse d’une minorité que notre chère Église essayait de convertir abandonnant les pauvres à leur misère.

 

Mais, dans son discours, Benoît XVI a voulu aussi interpeller directement les chrétiens sur la solidité de leur foi, qui n’est jamais acquise une fois pour toutes; une question négligée alors qu’on s’efforce de rendre plus incisive leur présence dans le domaine social, économique et politique. Pour le Pape, les chrétiens doivent revenir de façon plus déterminée à la centralité de Dieu. Les chrétiens - a-t-il relevé - ne vivent pas sur une autre planète, à l’abri des maladies du monde, ils en partagent les troubles, la confusion, les difficultés. Dieu n’est pas toujours la référence centrale de leurs choix, de leurs opinions, de leurs positionnements et de leurs actions. Il serait donc urgent de proposer à nouveau la question de Dieu au sein même du tissu ecclésial. Et les laïcs catholiques devront témoigner de manière transparente de l'actualité de la question de Dieu dans tous les champs de la pensée et de l'action.

 

Les laïcs n’ont pas à témoigner de leur foi dans ce monde, c’est leurs actes qui seront un signe fort come nous l’a fait savoir le Christ. Et s’occuper des pauvres en est l’acte le plus fort, plutôt que de les criminaliser comme dans notre société actuelle, ce qui est tout à fait méprisable. J’ai entendu beaucoup de pratiquants ne pas témoigner de leur amour du prochain, mais d’une foi rigide et peu ouverte envers les déshérités de la vie.

 

Evoquant les JMJ qui se sont tenues au mois d’août à Madrid, Benoît XVI a relevé que cette multitude immense de jeunes, enthousiaste et fraternelle, avait illuminé la vieille Europe et le monde entier et prouvé l’actualité de la recherche de Dieu. Non, cela a juste prouvé que des courants minoritaires vivaient une véritable papolatrie déconnectée des faits de société. Les prochaines JMJ auront lieu en 2013 à Rio de Janeiro. Le Pape a également évoqué le Congrès pour les laïcs asiatiques qui s’était tenu à Séoul en 2010. Il a relevé que les chrétiens d’Asie n’étaient qu’une petite minorité, parfois en proie à une véritable persécution. Le prosélitysme agressif des protestants évangéliques en est responsable et les catholiques en ont en grande partie payé le prix fort, ce qui est dommage.

 

Mais la question de Dieu n’a jamais été abandonnée, mais il ne faut pas la mettre là où elle ne doit pas être. Il ne faut pas des tromper de combat, car il faut concrètement accorder son appui à l'Action catholique et aux institutions comme la JOC, plutôt que de se centrer sur les communautés nouvelles, car les premières parleront d’un langage plus porteur en temps de crise. C'est pour moi l'oubli de la pauvreté qui est la question des questions.

 

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Publié le 26 Novembre 2011

 
Pour toutes les catherinettes et de tout âge !La sainte qui a donné son origine à la fête est surtout connut par deux Passio, l'une en grec (VIe ‑ VIIe siècle), et l'autre en latin (IXe siècle), donc très postérieure aux faits et nageant dans le merveilleux propre à tout récit de martyr. Du peu qu'on peut tirer d'historique est peut-être son origine sociale, Catherine était une peut-être aristocrate romaine, né à Alexandrie, peut-être en 290, au sein d'une famille peut-être ouverte aux cultes orientaux dans une Égypte où le Christianisme connaissait alors un grand développement, notamment du aux intellectuels chrétiens venant de l'école d'Alexandrie, une des plus brillantes de l'empire romain. Y a-t-elle acquit la réputation de sagesse qui lui est prêté dans ces deux hagiographies ? Rien ne peut l'affirmer avec assurance, mais on ne peut pas dire le comprendre car les femmes de l'aristocratie avait une brillante éducation en particulier celle demeurant à Alexandrie, comme le montre le cas de la philosophe païenne Hypatie. Mais qu'elle ait fait usage publiquement de ses connaissances à un moment de reprise des persécutions est peu probable. Rien ne s'oppose, cependant, à ce qu'elle était vierge, l'âge du mariage dans l'aristocratie pouvant se dérouler au-delà de la période des 12-15 ans. Et elle est morte dans la vague des persécutions qui marquent le Christianisme de 303 à 313, menés semble-t-il par l'empereur Maximien, en 307, peut-être par décapitation, la mort des citoyens romains. Ce peu d'informations rassemblés peuvent attestés sa réalité historique même si elle est difficile à démontrer à tel point que l'Église catholique s'interrogea sur sa réalité historique de 1961 à 2002, allant jusqu'à enlever son nom du calendrier romain de 1969 à 2004, et que d'après certains historiens, que d'après certains historiens, Catherine aurait même été créée comme un contrepoint chrétien à la grande philosophe païenne Hypatie qui, comme elle, était vierge et très savante. Cette pureté attribuée à Catherine serait inscrite dans son nom grec signifiant pure. Mais il est aussi probable que l'église d'Alexandrie ait procédé de cette manière à partir d'un personnage historique dont on aurait fortement idéalisé les traits à partir du VIe siècle quand son culte commença à s'imposer en grande partie du fait de sa Passio en grec.
 
