Publié le 30 Novembre 2012

Vatican Insider nous offre ici la vision du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Gerhard Ludwig Müller, sur les interprétations du Concile. Et force est de constater qu'il confond aisément progressistes et traditionalistes, ce qui est tout simplement odieux. On ne peut pas comparer deux conception de l'Église totalement opposées.

 

Ceux qui considèrent que le Concile Vatican II, est une rupture avec la tradition Église, offrent ainsi une «interprétation hérétique» de ce grand événement ecclésiastique. Et cette erreur doctrinale ne se ferait pas seulement avec les innovateurs modernistes : elle est donc commise par des néo-traditionalistes qui croient que le Concile Vatican II aurait prétendument tourné le dos à la "tradition de l'Église". La suggestion que la position traditionalistes peut avoir des éléments «hérétiques» est du fait le 28 novembre au soir de l'archevêque Gerhard Ludwig Müller, actuel préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ses remarques intervinrent lors de la présentation du tome VII de l'édition allemande de "Opera omnia" de Joseph Ratzinger, une collecte systématique de toutes les œuvres que le théologien dédia au Concile et des documents qui en est sortirent. La présentation avait eu lieu dans un endroit très évocateur : le Collège Teutonique de Santa Maria dell'Anima qui était alors la base logistique du théologien expert Joseph Ratzinger pendant les sessions du Concile.

 

Mgr Müller trouve "absurdes" les allégations qui étiquettent le cardinal Ratzinger comme un théologien progressiste du Concile ayant changé de cap pour devenir plus tard conservateur. Le pape n'aurait pas changé d'avis sur le Concile et l'Église, selon le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Parce que le Concile aurait annoncé une autre religion, mais en continuité avec les précédents conciles qui "avaient contribué à sa réalisation." Bizarre, car Benoît XVI fut en sa jeunesse un des experts, en qualité de théologien libéral et progressiste dans son rôle de bras droit du Cardinal Frings de Cologne pendant le Concile Vatican II. Il fut aussi un disciple de Karl Rahner, un des plus fameux théologiens réformateurs de l'époque. De sorte que sa formation intellectuelle et théologique était forcément progressiste. Selon le Cardinal Balthasar : "Ratzinger avait toujours été pour une position avancée et favorable à l'ouverture." De théologien progressiste, ce dernier serait devenu un Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi conservateur.

 

Lors de sa présentation, le chef du dicastère doctrinal, avait clairement indiqué que la seule interprétation orthodoxe du Deuxième Concile du Vatican est qu'il doit être considéré comme une possibilité de réforme et de renouveau, en continuité avec l'Église, que le Seigneur aurait donné. Mgr Müller voit que la seule herméneutique qui respecte "l'unité indissoluble entre les Saintes Écritures, la tradition complète et intégrale, et le Magistère, qui trouve son expression la plus élevée au sein du Concile, présidé par le Successeur de Saint Pierre, comme chef visible de l'Église ."  Les historiens ont vu les éléments de rupture se trouvant dans le concile, malheureusement la hiérarchie ne veut pas faire ce devoir d'historicité. Ils insistent pour montrer que la vison négative du monde par l'Église dans les années 1950 devint positive grâce au Concile. Beaucoup de théologiens avant le concile étaient mis au ban de l'Église car il étaient trop novateur, ils furent ensuite vu comme les plus grands théologiens de leurs temps. Cela donna une Église qui voulait s'ouvrir au monde avec un langage compréhensible et adapté à son époque. Il vint malheureusement ensuite une phase de restauration.

 

Mgr Müller opposa cette "interprétation singulière orthodoxe" avec une "interprétation hérétique" qu'il avait identifié avec "l'herméneutique de la scission, à la fois sur le front traditionaliste et le front progressiste." Selon Mgr Müller, ce qu'ils partagent en commun, c'est un rejet du Concile : "les progressistes veulent le laisser derrière eux, comme s'il s'agissait simplement d'une phase qui devrait être abandonnée dans le but d'aller vers une autre Église, les traditionalistes eux souhaitent s'orienter vers une telle Église, comme si elle représentait l'hiver de la Catholicité ". Les progressistes ne rejettent pas le Concile, mais devant la crise que subit l'Église, il est urgent de voir ce qui était nouveau dans le Concile et finalement de répondre aux sujets qu'il n'avait pas abordé. Le rejet est du côté des traditionalistes, les progressistes le prennent en référence, mais Mgr Müller semble l'ignorer.

 

Dans son discours, l'ancien évêque de Ratisbonne décrit la contribution de Joseph Ratzinger, d'abord comme théologien au cours des réunions du Concile réelles (en tant que conseiller théologique du cardinal Joseph Frings), puis lors de la phase de réception longue et tumultueuse des enseignements conciliaires. "C'était un moment de grande espérance. Quelque chose d'important devait arriver ", comme l'avait signalé Benoît XVI dans la préface du volume allemand de son ouvrage présenté par Mgr Müller. Mais les espérances furent vivement déçues.

 

En gros, l'Église par peur veut fermer une vision ouverte du Concile pour imposer une vision unique, celle du pape, mais à travers cela on voit l'ignorance de la vision qu'aurait le Peuple de Dieu du Concile.

 

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Publié le 29 Novembre 2012

Tel était le sujet retenu pour une soirée débat animé par Philippe Mawet, dont il est l'auteur du compte rendu fait à InfoCatho.be le 22 novembre, qui s’est tenue dans la grande chapelle des Fraternités du Bon Pasteur à Bruxelles le 20 novembre.

 

Plus de 350 personnes avaient répondu à l’invitation des paroisses et communautés de «Stockel-aux-Champs». La soirée, qui fut donc animée par l’abbé Philippe Mawet, responsable de l’Unité Pastorale a permis de rencontrer trois intervenants «de grand format» : Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles, le Chanoine Eric de Beukelaer, doyen de Liège-Centre et Christian Laporte, journaliste à La Libre Belgique. L’événement avait été organisé et préparé par les Fraternités du Bon Pasteur.

 

Il y eut des souvenirs mais aussi des réflexions de grande profondeur. Il y eut beaucoup d’humour de la part des intervenants mais aussi une belle compétence pour apporter une meilleure compréhension de ce que fut le Concile Vatican II. Il y eut de nombreuses interventions de la part des participants mais aussi des «réponses» venues enrichir un débat qui n’était ni trop polémique ni trop consensuel mais … fécond et instructif. Car c’est vrai, comme l’ont souligné les intervenants, que le Concile Vatican II fut un tournant parce qu’une étape marquante  dans l’Histoire encore récente de l’Église. Mgr Jean Kockerols ne manqua pas de souligner combien les travaux conciliaires donnèrent lieu à beaucoup de réflexions, voire même de «chamailleries», mais ces années débouchèrent sur un résultat (extraordinairement fécond) dont nous sommes aujourd’hui encore les héritiers et les bénéficiaires.

 

Le Chanoine Eric de Beukelaer, par ailleurs professeur d’Histoire de l’Eglise, souligna le fait que le Concile aurait dû se tenir 30 ans plus tôt mais que l’Histoire du XXe siècle - et notamment les deux grandes guerres - ne l’ont pas permis. Et Christian Laporte évoqua «la Squadra Belga»  qui donna au Concile une empreinte belge que personne ne conteste.

 

Au cours des échanges, il fut beaucoup question des préoccupations des participants par rapport à l’avenir de l’Eglise. Le Concile a-t-il répondu à "l’aggionarmento" qui était à son programme ? Différentes interventions exprimèrent le souhait de ne pas enfermer la vie chrétienne dans des règles trop rigides. Il fut également question de la place des femmes et  des jeunes dans nos communautés …. sans oublier ce nouveau regard porté sur le monde en voulant rejoindre les joies et les tristesses des hommes et des femmes de notre temps (et de tous les temps).

