Publié le 31 Décembre 2011

Quelle est la relation entre le christianisme et l'histoire ? Le Concile Vatican II a vraiment changé son opinion sur le monde moderne ? Et la tradition, que l'Eglise dit «immuable», comment s'inscrit-elle dans un monde en mutation ? En effet, avec un monde qui est en constante évolution ? Telles sont les questions qu’on se pose lors de la lecture de cette reconstruction des relations entre le Vatican et les lefebvristes, ces traditionalistes qui n'acceptent pas le Concile (en particulier les parties relatives à l'œcuménisme et au dialogue interreligieux) et qui vont très loin lorsque que la liturgie est concerné, ils veulent que la messe en latin soit l’expression de l'unique, immuable et véritable rite. Pourquoi tant d'attention à un phénomène qui, dans l'ensemble est assez marginal ?

 

La Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Lefebvre est le fer de lance du mouvement anti conciliaire, qui, plus ou moins publiquement et avec une intensité variable, a été présent dans l'Église depuis l’ouverture du Concile. Au cours des cinquante dernières années, Giovanni Miccoli a reconstruit les relations entre les deux camps et examine l'attitude supposée envers la Fraternité des papes après le Concile, afin de comprendre dans quelle direction la papauté et la Curie se destinaient à diriger l'Eglise catholique à chaque fois.

 

La question fondamentale est dans la relation avec le monde moderne En d'autres termes : Paul VI était très conscient de l'historicité du christianisme : ses successeurs peut-être un peu moins. Les efforts des forces progressistes liées à l'histoire ont été freinés, condamnés, enrégimentés; la Tradition - en d'autres termes la messe en latin – fut justifiée, mais seulement à moitié («seulement» la messe) en soulignant que le latin et la liturgie d’après le deuxième Concile, sont deux expressions de la même rituel (comme l’a écrit Benoît XVI dans le document autorisant son utilisation).

 

De cette manière la relation avec l'histoire est restée paralysée, incomplète. Le Concile, dit le pape aujourd'hui, est en continuité avec l'Eglise et il n'y a pas de rupture parce que la tradition a une «nature vivante» (comme le disait Jean-Paul II). Cependant, derrière de belles phrases, la réalité en montre tous les problèmes : précisément la reconnaissance historique et donc aussi l'historicisation de la liturgie et des rites, d'avoir le courage de proposer de nouvelles solutions aux problèmes d'aujourd'hui en rejetant toute réclamation à figer le temps.

 

Giovani Miccoli est un historien italien principalement porté sur l'histoire de l'Église médiévale, avec une attention particulière aux liens existant entre les mouvements populaires et la réforme de la doctrine ecclésiologique, c’est pourquoi il est capable de voir que l’Église n’a pas su voir les signes du temps et que le pontificat de Benoit XVI est un retour vers le passé.

 

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Publié le 30 Décembre 2011

D’après la Matinale chrétienne du 28 décembre de la Vie – site chrétien d’actualité, c'est le vaticaniste italien Paolo Rodari qui l'affirme: "Il peut être soutenu que le Saint-Siège a mis en place une sorte de réévaluation d'une théologie qui, sous le pontificat de Jean-Paul II, a été constamment critiquée".

 

Selon lui, si le journal du Vatican l'Osservatore Romano a publié avant-hier un article de Mgr Müller, évêque de Ratisbonne pressenti pour succéder au cardinal Levada à la tête de la très puissante Congrégation pour la doctrine de la foi, ce n'est pas uniquement pour défendre l'impétrant auquel les puristes reprochent son étroite collaboration avec le fondateur de la théologie de la Libération.

 

Non, selon Rodari, ce serait plutôt l'inverse: l'accession d'un élève de Gustavo Gutierrez au poste de gardien de l'orthodoxie catholique serait un signe de ce dégel envers l'un des courants théologiques les plus controversés du siècle passé. Ce serait une bonne initiative et un bon signe pour ce mouvement qui serait utile en Amérique latine.

 

Mgr Müller dit au contraire, que "Libertatis Nuntius" en 1984 et "Libertatis coscientiae" en 1986, ont préparé la voie à une «théologie de la libération qui est étroitement liée à la doctrine sociale de l'Église dans le monde d'aujourd'hui et qui doit faire entendre sa voix. Une vision qui, à partir de la foi, rend l'homme réel dans son ensemble historique en tant qu'individu et en tant que société, qui fournit des directives de comportement, non seulement pour les chrétiens, mais aussi en termes de décisions politiques et économiques.» Une piste intéressante qui espérons le n’enlèvera pas à la théologie de la libération son essence.

 

Aujourd'hui, la théologie de la libération est toujours vivante. Récemment, son fondateur, le Péruvien prêtre Gustavo Gutierrez, déclara qu'elle «est toujours vivante en Amérique latine, malgré les quatre dernières décennies, et son message central, l'option préférentielle pour les pauvres, a un impact sur la tâche pastorale de l'église».

 

Un signe positif pour une théologie qui mérite un retour en force dont si on regarde de plus près nous montre «une manière correcte d’agir, car elle provient de la vraie foi» comme nous le dit Mgr Müller.

 

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Publié le 28 Décembre 2011

L’Osservatore Romano, dans son édition datée du 28 décembre 2011, a publié un article du secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, Mgr Jean-Louis Bruguès, consacré à la «laïcité à la française». Après avoir assuré que les Français voient la laïcité comme une «richesse» à «partager avec le plus grand nombre», le prélat se demande si cette laïcité qu’il dit prétendument «enviée» par les autres pays «finira par s’imposer dans l’Europe de demain».

 

Son article tend à prouver le contraire. Le dominicain français note par la suite que «de nombreux nuages sont en train de s’accumuler sur la liberté de culte dans les sociétés dites post-chrétiennes» et déplore que «le ‘politiquement correct’ (fasse) de la philosophie des droits de l’homme une sorte de substitut à la religion devant éradiquer toute forme de distinction entre les personnes, dénoncée comme discrimination».

 

La loi de 1905 pourtant porte essentiellement sur le fait que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. Donc une liberté complète dans le cadre d'un ordre public démocratique. Il est donc normal que l’État s’oppose à toute discrimination dans le cadre public.

 

En conséquence, écrit Mgr Bruguès, «l’opposition avec le catholicisme devient inévitable». Il note alors que, «pour des raisons inexplicables, le ministère (français) de l’éducation vient de rendre pratiquement obligatoire l’enseignement de la théorie du gender». S’il estime plus loin que «l’Eglise n’éprouve aucune difficulté» à accepter la séparation entre Eglise et Etat, il assure que «les Français développent depuis peu une logique de privatisation des convictions religieuses qui n’a que peu à voir avec la laïcité prévue par la loi».

 

Mgr Brugès fait la confusion habituelle de mettre le sécularisme au même niveau que la laïcité, car la sécularisation est souvent la conséquence indirecte d'un certain nombre de facteurs sociaux alors que la laïcisation est d'avantage due à l'action du politique.

 

D’ailleurs les religions s'expriment, participent au débat public. Mais elles le font à partir d'un modèle associatif, c'est-à-dire d'adhésion volontaire et libre, elles ne le font pas comme des institutions qui auraient un pouvoir sur les citoyens.

 

Cet article est en fait constitué de larges extraits d’une conférence intitulée «la laïcité à la française est-elle une île ?» prononcée par Mgr Jean-Louis Bruguès le 17 octobre dernier à Toulouse (France).

 

Mgr Brugès a donné son avis, mais il n’a pas fait attention aux lieux communs sur la laïcité française, qui n’est pas responsable de la désaffection des fidèles, mais qui heureusement sait toujours dialoguer de la meilleure manière avec l’Église et lui montrer que dans la sphère publique, elle doit respecter la liberté de conscience des autres.

 

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Publié le 25 Décembre 2011

Il faut savoir d'abord que la tradition chrétienne de Noël s'inscrivant dans une démarche théologique, elle fête davantage l'évènement de la naissance du Christ, plutôt qu'elle ne célèbre une date en particulier ; dans cette optique, l'exactitude et la correspondance des dates avec la réalité historique sont donc des éléments accessoires.
 