C'est à ce moment là que l'empereur byzantin Justinien fonda en 542 sur les instances de sa femme Théodora un monastère sur le mont Sinaï, le monastère de la Transfiguration, sur le lieu présumé de la tombe de la sainte et qui était aussi le lieu où Moïse aurait vu le buisson ardent. Les moines du monastère surent être de très bon négociateur en 629 avec les Musulmans, les nouveaux hommes forts du pays, qui leur accordèrent une charte de protection pour le monastère et les chrétiens, ce lieu étant devenu depuis le VIe siècle un lieu de passage obligé des chrétiens allant en pèlerinage sur les lieux saints. Sous le califat abbasside, en 800, une tête, avec les cheveux qui continuait à croitre, et une main gauche furent retrouvées intactes (une des caractéristiques des personnes mortes en acte de sainteté) sur le mont Sinaï et identifiées par une révélation comme étant celles de Catherine d'Alexandrie. Elles furent alors transférées au monastère du mont Sinaï, qui fut alors renommé Monastère Sainte Catherine. Et l'huile recueillie sur ses ossements serait depuis lors à l'origine de guérisons miraculeuses, ce qui ne fit qu'accroitre la réputation de la sainte et le nombre de pèlerins soit en quête de spiritualité et de guérison. Les moines par le même coup devenaient les gardiens des reliques de la sainte. C'est aussi à partir du IXe siècle, et sa Passio en latin que se développent les thèmes hagiographiques qui assureront son succès à travers deux épisodes. Le premier est celui de son mariage mystique avec le Christ qu'elle aurait vu, une nuit, en songe et, suite à ce rêve, décida de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée. Le second épisode concerne son martyr et n'est guère plus historique que le précédent. Pour convertir, l'empereur Maximien, elle accepte un débat avec d'autres savants qu'elle finit par convertir. Ce dernier les fait exécuter, et, impressionné, lui propose alors le mariage qu'elle refuse. L'empereur aurait ordonné de la faire torturer avec une machine, constituée de roues garnis de pointes, qui, par miracle, ne fonctionnera pas. Entêté, l'empereur la fait décapiter.
Pour toutes les catherinettes et de tout âge !Mais l'éloignement du Mont Sinaï, très difficile à atteindre notamment lorsque les relations entre les musulmans et les Chrétiens commencèrent à se refroidir à partir des IXe-XIe siècles (début de la Reconquista, guerre avec l'empire byzantin, Première Croisade, 1095-1099), obligeait les pèlerins de l'Occident, afin de continuer à la vénérer de mettre en place des pèlerinages locaux en l'honneur de la sainte surtout à partir du XIe siècle. Ce qui fut le cas notamment en France et en Angleterre, où il existait de nombreux sanctuaires et autels éparpillés. Le sanctuaire le plus important d'Occident se trouvait alors dans le monastère Rouen, en Normandie, qui aurait conservé des doigts de la martyre. Mais à l'époque pour transférer des reliques, on le faisait en transférant sur d'autres reliques anonymes les propriétés de la vraie relique qui devenaient celles de la sainte. Canterbury et Westminster avait alors le même éclat, en particulier cette dernière qui revendiquait la possession d'une fiole d'huile de la sainte qui aurait été ramené du Mont Sinaï par le roi d'Angleterre, Edouard le Confesseur (1004-1065). D'autres sanctuaires, tel Saint Catherine's Hill dans le Hampshire, faisaient également l'objet de pèlerinage généralement locaux, dont beaucoup ne sont mentionnés que par des brèves anecdotes dans divers textes, mais sans aucunes traces réellement physiques.
 
Mais ces quelques allusions montrent, qu'à part à Rouen, c'était seulement un culte local, œuvre de pèlerins, et il faut attendre les Croisades pour assister à une réelle évolution. Beaucoup de ceux qui s'étaient croisés en revenant en France, en Allemagne et en Italie au cours des sept croisades qui suivirent (1147-1272) ramenèrent le culte de la sainte dont ils avaient particulièrement vénéré les reliques sur le mont Sinaï. Deux groupes en fait, ceux des croisades populaires et ceux des chevaliers qui s'étaient croisés et créèrent l'Ordre de Sainte-Catherine du Sinaï, dont les membres eurent la tâche de défendre le tombeau et le monastère contre les ennemis du christianisme et de protéger les pèlerins qui allaient vénérer ses reliques. Donc une diffusion populaire et aristocratique encadrant ceux qui n'avait pas fait les croisades et donnant les moyens financiers du développement du culte. Cette double diffusion assura son succès à partir du XIIIe siècle du fait de la difficulté de se rendre à partir de 1291 en pèlerinage sur tous les lieux saints, à tel point que son culte entra dans la liturgie romaine et se répandit dans tout l'Occident. La dévotion à la vierge martyre devient alors l'une des plus répandues en Europe, dans les églises orthodoxes et catholiques, où la sainte jouissait d'une grande faveur en Orient et en Occident, car on mettait en avant son rôle d'intercession auprès de Dieu pour les mortels ; celle-ci se trouvait, en effet, dans le groupe des quatorze Saints Auxiliaires à titre de sage conseillère.
Pour toutes les catherinettes et de tout âge !Ainsi, à travers toute l'Europe, d'innombrables chapelles ont été placées sous son patronage et sa statue a été trouvée dans presque tous églises. Sa dévotion de ce fait inspira les artistes qui représentaient la sainte avec une auréole tricolore : blanche pour la virginité, verte pour la connaissance et rouge pour le martyre. La roue de son supplice est, ainsi, très souvent représentée auprès d'elle, et donc beaucoup d'églises contenaient une icône figurant le plus souvent une roue.
Et, à sa mort présumée le 25 novembre, dans quelques pays d'Occident, sa fête était célébrée avec un maximum de solennité, nettement encouragé par le fait que c'était une fête de la première classe, pendant le quel le travail servile (le servage existait alors dans les campagnes) était interdit et les célébrations avaient lieu devant un grand nombre de personnes. Dans plusieurs diocèses de France, elle était même observée comme un Jour Saint d'obligation jusqu'au début du XVIIe siècle, la splendeur de ses cérémonies éclipsant celui de la fête de certains des Apôtres. Et on exposait la statue de la sainte comme on le fit à Paris dès le XIIe siècle.
De très nombreuses corporations se sont placées également sous son patronage : celle des artisans employant des machines à roues (charrons, meuniers, potiers, etc.), en référence probablement à son supplice ; celles des prisonniers, des philosophes chrétiens, des théologiens, des apologistes, des prédicateurs, des jeunes bacheliers, des étudiants, des orateurs et des procureurs, en référence à des épisodes de sa vie et de l'éloquence que lui prête son hagiographie ; le doyen des avocats fut appelé bâtonnier en raison du privilège qui lui appartenait de porter sa bannière. Sinon, elle voyait beaucoup d'autres corporations se réclamer d'elle, sans autre motif plausible que l'expérience faite par tous de son crédit universel auprès de Dieu et du Christ.
 