 

Tous les intervenants étaient également d’accord pour dire qu’il fallait d’abord «digérer» Vatican II avant d’envisager un Concile …Vatican III ! Ici, je ne suis pas d'accord, car quand on fit le concile Vatican II, on avait toujours pas fini le concile Vatican I. Il faut signaler également que le Concile Vatican II n'a pas réglé certains problèmes qui sont toujours très actuels. Et la soirée se termina par des échanges informels autour d’un vin chaud offert par les Fraternités du Bon Pasteur.

 

Une soirée débat intéressante où le Concile Vatican II est reconnu comme un tournant, mais aussi qui s'est également posé la question de l'avenir de l'Église, ce qui amène à voir au final une autre image du Concile plus en phase avec ce qu'en pense les fidèles. Après tout comme le dit l'abbé Philippe Mawet : "L'important est de coller à la réalité du monde d'aujourd'hui".

 

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Publié le 28 Novembre 2012

Le lundi 26 novembre, avait eu lieu à Zurich une conversation entre l'initiative des paroisses et trois évêques. Aucune approche de fond n'a été atteinte, selon les porte paroles du mouvement.

 

Les évêques participant déclarèrent d'abord qu'ils n'avaient pas les informations qualitatives pour discuter avec eux. Tout d'abord, les membres de la Conférence épiscopale devaient délibérer sur l'initiative des paroisses.

 

Lors de la réunion, les évêques Markus Büchel, Felix Gmür (pourtant plus courageux) et Vitus Huonder (aux ordres de Rome) se trouvaient d'un côté et de l'autre l'initiative des paroisses avec la gestionnaire Monika Schmid, le prêtre Stephan Guggenbühl, les dirigeants communautaires et les diacres Hans-Peter Vonarburg et Mark Heil. La conversation était dans une ambiance collégiale, comme le disait le communiqué du groupe des porte paroles de l'initiative des paroisses. Les différentes positions furent approfondies et "remplacées par un grand nombre pour comprendre les difficultés de l'autre camp." Une approche de fond ne s'est pas concrétisé, comme l'écrit le groupe de porte parole.

 

Trois arguments ont été principalement mis en avant par les évêques, afin d'aller plus loin. D'abord, ils furent "irrité parce qu'ils considéraient que leur initiative était inutile." Dès le départ, un dialogue de sourd. Ils savaient très bien où voulaient en venir l'initiative. Parce que pour le groupe de porte paroles :  "Tout le poids le plus lourd, fait craindre publiquement à de nombreuses personnes cette pratique, qui est décrite dans le texte de l'initiative des paroisses." On peut se demander pourquoi l'initiative des paroisses s'est alors réalisé grâce à une honnête fusion, ayant en plus une bonne part de vérité.

 

En outre, les évêques prennent cela en infraction parce que l'initiative des paroisses dans le secteur public a donné l'impression qu'elle voulait faire des exceptions à la règle qui se justifiaient théologiquement avec des arguments faibles et peu concluants selon eux. Cependant les représentants de l'initiative des paroisses par un communiqué soulignèrent que la théologie et la pratique donnent divers courants et contre-réglages. L'initiative des paroisses reconnaît cette diversité comme un atout. Cela inclut le respect pour ceux qui ne travaillent pas dans leur paroisse de la manière décrite pour l'initiative. Il était important pour eux également, qu'ils ne soient pas appelés "une autre Église." En outre, la situation de l'Église est en effet devenue si critique qu'elle mène inévitablement à faire quelques exceptions à la règle.

 

Pour eux, c'est le moment de faire un examen approfondi de la question des paroisses et de ce qu'il devrait-il y avoir à l'avenir. L'initiative des paroisses vota pour que les paroisses puissent se gérer. Les regroupements ne pourraient avoir qu'une fonction secondaire. Ainsi une paroisse locale pourrait célébrer la messe le dimanche, avec un chef religieux ou des dirigeants de l'Église qui auraient une personne de référence fixe. Face aux demandes de clarifications des évêques, les fondateurs de l'initiative des paroisses ont convenu de clarifier leurs affirmations à l'avenir.

 

Le dilemme fondamental est évident, mais, comme l'indique le communiqué : d'une part, les prêtres ont contribué au travail de leurs paroisses, avec une certaine joie et un grand dévouement. D'autre part, l'écart entre les revendications de la hiérarchie de l'Église et de la réalité paroissiale ne peut qu'amener à résoudre des "tension parfois insupportable". Certainement causées par les déclarations doctrinales de l'Eglise, qui amènent des irritations souvent fondées. Une légion de prêtres et de ministres des cultes trouveraient celles obtenues par la solidarité paroissiale de l'initiative comme un soulagement. 449 aumôniers et conseillers ont certifié par leur signature l'urgence de l'initiative des paroisses, comme le signale les porte paroles de l'initiative.

 

Enfin, le mouvement parla aussi d'éventuelles sanctions envers des personnes qui serait une source de préoccupation considérable. Cette question ne peut être tranchée actuellement. Les évêques discuteront des questions soulevées dans l'initiative des paroisses lors de la Conférence épiscopale et pourraient discuter de certains de ces sujets dans leurs commissions.

 

Après ce dialogue initial, l'initiative des paroisses montra qu'elle reposerait sur trois buts, afin de communiquer clairement sa présence indispensable : d'abord, elle vise à renforcer la solidarité entre les prêtres. Elle veut surmonter conjointement les craintes et contribuer à une plus grande vérité. L'initiative des paroisses est aussi un lieu où certains pourront suivre une pastorale liturgique complète, qui est abordé dans l'initiative, afin de réfléchir ensemble.

 

Deuxièmement, l'initiative des paroisses sera là où l'Église est tangible à nouveau pour les gens d'Église. L'invitation à participer à l'Église promulguée à tous les peuples, montre bien que l'œuvre de Dieu dans les sacrements est associée à un changement graduel de vie.

 

Enfin, l'initiative des paroisse relie ces préoccupations dans l'approche allemande et internationale à venir dans le développement de ces questions soulevées à niveau suivant.

 

L'initiative des paroisses a assez de succès pour que trois évêques suisses et non des moindres ont essayé de discuter avec elle, cette dernière ne demande qu'à rester au sein de l'Église pour lui apporter des réformes, encore faut-il qu'elle soit écoutée.

 

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Publié le 27 Novembre 2012

Je vais reprendre à partir d'aujourd'hui les lectures commentées de l'évangile du Dimanche, étant trop occupé auparavant pour le faire.

 

La lecture de l'évangile du Dimanche 25 novembre, concernait l'interrogatoire de Jésus devant Pilate de Jean 18, 33-37 :

" Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire ; il appela Jésus et dit : " Tu es le roi des Juifs ? "

Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? "

Pilate répondit : " Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait ? "

Jésus répondit : " Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. "

Pilate lui dit : " Donc tu es roi ? " Jésus répondit : " Tu le dis : je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. "

 

Ce texte comme la majorité de ceux de l'évangile de Jean est une savante construction théologique issu du récit de l'interrogatoire de jésus devant Pilate de Marc 15, 2 dont on doit reconnaitre la brièveté :

" Pilate l'interrogea : " Tu es le roi des Juifs ? " Jésus lui répond : " Tu le dis. " "

Si bien que Marie-Émile Boismard (Synopse des quatre évangiles en français, vol. III, L'évangile de Jean, avec A. Lamouille et G. Rochais, Paris, Édition du Cerf, 1977), Charles Harold Dodd (La tradition historique du quatrième évangile, Coll. « Lectio Divina » n°128, Éd. du Cerf, 1987) et Robert T. Fortna (The Gospel of Signs: A Reconstruction of the Narrative Source Underlying the Fourth Gospel, SNTS Monograph Series, 10, Cambridge University Press,1970), pensent que le récit primitif de l'évangile de Jean se présentait ainsi :

" il appela Jésus et dit : " Tu es le roi des Juifs ? " Jésus répondit : " Tu le dis (: je suis roi). "

Cette réponse suffisait amplement pour condamner Jésus à la peine de crucifixion car il reconnaissait même indirectement être roi, et sans l'épisode de Barrabas, qui est probablement inauthentique, vu “ son habitude d’insulter son interlocuteur, (...), ses assassinats de personnes non-jugées et non-condamnées (...). ” (Philon d'Alexandrie, Légation à Caïus, § 288.) Il faut dire que le préfet de Judée a l'autorité suprême en matière judiciaire de l'empereur lui-même et n'a donc aucun besoin de faire un procès dans les formes ni même d'en faire un, comme le montre l'épisode du prophète Samaritain (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, IV, 1). Vu son respect de l'interlocuteur juif que lui prête Philon, on peut douter d'un dialogue du style tel que l'évangile de Jean le rapporte. Il aurait été nettement plus agressif.