On sait, en effet, fort peu de choses sures sur la naissance de Jésus. Á part sa naissance sous le règne d'Hérode le Grand, qui a régné entre 37 et 4 avant Jésus-Christ, donc avant 4 avant Jésus-Christ. Les informations de l'évangile de Matthieu et de Luc ne concordant pas, il est difficile d'établir une date précise. Le premier semble situer les événements en 7 avant J. –C. lorsqu'Hérode exécuta ses fils Alexandre et Aristobule, le choc qui en était sorti serait à l'origine du récit des Mages, du Massacre des Innocents et de la Fuite en Égypte. D'ailleurs, des monnaies émises la même année par Hérode le grand semble suggérer le symbole de royauté dans la conjonction de Jupiter (attachée à la royauté) et de Saturne (qui pour les mésopotamiens représentait la divinité protectrice d'Israël) dans la collection du Poisson (associée au peuple juif) probablement en référence à l'astre de Jacob (nombres 24, 17). Comme le suggère Marie – Françoise Baslez : « on peut comprendre qu'une tradition évangélique l'ait utilisé comme repère chronologique... » (Les mages et l'étoile de Bethléem Les premiers temps de l'Eglise de Saint Paul à Saint Augustin, éditions Gallimard et Le Monde de la Bible, 2004, p. 249.) Les deux événements furent probablement associés car la mort des fils d'Hérode aurait pu marquer dans l'opinion des membres des sectes apocalyptiques, tel les Esséniens, la croyance qu'une nouvelle royauté allait émerger. Les premiers chrétiens aurait vu cet événements dans la naissance de Jésus.
Cependant, d'après Luc cette naissance aurait eu lieu lors du recensement de Quirinius en l'an 6 après Jésus-Christ. Mais ici, la volonté est claire de vouloir historiciser la naissance de Jésus dans un évènement historique plus précis que « aux jours d'Hérode ».  Il y a bien eut un recensement général ordonnée par Auguste en 8 avant J. - C. mais Quirinius n'exerçait pas alors en tant que légat ou gouverneur de Syrie et les royaumes vassaux n'était pas recensés car ils versaient directement le tribut à Rome. Pour une fois, Matthieu doit ici être préféré.
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Son lieu de naissance est difficile à définir, car avec les appoints de la recherche archéologique les récits évangéliques doivent être remis en cause. D'après Luc et Mathieu, il serait né à Bethléem, mais à la naissance de Jésus, Bethléem était une zone de grandes fermes, inhabitée. Par contre, son homonyme de Galilée est une candidate plus sérieuse, étant alors habitée. Mais ici, si l'on fait une lecture objective du texte de Luc et du récit de l'Annonciation de Matthieu, Nazareth serait une candidate plus sérieuse. Une position renforcée par les allusions de l'évangile de Marc, Jean et les Actes des Apôtres au fait que Nazareth est sa « patrie » et son surnom de Nazaréen. Ce qui correspondrait à un état primitif des deux textes de la Nativité dans l'évangile de Matthieu et de Luc.
Ses parents, Marie et Joseph était un jeune couple, la première ayant entre 12 et 15 ans, et le second entre 15 et 18 ans. Contrairement à la croyance de la conception virginale, qui ne repose en réalité que sur le récit très suspect de l'évangile de Matthieu basé sur une traduction erronée de la prédiction d'Isaïe 7, 14 (où c'était à l'origine « une jeune femme » et non « une vierge » qui donnait naissance au Messie), Joseph semble bien avoir été le père de Jésus, car dans l'évangile de Mathieu, de Luc et de Jean, Jésus est considéré comme le « fils du charpentier », « de Joseph ». De plus, à l'origine les deux généalogies de Matthieu et de Luc le désignaient comme le père de Jésus, à l'image de l'affirmation de Romains 1, 3, où Jésus serait « issu de la lignée de David selon la chair », donc de Joseph. Et le récit de l'Annonciation n'évoque d'ailleurs pas la conception virginale, car l'ange Gabriel ne dit jamais que Marie enfantera miraculeusement de l'Esprit Saint, comme dans l'évangile de Matthieu, mais simplement que « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre », à l'image de la tente de la Rencontre dans le livre de l'Exode, et des prophètes de l'Ancien Testament. Tout au plus, ce récit indiquerait le rôle de cette dernière dans la communauté chrétienne primitive.
Il est probable que dans une version primitive de l'Annonciation, le récit, comme dans tous ceux de ce genre dans la Bible, se terminait par la réalisation de la promesse divine : « Le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né (, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la chambre du haut.) Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l'enfant, on l'appela du nom de Jésus. » (Luc, 6-7, 21)
Celle-ci se déroulait probablement dans la maison du couple, car une femme sur le point d'accoucher le faisait toujours en présence de femmes ou de membres expérimentés en la matière s'il n'y avait pas de sage-femme. Le risque de mort en couches était alors fréquent. La chambre haute était la pièce où vivait la famille, et celle du bas était où était entreposé les animaux qui chauffaient la maison. C'est la raison pour laquelle la mangeoire s'y trouve. On ne peut savoir pourquoi la chambre haute était occupée. Les villageois et la famille venant féliciter le père ? Un parent de Joseph et sa famille vivant avec lui ? Une fête, Pâque ou la fête des Tentes se déroulant chez Joseph avec sa famille ? Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Une hypothèse qui pourrait correspondre au récit de l'adoration des bergers qui situe la naissance de Jésus lors de leur période d'activité qui commençait avant Pâques et se terminait à la moitié d'octobre ou de novembre. De plus le récit primitif de l'Annonciation en indiquant que Jésus était le premier-né du couple laisse à penser que Jésus fut le premier-né d'une famille nombreuse, ce qui n'est pas impossible si l'on tient compte du contexte de l'époque, tel que le montre le fait que le couple suit les procédures pour faire entrer leur enfant dans l'alliance du peuple juif avec Dieu (circoncision et don du nom). Ce petit récit était peut-être issue d'un petit sommaire rédigé par une communauté judéo-chrétienne, entre les années 50 et 60, en réponse aux arguments de Paul qui affirmait que Jésus avait libérer les chrétiens du respect de la Loi juive, en montrant que dès l'enfance Jésus respectait cette loi. Il en aurait de même probablement du récit qui a donné naissance à l'Annonce à Joseph dans l'évangile de Matthieu qui à l'origine figurait ainsi et confirmerait le précédent :
« Dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, une jeune femme dont le nom était) Marie, était accordée en mariage à (un homme du nom de) Joseph (, de la maison de David) ; Joseph prit chez lui son épouse, et elle lui enfanta un fils (premier né), auquel il donna le nom de Jésus. » (Matthieu 1, 18.)
Les récits de Nativité n'émergèrent qu'en 60 et 70, sous forme de traditions judéo-chrétiennes, où Jésus anticipait dès sa naissance, à l'image de Moïse et de Jacob, les grands événements qui marqueront sa vie, à l'image du récit des bergers, où ce sont les marginaux qui reconnaissent dans l'enfant le pasteur d'Israël, bouclant la boucle inauguré par le roi David, qui fut lui aussi berger. C'est Luc qui rassembla dans les années 80 l'Annonciation primitive avec le récit des bergers en y introduisant le recensement de Quirinius pour lier les deux.
 
Mais la naissance de Jésus, que les Pères de l'Eglise le faisait naître entre Mars et Juin, ne semblait guère intéressait les Chrétiens, Pâques étant alors la fête par excellence. D'ailleurs, la date du 25 décembre, à partir du règne d'Aurélien (270-275), correspondait à l'une des fêtes les plus importantes du calendrier païen romain: la fête de Sol invictus, du Soleil invaincu, qui avait lieu au même moment que le solstice d'hiver, et dont l'empereur était un adorateur. Le Soleil était alors couramment associé à la figure du dieu Jupiter, chef du panthéon gréco-romain classique, ou encore à l'image du dieu Mithra, l'une des plus importantes divinités orientales.C'est au même moment que le Christianisme, né au Ier siècle de la tradition juive, a rapidement gagné, dans les IIIe et IVe siècles, de nombreux sympathisants auprès de l'aristocratie lettrée romaine, déjà gagnée à la cause du néoplatonisme (qui professait l'existence d'un Être suprême) et pour qui l'idée de gagner son salut et la vie éternelle pouvait être une perspective attrayante. Or, si la conversion de l'élite romaine connaissait beaucoup de succès, celle du vulgum pecus, du « bas peuple », n'allait pas de soi. Pour une population majoritairement rurale habituée à prier une multitude de dieux (il s'agissait d'une religion somme toute utilitariste, chaque aspect de la vie étant balisé par une divinité), l'idée de s'adresser désormais qu'à un seul dieu unique pouvait sembler incompréhensible et encore plus saugrenue si cela devait aussi signifier d'abandonner toutes les fêtes religieuses (et elles étaient nombreuses) qui ponctuaient l'année. Dans cette optique, l'Église chrétienne naissante n'eut d'autre choix que de « romaniser » ses dogmes et le culte de son dieu: l'on christianisa l'art païen, l'on instaura aussi le culte des saints intercesseurs (qui encadraient différents aspects de la vie quotidienne, à la façon des anciens dieux) et l'on récupérera les fêtes les plus importantes de l'ancien calendrier païen. 
 
