Publié le 31 Août 2012

Le cardinal italien Carlo Maria Martini, mort vendredi à Milan à 85 ans, a incarné chez les progressistes au sein de l'Eglise catholique l'espoir d'une plus grande ouverture au monde moderne, même s'il a toujours formulé ses critiques et propositions de façon nuancée.

 

Eminent intellectuel, spécialiste de la Bible, auteur de dizaines de livres et contributions théologiques diverses, il était très respecté au delà de la sphère progressiste, aussi bien par Jean-Paul II que Benoît XVI, de deux mois son cadet, qui lui avait encore rendu visite en juin à Milan. Cette très grande figure de l'Eglise a figuré parmi les "papabili" lors du conclave d'avril 2005, au cours duquel Joseph Ratzinger devait être élu.

 

Mais ses positions en faveur d'une institution ecclésiale plus ouverte et en dialogue avec le monde, ainsi que son état de santé -il souffrait déjà de la maladie de Parkinson- avait affaibli ses chances, dès le début des votes. Il avait notamment critiqué en 2008 l'encyclique "Humanae Vitae" du pape Paul VI qui avait dit non à la contraception, en estimant que l'Église s'était ainsi "éloignée de beaucoup de gens".

 

Voix très écoutée dans l'Eglise pour la finesse de ses analyses et son humanité, il avait dénoncé "la tentation" de certains catholiques de "se réfugier" dans des nouveaux mouvements de l'Eglise en leur prêtant une "valeur absolue" et en les transformant en véritables "idéologies". Sur les questions éthiques (préservatif, homosexualité, recherche sur les embryons, fécondation in vitro), disciplinaires (accueil des divorcés remariés, ordination d’hommes mariés, célibat sacerdotal) ou liturgiques (libéralisation de la messe de saint Pie V), il eut toujours le souci de faire circuler un courant d’air, de ne rien figer, pour que «l’Église puisse donner du courage à ceux qui se sentent petits et pécheurs».

 

Il avait dénoncé également les "nouvelles pestes" de la société, telles que la drogue, mais aussi la corruption et la solitude. Il estimait qu'une "évolution" dans le domaine du célibat des prêtres était envisageable, sans que l'Eglise de Rome renonce entièrement à cette discipline, ce qui aurait "des conséquences plus négatives que positives."

 

Ami personnel de Jean Paul II, il avait su marquer sa différence avec lui sur certains thèmes, surtout de la morale. Il échangea une correspondance avec l'écrivain Umberto Eco sur les raisons de croire. À Milan, il multiplia les initiatives : «Écoles de la Parole», séminaires pour les non-croyants, «Lettre aux jeunes que je ne rencontre pas», synode diocésain, etc. Lors de l’un de ses discours annuels «à la Cité», toujours très attendus, il appela, en 1998, l’Église à vivre selon «une éthique de l’humilité, de la modestie, de la miséricorde, du pardon.»

 

En 1999, il avait "fait un rêve" : la convocation d'un nouveau Concile, un Vatican III, estimant que Vatican II (1962/65) était en quelque mesure dépassé. Il en tira les conséquences et appela à «répéter une expérience de rencontre universelle entre les évêques qui permette de défaire certains nœuds disciplinaires et doctrinaux ». Le manque "parfois dramatique" de prêtres, le rôle de la femme dans la société et dans l'Eglise, la participation des laïcs à certaines responsabilités sacerdotales, la sexualité, la discipline du mariage, les rapports avec les orthodoxes et l’œcuménisme en général, le rapport entre démocratie et valeurs et entre lois civiles et loi morales étaient les thèmes qu'il proposait pour un nouveau concile. En 2007, il fit savoir qu'il ne célébrerait pas la messe tridentine (en latin) d'avant le Concile, quand celle-ci a été réautorisée par l'Eglise.