 

Comment alors d'un récit primitif court en est-on arrivé à un dialogue sur la royauté de Jésus. Ici, on se trouve plutôt dans les arguments développés entre 88 et 95 par la communauté chrétienne d'Éphèse face aux autorités lors des poursuites (et non persécutions qui ne commenceront qu'en 250 sous l'empereur Dèce) que mènent Domitien dans la province d'Asie (Turquie actuelle) contre ceux suspects de Judaïsme, tel qu'autorise à le penser les mentions qui sont évoqués dans la partie consacrée aux sept églises d'Asie, en particulier Apocalypse 2, 3, 10, 13, 26-28 ; 3, 4-5, 21). Et on peut même dire que ce dialogue évoque les arguments des chrétiens devant les autorités.

Le magistrat devant lequel allait les chrétiens lorsqu'ils étaient dénoncés était le gouverneur de la province, tel que le montre les Lettres 96 à 97  du Livre X de la Correspondance de Pline le jeune  avec l'empereur Trajan. Celui-ci fut gouverneur de Bithynie de 111 à 113/114, et cette province se situait également en Turquie. Ce dernier leur demandait s'ils étaient chrétiens à trois reprises et s'ils persistaient, ils étaient condamnés du fait de leur entêtement et s'ils étaient citoyens romains, envoyés à Rome. Le dialogue de l'évangile de Jean ressemble donc plutôt au dialogue d'un chrétien avec un gouverneur d'une province d'Asie, où le Christianisme est en plein développement entre le milieu et la fin du Ier siècle.

 

Il faut reconnaître que les Chrétiens poursuivis avait peut-être peu d'arguments, vu que les apologistes n'apparaissent qu'au IIe siècle et que les épîtres de Paul, qui circulait dans l'Orient romain, ne faisaient aucune référence à ce genre de cas. L'évangéliste a probablement voulu mettre dans la bouche de Jésus ce que ce dernier n'avait pas pu ou pas su dire devant les autorités romaines et à travers lui un guide des arguments en faveur de ceux qui comme lui se retrouve devant ces mêmes autorités. Ainsi, les versets 33 à 34, ressemble à la première partie d'un interrogatoire par un gouverneur : " Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire ; il appela Jésus et dit : " Tu es le roi des Juifs ? " Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " Pilate répondit : " Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait ? " " En modifiant certains termes, cela donne ce qui suis pour un interrogé chrétien : " Alors le gouverneur entra dans le prétoire ; il appela un tel et dit : " Tu es un chrétien ? " Il répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " Le gouverneur répondit : " Est-ce que je suis Juif, moi ? D'autres t'ont livré à moi. Qu'as-tu fait ? " " À la question, on n'est pas invité à répondre à la positive mais plutôt à interroger l'interlocuteur, qui invite le gouverneur à mettre en valeur le fait que Juifs et Chrétiens étaient alors confondus, tel que le montre Suétone dans la Vie de Claude (25, 11) et à lui reposer la question pour qu'il précise une deuxième fois s'il est Chrétien. Ainsi, le Chrétien cherche à se démarquer des Juifs, ce qui sera utile pour les arguments qu'il fournira par la suite. Ici, le texte suit la procédure de Pline le Jeune.

 

Le texte se poursuit comme une réponse à la deuxième demande du gouverneur de province afin de donner une chance à celui qui vient de se déclarer chrétien : " Jésus répondit : " Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n'est pas d'ici. " " Un Chrétien poursuivi ne parlait pas tout de suite du Royaume mais probablement comme Paul de Tarse (Romains 1, 3-4 ; 5, 6-8 ; 1 Corinthiens, 1, 23-24 ; 15, 3-4) , qui fut un des fondateurs de la communauté d'Éphèse, aurait présenter Jésus de cette manière : " Je crois à Jésus Christ, issu de la lignée de David selon la chair, mis en croix (sur dénonciation des Juifs), mort pour nos péchés selon les Écritures, mis au tombeau, ressuscité le troisième jour selon les Écritures, et établi Fils de Dieu avec puissance selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts, et, pour nous Puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. " Et aurait poursuivi comme dans Jean 18, 36 : " Son royaume n'est pas de ce monde. Si son royaume était de ce monde, des gens auraient combattu pour qu'ils ne soit pas livré aux Juifs. Mais son royaume n'est pas d'ici. " "

D'une certaine manière il tente d'évacuer l'accusation qui est porté contre les Chrétiens, tel que le montre les Annales de Tacite, datant de 120 : " Ce nom leur vient de Christ, que sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice ; réprimée sur le moment, cette exécrable superstition faisait de nouveau irruption, non seulement en Judée, berceau du mal, mais encore à Rome, où tout ce qu'il y a d'affreux ou de honteux dans le monde converge et se répand. " En fait, la croyance en un Christ qui a subi la peine de la crucifixion, peine réservée à ceux qui ne sont pas citoyens romains, et appliquée aux brigands et aux pirates, parfois aux prisonniers de guerre et aux condamnés pour motifs politiques, signifient qu'ils sont rebelles, comme le fondateur de leur secte, qui a osé se prétendre roi, d'où la méfiance des autorités. D'où la tentative de désamorcer cela en insistant sur le fait que ce sont les Juifs qui l'ont tué et non les autorités romaines, et le fait que le Royaume de Jésus n'était pas de ce monde et cela en totale contradiction avec les paroles de Jésus sur le Royaume des évangiles synoptiques, par exemple Marc 1, 15 : " Le temps est accompli, et le Règne de Dieu s'est approché : convertissez-vous et croyez à l'Évangile " ; 9, 1 : "  En vérité, je vous le déclare, parmi ceux qui sont ici, certains ne mourront pas avant de voir le Règne de Dieu venu avec puissance " ; Luc 17, 21 : "  En effet, le Règne de Dieu est parmi vous. " Étrange, non ? Encore plus, si on lit le discours d'adieu de l'évangile de Jean probablement inauthentique (à part certains logia, dont peut être celui-ci sans la mention au monde) : " Comme tu m'as envoyé (dans le monde), je les envoie (dans le monde)." (17, 18.) Si Jésus envoie ses disciples dans le monde, c'est qu'il pense tout comme dans les passages synoptiques, que Dieu va établir son royaume sur terre. Est-ce pour convaincre les autorités romaines que les chrétiens étaient de bons sujets de l'empereur mais aussi passer la censure qui n'aurait pas manqué de le relever ? On peut aussi ici voir un rappel de Marc 12, 17  et de Romains 13, 1 et 5, mais en poussant plus loin le développement de Jésus au sujet d'une différence au sujet des pouvoirs dans la question de l'impôt et du respect de l'autorité recommandé par Paul de Tarse avec non plus seulement une différence mais une nouvelle vision du Royaume, qui sera encore plus développé plus loin.