Le culte de Catherine d'Alexandrie prend plus de vigueur lorsqu'à la fin du Moyen – Âge on décide de prendre le modèle de cette jeune vierge martyre comme un symbole de bonne mœurs féminines à un moment où la chasteté et la virginité était très valorisé. C'est la raison pour laquelle Catherine a été utilisé comme un modèle pour les femmes, un statut qui a remplacé son rôle d'intercession. Tant la philosophe et poétesse française, Christine de Pise (1363-1430) et le noble angevin, Geoffroy de La Tour Landry (v.1320-1402/1406) insiste au sujet de Catherine sur son modèle au sujet de la virginité et de la « chasteté conjugale » (La Cité des Dames, 1404-1405). De même, au début du 14e siècle, le mariage mystique de Sainte Catherine apparaît d'abord dans la littérature hagiographique et, bientôt après, dans l'art. dans ces conditions, on comprend pourquoi cette dernière, étant considérée comme la plus sainte et la plus illustre des vierges du Christ, elle devint logiquement la patronne des novices des cloîtres et des jeunes femmes, qui étaient organisées en confréries de sainte Catherine.
Un éclat supplémentaire a été ajouté à son culte au XVe siècle en France du fait de la dévotion que lui portait Jeanne d'Arc (1412-1431). Catherine aurait même, d'après elle, figuré parmi les trois voix qui l'aurait conseillé, même si les historiens pensent plutôt aujourd'hui qu'elle aurait écouté la seule voix de Dieu et que nommait les voix aurait été du à la pression de son procès afin de ne pas être condamné par sorcellerie ; par contre, elle a bien trouvé son épée à Sainte-Catherine-de-Fierbois, dans l'église qui lui était dévouée, en 1429.
Pour toutes les catherinettes et de tout âge !On comprend alors, en France, l'apparition d'une nouvelle forme de dévotion au XVIe siècle. Les statues de sainte Catherine exposées dans les églises étaient ornées d'une coiffe qui était renouvelée chaque année. Les jeunes femmes célibataires entre 25 et 35 ans se chargeaient de cette tâche, de là l'expression « coiffer Sainte-Catherine », qui signifiait que la jeune femme en question n'avait toujours pas trouvé de mari. Cette dernière pouvait alors implorer la sainte avec la prière suivante : « Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine ; mais plutôt un que pas du tout ». Les hommes, dans quelques régions, pouvaient aussi implorer sainte Catherine, mais c'est beaucoup plus rare.
La jeune femme était appelée « reine Sainte-Catherine », et les hommes « roi de la Sainte-Catherine » ou « roi Sainte-Catherine ». Ce n'est que bien plus tard que le bonnet devint chapeau. La tradition voulut ainsi qu'on confectionne aux jeunes femmes célibataires des chapeaux extravagants, où le vert et le jaune prédominent et qu'elles porteront tout au long de cette journée festive. Cette tradition, autrefois suivie dans tous les milieux, à la ville comme à la campagne, s'est beaucoup perdue, sauf dans les maisons de couture, les magasins de mode et chez les modistes. Celles qui se mariaient devaient quitter la confrérie et laisser leur place aux autres. Cette tradition se maintint à Paris notamment.
 