 

Né à Turin le 15 février 1927, Carlo Maria Martini était de la Compagnie de Jésus (jésuites). Exégète de formation, Paul VI l'avait désigné, en 1969, recteur de l'Institut biblique, où il était resté jusqu'en 1978, puis de la prestigieuse Université pontificale grégorienne. Dès 1979, Jean Paul II l'avait nommé archevêque de Milan, le plus grand diocèse d'Europe, qu'il dirigea pendant 22 ans. Président du Conseil des Conférences épiscopales européennes de 1987 à 1993, à l’aise dans une dizaine de langues, il n’a cessé, jusqu’à ses derniers écrits, de jouer la «statue du Commandeur», faisant entendre sa différence, allant jusqu’à paraître, aux yeux de beaucoup, en opposant loyal à Benoît XVI.

 

A son départ en retraite en juillet 2002, à l'âge canonique de 75 ans, il avait réalisé son vœu le plus cher : partir à Jérusalem. Cette année-là, il avait aussi annoncé qu'il était atteint de la maladie de Parkinson. Il était revenu en Italie en 2008, se retirant dans une maison d'études des jésuites, à Gallarate, au nord-ouest de Milan.

 

C'est un grand homme qui nous quitte aujourd'hui, mais il laisse la place à tous les hommes de bonne volonté qui ont écouté ces paroles pour qu'existe une Église du dialogue.

 

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Publié le 30 Août 2012

Les responsables de l'Eglise semblent souhaiter actuellement que les progressistes s’en aillent. Mais, si les progressistes vivant en Occident quittent l'Eglise, ceux qui vivent dans les pays pauvres n'ont guère cette possibilité. Il est important qu'ils restent solidaires des catholiques qui vivent à travers le monde et continuent ainsi leurs actions afin de réformer l’enseignement de l’Eglise. Le fait de quitter l'Eglise est un luxe que les progressistes ne peuvent s'offrir, car cela laissera la place à ceux qui les accusent de tous les mots. Si les progressistes préparent un voyage à Rome afin de dialoguer, qu'ils soient sûr d’une chose : sauf s'ils  s'humilient, personne ne les écoutera. Mais à travers cela, on se rend compte que les adversaires des progressistes ne les comprennent pas et ne les connaissent pas. Comment peuvent-ils être responsable de la crise de l'Église actuelle, alors qu'ils n'ont jamais eu de rôle au sein de la curie et cela depuis les années 1970. Une bonne définition s'impose et pas des écrits polémiques qui souvent ne servent qu'à une chose blesser des personnes qui aiment autant que les autres l'Église.

 

Les progressistes proposent une réforme catholique libérale, fondée sur la charité. Ils aspirent à retrouver la pureté de l'Eglise des origines, sans pour autant renier l'Eglise instituée de leur époque. Les progressistes rêvent d'une société idéale et cherchent à améliorer celle dans laquelle ils vivent. Ils souhaitent une société reposant sur l'égalité, la paix, la tolérance. Ils définissent avec audace une réforme catholique libérale, fondée sur l'imitation du Christ et préférant la religion intérieure aux marques extérieures de la foi, on peut dire qu'ils définissent un culte divin, plus purifié, débarrassé de toutes les cérémonies d'apparat, qui amène leur désir de faire participer chaque croyant à un comportement religieux et à un engagement dans une vie véritablement chrétienne.

 

Le progressisme n'adopte pas une attitude antichrétienne, mais réformiste, par sa volonté de retourner aux sources authentiques de la religion. Les progressistes sont fondamentalement chrétiens, mais ils ont une attitude critique vis à vis de l’Église officielle; ils prônent le retour aux sources pour les textes sacrés : ils refusent en effet le contrôle qu’exerce l’Église sur ces derniers à travers les commentaires qu’elle en donne, et veulent découvrir directement la Bible et les Évangiles. L’Église est très méfiante face à ce comportement qui lui parait sacrilège, et qui, de fait, entraîne la critique de nombre de dogmes et de pratiques. En effet, le progressisme pousse à une indépendance d'esprit, un libre examen des textes religieux qui sont vite perçus comme subversifs par ses adversaires. La révélation n'est pas l'apanage des érudits et doit être accessible au plus grand nombre. La foi ne peut être vécue qu'en ayant une vraie connaissance des textes.