 

Le gouverneur continue en posant la troisième question de confirmation : " Pilate lui dit : " Donc tu es roi ? " Jésus répondit : " Tu le dis : je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. " " Ce qui aurait donné dans le cadre de l'interrogatoire, le cas suivant : " Le gouverneur lui dit : " Donc il est roi ? " Il répondit : " Tu le dis : il est roi. Il n'est né, et il n'est venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute sa voix. " " En lançant le concept de royauté, le gouverneur veut mettre en faute le disciple du Christ, car qui reconnaît une autre autorité que celle de l'empereur risque sa vie, et celui-ci ne le nie pas. Mais développe un concept de royauté un peu inédit à l'époque, celle d'un roi venu " rendre témoignage à la vérité " et non gouverner. Étrange ? Que cela veut-il dire ? D'un point de vue juif, probablement celui de l'auteur de l'évangile, qui avait grandi à l'école de la synagogue, la vérité, ‘emet (terme qui ressort de la traduction grecque de la Septante) signifie soit comme dans la littérature apocalyptique, « la parole de Dieu, la révélation que Jésus vient transmettre à l’humanité » (Ignace de la Potterie, Truth, 70), soit comme dans les textes de Qumran « la Torah révélée, la synthèse de tout ce qui est révélé par la Torah » (Rudolf Schnackenburg, The Fourth Gospel According to Saint John 2, 233, Crossroad, New York, 1990). Donc, celui qui écoute Jésus est un serviteur de la parole de Dieu, qui peut aussi être révélée par la Torah. Cela est un peu osé, c'est une quasi invitation à la conversion du gouverneur.

 

Mais celui-ci pouvait-il comprendre ? Si on lit le verset 38, on peut dire le contraire, tant la réponse de Pilate est révélatrice : " Pilate lui dit : " Qu'est-ce que la vérité ? " Il faut savoir que la vérité,  ajlhvqeiaen grec (traduction d'‘emet dans la Septante), dans la philosophie platonicienne signifie la « la réalité éternelle révélée aux hommes – soit la réalité même, soit la révélation de cette réalité. » (Charles Harold Dodd, The Interpretation of the Fourth Gospel, Cambridge University Press,  Cambridge, 1963, p. 177.) Donc une réalité bien différente de celle de la communauté de Jean, qui était très influencé par le Judaïsme, d'autant plus quand on sait que les écoles de rhétorique et de philosophie était nombreuse à Éphèse, encore renommé pour ses maîtres sophistes. Ceux-ci, qui pouvaient jouer le rôle de conseiller auprès de leur cité, et s'ils se faisaient remarquer par le gouverneur, faire de même auprès de lui et probablement les aider à interroger les Chrétiens. La question de Pilate semble ici refléter la conviction de ces derniers selon laquelle le slogan de l'opinion " A chacun sa vérité " est le meilleur, donc qu'il n' y a pas de vérités absolues, sinon que certaines idées sont plus utiles que d'autres selon les intérêts et les besoins de la majorité et que l'homme se doit donc d'apprendre à les rendre plus puissantes. On comprend donc l'interrogation du gouverneur s'il est conseillé par ces derniers s'il n'y a pas de vérité absolue ce dont les gouverneurs de la fin du Ier siècle, éduqué aussi à la philosophie grecque, en particulier stoïcienne et sceptique, partageaient l'avis.

Donc on peut deviner que le débat entre les sophistes et les Chrétiens au sujet de la vérité se dessine également dans le verset 38 surtout quand on sait que les chrétiens fréquentaient aussi les écoles de rhétorique (Actes 19, 9) et s'y trouvaient confrontés à une élite cultivée, qui explique pourquoi encore sous Constantin les Chrétiens restaient une minorité religieuse bien qu'importante. Est-ce donc aussi la réponse que l'on invite les Chrétiens à donner à ces derniers dans un débat au sujet de la Vérité ? C'est probable surtout quand on voit qu'au IIe siècle le philosophe syrien Lucien de Samosate (v. 120-180), qui semble avoir bien connu les premières communautés chrétiennes de la province d'Asie, a comparé Jésus à un maître sophiste dans La Mort de Peregrinus ? Avait-il lu l'évangile de Jean ou est-ce l'insistance sur la Vérité des Chrétiens Asiates qui lui a fait penser ceci ?

 

Ainsi, comme nous avons pu le voir, ce récit est une création de l'évangéliste afin de fournir dans une période de poursuite judiciaire sous l'empereur Domitien des arguments aux Chrétiens, qui n'avaient pas alors bonne réputation du fait de la circonstance de la mort de son fondateur, peu encourageante pour les autorités, mais aussi contre les élites païennes cultivées avec lesquelles elles débattaient. On pourrait considérer que nous sommes en fait devant l'une des premières apologies chrétiennes.

 

Freyr1978

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Publié le 26 Novembre 2012

Le théologien de morale de Fribourg, Eberhard Schockenhoff plaide pour une approche différente de l'Église catholique avec les divorcés remariés. Sous certaines conditions, les individus devraient être autorisés à recevoir la communion, selon ce qu'a déclaré Schockenhoff le samedi 24 novembre à Bonn dans le cadre de l'assemblée générale du Comité central des catholiques allemands (ZDK). Le théologien a rappelé, entre autres, les déclarations du cardinal Joseph Ratzinger, devenu depuis Benoît XVI, et de Mgr Ludwig Müller, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Selon lesquelles on devrait savoir si les seconds mariages qui sont canoniquement inadmissible, mais qui remplissent encore toutes les conditions de mariage qui remettent ces fidèles dans l'Église, pourrait être tolérée.

 

Schockenhoff se demande "Si ce n'est pas seulement un problème pastoral, dans lequel l'Église n'a pas encore trouvé de réponse satisfaisante". Ce dernier précise que "Lorsque vous traitez des divorcés et des remariés, il faudrait également voir le problème avec une loupe, pour résoudre de nombreux problèmes théologiques fondamentaux qui sont visibles, ayant trait à l'auto-compréhension de toute l'Église". Même le message de Jésus sur le divorce ne se réduit pas uniquement à l'indissolubilité du mariage, nous dit le théologien. Avec son approche Jésus avait aussi ramené délibérément les gens à la lisière de la Société religieuse de son temps. Cette «durée intérieure de Jésus», nous devons nous appliquer à la respecter.

 

Schockenhoff s'exprima ainsi à l'assemblée générale du Comité central des catholiques allemands (ZDK). La plus haute instance du laïcat catholique en Allemagne adopta un appel après un avis sur une autre approche pour les divorcés remariés. "L'appréciation du mariage indissoluble passera aux fidèles dans la société en général, lorsque l'Église en même temps que l'amour incassable de Dieu se trouvera également dans un moment tragique, encline à blâmer l'échec de leurs actions servant à éprouver les vivants."


Dans l'Église catholique, les divorcés remariés sont exclus de la réception des sacrements, tant que leur premier partenaire est encore en vie parce qu'ils en «contradiction objective» avec l'indissolubilité du mariage. Le ZDK reconnaît expressément qu'"à différents niveaux des efforts ont été entrepris" pour faire avancer le débat dans l'église. À la mi-octobre, le président de la Conférence épiscopale allemande, l'archevêque Robert Zollitsch, réaffirma que les évêques continuent de s'efforcer à trouver des solutions pastorales pour les divorcés remariés.

 

Une Église plus ouverte et plus humaine envers les divorcés remariés serait plus que souhaitable, alors espérons que cette proposition allemande puisse enfin montrer la voie à l'Église toute entière.