Au XIXe siècle, on rencontrait toujours dans les campagnes françaises la célébration des reines Sainte-Catherine.
Pour toutes les catherinettes et de tout âge !Ainsi, en champagne, le 25 novembre, les petites filles se rendaient de porte en porte dans le village. L'une d'elle était élue reine. Elle était habillée de blanc et portait une quenouillette agrémentée d'une pomme vermeille. Ce costume symbolisait le personnage de la sainte. Son rôle consistait à entonner une chanson, reprise en cœur par les autres petites filles. En échange, elles recevaient des offrandes pour leur dîner de la Sainte-Catherine.
A l'occasion de la Sainte-Catherine, il était de coutume dans certaines régions que les parents offrent un vêtement ou un autre objet très utile.
Les enfants n'ayant pas fait leur première communion, fabriquaient des petits bouquets de chrysanthèmes, pour ensuite les offrir aux jeunes filles. C'était une façon de leur souhaiter une bonne fête et de recevoir en récompense un petit sou.
Les jeunes filles désiraient avant tout éviter de « coiffer Sainte-Catherine ». Aussi dans la région d'Ormes, les jeunes filles venaient prier, dans la nuit du 31 décembre au 1er de l'an, au coup de minuit, sainte Turlurette. La statuette était située sur la façade d'une maison du village. Elles invoquaient la sainte, en répétant trois fois: « Sainte Turlurette, mariez-moi, je suis prête! ».
A vingt cinq ans, les filles célibataires devaient piquer vingt-cinq épingles dans la coiffe de la sainte. Les années suivantes, elles piquaient une autre épingle, ainsi de suite, jusqu'à la trentième. A l'époque, les filles de trente ans étaient considérées trop vieilles pour se marier. Alors pour se donner toutes les chances de se marier, elles conservaient la trentième épingle pour déclarer: « voyez mon cœur est encore jeune ; je n'ai pas encore piqué toutes mes épingles à la coiffe de sainte Catherine ».
A partir du début du XXe siècle, la fête rurale tend progressivement à disparaître, alors qu'en ville, elle se développe, glissant progressivement d'un rituel paysan et collectif, celui des vierges, à un rituel urbain plus individualisé, celui des catherinettes.
A la fin du XIXe siècle, une nouvelle figure est née : la « catherinette ». C'est en 1882 qu'est attesté le sens de jeune fille célibataire, âgée de vingt-cinq ans, qui coiffe sainte Catherine. On célébrait encore la fête de Sainte-Catherine par une cérémonie mais différente de celles des campagnes. Les jeunes filles, élèves des écoles de couture, se rassemblaient à l'église pour y être bénies. Elles rivalisaient d'ingéniosité dans l'élaboration de leur chapeau réalisé en général dans les tons jaune et vert. Après la bénédiction, le jeune cortège se dirigeait vers la statue de la Sainte située à l'angle de la rue Cléry, dans le 2ème arrondissement de Paris. Quelques Catherinettes grimpaient sur l'échelle des pompiers pour poser délicatement la coiffe sur la tête de la statue. Au final, un jury se réunissait et les professionnels de la mode décernaient un prix aux chapeaux de Sainte-Catherine les plus réussis. En cela, la tradition de Turin reste d'actualité, où on indique par le terme de «catherinette » les jeunes couturières et les modistes qui ont effectué leur apprentissage dans l'atelier de fabrication de la ville, et qui est très souvent un devenu l'objet de séduction pour les étudiants.
Pour cette raison, dans le Larousse de 1948, le terme de Catherinette désigne une « jeune modiste » « jeune couturière » qui coiffe sainte Catherine l'année de ses vingt-cinq ans. Dans la presse parisienne l'emploi du terme se fait plus prégnant au début du XXe siècle et suit en cela l'essor progressif des festivités. Durant ces mêmes années, « les catherinettes » devint l'expression générique pour qualifier toutes les couturières qui fêtent leur sainte patronne.
 
Pendant quelques années, on aurait pu pensé la fête tombé en désuétude, l'Église catholique l'ayant enlevé du calendrier liturgique de 1969 jusqu'en 2002 et du fait de son côté péjoratif, mais elle continua à être fêté en France et au Québec notamment, si bien qu'elle resta dans les mœurs, au point que le pape Jean-Paul II la réhabilita en la remettant dans le calendrier liturgique en 2004, son culte ayant repris de la vigueur sous son pontificat. Le fait qu'elle ait été selon la tradition une femme savante et qu'elle soit aussi très vénérée dans l'orthodoxie a certainement aidé à cette revitalisation. Pour toutes les catherinettes et de tout âge !D'ailleurs, même si les jeunes filles de 24-25 ans, célibataires (plus forcément vierges), sont gentiment moquées de nos jours, les cadeaux, les cartes de Sainte-Catherine, s'adressent plutôt de nos jours plutôt à des jeunes filles de plus en plus jeunes, dès la puberté, même si la tradition d'envoyer une carte de Sainte Catherine à une Catherinette, ou à une femme qui se prénomme Catherine s'est maintenu. Ce qui fait que la Sainte Catherine est devenu l'équivalent féminin de la Saint Nicolas. Quant aux chapeaux, ils sont aussi quelque peu délaissés au profit des fleurs, des cartes que l'on échange, et des petits cadeaux, même si actuellement, dans certaines régions, il arrive que l'on rencontre le 25 novembre des jeunes femmes portant des chapeaux multicolores (où dominent parfois le vert et le jaune) visiblement fabriqués pour la circonstance. La tradition veut aussi que l'on envoie une carte de sainte Catherine.
Toutefois, dans les campagnes, la Sainte Catherine est également associée à une Foire qui se tient aux alentours du 25 novembre, notamment en Franche-Comté, où des grandes foires agricoles ont lieu notamment à Vesoul (Haute-Saône). La Foire Sainte Catherine permet, en effet, aux éleveurs de présenter leurs bestiaux à un public toujours nombreux. Cette foire était autrefois l'occasion idéale pour les jeunes hommes de rencontrer une Catherinette afin de mettre fin à son célibat. La plupart des pâtissiers vendent aussi du pain d'épices de la Ste Catherine (au chocolat) dont le fameux cochon avec son sifflet à la place de la queue. Et notons également que pour les jardiniers, le jour de la Sainte Catherine est réputé idéal pour planter boutures et plantes à racines nues, ainsi que l'affirme le dicton : « à la St Catherine, tout bois prend racine ».
Au Québec, une tradition liée à la Sainte Catherine reste vivante encore aujourd'hui, celle de fabriquer la tire, une confiserie à base de mélasse et de cassonade. A l'origine, le but était pour les Catherinettes de démontrer leur talent de cuisinière en offrant cette gourmandise aux hommes célibataires. Et dans la province de Ravenne, il est de tradition le jour de la sainte Catherine, de donner des biscuits en forme de poupées pour les filles, appelées «Catherine». La contrepartie pour les garçons est un biscuit en forme de coq.
J'espère que ce long article vous aura appris des choses utiles sur cette fête.