 

Pour les progressistes, la fonction principale de l'institution ecclésiastique est la diffusion de la foi et, par conséquent, celle-ci ne doit pas être gérée comme un État. Les progressistes dénoncent une Église trop étouffante ainsi que ses multiples abus, mais ils lui reste fidèle. Les progressistes ont pour quête la vérité et la dénonciation des préjugés, un rôle que devrait mener l'Église. Quand la foi devient enfermée dans des textes plutôt que dans les cœurs, l'amour devient glacial. Ce qui est forcé ne peut être sincère, et ce qui n'est pas volontaire ne peut plaire au Christ.

 

Les progressistes sont tristes à la pensée que l’Église semble préférer condamner des idées différente des siennes qu'elle nomme hérésies ou incroyances que de promouvoir efficacement la charité et le dialogue. Ils sont convaincu que, parce que les choses humaines sont par nature ambiguës, il ne faut jamais condamner les idées d'autrui. Ce sont des hommes modérés qui refusent l'opposition sauf si on ne leur laisse pas le choix. Pour les progressistes nul ne devrait être inquiété pour sa religion. Le prosélytisme est permis, à condition de procéder avec douceur et modération, de propager sa propre foi par des arguments raisonnables, de ne pas détruire brutalement la religion des autres. Pour les progressistes, il est interdit, si la persuasion échoue, d'avoir recours à la violence et à l'injure. User de violence et de menaces par faire accepter ce qu'on croit être la vérité, paraît aux progressistes un procédé tyrannique et absurde.

 

Finalement les progressistes sont contre la répression de toute pensée libre. Ils ne supportent ni l’intolérance, ni les superstitions, ni les persécutions, ni la censure. C'est pour cela qu'il font un plaidoyer pour la liberté des femmes. Pour les progressistes, le progrès et la culture devront mettre fin à l’ère des fanatismes et de la barbarie. Les progressistes souhaitent juste que l’Église catholique soit plutôt libérale.

 

tai_gong_wang et freyr1978

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Publié le 29 Août 2012

Le cardinal Ennio Antonelli, ancien président du Conseil pontifical pour la famille s’est élevé le 26 août contre "les formes de cohabitation qui voudraient s’assimiler" à la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme.

 

Le thème de la famille était au cœur de l’homélie prononcée le cardinal Ennio Antonelli lors d’une messe célébrée en souvenir de Jean-Paul Ier dans sa ville natale de Canale d’Agordo, en Italie, le 26 août 2012, a rapporté L’Osservatore Romano le 27 août.

 

Le prélat a d’abord rappelé que "le christianisme exalte l’amour de l’homme et de la femme, pourvu qu’il s’agisse d’un amour véritable". La famille fondée sur le mariage et ouverte à l’accueil des enfants, se situe dans la logique du don et favorise la communion entre les personnes.

 

Comment un homme qui n'est pas marié et qui n’a pas d’enfants peut conseiller des couples marié avec des enfants. Il est ainsi normal que les couples mariés n'écoutent pas leur hiérarchie, puisqu'elle ne vit pas leur vie de couple. D'ailleurs beaucoup de nos évêques ne conçoivent pas qu’on puisse avoir des relations sexuelles autrement que pour la procréation.

 

À l’inverse, les autres formes de cohabitation qui voudraient s’assimiler à la famille, se situent dans la logique de l’individu, qui n’appartient qu’à lui-même et tend à n’avoir avec les autres qu’un rapport d’échange, selon l’avantage et la gratification qu’il peut en retirer, a-t-il ajouté.

 

Pour ce sujet là, l'Église devra se remettre en question, car un couple homosexuel s'aime, je rappelle à ce sujet le cardinal François Seper qui rédigea une "Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle" en 1975 qui fut approuvée et promulguée par Paul VI reconnaissant que l’homosexualité puisse être une inclination constitutive pouvant déboucher sur une relation de couple "dans une sincère communion de vie et d’amour" même si les actes sexuels qui en découlaient n'étaient pas approuvés.