En effet, pour la religion chrétienne, la fête de Noël n'existait pas car théologiquement, la royauté du Christ n'étant pas de ce monde, certains comme Origène (milieu du IIIe siècle ) refusent de célébrer cette naissance ainsi qu'on le faisait à l'époque pour un souverain temporel (roi, empereur, pharaon, reine) ; c'est à partir du IIe siècle, que l'Eglise recherche la date précise de la naissance du Christ pour laquelle les évangiles sont muets. L'absence de document établissant la date de naissance de Jésus permit de laisser le champ libre à l'Eglise pour choisir une date qui coïncide avec le solstice d'hiver pour contrer la fête païenne de Sol Invictus.Pourtant, pendant près de trois siècles, les chrétiens ne semblent pas avoir célébré d'autre fête annuelle que Pâques. Progressivement va apparaitre le désir d'historiciser la naissance de Jésus-Christ. C'est à partir du IVe siècle, une fête de la conception et de la naissance de Jésus, traduites par l'Epiphanie et Noël, va prendre place à côté des fêtes plus anciennes de Pâques et de la Pentecôte dans le calendrier liturgique chrétien en composition le 6 janvier. C'est vers 330 que l'empereur Constantin fixa la date au 25 décembre, mais ce n'est qu'en 353, sous le pape Liberius (ou Liberos) que la fête de la naissance du Christ fut instituée à Rome. L'Eglise d'orient, qui jusqu'alors célébrait la naissance de Jésus le 6 janvier jour de l'Epiphanie, adopta en 381 elle-aussi la date du 25 décembre sur l'initiative de Grégoire de Nazianze, célébrant ainsi la venue sur terre du sauveur. Cependant, même si les patriarcats de Constantinople et d'Antioche et l'Église de Grèce  célèbrent la naissance de Jésus et la visite des mages le 25 décembre parce qu'ils ont adopté le calendrier grégorien, les Églises russes, serbes, arménienne, copte et éthiopienne continue de célèbrer la naissance de Jésus et la visite des mages le 7 janvier (13 jours après le 25 décembre), parce qu'elles ont gardé le calendrier julien.
En 425, l'empereur d'Orient Théodose II codifia officiellement les cérémonies de la fête de Noël, ainsi Noël devint une fête exclusivement chrétienne.Le concile d'Agde en 506 rendit cette fête obligatoire, et l'empereur d'Orient Justinien, en 529, en fit un jour férié. C'est à partir du Ve siècle, sous le pontificat de Grégoire le Grand que l'on commença à célébrer la messe de minuit.Au VIIe siècle, l'usage s'établit à Rome de célébrer 3 messes : la vigile au soir du 24 décembre, la messe de l'aurore et la messe du jour le 25 décembre. La fête de Noël se repandit progressivement en Europe, puisqu'elle fut célébrée dés le Vème siècle en Irlande, le VIIe siècle en Angleterre, et au VIIIe siècle en Allemagne , au IXe siècle, dans les Pays scandinaves, aux IXe et Xe siècles dans les pays slaves.

Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Mais malgré la codification des cérémonies par l'Empereur Théodose, les rites de la fête de Noël chrétienne s'étaient peu à peu mélangées à ceux de celle célébrée par les païens, notamment ceux des fêtes des Saturnales. En effet, les éléments de ces deux célébrations s'accommodent et on parvient donc à un mélange des traditions du solstice d'hiver et de la célébration de Nativité. C'est cette « union » qui serait probablement à l'origine de certaines des coutumes actuelles. Par exemple, déjà à cette époque, les gens s'offraient des cadeaux, décoraient leurs maisons avec du lierre, du gui ou encore du houx, et on y trouvait déjà le côté festif que la fête a encore aujourd'hui à travers d'immenses festivités, qui étaient caractérisées par un gaspillage inouï. C'est peut-être aussi à cette époque qu'aurait vu le jour la tradition originale de la bûche de Noël, où l'on faisait brûler dans la cheminée une véritable bûche, et son embrasement constituait l'un les moments forts de la veillée de Noël. Bénie par le chef de famille, arrosée d'eau-de-vie ou de vin, elle était décorée de rubans et de feuillages, et ses tisons soigneusement conservés étaient censés protéger de la foudre. En Sicile, on la brûlait solennellement devant la crèche figurant la Nativité. Chêne, frêne, tilleul ou olivier, l'arbre utilisé varie selon les régions.
On se retrouvait autour d'immenses tablées, autour desquelles on mangeait et on buvait souvent en excès, on dansait et on jouait. Les jeux de cartes étaient particulièrement à la mode. En Angleterre cette pratique n'était autorisée que durant la période de Noël.
Les pièces de théâtres et les représentations scéniques étaient très appréciées en Europe. Elles étaient en général assez crues, animées et équivoques. Leur contenu, symbolique, puisait souvent dans le répertoire dramatique et comique gréco-romain, fortement inspiré par la mythologie gréco-romaine. Mais l'Église sut être pragmatique. Au lieu d'interdire formellement ces pratiques, elle tenta de leur opposer des pièces et tableaux vivants qui avaient pour thème principal la naissance du Sauveur selon les données des Evangiles de Matthieu et de Luc. Donc de christianiser les représentations scéniques si bien qu'à partir du XIIe siècle, la célébration religieuse fut accompagnée de drames liturgiques, les mystères mettant en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages. Ces drames liturgiques se jouent primitivement dans les églises, puis gagnent les parvis, et sont à l'origine des crèches vivantes, dont pourtant, la première aurait été l'œuvre de François d'Assise, fondateur des franciscains, en 1223. Les premières crèches d'église apparues dès le XVe siècle en Italie, et au XVIe siècle en France, ont remplacé de manière statique et théâtrale les jeux scéniques des liturgies médiévales.
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!C'est en 1521 que l'arbre de Noël est mentionné pour la première fois à Sélestat en Alsace. Le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises ou sur les parvis est probable : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis terrestre. Cet arbre était décoré d'oblatas (offrandes, petites friandises figurant les hosties), et de pommes représentant le fruit défendu, objet du premier péché, et parfois des roses, symbole de la vierge, bouclant ainsi la chaîne.
Noël était devenu une fête d'une grande prodigalité. Il a toujours été de coutume de fêter Noël avec un plat à base de volaille, essentiellement des oies, car elles étaient considérées comme l'oiseau solaire et garantissaient la protection du soleil à celui qui en mangeait. La dinde est devenue un menu de Noël car elle représentait un volatile inhabituel et était dégusté en temps de grandes fêtes. On pense que cette tradition serait plutôt venue d'Angleterre, puisque ce serait le roi Henri VIII (1509-1547) qui l'aurait mise à l'honneur dans le second quart du XVIe siècle, et qu'en France la première dinde aurait été mangée au cours du repas de Noël de Charles IX (1560-1574).
 