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Publié le 25 Novembre 2011

Le professeur émérite de théologie pastorale de l’Université de Fribourg, Leo Karrer, critique l’interdiction de prédication imposée aux laïcs par l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder. Pour lui, une telle décision ne peut laisser indifférent. Il estime qu’il faut tenir compte de la situation pastorale.

 

Il faut dire que pour les prêtres, cela représente une véritable surcharge. Si un assistant pastoral, qui connaît le lieu et la paroisse, peut dire une parole, c'est aussi enrichissant pour la communauté.

 

Mgr Huonder et ses partisans se sont référés aux règlements de l’Eglise universelle, affirme le théologien dans sa déclaration à l’agence Apic.

 

Il faut dire que le droit canon réserve la de prédication aux prêtres et aux diacres, les laïcs peuvent tout au plus donner un témoignage, encadré par les remarques du prêtre célébrant. Pourtant dans les premiers siècles de l’Église, c’était tout le peuple qui était sacerdotal (1 Pierre 2,9). Quel bel oubli de notre hiérarchie.

 

Selon lui, de telles procédures ne sont pas inoffensives. Elles sont plutôt symptomatiques de la tension interne à l’Eglise. Ce qui est tout à fait vrai.

 

La prédication assumée par des laïcs est une pratique éprouvée en Europe depuis des décennies. Les conséquences de la décision d’interdire cette pratique aurait, selon Leo Karrer, des conséquences imprévisibles. Les conséquences vont être visibles comme en Autriche, en Allemagne et en France : la désobéissance.

 

Pour ce dernier, on devrait laisser davantage de place à la discussion au sein de l’Eglise. Ce faisant la diversité de la base aurait une plus grande chance d’être entendue au niveau institutionnel.

 

Si les laïcs ne peuvent pas prêcher, cela n’a rien à voir avec le droit canon, c’est une vision datée de l’Église qui s’impose et qui se rendra compte tôt ou tard que les ritournelles passéistes n’intéressent pas les croyants et la société.

 

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Publié le 23 Novembre 2011

Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) célèbre cette année son 40ème anniversaire. A cette occasion, un grand colloque sur l’Europe et la Nouvelle Évangélisation était organisé ce mardi à Rome. Une rencontre organisée avec le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

 

La session a été inaugurée par le cardinal Bertone, secrétaire d’état du St Siège. «Dans l’Europe d’aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de distinguer la vérité des erreurs et des mensonges» a-t-il souligné en plaidant pour une saine laïcité. Et le Cardinal Bertone fustigeait par ailleurs un "laïcisme intolérant" en "conflit ouvert avec les valeurs chrétiennes traditionnelles", qui utilise "l'arme" de la "non discrimination" pour les étouffer. Il se trompe car la laïcité refuse de voir les religions être manipulées à des fins politiques comme le font en ce moment des petits groupes de catholiques contre des pièces de théâtre et dont la foi est suspecte.

 

"Cette dictature du relativisme tend à exclure la dimension communautaire et publique de la foi et la présence de symboles religieux" et elle est en outre "en conflit ouvert avec les valeurs chrétiennes traditionnelles", a-t-il estimé. Non, la République laïque place sur un pied d’égalité toutes les religions et les athées sans aucune hiérarchie. La République a pour fondement la philosophie des Lumières, les principes issus de la Révolution française de 1789, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’unité nationale, l’égalité entre hommes et femmes devant la loi et l’Etat, quelles que soient leurs origines, leurs cultures, leurs croyances. En cela la laïcité est le meilleur des régimes.

 

Le secrétaire d'Etat du Vatican a rappelé l'importance du "mariage entre un homme et une femme" et "la défense de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle". En gros, le Vatican vise directement les régimes qui ne prennent les décisions qui leur plaisent. Et ici il ne respecte pas la laïcité.