 

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Publié le 25 Novembre 2012

CP ROSELe 15 novembre, nous avons assisté à une rencontre organisée par le CEP autour du livre "Faut-il faire Vatican III" (Tallandier, 2012), présenté par Christine Pedotti elle-même à l'église Saint-Jean Baptiste à Roubaix à 18h30. À notre arrivée, Pierre- Marie Empis, un économiste et théologien hémois, que nous avons connu à l'université Lille III à Villeneuve d'Asq, nous avait fait savoir qu'il conseillait notre blog à des jeunes prêtres qui avaient du mal à répondre aux traditionalistes et aux intégristes. Nous sommes heureux de pouvoir les aider.

 

Elle présenta d'abord les origines de cet ouvrage. Et cette origine est "La bataille du Vatican" (Plon, 2012).  Un excellent ouvrage que nous vous conseillons. Son éditeur voulait faire un ouvrage sur Vatican II et lui proposa de le faire autour d'un bon repas. Tout passe mieux avec un bon repas, nous c'est plutôt la marche. Ensuite, elle avait lu pour cela une cinquantaine d’ouvrages de théologiens et historiens, les journaux, récits et mémoire des témoins directs du concile Vatican II. Un travail long qui permit à Christine Pedotti d'en savoir plus sur le Concile et de montrer son importance pour la vie de nombreux fidèles à l'époque, mais aussi pour les pères conciliaires.

 

Ensuite, vint la présentation du concile. Et Christine Pedotti parla de Jean XXIII qui créa la surprise en disant qu'il voulait réunir un concile en 1959. On pensait à l'époque comme aujourd'hui que ce serait difficile de réunir 2500 évêques (maintenant ils sont 5000).  Pourtant, on le prépara de 1960 à 1962, et il y avait déjà des demandes sur la liturgie et sur l'œcuménisme. À l'ouverture du concile, 2500 évêques en procession, traversèrent la place Saint-Pierre et rendirent réel ce que beaucoup pensaient impossible.

 

Et là, au concile, en discutant ensemble, ils eurent une révélation sur le rôle et la tâche qui leur était demandé. Ces évêques qui n'étaient pas des foudre de guerre firent leur propre autocritique et acceptèrent d'ouvrir l'Église au monde, mais aussi d'écouter les signes des temps. Ces derniers eurent une liberté de ton qu'ils n'avaient jamais eu auparavant. C'était comme le désignait les évêques une "nouvelle Pentecôte". Et bien sûr les laïcs étaient présents, et eurent un rôle considérable dans la préparation et les débats du concile. La plupart des décisions du concile se firent par vote et le plus souvent à l'unanimité. Une belle leçon de démocratie pour notre Église actuelle. Le rôle des papes permit de mener à bien ce concile.  Jean XXIII laissa faire, car il voulait que les évêques puisse répondre aux attentes du monde. Paul VI qui lui succéda en 1963, et qui fit les 3 sessions suivantes du concile, intervint un peu plus, mais laissa les débats libres, et chercha toujours à faire le compromis entre la minorité et la majorité conciliaire pour amener l'unanimité lors des votes.

 

Le concile prit des décisions importantes, notamment sur l'œcuménisme et le dialogue interreligieux. On était désormais libre de croire ou de ne pas croire. L'Église s'était ouverte et parlait enfin au monde. C'était la première fois que l'Église avait eu une image si positive dans les journaux et les 1ers sondages confirmèrent cette image de l'Église. Le monde entier suivait les débats du concile et félicitait cette ouverture profonde de la forteresse Église. Mais aujourd'hui comme le dit Christine Pedotti on doit digérer le concile. Mais l'Église n'a pas su faire sa sortie d'une Église de masse pour complètement acter son ouverture sur la monde moderne donnée par le Concile. Le recul de l'œuvre conciliaire est démontrée par le fait que la collégialité n'est pas réellement appliquée.

 

Après avoir fait l'ouvrage "La bataille du Vatican", tout le monde demandait à Christine Pedotti : "Vatican II est après ?" La réponse vint avec l'ouvrage "Faut-il faire Vatican III". Mais c'était surtout pour donner une réponse à la crise de l'Église, en trouvant des solutions durables, cet ouvrage s'interrogeait surtout sur la nécessité de mettre en place un nouveau concile. Et elle répondit enfin à la fameuse question : "Faut-il faire un Vatican III ?" Par un oui plutôt attendu. Mais un concile pour quoi faire ? Pour expliquer Vatican II et montrer que  les solutions ne se trouvent pas dans le passé  mais dans l'avenir. Cela servira aussi pour décentraliser l'Église, dont toutes les questions mêmes locales sont faites à Rome. Christine Pedotti ne croit pas un instant que l'Église doive s'adapter au monde, au sens ou elle devrait édulcorer son témoignage. En revanche, elle doit sans cesse s'ajuster à l'Évangile et conjointement, faire en sorte que ses paroles puissent être entendues et comprises par les hommes et les femmes d'aujourd'hui qui vivent dans ce monde avec les références culturelles de ce monde. Elle mit bien en relief que le fait de dire que le concile Vatican II est responsable de la crise actuelle comme le font les lefebvristes n'est pas vrai, puisqu'il en a freiné l'évolution qui aurait pu être plus rapide sans le concile. De plus, elle nous a confié que beaucoup doutent de la réalité d'un concile. Mais il faut bien faire quelque chose. Et pourquoi pas un concile. La situation de crise dans laquelle se trouve l’Église catholique est de celles qui ont déjà, au cours de l’histoire, légitimé la réunion d’un concile. Cela permettra aussi à l'Église d'avoir un discours plus ouvert et positif sur la sexualité et le divorce.

 

Vinrent les questions, où les réponses de Christine Pedotti donnèrent les idées centrales de l'ouvrage "Faut-il faire Vatican III". L'Église est beaucoup trop patriarcale, au moment de Vatican II, on ne s'était pas beaucoup posé la question du rôle des femmes dans l'Église. La création d'un ministère féminin pourrait être un des objets du nouveau concile. De plus, Christine Pedotti voudrait renforcer le rôle des laïcs par la création de cardinaux laïcs, l'exemple de Mazarin est révélateur. Des femmes pourraient remplir ce rôle. Des cardinaux et des cardinales laïques pourraient participer alors à un conclave. L'hypothèse est séduisante.

 

Pourquoi ne pourrait-on pas rendre réel le principe de subsidiarité,  le fait de régler ses problèmes au niveau plus bas plutôt que de faire appel au niveau le plus haut. L'Église a eu trop l'habitude de tout régler au niveau supérieur avec les conséquences que l'on sait. Le fonctionnement hyper centralisé confond l'uniformité et l'unité et qui ne laisse pas le catholicisme respirer et montrer ce qui a fait sa force pendant des siècles, c'est-à-dire sa capacité d'intégration des différentes cultures et systèmes de pensée. Christine Pedotti nous donne des solutions viables à long terme : Christine Pedotti plaide pour la création de patriarcats, des "patriarcats continentaux" s'inspirant des patriarcats régionaux, un axe intermédiaire entre le pape et les évêques. On pourrait renouer aussi avec les conciles régionaux en plusieurs sessions et bien organisés. En suivant cet exemple, les débats seront à l'échelle locale, puis une séance de promulgation et d'action de grâce à Rome.

 

Quand on lui posa la question sur la crise des vocation sacerdotale, Christine Pedotti  proposa que l'on laisse la possibilité aux fidèles d'administrer  les sacrements, afin d'aider une Église en manque de prêtre. Ils pourraient se réunir en petits groupes (hommes et femmes) et célébrer l'Eucharistie, dans une ambiance des plus festive. Vatican II a mit en valeur le sacerdoce commun des baptisés, donc ils peuvent aider les prêtres et les évêques. Après tout, ils sont «prêtres, prophètes et rois », comme le dit la prière de l’onction reçue au baptême.