 

Pour conclure, Mgr Albino Luciani, le futur pape Jean-Paul Ier, est cité pour avoir dit à un petit groupe de catholiques homosexuels en 1971 : "L'Église fonde sa position sur la tradition, peu importe si c'est bien ou mal .... parce qu'elle est convaincue que le sexe est le fondement de relations à long terme. Ainsi, elle définit le mariage comme étant limité à deux personnes de sexe opposé. Dans le temps, elle devient plus instruite dans cette chose qu'elle prétend être experte dans la psychologie de la relation amoureuse, elle se rendra compte ensuite que l'amour, et non le sexe, est le fondement de la relation amoureuse à long terme". Une position différente de notre Église actuelle.

 

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Publié le 28 Août 2012

Helmut Krätzl, un ancien évêque auxiliaire de Vienne, dans une interview avec le Zurich "Tages-Anzeiger" (8 Août), Un fruit du Concile Vatican II (1962-65), qu'il avait vu : il avait accompagné à cette époque le cardinal de Vienne Franz König à Rome et travailla comme sténographe dans la salle du Concile. Krätzl lutta pour les réformes dans l'église. Il se penche ici sur une évolution salutaire de l'Eglise catholique après le Concile Vatican II :

 

"Pour moi, il était l'un des résultats les plus beaux du Conciles, autant que les évêques latino-américains à Rome qui retournèrent chez eux en 1968 à Medellin pour annoncer l'option préférentielle pour les pauvres. Ils changèrent tous les fronts à la fois. Avant que le Concile montre qu'ils étaient en grande partie du côté des pauvres. C'était comme un miracle, ils avaient créé la base des Églises pour l'Église officielle, mais ils étaient devenus suspect parce qu'ils prenaient l'analyse politique du marxisme qui avait prise dans la ville de Rome et qui fut utilisé plus tard par d'autres évêques ..."


Nous voyons à travers ces quelques lignes son regard critique sur le développement inhibé de l'Église, et influencé par sa propre expérience au sein du Concile, mais aussi dans sa croyance profonde au pouvoir de l'Église à se renouveler. Il pense qu'un renouvellement de l'Eglise ne peut venir d'en haut. Comme presque toujours dans l'histoire, le renouvellement pour lui ne peut venir que d'en bas. Après tout n'a-t-il pas eu raison de dire : "L'église n'est pas le royaume de Dieu, mais elle doit se rapprocher de lui."


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Publié le 27 Août 2012

Manifestation sans précédent le 24 août 2012 en Grèce : 3000 immigrés, environ, ont défilé dans les rues d’Athènes pour dire stop aux violences racistes. C'est l’une des plus importantes marches contre le racisme organisée dans la capitale grecque ces dernières années. Les immigrés sans papiers sont de plus en plus pris pour cible. Et les attaques racistes se multiplient.

 

Cette manifestation survient au lendemain de l’arrestation de plusieurs centaines d’immigrés et leur placement en détention dans un camp militaire de la ville de Corinthe dans le Péloponnèse. Cette décision a provoqué la colère des autorités locales et des habitants qui se sont rassemblés devant le camp pour dénoncer leur placement en détention.

 

La foule, en majorité d’origine pakistanaise, dénonce le climat xénophobe qui a envahi le pays depuis l’aggravation de la crise et l’entrée au parlement de 18 députés du parti d’extrême-droite “Aube dorée”. Le discours ambiant criminalise les immigrés, il n'y a pas de ligne directrice qui condamne ces violences, ce qui, d'une certaine façon, les légitime. Il y a toujours eu une certaine tolérance de la part de l'Etat et de la police face aux agressions des immigrés.

 

Le 11 août dernier, un jeune Irakien avait été tué, victime d’une agression raciste. Il y aussi eu des réaction à des graffitis jugés blasphématoires inscrits la semaine dernière sur les murs d'un lieu de culte musulman de la banlieue pauvre de Renti. Le gouvernement, lui-même, a durci le ton, estimant que les immigrés “menaçaient la survie du pays”. Une banalisation des violences xénophobes qui a valu à la Grèce un rappel à l’ordre du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies.