 

Selon le cardinal Bertone, la précarité causée par la crise économique accentue au même moment les demandes des Européens sur "la dignité et la vocation spirituelle de la personne humaine". Non, la crise amène surtout les Européens à demander une maison, à manger et un travail et ce n’est pas la religion qui va leur donner un salaire.

 

Dans ce contexte, a-t-il estimé, la "Nouvelle évangélisation" que l'Eglise cherche à promouvoir "n'est pas seulement un dispositif d'urgence" mais "un moyen pour recueillir les nouveaux germes qui poussent sur une forêt ancienne". Quel belle pirouette pour ne pas dire que c’est réellement un dispositif d’urgence.

 

La Nouvelle Évangélisation n’est en rien cette recette miracle qu’attendent nos chers pontes du Vatican, car c’est de réformes dont l’Église à besoin et non de flatter des groupes minoritaires au sein d’elle.

 

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Publié le 21 Novembre 2011

Les évêques allemands ont rejeté les revendications concernant l’accès des femmes au diaconat, ravivant les tensions entre évêques et laïcs en Allemagne. Le Père Hans Langendörfer, secrétaire de la Conférence des évêques catholiques allemands à Bonn a réfuté les arguments du Comité central des catholiques allemands (ZdK), qui a adopté une résolution dans ce sens vendredi 18 novembre, lors de son assemblée générale d’automne à Bonn. Pourtant rien ne s’oppose au diaconat féminin, la fameuse tradition dont l’Église se sert pour interdire le sacerdoce aux femmes en établie clairement l’existence.


Le Père Langendörfer a profondément regretté la décision du ZdK, la plus puissante organisation de laïcs en Allemagne. Il a qualifié cette revendication de "fardeau important" pour le dialogue au sein de l’Eglise. Il reconnaît que Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Fribourg-en-Brisgau et président de la Conférence épiscopale allemande, a encouragé le dialogue et dit qu’il ne devait pas y avoir d’interdictions de réfléchir dans le processus de dialogue. Mais pour le Père Langendörfer, la résolution du ZdK fait monter la pression, et nuit ainsi au processus de dialogue entre les évêques et le ZdK.


Samedi 19 novembre, le président du ZdK Alois Glück a réfuté cette critique. "C’est notre devoir de faire entendre de telles demandes", a-t-il rétorqué lors de l’assemblée plénière du ZdK à Bonn. Il déplore que la Conférence épiscopale allemande, avec ses critiques, se mette ainsi en retrait des propres positions qu’elle avait adoptées il y a bien longtemps. En effet, a-t-il souligné, cela fait déjà 30 ans que les évêques allemands avaient incité à entreprendre un examen théologique de la question du diaconat féminin. Alois Glück estime qu’il est important de continuer à réfléchir à cette question. Il n’a pas tort, cette question est moins sensible que la prêtrise des femmes et donnerait à celles-ci de vraies responsabilités au sein de l’Église.


Vendredi dernier, après des débats intenses, le ZdK a voté une résolution exigeant l’accès des femmes au diaconat. Les délégués ont en outre appelé les fidèles catholiques à rejoindre le réseau "diaconat de la femme". Les délégués ont rappelé que la diaconie dans l’Eglise est exercée de multiples manières par les femmes, raison pour laquelle les femmes diacres sont indispensables. Une réflexion sensée qui fut un temps partagée par bon nombre d’évêques.


Le Comité central des catholiques allemands relève la nécessité d’un changement de "mentalités et de structures" au sein de l’Eglise. Concernant l’accès des femmes au sacerdoce, le ZdK veut poursuivre les discussions sur la question des ministères et garder ouvert le débat théologique sur cette question. Les positions défendues par le Comité central ont été adoptées par 129 délégués contre 16 et 7 abstentions.


Le ZdK constate encore que la proportion des femmes dans les organes de décision dans les diocèses – là où l’ordination sacerdotale n’est pas requise – est généralement encore beaucoup trop faible, et que l’habitude reste de placer à ces postes des prêtres exclusivement. Une telle pratique doit être changée, estime le ZdK, et dans ce cas, les femmes devraient avoir les mêmes chances que les hommes, notamment dans le secteur de la gestion financière des diocèses ou dans le domaine de la recherche théologique et de l’enseignement de la théologie. L’Église doit profondément revoir en son sein l’égalité homme – femme qui n’est pas du tout respectée.


Ces revendications sont largement soutenues par les laïcs allemands. La communauté des femmes catholiques d’Allemagne (KFD) avait déjà demandé en juillet dernier l’introduction du diaconat pour les femmes. Ce qui était une excellente idée.


A l’inverse de la prêtrise, le diaconat féminin pourrait "être rapidement accepté", avait déclaré Anna Maria Mette, vice-présidente de la KFD, lors de la journée des femmes du diocèse de Münster sur le thème "Vraiment femmes". Elle demandait elle aussi que les femmes aient davantage accès aux fonctions dirigeantes dans l’Eglise et puissent contribuer à la formation des prêtres.


L’Église allemande doit revoir sa copie, elle pourtant qui était vue comme moderne et sachant faire les bon choix, nous offre ici une vision dépassée de la femme au sein de l’Église.


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Publié le 20 Novembre 2011

Le pape Benoît XVI a appelé dimanche les Africains à œuvrer à la "réconciliation" au cours d'une messe géante à Cotonou, au dernier jour de son voyage au Bénin, terre de vaudou et de foi catholique où il a remis une feuille de route à l'Eglise africaine.