Mais la Réforme protestante amena une certaine évolution. En effet, dans les pays réformés, les célébrations de Noël, fête jugée trop païenne ou trop catholique, sont limitées, voire même modifiés, tel que le montre le fait qu'à partir de 1560 les réformés préfèrent le sapin de Noël, symbole du Paradis, à la représentation de la Nativité par la crèche. On est alors en plein iconoclasme protestant.
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!C'est ainsi qu'en Ecosse les presbytériens interdirent dès 1583 les célébrations de Noël. Et de même, les puritains anglais finirent par faire triompher leurs conceptions lors de la guerre civile de 1642 et les célébrations de la Nativité furent interdites à partir de 1647. Les britanniques furent donc obligé de travailler le jour de Noël comme un jour ordinaire. Mais certains le refusèrent et continuèrent à fêter Noël en famille. Et finalement, le roi Charles II finit par lever cette interdiction et les célébrations furent rétablies en 1660 mais elles restaient mal vues de la majorité du clergé anglican. En Amérique du Nord à Boston, les premiers colons, puritains, interdirent, également, les célébrations de Noël. L'interdit sera levé en 1681, et les coutumes européennes s'y répandront. Les troupes allemandes du roi d'Angleterre introduisent, ainsi, l'arbre de Noël en Pennsylvanie dès l'époque de la guerre d'Indépendance (1776-1783), et ce sont ensuite des Germano-Américains installés dans le New Jersey et l'Ohio qui l'acclimatent définitivement outre-Atlantique.
La Réforme, qui va de pair avec l'imprimerie, a aussi permis de populariser un peu plus la fête, notamment avec sa volonté de donner accès à tous à la Bible et en mettant en avent les cantiques et le chant. Ce qui explique pourquoi les chants de Noël, au XVIe siècle, étaient alors attestés dans toutes les provinces et, parce qu'ils sont détachés de la liturgie (en latin), commencent à être édités dans les langues régionales et diffusés par les colporteurs. Et en même temps, les Bibles de Noël, contenant les paroles de Noëls régionaux, ont connu de très nombreuses éditions dans la littérature de colportage du XVIIe au XIXe siècle. Les colporteurs vendaient également des estampes qui représentaient la Nativité et comportaient des cantiques.
 
Avec la Contre-réforme catholique au XVIIe siècle, les représentations liturgiques seront, elles aussi interdites, jugées trop profanes. Mais il faut dire, comme nous l'avons vu plus haut, qu'elles ne furent jamais en odeur de sainteté.
Cependant, cette Réforme catholique favorisa des éléments qui ne furent plus mis en valeur par les Protestants, tout en reprenant ceux que j'ai évoqués plus haut. À Naples ou dans le Tyrol, les crèches baroques des XVIIe et XVIIIe siècles deviennent de véritables œuvres d'art, riches de dizaines de personnages réalisés en bois, en terre cuite ou en faïence. Installée dans une grotte ou dans une modeste étable, la crèche traditionnelle s'est répandue dans les familles de fidèles où elle ne rassemble plus modestement que les personnages de l'Enfant Jésus, de Marie, de Joseph, des bergers et de Rois mages, sans oublier l'âne et le bœuf, omniprésents dans toute l'iconographie traditionnelle de la Nativité mais absents des textes évangéliques évoquant la naissance du Christ. C'est à la fin du XVIIIe siècle que le Marseillais Jean-Louis Lagnel invente les « santons de Provence », c'est-à-dire les représentants de tout le petit peuple du Midi, assimilés aux santi boni, aux « bons saints » devenus les santoni italiens et les santouns provençaux, favorisant, en France tout d'abord, la diffusion des crèches domestiques. Les personnages étaient alors façonnés avec de la mie de pain séchée, puis peints à l'huile et au vernis.
En 1582, lorsque le pape Grégoire XIII décide de corriger le calendrier julien, il décide de ne pas déplacer Noël, qui tombe alors un 25 décembre, conformément au Concile, mais contrairement à la fête païenne romaine dont elle était inspirée. Une manière de marquer la victoire du Christianisme ?
 
Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!On prit alors l'habitude à partir de là de fêter Noël plus discrètement et les coutumes devinrent semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui.
Même dans les pays catholiques comme l'Italie et la France, où les puritains n'avaient pas beaucoup d'influence, Noël était devenu une fête de recueillement en famille. Au XVIIIe et XIXe siècle, la tradition qui consiste à échanger des cadeaux à Noël ou des étrennes au jour de l'An commença à se répandre. Les cadeaux de Noël sont sans doute une représentation symbolique des présents que les Roi Mages apportèrent à Jésus.
Et à sa suite, les coutumes de Noël ne feront qu'évoluer par la suite avec les progrès techniques et autres artifices. Par exemple, la tradition d'illuminer le sapin apparaîtra au XVIIe siècle, d'abord avec des coquilles de noix vides remplies d'huile à la surface desquelles flottait une petite mèche (la cire étant très chère à l'époque), puis avec des bougies, et en 1806, une gravure illustre de nouvelles ornementations inaugurant les petits personnages, les animaux et les gâteaux. L'étoile accrochée traditionnellement au sommet de l'arbre symbolise l'étoile de Bethléem qui guida les Rois Mages vers Jésus-Christ. Mais tous ces artifices ne se développeront vraiment que milieu XIXe- début XXe siècle avec la révolution industrielle et il faut attendre 1880 pour que les premières décorations électriques apparaissent aux Etats-Unis. Edward Johnson, l'associé de Thomas Edison, installa une guirlande de 80 petites ampoules électriques sur un arbre de Noël. Jusqu'en 1950, c'est en Allemagne et en Europe de l'Est que la production des décorations de Noël culminait. Les artisans travaillaient le verre, le métal, la cire et le bois. Les personnages étaient fabriqués en coton et les cheveux d'ange en fibres métalliques. La boule de Noël était à l'origine une pomme, mais l'hiver rigoureux de 1858 en réduisit considérablement la récolte. Un artisan verrier eut alors l'idée de créer les boules que nous connaissons aujourd'hui.
C'est aussi à partir du XIXe siècle, en même temps qu'apparurent la plupart des chants profanes (Mon beau sapin, Jingle bells...), que les organismes caritatif offrent aux plus démunis le traditionnel repas de Noël, et au même moment que la dimension religieuse va s'estomper vers 1850 pour laisser place à une fête encore plus familiale car l'enfant acquiert une place fondamentale au sein de la famille. Bonne fête de Noël à tous et à toutes !!!Le fait qu'en 1868 Santa Claus, le Père Noël, dont la première évocation du Père Noël date de 1823 dans un poème américain de Clement Clarke Moore, soit popularisé aux États-Unis par la couverture du Harper's Magazine, dessinée par Thomas Nast, originaire du Palatinat, qui est à l'origine de sa représentation moderne en rouge, le démontre aisément. Et aussi l'acclimatation de coutumes en dehors de l'Allemagne, tel l'arbre de Noël. En Angleterre, c'est une suivante de la reine Caroline de Brunswick, épouse allemande du roi George IV, qui introduit à la cour le premier arbre de Noël en 1821, et la coutume se généralise sous le règne de la reine Victoria, elle-même mariée à un prince allemand, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. À Paris, c'est également une princesse allemande, Hélène-Louise de Mecklembourg-Schwerin, épouse du duc d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, qui fait dresser aux Tuileries, en 1837, le premier sapin de Noël ; mais il faut attendre les lendemains de la guerre de 1870 et l'extraordinaire popularité de tout ce qui rappelle l'Alsace perdue pour que la coutume se généralise. L'Italie et l'Espagne, terres de forte tradition catholique, demeureront longtemps rétives au sapin de Noël, assimilé à une pratique étrangère, née dans les pays protestants de l'Europe germanique et rapidement adoptée par les Anglo-Saxons et les Scandinaves. Et dès 1890, le président Harrison fait installer un sapin de Noël à la Maison-Blanche. C'est aussi en 1875 qu'apparait l'imitation de la vraie buche par un pâtissier de la rue Bucci à Paris, 6e.
Une chose dont est de plus en plus consciente l'Église catholique qui en 1893 enrichit le temps de Noël en instaurant la fête de la Sainte Famille le dimanche qui suit immédiatement Noël. Ce qui n'est pas une mauvaise idée, en effet, le développement économique qui s'opère plus tard, au milieu de XXe siècle, ne fait qu'accentuer l'importance de la fête, en même temps que le Père Noël, quittant le sol américain, gagne toute l'Europe, même si les Mages résistèrent plutôt bien en Espagne. Ceci va engendrer la modification de la symbolique de la fête de Noël qui va peu à peu se transformer, pour finalement devenir une fête commerciale orientée sur la famille et l'échange de présents, de cadeaux, notamment avec le développement de la commercialisation de la bûche à partir de 1945.
 Mais Noël continue malgré tout à être un moment où l'on célèbre la paix si bien qu'à cette occasion le pape prononce son fameux message au Monde, urbi et orbi.

J'espère vous avoir appris des choses utiles sur cette fête qui comme cela arriva souvent d'un départ religieux pris un tour commercial. Toutefois, elle reste une fête de famille, ce qui est une bonne chose, même pour un catholique pratiquant tel que moi !

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Publié le 25 Décembre 2011

Dans son traditionnel message de Noël, le pape Benoît XVI a lancé un appel à la solidarité avec la Corne de l'Afrique et l'arrêt du bain de sang en Syrie.