 

Enfin, elle a répondu au fait que beaucoup lui disent que les évêques ne sont pas courageux et n'oseront jamais faire un concile. Pourtant comme elle le souligne, les évêques ayant participé au concile avaient été nommés par Pie XI et Pie XII. Pourtant, il surent se faire violence et être à l'écoute de leurs fidèles durant le concile Vatican II.  Finalement, il faut peut-être faire un concile pour retrouver les fondements du christianisme et les formuler dans des termes qui rencontrent l’expérience des gens de ce monde.

 

La rencontre finie, nous sommes venus nous présenter à Christine Pedotti qui souhaitait nous rencontrer, et elle a pu nous poser quelques questions : notamment sur le blog dont l'apparence peut surprendre. Sereine et détendue, elle pouvait enfin voir ces deux blogueur qui doivent beaucoup à Philippe Clanché et Georges Heichelbech, mais aussi aux lecteurs du site Golias qui les ont fait connaitre. Nous partions en ayant fait une belle rencontre.

 

tai_gong_wang et freyr1978

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Publié le 24 Novembre 2012

Les cinq doyens d'Urschweiz  en Suisse ont remercié vendredi 23 novembre l'abbé Martin Werlen, pour sa brochure "Découvrir ensemble la braise sous la cendre". Ils soutiennent tous les efforts visant à promouvoir le dialogue dans l'Église "à tous les niveaux de la hiérarchie" et soutiennent que l'église a un avenir.

 

Avec l'abbé Martin Werlen, ils sont pour "une Église qui est à la recherche de réponses plus crédibles et plus encourageante, mais aussi dans la façon de faire sa mission, et non comme une Église qui prétend ne pas être dans un tel processus parce qu'elle serait en possession de la vérité de façon exhaustive ".

 

Il saluent les préoccupations de l'abbé Werlen concernant des "questions depuis longtemps en suspens dans notre Église, dont on devrait ouvertement discuter de manière constructive et confiante pour trouver des réponses." En écrivant ces réponses qui n'avaient pas été donnée, la volonté de l'abbé Werlen peut aussi être interprété par critiques.

 

Cette opinion est signée des Pères Basil Höfliger (Dean Ausserschwyz), Konrad Burri (Dean Innerschwyz), Daniel Krieg (Dean Uri), David Blunschi (Dean Nidwald) et Willi Bernhard (Dean Obwald). Les cinq doyennés d'Urschweiz figurent parmi les 16 doyennés du diocèse de Coire, dirigés par l'évêque Vitus Huonder.

 

Une belle réponse à l'association des prêtres de Coire pour qui tout va bien. À l’issue de leur rencontre du 19 novembre à Zizers dans les Grisons, l'association des prêtres de Coire (qui compte dans ses rangs une cinquantaine de prêtres issus du diocèse de Coire, est présidée par le curé de la Cathédrale de Coire, Harald Eichhorn) ont réaffirmé leur fidélité à la doctrine de l’Eglise dans l’obéissance au pape et à l’évêque en réponse à l'initiative des paroisses. Donc pas de prédication pour les laïcs, pas de bénédiction d'un 2e mariage tant que le premier subsiste, et pas de distribution de la communion aux chrétiens des autres confessions et aux divorcés remariés. L'Église est en crise, mais l'aveuglement lui est roi, et il est bon que d'autres voies se fassent entendre.

 