 

Plus de 50 000 personnes s'étaient rassemblées au "stade de l'amitié" de la capitale économique, placé sous bonne garde, pour cette célébration géante de deux heures qui a démarré vers 09H30 locales. Des milliers de personnes ont suivi la célébration à l'extérieur, sur des écrans géants.

 

A son arrivée en papamobile, le pontife a fait un tour de piste sous les vivats et a été acclamé quand il a pris dans ses bras un très jeune enfant.

 

Peu avant, à chaque apparition du soleil entre les nuages, la foule applaudissait, lançant des "Jésus !", "Merci Seigneur". Souvent vêtus de pagnes à l'effigie de Benoît XVI ou aux motifs de l'Eglise béninoise, les fidèles brandissaient de petits drapeaux du Bénin et du Vatican.

 

Dans son homélie, il a invité les Africains à ne pas idolâtrer le pouvoir et l'argent. Il a prôné la générosité envers "ceux qui sont mis de côté" et s'est adressé à "toutes les personnes qui souffrent, aux malades, à ceux qui sont touchés par le sida et par d'autres maladies, à tous les oubliés de la société". Benoit XVI ici montre le vrai rôle de l’Église, celui d’être aux côté des pauvres, des humiliés et des affligés.

 

Lors de la prière de l'Angélus, il a confié une mission aux croyants d'Afrique : "alors que tant de familles sont séparées, exilées, endeuillées par des conflits sans fin, soyez les artisans de la réconciliation et de l'espérance". La réconciliation, la paix et la justice en Afrique, continent secoué par des conflits à caractère politique, ethnique ou encore religieux, étaient les thèmes du synode africain de 2009 qui s'était tenu au Vatican. Rien ne vient des sommets, tout vient du bas, c’est au peuple de se lever pour apporter la paix et l’avenir, car ce n’est pas les chefs d’État et les chefs religieux qui changent le monde, mais les petits, vecteurs de la vraie fraternité.

 

Le pape avait signé samedi à Ouidah (40 km à l'ouest de Cotonou), cœur du vaudou et haut lieu du catholicisme béninois, l'"exhortation apostolique" issue de cette réunion, une feuille de route pour l'Eglise catholique africaine pour les prochaines décennies. Dans ce texte de 135 pages, il demande aux catholiques de se positionner fermement sur la réconciliation, la défense de la famille et la bonne gouvernance. Il appelle aussi à l'abolition de la peine de mort et dénonce les mauvais traitements à l'encontre des femmes et des enfants. Un bel appel aux droits de l’homme, dont la déclaration malheureusement n’a jamais été signée par le Vatican. Un oubli qu’il faudra réparé.

 

Il aborde aussi la question du sida qui touche particulièrement l'Afrique où vivent 70% des quelque 34 millions de séropositifs dans le monde: "le problème du sida exige certes une réponse médicale et pharmaceutique. Celle-ci est cependant insuffisante car le problème est plus profond. Il est avant tout éthique". Le sida est une question complexe qui ne doit pas être seulement vu sous l’angle religieux, mais également sous l’angle sanitaire.

 

Le pape, âgé de 84 ans, a remis dimanche cette "exhortation" à 35 présidents de conférences épiscopales nationales et sept de conférences régionales, chargés ensuite de les présenter à leurs évêques et leurs prêtres.

 

La messe, qui a à plusieurs reprises donné la parole aux principales langues locales du Bénin (fongbé, mina, bariba), s'est achevée au son de la chorale de plusieurs de dizaines de personnes, dans une ambiance de fête.

 

Dans un discours samedi au palais présidentiel, Benoît XVI - avait dénoncé la corruption, mis en garde contre la "revanche", "parfois violente", des peuples et appelé les responsables africains à ne pas priver leurs populations de "l'espérance". Face à des dictateurs l’amour n’est pas une arme, car eux n’en font preuve d’aucun pour garder le pouvoir, l’exemple de Khadafi en est une bel leçon.

 

Sur le tarmac de l’aéroport "Bernardin Gantin" de Cotonou, devant les autorités civiles du pays qu’il aura visité pendant 48 heures, le pape a redit son affection envers le continent africain, riche d’"authentiques valeurs". L’avion du pape a ensuite décollé peu avant 16h45  en direction de l’Italie.

 

Un voyage où Benoît XVI a été prudent mais dont le message est porteur pour le continent africain, ce qui ne change en rien les attentes de nombreux fidèles qui attendent un message plus porteur.

 

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Publié le 20 Novembre 2011

Catholiques intégristes et défenseurs de la liberté d'expression, séparés par un imposant dispositif policier, se sont mesurés à distance samedi à Toulouse, les uns pour désigner le spectacle «Golgota Picnic» à la vindicte publique, les autres pour faire barrage à ce qu'ils considèrent comme de l'obscurantisme.

 

Un cordon d'environ 200 CRS, gendarmes mobiles et policiers, s'est déployé autour du rassemblement des intégristes, soumis à des provocations de petits groupes de jeunes, et les forces de l'ordre sont intervenues ponctuellement pour éviter que les choses ne dégénèrent.