 

Le pays est actuellement dans le collimateur des organisations et ONG internationales, dont le Conseil de l'Europe et Human Rights Watch, pour son incurie face à la violence xénophobe et l'impunité de fait jusque là garantie à ses auteurs, dont beaucoup présumés proches du parti néo nazi Aube Dorée.

 

Cette indifférence des autorités contre ce phénomène est intolérable et la police en ne faisant rien y participe à sa manière. Elles devraient envoyer un message fort à tous ceux qui commettent ces agressions, pour qu'ils comprennent qu'elles ne seront pas tolérées, que des enquêtes approfondies et énergiques seront menées et que les auteurs présumés seront traduits en justice. Il est grand temps que la société grecque réagisse face à ces actes honteux et réaffirme son rejet de la haine raciste.

 

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Publié le 26 Août 2012

L’Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève est préoccupé par la montée de l’intolérance religieuse dans le monde. Les chrétiens constituent le groupe religieux le plus persécuté au monde, a rappelé Mgr Silvano Tomasi le 23 août 2012, lors du Meeting pour l’Amitié entre les Peuples, dans la ville italienne de Rimini.

 

Au micro de Radio Vatican, Mgr Tomasi a pointé une hypothétique intolérance antichrétienne qui se propagerait en Occident. "Dans certains cas, c’est l’Etat qui limite ou opprime la liberté des croyants. Dans d’autres, c’est la société qui persécute les croyants, chrétiens ou autres, parfois avec la complicité du système judiciaire et des autorités politiques". Ce n'est pas une persécution, à travers cela le Vatican ne perd pas l'espoir de remettre en cause la laïcité. A l'échelle européenne, il n'a pas renoncé à mettre en cause certaines lois adoptées actuellement par tous les pays démocratiques sur les mœurs, l'union des homosexuels, le droit à l'avortement, le droit de choisir sa vie dans la dimension la plus intime.

 

La persécution des chrétiens est un phénomène très répandu au Nigeria, en Somalie, en Irak, en Inde, mais aussi sous des formes diverses en Occident, a indiqué l’Observateur permanent du Saint-Siège, lors du 33e Meeting de Rimini, organisé par le mouvement 'Communion et Libération' (CL). Pour ce mouvement, la modernité est une idéologie surannée, mais sa grande force réside dans son ambiguïté ; il est laïque et moderne en apparence, son assise financière considérable ne manque pas de conforter son pouvoir au sein d’une institution dont les ressources matérielles s’épuisent. Sa profonde implication dans le monde profane lui garantit un taux de pénétration exemplaire dans des sphères autrefois négligées. Inquiétant.

 

Mgr Tomasi a relevé une soit disant stratégie en vogue dans la culture occidentale, celle de dire ou de penser que la religion entrave les libertés individuelles. Mais c’est oublier de préciser qu’en s’efforçant de supprimer toute intervention publique de la religion, les États, ainsi que des groupes culturels ou sociaux, violerait les droits des croyants. Les droits des croyants doivent respecter le cadre laïc et ne pas imposer un cadre religieux à un cadre civil, donc les interventions ne doivent en aucun cadre dépasser le cadre qui est imparti à la religion.

 

Cette stratégie sournoise serait efficace. Elle empêcherait les valeurs chrétiennes d’être prises en compte dans les décisions publiques, a-t-il soulevé. Aurait-il oublié que dans la laïcité, les religions ne doivent pas avoir de pouvoirs politiques ni influencer le gouvernement d'un pays et réciproquement le pouvoir politique ne doit pas intervenir dans les affaires propres aux différentes religions. Elle défend la séparation des Églises et de l'État.

 

On sait ce que souhaiterait le Vatican en Occident, ils voudrait le voir guidé par la conviction que les principes gouvernant la vie sociale et politique sont intimement liées à un ordre moral basé sur l’autorité souveraine de Dieu. Pour les hiérarques du Vatican, il faut combattre toute tendance visant à traiter la religion comme sujet relevant de la sphère privée.