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Publié le 23 Novembre 2012

Marie et sa famille n'ont-ils aucune influence dans ses débuts d'activités ? Si l'on suit les évangiles synoptiques, on doit répondre par la négative. Mais l'évangile de Jean et celui des Hébreux amènent à relativiser ce point de vue sur lequel sont allés un peu trop hâtivement des auteurs comme Étienne Nodet (Histoire de Jésus ? Nécessité et limites d'une enquête, éditions du Cerf, 2004). Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)Dans un passage de l'évangile des Hébreux, repris par Origène dans son Contre Pélage (3, 2), on apprend que ce sont Marie et ses frères qui conduisent Jésus à aller se faire baptiser : « Jean-Baptiste donne un baptême pour la rémission des péchés ; allons-nous faire baptiser par lui. » Leur situation de petit notable de village leur faisaient-ils penser qu'en se contentant de leur situation, ils participaient eux aussi au péché d'Israël, que marquait l'occupation romaine ? Il ne nous est guère possible de le savoir, mais si l'on suit ce passage, la famille de Jésus a fait partie des disciples ou au moins des sympathisants du Baptiste et ne sont donc pas pour rien dans les débuts de Jésus. Ensuite, si l'on suit Boismard (Synopse des quatre évangiles en français, vol. III, L'évangile de Jean, avec A. Lamouille et G. Rochais, Paris, Édition du Cerf, 1977, Un évangile pré-johannique, vol. I, Jean 1,1-2,12 en 2 tomes avec Arnaud Lamouille, in Études Bibliques, n.s. 17-18, Gabalda, Paris, 1993), dans le récit primitif des Noces de Cana, Jésus était invité à celles-ci avec sa mère et ses frères. Ce miracle, d'après John P. Meier (Un certain juif, Jésus. Les données de l'histoire : vol. 2, La parole et les gestes, 2005) ne serait pas authentique car il est une reprise d'épisodes de la vie de Moïse. Mais tel qu'il est proposé par Boismard (id.), il est tout à fait probable, même si Marie n'y joue pas un rôle actif. Contrairement à la reconstitution de l'évangile des signes de Robert T. Fortna (The Gospel of Signs: A Reconstruction of the Narrative Source Underlying the Fourth Gospel, SNTS Monograph Series, 10, Cambridge University Press,1970), où elle dit aux serviteurs : " Faites tout ce qu'il vous dira. " Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)Dans ce récit primitif, il n'y a pas de dispute avec elle ni le très sec " femme " que lui prête Jean 2, 4, qui serait une création de l'évangéliste qui tout au long de son évangile veut montrer que Jésus reste maître de sa mission (un peu son annonce de crucifixion et de résurrection avant l'heure). Donc Marie et ses frères jouent un rôle actif à ses débuts et croient probablement alors en la mission de celui qui est devenu probablement le chef de famille tel que le suggère le fait qu'ils viennent habiter avec lui dans ce qui sera le centre de sa mission, Capharnaüm, sur le bord du lac de Galilée. Joseph était alors probablement mort, mais aucun autre passage évangélique ne le suggère aussi clairement. On peut même penser, que comme le rapporte Luc 4, 16-30, le séjour de Jésus à Nazareth, ayant précédé cette installation à Capharnaüm, a pu être organisé à l'initiative de la famille de Jésus, au vu de la stupéfaction de la foule, présente à la synagogue, à son sujet (Marc 6, 3). Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)D'après Boismard (Synopse des quatre évangiles en français, vol. II, Commentaire, avec P. Benoit, A. Lamouille et P. Sandevoir, Paris, Éd. du Cerf, 1972 ; L'évangile de Marc. Sa préhistoire,  in Études Bibliques n.s. 26, Gabalda, Paris, 1994) dans le récit primitif, ses compatriotes sont favorables à l'enseignement de Jésus et lui permettent ainsi de lancer son ministère en Galilée. La foule devint hostile lors de la rédaction de l'évangile de Marc entre 64 et 68 pour les raisons que je vais évoqué dans le paragraphe qui suit.
Alors comment de croyante au début de l'évangile de Jean, la famille de Jésus, et au premier titre sa mère, devient-elle incroyante dans le même évangile et les synoptiques (Marc 3, 20-21, 31-35 et parallèle ; Jean 7, 2-9)  ? D'après Pierre Antoine Berheim (Jacques, frère de Jésus, édition Noêsis-Agnès Viénot, 1996), Hyam Macoby (Paul et l'invention du christianisme, Broché, 1987) et James Tabor (La véritable Histoire de Jésus. Une enquête scientifique et historique sur l'homme et sa lignée, Robert laffont, 2007, dont il faut prendre certaines théories avec prudence notamment sur la naissance de Jésus et le rôle de ses frères), il faut d'abord tenir compte du contexte de rédaction. Lorsque les évangiles sont rédigés entre 64 et 95, Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)l'évangile de Marc, dont l'enseignement sur certains points est proche des hellénistes, comme le souligne Étienne Trocmé (L'enfance du christianisme, Hachette, coll. « Pluriel », 1999), et de Jean sont en conflit avec l'église de Jérusalem, qui peut revendiquer la parenté proche de Jésus, le cousin et le frère de Jésus, Syméon et Jude la dirigeant. Pour eux, il convient de montrer que Marie (du moins dans les synoptiques) et les frères de Jésus était en opposition avec lui dès le début de son enseignement. Mais les deux épisodes de Marc et de Jean peuvent être vus dans une perspective différente. Hyam Macoby (id.) a ainsi présenté un manuscrit où l'épisode des épis froissés est expliqué par le fait qu'Hérode Antipas recherche Jésus qui vit alors dans la clandestinité. Il est possible que l'épisode de Marc 3, 20-21, 31-35, puisse être vu dans ce contexte, ce que pourrait confirmer un retour à Capharnaüm en Marc 9, 33. Vu qu'ils sont au courant rapidement, ils sont donc, eux aussi, dans la ville (il faut se souvenir que c'est leur lieu d'habitation). Il est normal que Marie et ses frères qui ne sont pas avec lui  s'inquiètent. Le " Il est hors de sens " de Marc 3, 21 prend donc tout son sens, car au lieu de rester discret, Jésus pourrait se faire repérer et être arrêté. C'est la raison pour laquelle, ils veulent le saisir. Jésus conscient des risques dira des mots très durs au sujet sa famille : " Qui sont ma mère et mes frères ? (...) Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. " (3, 34-35.) Mais il se montre ici très habile. En n'acceptant qu'une parenté spirituelle, il assure à sa famille de ne pas être poursuivi au cas où.
Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)Il semble, si l'on lit Actes 1, 3 et les évangiles, que contrairement à ce qu'affirme James Tabor (id.), ses frères n'aient pas fait partie des Douze mais formait bien un groupe à part avec Marie, qui semblent avoir eut un rôle. On ne peut le définir exactement, même si en tant que famille royale la mère et les frères de Jésus dû avoir un rôle dirigeant que l'on retrouve dans les Actes des Apôtres. Marie en tant que prophétesse et mère du Messie devait avoir une forte influence sur le groupe, et notamment les disciples que citent l'évangile de Jean et les Actes des Apôtres, Simon Pierre, Jean, André, Philippe et Thomas (qui est d'ailleurs un personnage central des traditions sur la Dormition de Marie), et auprès des femmes qui le suivaient, Marie Madeleine, Marie de Jacques (dans un texte original du passage de Marc, qui pourrait être la femme de son fils, et Salomé, mère de Jacques et Jean, fils de Zébédée (une des raisons de son influence possible sur Jean ?), auprès de qui elle pouvait avoir un rôle qui était équivalent à celui de Jésus. Les compliments ne devaient pas être insolites notamment pour Marie comme le montre Luc 11, 27.
On peut se demander parfois si Marie et les frères de Jésus ne s'impatientait pas de l'inertie de Jésus tout comme les DouzeJean 7, 4 pourrait en être le révélateur, car la demande des frères de Jésus, qui à l'origine se trouvait probablement avec Marie, est identique à celle  des disciples qui veulent se partager les places dans le Royaume, qui à l'origine pour Boismard (id.) aurait été présenté ainsi : " Passe d'ici en Judée afin qu'ils voient les œuvres que tu fais. Nul en effet n'agit en secret et cherche à être en évidence. Si tu fais cela, manifeste-toi au monde. " N'est-ce pas pour cette raison que Jésus, tout comme pour ses disciples, dut mesurer l'enthousiasme de ses frères, tout comme pour ses disciples, en disant : " Le temps n'est pas encore là. " (Jean 7, 6.) Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)Et, aussi, en mettant en valeur le thème des ruptures et des conflits familiaux propres à la tradition biblique, notamment dans le document Q (Luc 12, 53 ; Luc 14, 26, Matthieu 10, 37) : " Car je suis venu diviser fils contre père et fille contre sa mère et belle-fille contre sa belle-mère. " " Celui qui ne hait pas père et mère ne peut pas être mon disciple ; et celui qui ne hait pas fils et fille ne pourra être mon disciple. " Ainsi, il met en valeur que pour entrer dans le Royaume, la famille n'est plus importante, mais le but de la mission de Jésus : la venue du Royaume, qui dans la tradition prophétique, pouvait semer la division au sein du clan. Même si pour Pierre Antoine Berheim (id., Famille et éducation de Jésus, in La bible et sa culture. Jésus et le Nouveau Testament, sous la direction de Michel Quesnel et Philippe Gruson, Desclée de Brouwer, Paris, 2000) ce passage ne serait qu'une reprise des conflits ultérieurs de la communauté primitive. Cependant, malgré ce sacrifice, la récompense promise était grande : " En vérité, je vous le déclare, personne n'aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l'Évangile, sans recevoir au centuple maintenant, en ce temps-ci. "  (Marc 10, 29-30.) D'autant pour sa mère et ses frères, qui, comme nous avons pu le voir le suivait sans réserve. Les espoirs concernant Jésus était très grand au sein de son groupe familial, tel que le laisse à penser le récit des disciples d'Emmaüs, dont on peut penser que le récit provenait des cercles judéo-chrétiens : " et nous, nous espérions qu'il était celui qui allait délivrer Israël. " (Luc 24, 21.)
Et ils ont probablement pris une part non négligeable aux événements de la fête des Tentes  de l'an 29 à la fête de Pâques de l'an 30 où Jésus par ses actions prophétiques (entrée triomphale à Jérusalem, éviction des marchands du Temple) au sein même de Jérusalem tente un coup de poker pour hâter la venue du Royaume en accomplissant les prophéties messianiques. Du moins la connaissance du Cénacle suggère dans Actes 1, 3 que Marie et ses frères étaient présents lors de la Cène, tout comme le fait que les pèlerins d'Emmaüs (qui étaient probablement des proches des frères de Jésus, tel que nous le verrons dans la troisième partie) aient reconnu à la fraction du pain (Luc 24, 30-31), et ont communié avec les Douze. Que sait-on de Marie, la mère de Jésus ? (2ème partie)Après cet épisode, on ne sait pas si Marie et ses frères étaient avec les autres disciples au jardin de Gethsémani. Il serait plus probable de penser que Jésus ait décidé de ne pas les emmener au cas où l'opération tournerait mal, et qu'il soit resté caché tel que le suggère les Synoptiques, où ce sont les femmes, proche de Marie et des frères de Jésus, qui regardent la crucifixion à distance. L'épisode de Jean est peu probable vu ce que l'on connait de la crucifixion où les troupes romaines qui en était chargé maintenaient un cordon de sécurité qui empêchait de s'approcher des crucifiés même leurs proches. Cependant, un passage de Luc 2, 35 (qui semble avoir été ajouté par l'évangéliste au cantique de Syméon) nous permet de comprendre quel fut la douleur de la mère de Jésus à la perte de son aîné : " et toi-même, un glaive te transpercera l'âme. " D'autant plus, si elle ne put être présente.
Freyr1978

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Publié le 23 Novembre 2012

L’ancien évêque de St-Gall, Mgr Ivo Fürer, a accueilli avec plaisir les impulsions lancées par le Père Abbé d’Einsiedeln, Martin Werlen, dans son récent ouvrage "Découvrir ensemble la braise sous la cendre". Il espère qu’une discussion en sortira en vue de "bâtir l’Église du futur, dans laquelle les membres du Peuple de Dieu prendront leurs responsabilités".