 

Benoît XVI a lancé pour Noël un nouvel appel à la "solidarité" avec la Corne de l'Afrique, demandant en même temps un arrêt du bain de sang en Syrie et l'implication de "toutes les composantes" des sociétés du Moyen-Orient dans la construction de leur avenir.

 

Par un temps ensoleillé et très doux pour la saison, le pape, assis dans un fauteuil sur la loggia de la basilique Saint-Pierre, a prononcé le traditionnel message de Noël "urbi et orbi" ("à la ville et au monde") devant des dizaines de milliers de fidèles de nombreux pays qui l'acclamaient en criant "vive le pape" et "Benedetto" ("Benoît en italien")

 

"Puisse le Seigneur secourir l’humanité blessée par de nombreux conflits qui, aujourd’hui encore, ensanglantent la planète", a-t-il dit.

 

Le pape a "invoqué l’aide divine pour les populations de la Corne de l’Afrique qui souffrent de la famine, souvent aggravée par une situation persistante d’insécurité". "Que la communauté internationale ne prive pas de son aide les nombreux réfugiés provenant de cette région, durement éprouvés dans leur dignité", a-t-il dit, renouvelant son appel pour cette crise souvent oubliée.

 

Le pape n'a pas mentionné les dernières informations sur l'attentat présumé qui aurait fait 15 morts dans une église au Nigeria ce dimanche.

 

Benoît XVI a souhaité la "stabilité politique aux pays africains de la région des Grands Lacs", faisant allusion à la situation tendue en République démocratique du Congo après les élections. Il a appelé à l'aide divine pour "la sauvegarde des droits de tous les citoyens" au Sud-Soudan.

 

Le pape a demandé aussi la "fin des violences" en Syrie. "Puisse le Seigneur faire cesser les violences en Syrie, où beaucoup de sang a déjà été versé", a-t-il dit. "Lui, qui est le prince de la paix, qu’il donne paix et stabilité à la terre qu’il a choisie pour venir dans le monde, encourageant la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens", a-t-il dit.

 

Il a demandé que Dieu "donne une vigueur renouvelée, pour l’édification du bien commun, à toutes les composantes de la société dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient" en pleins bouleversements démocratiques, accompagnés de violences et de menaces islamistes pour les minorités chrétiennes.

 

Cet appel de Benoit XVI est exemplaire et comme à son habitude livre un appel à la paix et à la solidarité qui montre son intérêt certain au sort des populations, ce qui est plutôt honorable.

 

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Publié le 25 Décembre 2011

Le pape Benoît XVI a invité samedi, à l'occasion de la veillée de Noël, les hommes à délaisser les "scintillements" de la société de consommation et "l'orgueil" de la raison "libérale", en se laissant séduire par l'humilité de Jésus.

 

Dans la basilique Saint-Pierre, pendant la messe solennelle célébrant la nativité de Jésus, retransmise en mondiovision, le pape de 84 ans est entré sur une estrade roulante sur laquelle il a lentement parcouru la nef, le regard un peu figé. Il a été aidé à monter les marches de l'autel.

 

Le pape, qui fustige régulièrement l'excès de rationalisme, le manque d'espérance et le refus de la transcendance, a invité les hommes à une attitude d'humilité face au mystère de Noël : "si nous voulons trouver le Dieu apparu comme un enfant, alors nous devons descendre du cheval de notre raison libérale (...), déposer nos fausses certitudes, notre orgueil intellectuel", a-t-il préconisé. La pensée libérale ne l’a pas emporté, car de nombreuses personnes résistent encore : ceux qui vivent toute leur vie dans l’humilité, les oubliés de la société. Cette fête est la leur.

 

"Nous devons nous baisser pour rencontrer le Dieu différent de nos préjugés et de nos opinions", a-t-il estimé, en rappelant que, selon la tradition, Jésus nouveau-né était couché dans une mangeoire à même le sol. La simplicité d’une naissance est souvent la meilleure image pour un monde en crise.

 

Benoît XVI a affirmé que Noël célébrait un enfant qui "dans toute sa faiblesse est Dieu-Fort". "Noël est devenu une fête commerciale, dont les scintillements éblouissants cachent le mystère de l’humilité de Dieu", a-t-il regretté. Heureusement que Noël n’est pas que le côté commercial, et qu’on peut y voir le sens de notre foi à travers la joie qu’on peut apporter durant cette fête.

 

"Avec Toi, a encore prié le pape en s'adressant à Dieu, nous devons être des artisans de paix, nous aimons Ton être-enfant, Ta non-violence", alors que "le monde est continuellement menacé par la violence en de nombreux endroits et de diverses manières". La paix est venu par des gens non armés comme l’a montré le printemps arabe, n’est-ce pas là le message que nous a donné le Christ a réaliser, amener la paix sans violence.

 

Benoît XVI a demandé aux 1,1 milliard de catholiques de prier pour qu'"apparaisse un rayon de la bonté de Dieu à tous ceux qui doivent vivre Noël dans la pauvreté, dans la souffrance, dans la condition de migrants". Dieu est auprès de ceux qui n’ont rien et qui ne peuvent pas avoir le bonheur de vivre une vie meilleur, la prière est bonne conseillère et doit nous permettre ensuite de la rendre réelle par les actes.

 

Le pape est apparu fatigué ces dernières semaines, à l'issue d'une année chargée marquée par plusieurs voyages et des responsabilités écrasantes, face à la déchristianisation et des scandales douloureux comme celui de la pédophilie.

 

Face à une fête qui devient commerciale, il est bon qu’un pape rappelle le vrai sens de Noël, une naissance simple qui nous oblige à regarder avec humilité le monde dans lequel nous vivons.

 

Merci !

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Publié le 24 Décembre 2011

Pour le lancement de son nouveau livre sur le christianisme, le vendredi 9 Décembre à São Paulo, le théologien de la libération et ancien franciscain Leonardo Boff a également lancé une attaque sur les structures du pouvoir de l'Église.

 

"Jésus n'aurait jamais construit son Eglise sur le rocher du Vatican", a t-il dit. "En écoutant quelques papes et des évêques, on croirait que Jésus est venu pour fonder un petit séminaire." Pour Boff, l’Église est en contradiction avec le rêve de Jésus d’instaurer une communauté fraternelle. A l‘intérieur de cette Eglise, il faut dénoncer la marginalisation, le rabaissement de la femme, le mépris des laïcs.

 

Boff a également révélé qu'il passe encore du temps à donner des retraites aux religieuses, et, quand il n'y a pas de prêtre, il célèbre l'Eucharistie. Il a affirmé qu’il ne se présente qu’"avec la compréhension de certains évêques". Face au manque de prêtre, on doit bien trouver des solutions paliatives.

 

En 1992, après la pression du Vatican sur ses points de vue exprimés dans ses livres, il avait rompu ses liens avec les Franciscains. Son engagement en faveur des pauvres et ses prises de position critiques à l’égard de Rome lui ont valu les foudres du Vatican.

 

Leonardo Boff a toujours montré que le Vatican et la curie, sont l’image d’une église très conservatrice, qui se construit seulement vers l’intérieur, où il n’y a pas d’espace pour faire quelque chose. Elle exige la soumission, ce qui produit continuellement des conflits et des inégalités. Tant que cette structure fonctionne ainsi, elle restera une Eglise de division, de tensions. Boff lance des appels pour qu’elle change, mais malheureusement elle n’écoute pas.

 

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Publié le 23 Décembre 2011

L'Avent va se terminer Dimanche avec la fête de Noël, j'ai donc tenu à consacrer un article à ce temps de préparation peu connu mais qui mérite qu'on s'y arrête.
 
L'Avent est un temps dans les églises catholiques, orthodoxes, et protestantes de préparation pour l'évènement qui aura lieu le 25 décembre, le jour de Noël, qui a signification plus que commerciale dans les deux confessions chrétiennes, car c'est le jour où on fête la naissance de Jésus.
En effet, le mot Avent vient du latin adventus qui signifie avènement. Dans la religion polythéiste romaine, on croyait que la divinité venait dans le Temple un jour fixe de l'année, et donc le mot adventus désignait ce jour. La fête était comme un anniversaire qui donnait lieu à des festivités. Dans l'empire, le mot fut repris pour parler de la célébration de l'entrée dans Rome ou dans les cités de l'empire de l'empereur au début de son règne (lors de son avènement) ou après un long voyage. Le mot apparaît sur des monnaies avec l'empereur représenté la plupart du temps à cheval. Cette célébration était accompagnée de grandes fêtes ; Pline le jeune dans un texte sur l'adventus de Trajan raconte : « de tous côtés un peuple en liesse, partout même joie et mêmes acclamations ». Puis le mot avent en vint à désigner un terme grec « parousia » (parousie) employé dans l'Église des premiers siècles, traduit en latin par « adventus ». On emploie ce mot en grec et en latin pour designer la seconde venue du Christ à la fin des temps. Puis ce mot a été utilisé pour designer le temps liturgique qui précède la fête de Noël qui par la naissance de Jésus, symbolisait l'avènement du Messie, non plus dans une perspective juive mais chrétienne.
 