 

La laïcité est une victoire de la civilisation. C'est la garantie de la neutralité absolue des institutions publiques. La laïcité assure également aux individus des garanties rigoureusement égales. La laïcité n'est pas contre les religions. Á terme cette bataille de l'Eglise est perdue dans les pays européens : ou elle s'adapte aux réalités sociales, ou ses fidèles ne seront plus qu'un petit groupe de fanatiques.

 

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Publié le 25 Août 2012

Les laïcs ne sont pas seulement les collaborateurs des prêtres. Une idée qui est au cœur du message de Benoit XVI adressé au Forum International d’Action Catholique réuni en assemblée du 22 au 26 août à Iasi en Roumanie.

 

Les laïcs ont en effet un rôle «qui leur est propre», souligne Benoit XVI : «ce sont des personnes qui sont réellement coresponsables de l’être et de l’agir de l’Eglise». Ils sont ainsi appelés à être des témoins courageux et crédibles dans tous les secteurs de la société. A la lumière du magistère social de l’église - précise le Pape - les laïcs travaillent pour être toujours plus un laboratoire de globalisation de la solidarité et de la charité afin d’offrir un futur plein d’espérance à l’humanité.

 

La coresponsabilité entre laïcs et prêtres, pratique la fraternité et la convivialité, donne la parole à chacun et la priorité aux pauvres. Elle se laisse interpeller par l’Evangile et vit des partages dans lesquels chacun peut proposer sa propre parole, car Dieu et la vérité n’appartiennent à personne.

 

Benoit XVI ne manque pas de citer la Constitution dogmatique «Lumen Gentium» du Concile Vatican II qui qualifie le style de rapport entre les laïcs et la hiérarchie catholique par l’adjectif «familier». Ainsi «les pasteurs de l’Eglise, forts de l’expérience des laïcs, ont un jugement plus clair et plus opportun aussi bien spirituellement que temporellement» note encore le Pape. Les laïcs forment des communautés ouvertes sur le monde qui se prennent en charge sans attendre ou suivre aveuglément des consignes venues d’en haut. 

 

Le rôle des laïcs, «réellement coresponsables de l’être et de l’agir de l’Église » , est donc «une école de mondialisation de la solidarité et de la charité, pour croître, avec toute l’Église, dans la coresponsabilité d’offrir un avenir d’espérance à l’humanité, en ayant le courage également de formuler des propositions exigeantes» . Le pape, en rappelant la «longue et féconde histoire» de l’action catholique écrite par des « témoins courageux du Christ» , l’invite enfin à renouveler son engagement à «marcher sur la voie de la sainteté, en maintenant une intense vie de prière, en favorisant et en respectant des itinéraires personnels de foi» .

 

Les laïcs  promeuvent le dialogue et adoptent en conscience des règles de vie adaptées au temps présent en s’inspirant de l’exemple donné par le Christ plutôt que d’adopter une doctrine toute faite considérée comme immuable. Si la mission des laïcs n’a pas d’autre but que le service de l’Eglise, elle porte déjà les stigmates de la mort.

 

Mais il est heureux que Benoit XVI insiste sur le rôle des laïcs alors que lors de son voyage en France en 2008, il avait dit : "Les prêtres ne peuvent déléguer leur fonction aux fidèles en ce qui concerne leur mission propre." Les laïcs devaient-ils se retirer du champs pastoral ? Pour Benoit XVI, non, car il a décidé que les laïcs ont un rôle à jouer dans l'Église. Encore faut-il que la curie ne déforme pas ses propos comme elle l'a souvent fait pour beaucoup de papes.

 

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Publié le 24 Août 2012

Un groupe de catholiques éminents ont donné leur soutien public au mariage gay en Angleterre et au Pays de Galles.

 

Dans une lettre au Times, le lundi 13 août, 27 personnes - majoritairement des théologiens et des membres du clergé - ont dit qu'il est "tout à fait approprié pour les catholiques pleinement informé qui utilisent leurs consciences" de soutenir le plan du gouvernement visant à introduire le mariage civil de même sexe, malgré l'opposition des Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles.