 

Mgr Fürer a fait connaître son point de vue dans une prise de position ayant pour titre "Responsabilité pour le futur" (Verantwortung für die Zukunft), diffusée le 20 novembre. "L'appel a poussé de nombreuses personnes à la réflexion", se réjouit l'ancien évêque de St-Gall. "J'espère, avec le Père Abbé Martin Werlen, que beaucoup parmi nos frères et sœurs ne se montrent pas résignés, mais se reprennent et s'engagent pour l'avenir de l'Église avec la confiance du croyant et une réflexion saine".

 

S'il se rappelle volontiers l'époque de sa première communion, dans les années 1930, Mgr Fürer souligne que "mon monde n'est plus le monde de mon enfance". "Sauvons-nous l'Église si nous pensons que ce que nous sauvons du passé a un avenir ?", se demande-t-il.

 

Dans les années 1950, il avait fait la connaissance de théologiens comme Karl Rahner, qui "prenaient au sérieux nos questions et essayaient de rendre la Bonne Nouvelle accessible à tous". Leurs propositions et théories ne correspondaient pas à la pensée générale de cette époque. Ils ont été frappés d'interdiction de publication et d'enseignement par les autorités pontificales. Avec le Concile Vatican II, Ivo Fürer a vécu une nouvelle période de joie dans la foi. "Puis je me suis engagé avec enthousiasme dans le prolongement du Concile qu'a été le synode 72". L'élan des années 60 et 70 a ensuite disparu. Pour beaucoup de ses contemporains, l'Église n'a plus eu d'importance, écrit l'ancien évêque de St-Gall. "Nous nous trouvons devant un problème d'impasse similaire à celui de l'époque d'avant Concile". Mais celui qui a appris quelque chose de cette expérience s'efforcera, sans tabous, de rendre accessible aux générations à venir le message que Jésus les aime. C'est à cette ouverture qu'appelle le Père Abbé Martin Werlen, selon Mgr Fürer.

 

L'ancien évêque termine sa prise de position en espérant que ce dialogue ouvert contribue à bâtir l'Église du futur, dans laquelle les membres du Peuple de Dieu prendront leurs responsabilités. Il souhaite vraiment que "toujours davantage de questions puissent être résolues dans les diocèses, les pays ou les continents".

 

Une vision de l'Église qui est ouverte et constructive pour les générations qui pousse Mgr Fürer à demander que le dialogue et la mise en place de solutions soit souhaitable pour faire face à la crise.

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Publié le 22 Novembre 2012

Le Père Roy Bourgeois est connu depuis des années au plan international pour sa lutte en faveur de la fermeture de "l’Ecole des Amériques" - un centre d’entraînement des militaires latino-américains situé à Fort Benning, dans l’Etat américain de Géorgie.

 

Le prêtre, qui appartenait aux missionnaires de Maryknoll depuis quatre décennies, avait participé le 9 août 2008 à une cérémonie d’ordination organisée par le mouvement des femmes prêtres catholiques romaines (Roman Catholic Womenpriests). Il s’agissait de l’ordination sacerdotale de Janice Sevre-Duszynska, une ordination illicite non reconnue par l’Eglise catholique, où il n’y a pas de femmes prêtres.

 

Le religieux a été puni pour sa participation à ce simulacre d’ordination tenu dans une église appartenant à l’"Unitarian Universalist Church" à Lexington, dans le Kentucky. Suite à cet acte illicite, le Père Bourgeois avait reçu une lettre du Vatican en 2008, le menaçant d’excommunication latæ sententiæ (automatique) s’il ne se rétractait pas.

 

Il avait été à l’époque convoqué au siège de sa congrégation, à Maryknoll (New York) où il avait été reçu par son supérieur général d’alors, le Père John Sivalon, et deux autres membres du Conseil général. En juin dernier, il avait été reçu par l’actuel supérieur général, le Père Edward Dougherty. A cette occasion, il n’avait pas été question de son renvoi. Le journal américain "National Catholic Reporter", citant le Père dominicain Tom Doyle, un spécialiste de droit canon assistant le Père Bourgeois, écrit que la décision romaine a été prise "unilatéralement" le 4 octobre 2012.

 

L’ex-prêtre de Maryknoll a refusé de se plier à la demande expresse de Rome de renoncer à son soutien en faveur de l’ordination des femmes et est resté ferme sur ses positions. Il a répondu au Vatican en affirmant qu’il croyait que Dieu a appelé au sacerdoce autant les hommes que les femmes et que, pour lui, déclarer autre chose à ce sujet et se rétracter pour sauver son sacerdoce ou sa retraite équivaudrait à un mensonge.

 

"J’en suis venu à réaliser que les femmes pouvaient être ordonnées dans notre Eglise catholique", avait-il estimé au lendemain de cette cérémonie controversée. Ces dernières années, il a milité partout contre les enseignements de l’Eglise catholique en matière de non accès des femmes au sacerdoce.

 

Dans une entrevue, le père Roy Bourgeois avait dit que la discussion ne faisait aucune mention de son expulsion, mais mettait plutôt l'accent sur le droit de conscience des catholiques et "l'importance de la foi dans la population et chez les membres de Maryknoll pour qu'ils soient en mesure de parler ouvertement et librement, sans crainte... d'être licenciés ou excommunié."


Dans un communiqué, la société de Maryknoll se dit attristée par l’échec de la tentative de réconciliation avec l’Eglise catholique voulue tant par elle-même que par Rome. La société missionnaire "remercie chaleureusement Roy Bourgeois pour son service à la mission, et tous les membres lui souhaitent le meilleur dans sa vie personnelle". Dans un esprit d’équité et de charité, souligne la société, "Maryknoll assistera M. Bourgeois dans cette transition".

 

Pour lui le Vatican et Maryknoll peuvent le licencier, mais ils ne peuvent pas rejeter la question de l'égalité entre les sexes dans l'Eglise catholique. La demande pour l'égalité des sexes s'enracine dans la justice et la dignité, et ne va pas disparaître. Comme il le dit :  "En tant que catholiques, nous professons que Dieu a créé les hommes et les femmes dans la  même valeur et la même dignité. Comme prêtres, nous professons que l'appel à la prêtrise ne vient de Dieu, que de Dieu seul. Qui sommes-nous, en tant qu'hommes, pour dire que notre appel de Dieu est authentique, mais que l'appel de Dieu aux femme ne l'est pas ? L'exclusion des femmes du sacerdoce est une grave injustice contre elles, notre Église et notre Dieu aimant qui appelle les hommes et les femmes à devenir prêtres. Quand il y a une injustice, le silence est la voie de la complicité. Ma conscience m'a poussé à rompre le silence et à traiter du péché de sexisme dans mon Église. Mon seul regret, c'est qu'il m'a fallu si longtemps pour faire face à la question du pouvoir et de la domination masculine dans l'Église catholique."


Dans sa déclaration du 20 novembre 2012, Erin Saiz Hanna, directrice exécutive de la Women's Ordination Conference  a décrit le père Roy Bourgeois : "Alors qu'il est dévasté de perdre sa communauté, et attristé par la dureté de cette dernière étape, il reste ferme dans sa foi et dans sa conscience. Il a demandé à être seul et à prier au cours de cette période de transition."


Voilà, on condamne un homme qui a utilisé sa conscience et qui s'est déclaré face contre le fait que les femmes n'aient pas le droit d'être prêtre dans l'Église. Mais, il continuera, car sa parole est maintenant libre de tout contrôle.

 

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