L'avent, une bonne préparation pour Noël !La première référence à l'Avent nous vient de la province romaine d'Hispanie, l'actuelle Espagne. En 380, le synode de Saragosse prescrit une préparation de trois semaines du 17 décembre au 6 janvier, fête de l'Epiphanie, jour où on célébrait auparavant en commun la nativité de Jésus, la Visite des Mages et son baptême (Á ce sujet j'en dirais un peu plus dans l'article que je consacrerai à la fête de Noël). Le 17 décembre, où commençait l'Avent était aussi la date du début des Saturnales, des fêtes qui duraient jusqu'au 23 décembre et pendant lesquelles les hiérarchies sociales et les conventions morales étaient bouleversées. On peut facilement comprendre que l'église ait demandé aux fidèles cette période de pénitence et de réflexion pour qu'ils évitent de sombrer dans la débauche qu'entraînaient les saturnales. La pratique existait aussi à Ravenne, en Italie, en Gaule et en Espagne, où, le jeûne et l'abstinence durait, aussi, alors 6 semaines comme lors du Carême. Ce caractère pénitentiel, tout comme à Saragosse, préparait probablement les Catéchumènes (futurs baptisés) au baptême qui leur serait administré à l'Épiphanie, le 6 janvier.
Ce caractère pénitentiel prend plus de valeur dans l'Église d'Orient après le concile d'Ephèse de 430 qui exalta la maternité divine de Marie, devenue Theotokos, « Mère de Dieu ». Elle célébrait alors la naissance du Christ le 6 janvier, par une fête appelée « Epiphanie » qui était précédé d'une préparation par 40 jours de jeûne et de pénitence, à l'image du Carême, qui était vue comme une sorte de méditation anticipée sur la venue du Sauveur et le salut opéré par la divinisation de la nature humaine.
L'avent, une bonne préparation pour Noël !Cette note pénitentielle se retrouve en Gaule et en péninsule ibérique à la fin du Ve siècle du fait des relations étroite de ces églises avec l'Église d'Orient. En Gaule, selon l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours au livre dixième, c'est une ordonnance du sixième évêque de Tours (460-490), Perpet, qui décréta que l'Avent commencerait le 11 novembre, fête de saint Martin - jour très spéciale comme on peut le présumer pour la ville - pour maintenir les quarante jours de jeûne. Cependant jusqu'au VIe siècle cette pratique n'a probablement pas dépassé les limites du diocèse, même si à Rome, au même moment, le Sacramentaire Gélasien cite pour la première fois l'Avent, comme une période de cinq semaines, à la fin du Ve siècle, qui tombaient les lundi, mercredi et samedi suivant la fête de sainte Lucie, le 13 décembre. Une semaine avant la Nativité, ces jours étaient porteurs d'un thème pénitentiel particulier car il était mis en avant le caractère eschatologique de la fête en préparation à la Seconde Venue du Christ à la fin des temps. Ici, ce qui prévalait c'était l'attente telle que l'on retrouvait cette année dans la lecture de l'évangile du premier Dimanche de Carême : « Veillez donc car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » (Marc 13, 35-37.)
En Gaule, le deuxième concile de Tours en 567 avait repris la durée de trois semaines définie par le concile de Saragosse et enjoignait aux moines de jeûner du début du mois de Décembre jusqu'à la nativité. Par contre, le concile de Macon en 581 adopta pour son diocèse les prescriptions du diocèse de Tours en ordonnant que le jeûne se fasse les lundi , mercredi et vendredi, consigne applicable à tous les fidèles ; et il ordonna, aussi, que les offices de cette période se fassent selon les rites du Carême, ce qui favorisa leurs développements dans toute la Gaule qu'explique également le fait que Tours était un grand centre de pèlerinage. Si bien que la période s'appela en Gaule le carême de la Saint-Martin, ainsi que dans la péninsule ibérique, où la Saint Martin était aussi une fête très importante. Mais dans les autres pays, où avait lieu la même pratique, on préférait la célébrait entre le 27 novembre et le 3 décembre.
L'avent, une bonne préparation pour Noël !À la fin du VIe siècle, pendant le pontificat de Grégoire le Grand (590-604), une courte préparation de cinq semaines finit par s'imposer dans l'Église de Rome. Les dimanches étaient centrés sur la commémoration joyeuse de la naissance de Jésus, le 25 décembre. Le thème pénitentiel, très présent autrefois, s'estompa, et la période devint une attente joyeuse de l'avènement du Seigneur, sans l'observance d'un jeûne. C'est ainsi que les quatre dimanches devinrent symboliques des quatre mille ans, où les gens ont dû attendre en fonction de histoire de l'église après la chute de l'homme dans le paradis au Rédempteur. Cependant, la Liturgie ambrosienne ou de Milan en comptait six. Les Chrétiens orientaux n'avaient pas non plus une uniformité complète : c'était un jeûne facultatif que les uns commençaient le 15 novembre, d'autres le 6 décembre, d'autres seulement quelques jours avant Noël.
 
C'est seulement en 785 que le pape Adrien Ier avait envoyé à Charlemagne un exemplaire du sacramentaire grégorien modifié par le pape Grégoire II qui décida ce dernier à adopter la liturgie romaine dans tout son empire. Et au VIII-IXème siècle, les messes de l'Avent passèrent ainsi au début de l'année liturgique, pendant que l'empire byzantin, qui devenait de plus en plus autonome au niveau religieux à partir du IXe siècle, suivait ses propres pratiques que nous avons évoquées plus haut. Et, par la suite, en France, le jeûne non plus à la Saint Martin mais à la Saint André, saint alors plus populaire, mieux donc à entretenir la ferveur de cette pratique, qui devint de moins en moins respecté au fur et à mesure de la période médiévale, si bien qu'au XIIIe siècle, il était déjà tombé en désuétude, à tel point que dans la Bulle de canonisation de Louis IX, roi de France, on cite le zèle avec lequel il observait ce jeûne, démontrant que c'était devenu un usage observé seulement par les chrétiens d'une rare piété. En effet, aucune peine canonique n'a jamais été attachée à l'infraction des pratiques de l'Avent, telles que l'abstinence et le jeûne. Les ordres religieux mêmes se contentaient déjà, du temps de Bernard de Fontaine, abbé cistercien de Clairvaux (1115-1153), d'une abstinence plus sévère que dans les autres époques de l'année, excepté celle du Carême.
Même si pour le XIIIe siècle, il y eut des exceptions, c'est ainsi que dans son diocèse, Durand, évêque de Mende, nous apprend que le jeûne était alors généralement respecté. Quand le pape Urbain V monta sur le siège pontifical, en 1362, il se contenta, finalement, d'ordonner aux gens de sa cour à l'abstinence (beaucoup moins stricte), le jeûne n'étant donc plus en usage. De plus, on pouvait dès lors manger et boire pendant ce temps de préparation, avec une exception, les religieux et les responsables de l'Église catholique, qui devait observer le jeûne. Les mariages et les fiançailles ne pouvaient d'ailleurs être célébrés durant cette préparation même après la fête de Noël jusqu'à l'Epiphanie. Une tradition fort ancienne qui s'explique par le fait que primitivement la fête de la naissance de Jésus se célébrait le 6 janvier, sous le nom de Théophanie. Cette prohibition est toujours en cours actuellement. Il existait aussi en France une ordonnance du roi Jean Ier qui défendait aux magistrats de vaquer aux travaux de la judicature pendant l'Avent : In adventu Domini nulla assisa capi debet.
 