 

Ils ont expliqué : "Pas tous les catholiques partagent ces vues exprimées à l'encontre de leur hiérarchie sur des propositions visant à étendre le mariage civil aux couples de même sexe."


Le groupe comprend Alison James une théologienne, Tina Beattie, Mary Grey, le Père Kevin Kelly et Gérard Loughlin.

 

La lettre du groupe catholique cite le regretté Cardinal Basil Hume, qui avait écrit en 1997 que "l'amour entre deux personnes, du même sexe, ou d'un sexe différent doit être apprécié et respecté", et que ces relations peuvent "être offerte comme une reconnaissance sociale selon les principes de la justice sociale. "


Un point de vue qui se défend, car les couples du même sexe ont le droit à cette reconnaissance sociale, et de ne pas d'être traité en citoyens de seconde zone. L'Église peut donner son avis, mais le mariage civil est une décision de l'État et s'il est adopté, la loi sera la loi, quoi qu'elle en dise.

 

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Publié le 23 Août 2012

La première communauté des dominicains pénètre dans le Nouveau Monde, à Saint-Domingue, dans les Antilles, en septembre 1510. Fray Antonio de Montesinos, suivant ces paroles de l'Evangile "Une voix crie dans le désert" (Mt 3,3), prononce au nom de toute la communauté le 4ème dimanche de l'Avent de 1511 un sermon courageux et prophétique contre l'exploitation des indigènes. Il a dénoncé les injustices dont il a été témoin en annonçant «la voix qui crie dans le désert de cette île, c'est moi, et je vous dis que vous êtes tous en état de pêché mortel à cause de votre cruauté envers une race innocente». "Ces gens ne sont-ils pas hommes ? N'ont-ils pas une âme, une raison", demande-t-il.

 

Il a déclaré également : "De quel droit réduisez-vous les Indiens en esclavage ? Je vous avertis : si vous ne rendez pas aux Indiens les terres que vous leur avez volées, si vous ne leur rendez pas la liberté, nous ne pourrons pas vous pardonner vos péchés quand vous viendrez vous confesser, et nous vous interdirons de communier à la messe."


Par ce sermon  qu'il prononça le 21 décembre 1511 sur l'île d'Hispaniola (Saint-Domingue), le missionnaire dominicain secoua la conscience de Bartolomé de Las Casas. Ce dernier allait par la suite se convertir à la cause de la défense des Indiens. Le prêche de l'Avent de Fray Antonio de Montesinos devant le vice-roi Don Diego Colomb, le fils de Christophe Colomb, et d'autres autorités de la colonie espagnole allait susciter de violentes réactions des puissants propriétaires d'esclaves et des autorités coloniales, le religieux risquant même d'être lynché. Antonio Montesinos avait commencé, à partir de 1511, à refuser les sacrements aux propriétaires d'encomienda indignes et à les menacer d'excommunication, ce qui lui aliène l'oligarchie locale, en particulier le gouverneur Diego Colomb, le fils de Christophe Colomb.

 

Il leur fut répondu par les dominicains : "Il n'a dit que ce que nous considérons comme la vérité évangélique et comme le salut tant des Espagnols que des Indiens." Malgré les terribles pressions qu’ils durent subir, les dominicains refusèrent de se rétracter. L’affaire fut portée devant le roi d’Espagne. Antonio Montesinos plaida la cause des Indiens en Espagne en 1512, avec un certain succès. De ce conflit naîtront en 1512 les Lois de Burgos (maintien de l'encomienda, mais ces lois sont censées protéger les Indiens et les instruire dans la foi).

 

Selon les témoignages, les paroles du missionnaire dominicain produisirent une énorme sensation auprès des auditeurs qui restèrent abasourdis. Beaucoup demeurèrent insensibles, d'autres furent plus endurcis encore, mais aucun ne se convertit. Lancé depuis l’île d’Hispaniola, ce premier cri de protestation peut être considéré comme une pierre de fondation des Droits de l’Homme.