 

Car le glacis mis en place par les autorités entre les fondamentalistes et les contre-manifestants n'a pas empêché ces jeunes de scander des slogans provocateurs comme «Néron, reviens, y a encore des chrétiens» ou «deux planches, trois clous, voilà la solution» auprès des catholiques en prière sur la place Saint-Cyprien. C’est bête de répondre ainsi, car tous les catholiques ne ressemblent pas aux traditionalistes et aux intégristes et sont même ouverts. Et tous les catholiques devraient manifester contre Civitas indigne de parler en notre nom.

 

«En réparation des offenses faites à Notre Seigneur Jésus-Christ», environ 750 personnes, d'après la police, 2.000 selon les organisateurs, chantaient et priaient à genoux parmi les lumignons, derrière une croix et une banderole «la France est chrétienne et doit le rester». La France est laïque, la religion est du domaine du privé.

 

Opposant un front impassible aux invectives, cette foule d'adultes, d'enfants et de prêtres surmontée de drapeaux frappés du sacré-cœur s'est dispersée sans heurts et sans avoir approché le Théâtre Garonne, à plusieurs centaines de mètres de là. Ce ne sont que quelques dévots qui ne représentent en rien les catholiques français.

 

C'est là que se joue la pièce loufoque et désespérée de l'Argentin Rodrigo Garcia jusqu'à dimanche, avant d'aller au Théâtre du Rond-Point à Paris en décembre. Depuis son arrivée en France mercredi et même avant, «Golgota Picnic», avec la lecture provocante qu'il donne des Evangiles, sa scène de crucifixion trash, sa peinture du Christ et son épilogue musical interprété par un pianiste nu sur scène, concentre l'indignation exprimée depuis plusieurs semaines par les intégristes catholiques devant des spectacles qu'ils jugent blasphématoires.

 

En attendant, on ne saurait trop conseiller de lire Golgota picnic. Inspiré par la peur de Dieu que l'auteur espagnol d'origine argentine (né en 1964) a connue quand il était enfant, c'est une charge, oui, mais pas au sens où l'entend Civitas, qui voit du blasphème là où il y a de l'imprécation, à la Thomas Bernhard, et une mélancolie profonde, à la Michel Houellebecq, face à la désespérance que peut inspirer notre monde. Intégrisme compris.

 

«Les catholiques de France sont de plus en plus nombreux à être exaspérés par cette christianophobie ambiante», a dit à l'AFP Alain Escada, secrétaire général de l'Institut Civitas, porte-étendard de la contestation. Non, les catholiques ne rejoignent pas le combat de cette minorité d’intégristes doublés d’extrémistes.

 

«Que l'on traite le Christ de putain de diable, qu'on le rende responsable du terrorisme, que l'on se moque de la crucifixion d'une façon aussi sordide, quasiment pornographique, c'est le comble de l'ignominie», a ajouté le responsable de cette organisation qui se défend de toute proximité avec l'extrême droite. Alain Escada est un activiste belge du courant national-catholique conservateur et Civitas milite pour "l'instauration de la royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples". Donc un retour à l’Ancien Régime.


Comme elles l'avaient fait mercredi, des formations de gauche et d'extrême gauche ont formé une sorte de cordon sanitaire auprès du théâtre, contre une censure moyenâgeuse. Environ 400 défenseurs de la liberté d'expression se sont ainsi rassemblés, selon la police et les organisateurs.

 

«Des groupes se sentent de plus en plus autorisés à essayer d'imposer leur loi. Nous sommes là pour leur dire qu'en France, il n'y a qu'une loi: c'est la loi de la République», a expliqué Pascal Nakache, président de la Ligue des droits de l'homme de Toulouse. Cet homme à tout à fait raison, ce n’est pas une vision démodé de la religion qui doit mettre en cause tout les bienfaits de la République.

 

Avant «Golgota Picnic», c'est une autre pièce, «Sur le concept du visage du fils de Dieu» de l'Italien Romeo Castellucci qui s'est attiré les protestations d'une frange intransigeante des catholiques. Ce qui est pour moi incompréhensible, car la pièce n’est en rien antichrétienne.

 

Plusieurs dizaines d'entre eux ont chaque soir depuis mercredi mis en scène des chemins de croix, chanté des cantiques et récité des prières à genoux auprès du Théâtre Garonne. Le spectacle, qui affiche complet tous les soirs, n'a pas été perturbé jusqu'alors. Qu’ils continuent grâce à eux, les spectacles qu’ils détestent font salle comble.

 

Après Toulouse, Civitas prévoit des rassemblements quotidiens devant le Théâtre du Rond-Point, avec le dimanche 11 décembre la "manifestation la plus importante" de cette mobilisation. Qu’ils manifestent pour qu’on voit que leurs slogans sont vides et sans aucune valeurs chrétiennes.

 

Le Problème, c’est que personne parmi tous ces indignés n'a vu la pièce. Comment dans ces conditions la condamner. C'est alors un discours fermé sur lui-même, avec des attaques toutes faites. Ce spectacle n'a pas de dimension blasphématoire.

 

Si ces catholiques au lieu de s’opposer à des pièces de théâtre, se souciaient de leurs frères dans l’adversité en cette période de crise, comme nous l’a proposé la lecture de ce dimanche, alors ils ne donneraient pas une image négative de notre Église.

 

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