L'avent, une bonne préparation pour Noël !Dans le même temps, le côté joyeux de cette préparation se développa car on célébrait l'attente qui amenait à l'arrivée du Christ « Soleil de Justice », Noël marquant la remontée du soleil après le solstice d'hiver. Donc la lumière joua un grand rôle dans les rituels grégorien et byzantin. On allumait ainsi lors du culte, quatre bougies, à chaque dimanche de l'avent, chez les catholiques et six, du fait d'une durée plus longue de l'avent chez les orthodoxes, rituel qui se maintien encore aujourd'hui. En Occident, à l'imitation du rituel religieux, se développa aussi la coutume de la joie de vivre et de la lumière dans la famille. Les branches d'arbres et les feuillages étaient justement utilisés pour les lumières qui étaient souvent allumées avec les cierges de l'Avent. Mais cette coutume, trop semblable à celle des feux de joie, jugées trop païennes, furent peu à peu remplacés par les bougies et les lanternes que l'on allumait lors des quatre Dimanche de l'Avent au cours des quatre messes de l'Avent afin de faciliter la préparation des fidèles.
L'avent, une bonne préparation pour Noël !C'est au XVIe siècle qu'apparut, dans le même état d'esprit, la couronne de l'Avent en Allemagne du nord et en Prusse, car en forme de cercle, elle devait rappeler aux Chrétiens le retour annuel et immuable du Christ au mois de décembre. Elle constituait alors en une couronne sur laquelle était disposé 4 cierges, en fonction des Dimanche séparant l'Avent de Noël. Très vite, en Suède, à partir de la Réforme luthérienne, la couronne fut réservée pour la Sainte Lucie le 13 décembre.
Mais l'application de l'Avent resta libre et il resta des disparités régionales dans tous les pays catholiques. Si bien que le Concile de Trente, après avoir étudié les différents exemples régionaux, décida d'imposer la liturgie grégorienne à toutes les églises de confession catholique. Mais les règnes les plus contraignantes seront celles du Bréviaire du pape Pie V en 1570. Malgré tout, dans certains diocèses, sont resté dans le rite ambrosien, par exemple, dans l'archidiocèse de Milan, où la saison de six semaines de l'Avent s'est maintenue jusqu'à aujourd'hui probablement du fait de l'ancienneté de la tradition attribué à l'évêque de Milan, Ambroise. Mais étrangement cet effort de réunion des liturgies intéressa tout autant la Réforme protestante qui s'en inspira. C'est ainsi que le rituel grégorien fut repris dans un grand nombre d'églises réformées, en particulier Luthérienne, Anglicane et Méthodiste, tout au long du XVIe au XIXe siècle. Ce qui explique la proximité actuelle des rituels entre les deux grandes confessions chrétiennes actuelles, même si le protestantisme est lui plus divers.
L'avent, une bonne préparation pour Noël !C'est au XIXe siècle que vit le jour la couronne de l'Avent actuelle. Elle serait l'œuvre de Johann Heinrich Wichern (1808-1881), éducateur et théologien de Hambourg, qui avait recueilli des enfants très pauvres dans le Rauhe Haus, une vieille ferme. Comme, pendant le temps de l'Avent, ils lui demandaient toujours quand Noël allait enfin arriver, il fabriqua en 1839 une couronne de bois, avec dix-neuf petits cierges rouges et quatre grands cierges blancs. Chaque matin, un petit cierge de plus était allumé et, à chaque dimanche d'Avent, un grand cierge. La coutume n'a retenu que les grands. Traditionnellement, les bougies sont rouges, couleur du feu et de la lumière. En Suède, elles sont blanches et évoquent la pureté tandis qu'en Autriche, elles sont violettes et symbolisent la pénitence. Depuis 1860, l'année où est née officiellement la couronne de l'Avent, on utilise des branches de sapin. Mais c'est seulement depuis le début du XXe siècle, que la couronne est devenue en Allemagne une des traditions de Noël (ce ne sera le cas en Autriche qu'à partir de 1945). C'est aussi au XIXe siècle que le calendrier de l'Avent vit le jour. Certaines familles protestantes, en effet, distribuaient des images pieuses chaque matin aux enfants, durant 24 jours, pour canaliser leur impatience avant Noël. Le premier calendrier imprimé apparaîtra en 1908 et consistait en 24 images détachables à coller chaque jour sur un support pour former un poème religieux. Mais ce n'est qu'en 1920 que fut commercialisé le premier calendrier de l'Avent avec des petites portes ou fenêtres à ouvrir, où l'on cachait des friandises. En 1958 apparaissent les premières surprises en chocolat.
 
Cependant, l'Église catholique n'avait toujours pas pris officiellement position sur le jeûne de l'Avent ce n'est finalement qu'en 1917 que le pape Pie X décide de faire figurer dans le droit canon que le jeûne n'était plus nécessaire. Ce n'était que prendre en compte l'évolution des temps et la remise en valeur de la liturgie grégorienne, beaucoup plus joyeuse.
Et en 1963, la Constitution sur la liturgie du concile Vatican II déclarait que l'Eglise « déploie tout le mystère du Christ pendant le cycle de l'année, de l'incarnation et de la nativité jusqu'à l'Ascension, jusqu'au jour de la Pentecôte, et jusqu'à l'attente de la bienheureuse espérance du Seigneur ».
L'Avent conserve ses spécificités en fonction des confessions qui le pratique. Il faut savoir que celui-ci pour les catholiques et les protestants fait débuter l'année liturgique, et que celui orthodoxe tend surtout vers l'Epiphanie « fête des lumières » tandis que celui catholique et protestant (pour ceux qui le pratique) tend surtout vers Noël, fête de la venue du Christ. C'est la raison de l'utilisation des cierges dans les trois confessions, car les Luthériens et les Anglicans pratiquent un Avent très proche de celui des catholiques.
Dans la liturgie byzantine, le dimanche qui précède, est celui de la commémoration de tous ceux qui, depuis Adam et Eve, les Premiers créés jusqu'à Joseph, le fiancé de Marie, , ont annoncé la venue dans la chair du Fils de Dieu que ce soit par leurs oeuvres ou par leurs paroles. La liturgie unit ainsi tous les ancêtres selon la chair, en même temps que les Justes et les Prophètes, car selon les paroles du Seigneur lui-même : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère et une soeur et une mère. » (Matthieu 12. 49)
De plus, l'Avent se prénomme le Carême de Noël qui est une période de jeûne où l'on ne peut pas manger de viande. La veille de Noël, on ne mange que le soir, et on prend seulement des céréales et des fruits. La fin du carême de Noël est après la célébration de Noël. Le carême de Noël dure 40 jours et il est plus long que le temps de l'Avent catholique qui commence le quatrième dimanche avant le 25 décembre, donc selon les années entre le 27 novembre et le 3 décembre. Le carême de Noël n'est pas, comme l'Avent, le début de l'année liturgique, car l'année liturgique orthodoxe commence le 1er septembre, huit jours avant la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu (8 sept).
Dans le rite chaldéen, et dans les rites syriens, les semaines qui précèdent Noël sont « les semaines des annonciations » et « l'Avent s'appelle Saboura » ou l'annonce de la bonne nouvelle. Elles évoquent l'Annonciation à Zacharie, l'Annonciation à Marie suivie de la Visitation, la Nativité de Jean-Baptiste et l'Annonciation à Joseph.
L'avent, une bonne préparation pour Noël !Le rite chaldéen est très proche du rite catholique. Dans celui-ci, le temps de l'Avent a un double objet : « C'est le temps de la préparation de Noël, où on célèbre la première venue du Fils de Dieu chez les hommes ; c'est aussi le temps où, à travers ce souvenir, les esprits s'orientent vers l'attente de la seconde venue du Seigneur à la fin des temps ».
La liturgie de l'Avent comporte deux parties. La première est constituée par les trois premiers dimanches. Elle est consacrée à l'annonce du second avènement du Christ à la fin des temps. La deuxième partie est constituée par la semaine avant Noël, du 17 au 23 décembre.  Elle est plus directement ordonnée à la préparation de Noël et à l'attente de Noël. Le quatrième dimanche de l'Avent est une présentation des évènements qui ont annoncé la naissance de Jésus.
Dans la liturgie de l'Avent, les ornements (chasuble, étole, voile du calice, pendentif du pupitre de la parole) sont de couleur violette, comme pour le carême. Le violet est symbole de conversion et de préparation à la rencontre du Christ. Mais pour le troisième dimanche de l'Avent, dit « dimanche de gaudete » (réjouis toi), la couleur est le rose a fin de signifier l'attente joyeuse du chrétien. C'est analogue au quatrième dimanche de carême « dimanche de laetare ». Toute décoration florale est interdite comme en Carême (sauf les dimanches Gaudete et Lætare et la vigile de Noël)
Les dimanches de l'Avent, comme en carême, on ne dit pas le gloria, mais on dit l'alléluia. L'Avent, comme l'ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l'enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa Résurrection (Pâques).
Sans que ce soit un temps triste, ce temps exclue les grandes festivités. Pendant les quatre Dimanches de l'Avent, les lectures de l'Ancien testament sont des prophéties relatives au messie et aux temps messianiques, beaucoup d'entre elles sont tiré du livre d'Isaïe. L'Église relit et revit donc ainsi « tous ces grands événements de l'histoire du salut dans "l'aujourd'hui" de sa liturgie » (Catéchisme de l'Église catholique, § 1095), à travers de grands personnages tiennent une place de premier rang au cours des Quatre Dimanche de Carême : les deux Isaïe, à travers les annonces de la naissance du Messie, le Maître de Jésus, Jean Baptiste, qui annonce la Venue d'un plus grand que lui (qui serait Jésus d'après les quatre évangiles) et Marie, dont on rappelle l'épisode de l'Annonciation le dernier Dimanche de Carême. Une manière de nous inviter tel Marie à dire « Oui » à l'événement qui se prépare le jour de Noël, c'est-à-dire la Naissance de Jésus, venu sauver le monde, qui va aussi renverser l'ordre social tel que le montre la récitation en cantique du Magnificat le troisième Dimanche de l'Avent.
 