 

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Publié le 22 Août 2012

Le journal du Vatican, l'Osservatore Romano, est monté lundi  20 août en défense des évêques français dans la polémique sur leur prière de l'Assomption qui défendait la famille traditionnelle, en reproduisant, fait inhabituel, une tribune du quotidien français Le Monde.

 

Ce texte de l'écrivain français Patrick Kéchichian, traduit en italien et figurant intégralement en première page, dénonce la "disproportion flagrante" des critiques de "ceux qui confondent la laïcité et l'anticléricalisme militant". Pourtant seules la paroisse du Saint-Esprit à Toulouse et la paroisse Saint-Merry à Paris ont publiquement assumé cette position. D’autres ont certainement refusé mais sans le déclarer ouvertement. Certains prêtres ont également émis des réserves et changé les paroles de la prière, comme ce fut le cas dans ma paroisse. D'ailleurs l'Union des familles laïques (Ufal) avait fustigé une tentative de "ranimer, contre la majorité nouvellement élue, une guerre idéologique autour de la famille". Ce qui est tout à fait juste.

 

Les évêques catholiques français ont appelé les fidèles à dire une prière lors de la fête du 15 août, interprétée aussitôt comme une prise de position contre le mariage des homosexuels inscrit au programme du gouvernement socialiste. Bizarre, car pour expliquer la nature de la prière du 15 août, consacrée notamment à la crise sociale mais aussi à la défense des valeurs de la famille, la Conférence des Evêques de France a rappelé qu’elle était hostile au mariage homosexuel et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, prôné un débat sur ces questions de société, tout en condamnant l’homophobie, même si cette position en fait le terreau.

 

Alors que le gouvernement prévoit de légaliser le mariage et l'adoption d'enfants pour les couples homosexuels, les fidèles étaient appelés à prier pour que les enfants "cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère". L'Union des familles laïques (Ufal) avait fustigé une tentative de "ranimer, contre la majorité nouvellement élue, une guerre idéologique autour de la famille".

 

Le droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels sont des engagements de campagne du président François Hollande. Or, aux yeux de Patrick Kéchichian, auteur d'un ouvrage intitulé "Petit éloge du christianisme", cette prière "n'attaque, ne met en accusation personne, et sûrement pas les homosexuels". "N'est-il pas évident", s'interroge-t-il, "que ce qui est, ici, défendu n'est assorti d'aucune condamnation à l'adresse des personnes ou des groupes qui ne partagent pas la même vision de l'humanité et de ses lois ?" "Pourquoi l'Eglise ne donnerait-elle pas sa pensée sur un sujet qui est au premier rang de ses préoccupations ?", écrit-il.

 

Le président du Conseil pontifical de la famille, Mgr Vincenzo Paglia, avait déjà réagi dans le même sens: "Personne ne veut nier les droits individuels : absolument non!", avait-il dit en réponse aux accusations d'homophobie portées contre l'Eglise.

 

L'Eglise est désormais plus attentive que par le passé à ne pas fustiger les personnes de même sexe vivant ensemble, même si elle juge "désordonnée" leur union et défend le mariage entre un homme et une femme. On peut voir ici que l' Église n’est plus en avance sur les questions de société. Le problème est que dans toutes les déclarations, l’homosexualité est toujours présentée comme un problème de société, un problème psychologique, un problème externe à l’Eglise. Or, ce discours néglige totalement l’homosexualité comme partie structurante du catholicisme, comme c’est le cas dans toute société.

 

L’histoire nous montre qu’il y a bien des choses que l’Eglise a condamné et dans lesquelles elle a finalement retrouvé le bon chemin. L’histoire montre aussi que, lorsqu’il y a un changement social important, les catholiques réaménagent ce qui jadis n'était pas permis. Aujourd'hui, on a surtout l’impression que l’on réduit uniquement la doctrine sociale de l’Eglise aux affaires de mœurs et cela devient lassant.

 

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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