J'espère que cet article vous aura appris des choses utiles au sujet de l'Avent, nettement moins sévère que son équivalent pascal, le Carême. Et d'avance un bon réveillon de Noël. Fête à laquelle je consacrerai également un article.
Freyr1978

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Publié le 23 Décembre 2011

Le pape Benoît XVI a déclaré devant tous les membres de la Curie romaine dans la salle clémentine du palais apostolique au Vatican le jeudi 22 décembre, que la priorité des priorités pour les prochaines années sera la nouvelle évangélisation de l'Europe.

 

Dans son discours annuel à la Curie romaine, qui sert de rétrospective de l'année, il avait dit que «la fatigue foi» ou «le sens souvent rencontré d’en avoir assez du christianisme» est répandue en Europe, et que la foi devrait «prendre une nouvelle voie» afin de réformer l'Église et de résoudre ses problèmes.

 

Mais la nouvelle voie qui se dessine actuellement dans notre Église est celle-ci : une solide défense de l'identité catholique traditionnelle, ce qui signifie l'attachement à des marqueurs classiques de la pensée catholique (l'orthodoxie doctrinale) et de la pratique catholique (tradition liturgique, la vie de dévotion, et l'autorité), une robuste proclamation publique de l'enseignement catholique, avec l'accent sur les intérêts de la mission extra catholique, la transformation de la culture à la lumière de l'Evangile, plutôt qu’une réforme de interne l'église et une foi considérée comme une question de choix personnel plutôt que de l'héritage culturel, ce qui implique entre autre choses dans une culture très laïque, une identité catholique qui ne peut jamais être prise pour acquise. Elle doit toujours être prouvée, défendue, et se manifester. On est bien loin des espoirs laissés par Vatican II.

 

Il a reconnu que les gens dans et en dehors de l'Eglise «remarquent avec inquiétude que les pratiquants réguliers sont de plus en plus vieux et que leur nombre ne cesse de diminuer; que le recrutement de prêtres est en stagnation; que le scepticisme et l'incrédulité sont en pleine croissance.»


Normal, car le message ne porte plus et ne portera pas comme cela. Ce qu’il faut c’est une refondation de l’Eglise en phase avec la modernité, c’est ainsi que le pape pourra toucher les cœurs et les consciences de ceux qui ont été blessés dans leur vie.

 

Le pape a cité comme "merveilleuse" l'expérience des Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, qui avait  eu lieu en août comme «un remède contre la fatigue de la foi».

 

Les JMJ n’ont été qu’une papolatrie généralisée. Où était cette Église plus modeste et moderne qui doit suivre l’image du Christ. Les JMJ n’ont jamais réglé la crise que vit l’Église, elle n’y arrivera que si elle est plus démocratique, au moment où les laïcs et chrétiens de tous horizons auront une même voix.

 

Le pape a également noté que la crise économique et financière qui a frappé l'Europe, est selon lui, finalement fondée sur une crise éthique, ajoutant que la motivation fait souvent défaut pour les particuliers et les grandes secteurs de la société de pratiquer le renoncement et de faire des sacrifices. La crise économique n'a rien d'éthique, car la finance ne l'est pas. La seule solution est d'instaurer des règles.

 

La nouvelle évangélisation ne sera pas le salut de l’Église, car Jean-Paul II avait déjà échoué. Ce n’est pas une fatigue de la foi qui existe, mais celle de l’institution qui doit la donner et c’est d’une réforme interne dont elle a besoin et non de fuir la réalité.

 

Merci !

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Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Publié le 22 Décembre 2011

La réponse des lefebvristes sur le «préambule doctrinal» proposé par le Vatican vient d'arriver. Sauf que la réponse ne donne étonnamment pas de réponse. Ou du moins elle n'est pas la réponse que la Commission Ecclesia Dei attendait (positive, négative ou des demandes de précisions et de modification de certains points du texte du préambule). Le texte qui vient de la Fraternité Saint Pie-X va maintenant être étudié par une commission présidée par le cardinal William Levada et son secrétaire Guido Pozzo.

 

La Commission Ecclesia Dei avait livré entre les mains de Mgr Fellay un préambule doctrinal au mois de septembre, le résultat des négociations entre lefebvristes et le Saint-Siège. Ce dernier demandait à l'évêque d'accepter le préambule en vue de la reconnaissance canonique de la Fraternité Saint Pie-X.

 

Le préambule, qui n'a jamais été publié, n'était pas un texte à prendre ou à laisser. Le Saint-Siège avait prévu la possibilité aux lefebvristes de demander des éclaircissements et de proposer des explications supplémentaires. En substance, cependant, il ne pouvait pas être changé, puisque le Vatican avait demandé que la Fraternité accepte la «profession de foi» qui est un préalable pour toute personne qui prend une affectation au sein de l'Eglise. Le préambule reconnaît également que le Magistère de l'Eglise a le dernier mot dans les différends doctrinaux.

 

Mgr Fellay, tout en omettant de publier le texte (temporaire) pour le préambule, avait pourtant prévu sur au moins deux occasions publiques - un entretien et un sermon -, les difficultés que les lefebvristes trouveront avec le préambule, il avait déclaré clairement que le texte tel qu'il était ne pouvait être accepté. Beaucoup dans et en dehors de Rome, considérèrent les paroles de son supérieur comme un signe de friction au sein de la Fraternité : la ligne de Mgr Fellay a en effet été soumise à de fortes critiques et à la dissidence ouverte de ses supérieurs dans divers districts, qui s'opposaient l'accord avec le Saint-Siège.

 

Un document est enfin arrivé, mais ce n'est pas ce que le Vatican avait attendu. Les sources l’expliquent, c’est «un document», et non une réponse. En bref, il semble que Mgr Fellay est encore dans un temps de concertation, le report lui évite de prendre une décision dans un sens ou un autre, ou de demander des éclaircissements et des modifications possibles du texte proposé par le Saint-Siège.

 

En attendant, les rumeurs sur les tensions au sein de la Fraternité augmentent. Un bulletin du site Virgo-Maria.org parle ouvertement de la possibilité que Mgr Fellay serait "remplacé" avant juillet 2012, lorsque les postes au sein de la Fraternité devront être renouvelée. Mais le site est connu pour avoir donné des informations infondées à d’autres occasions.

 

Au-delà des déclarations délirantes contenues dans cette qui parle de l’«apostasie» de Rome et le Pape, il est indéniable qu’une forte dissidence interne, sur l'accord avec Rome, a augmenté ces dernières années dans le groupe de lefebvristes. Maintenant nous devons d'attendre et voir comment le Saint-Siège va réagir à cette «réponse qui n'est pas une réponse.»


Si l’on suit alors ces tensions qui se dessinent, le préambule doctrinal a divisé profondément les lefebvristes, pourtant le but de Benoit XVI était de les faire revenir en acceptant pleinement l’enseignement actuel de l’Église et ce n’est devenu qu’une pomme de discorde entre eux.

 

Merci !

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