Publié le 31 Décembre 2012

En passant cette nouvelle année, l'Église est à un moment où elle doit chercher un autre langage pour savoir parler au monde, mais ces derniers temps elle n'a su qu'offrir une vision identitaire de la foi, au lieu de montrer l'image d'une maison ouverte au monde.

 

Elle devrait plutôt parler beaucoup, mieux comprendre l'attente des fidèles, pour ainsi éviter les conflits. Ainsi elle aura des relations fortes et harmonieuses à l'intérieur et à l'extérieur de celle-ci. Les décisions devraient se faire à l’unanimité. Pour cela, il faudra qu'elle discute longuement et prenne des décisions pour le futur en fonction de ses expériences passées, ce qui l'empêcherait de commettre à nouveau les mêmes erreurs.

 

Elle doit vouloir l'équilibre et la préservation, et non la domination. Elle doit être pacifique et vouloir vivre cette paix avec les autres. Des valeurs comme la solidarité et le partage doivent être au cœur de l'Église, pour éviter ainsi tout déséquilibre au sein de celle-ci. Pour cela, les décisions devront se faire l’unanimité.

 

Donc, cela doit amener ses membres à se réunir également pour discuter et échanger dans un lieu de son choix, de préférence neutre pour prendre des décisions collectives où les discussions peuvent durer des jours, des mois ou des années. Les décisions devront donc être prises tous ensemble, après avoir longuement parlé. Que ce soit des conciles, des synodes, ou de simples réunions paroissiales remontant vers la hiérarchie, ces décisions devront être celles de tous ses membres.

 

Il faudra qu'elle soit humble, qu'elle apprenne à aimer les autres et leurs différences. Il ne doit donc pas avoir d'infériorité de la femme au sein de l'Église. La comparaison doit être honnie. Chacun doit y avoir un rôle. Il ne doit pas y avoir de supériorité par son sexe. Cela est de même pour les personnes ayant le désir de vivre avec une personne de même sexe qui ne doivent pas être jugée. Pour l'Église, les personnes devraient compter, pas leurs différences.

 

C'est en se déplaçant vers l’autre qu'elle tissera un véritable lien social, qu'un véritable équilibre sera maintenu au sein de celle-ci, mais aussi autour de réunions, de tâches collectives tout en cheminant et en pensant avec les autres qu'elle comprendra le monde dans lequel elle vit. Ainsi en étant au sein du monde, la hiérarchie jouera à nouveau son rôle de guide spirituel et sera très respecté.

 

En ayant cette vision commune et d'écoute qui ne sera dominatrice, l'Église pourra privilégier la parole et permettre l'expression de tous afin d'entrer dans ce monde avec une vision de groupe.

 

 

tai_gong_wang et freyr1978

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Pensées de paroissiens-progressistes

Repost 0

Publié le 30 Décembre 2012

Dans leurs articles du 27 et du 28 décembre, tv5.org et leparisien.fr nous montrent que le quotidien du Vatican a apporté jeudi son soutien marqué à Mario Monti en estimant que l'expression "montée en politique" choisie par ce dernier pour illustrer sa démarche est "un appel à retrouver le sens le plus noble de la politique".

 

Le quotidien du Vatican a apporté jeudi son soutien marqué à Mario Monti en estimant que l'expression "montée en politique" choisie par ce dernier pour illustrer sa démarche est "un appel à retrouver le sens le plus noble de la politique".

 

Dans un article intitulé "La montée en politique du sénateur Monti", L'Osservatore romano a longuement analysé la formule utilisée par le chef du gouvernement démissionnaire, volontairement en contraste avec l'expression souvent utilisée de "descente" dans l'arène politique.

 

"C'est l'expression d'un appel à récupérer le sens le plus élevé et noble de la politique qui correspond sur le plan étymologique à une attention au bien commun", a écrit Marco Bellizzi.

 

Dans l'édition du journal du Vatican à paraître vendredi, le journaliste a estimé que "c'est cette demande d'une politique de niveau élevé que la figure de Mario Monti est probablement en train d'intercepter". A défaut, "le chef du gouvernement entend légitimement s'appuyer sur cette aspiration et c'est en son nom qu'il interpelle les partis au-delà des contenus de son manifeste politique", a continué le quotidien.

 

M. Monti a annoncé dimanche dernier qu'il était disposé à prendre la tête d'un rassemblement de forces modérées et réformatrices en vue des législatives anticipées des 24 et 25 février. Si ces forces souscrivent à son programme baptisé "Agenda Monti" et sont suffisamment crédibles, il s'est dit prêt à ce qu'elles le proposent comme candidat Premier ministre.

 

"La décision de Mario Monti de se rendre disponible à un nouvel engagement au service du pays est en train d'orienter le débat politique et la campagne électorale en Italie", a poursuivi L'Osservatore romano. Selon le quotidien, M. Monti "entend ouvrir la deuxième phase d'un programme de réformes qui a été seulement ébauché au cours de l'année écoulée".

 

L'"entrée" en lice encore indirecte de M. Monti dans la campagne pour les législatives a bouleversé le panorama politique italien. Silvio Berlusconi, candidat au poste de président du Conseil pour la sixième fois en 18 ans, se retrouve isolé à la droite de l'échiquier avec une campagne virulente anti-impôts et anti-euro, tandis que le favori des législatives, le Parti Démocrate (gauche), risque de se fissurer sur son aile gauche et au centre.

 

Selon un sondage "confidentiel" réalisé après l'annonce de M. Monti et dont se fait l'écho jeudi le journal La Repubblica, s'il était proposé aujourd'hui comme chef de coalition par les forces du "nouveau centre", les intentions de vote autour de son nom atteindraient entre 19 et 21%, dont la moitié d'ex-électeurs de Berlusconi.

 

Mario Monti, même s'il a plusieurs catholiques convaincus dans son gouvernement comme le fondateur de la communauté Sant'Egidio Andrea Riccardi, est un technicien et a une conception stricte de la séparation entre Eglise et Etat. Il a ainsi accepté de s'attaquer -- bien que modérément -- aux privilèges fiscaux de l'Eglise.

 

"Monti n'est pas un catholique en politique. Le Vatican le soutient en raison de son sérieux; il fait confiance à l'homme, à son travail, dans la très difficile situation actuelle", a expliqué à l'AFP le vaticaniste de La Stampa, Marco Tosatti. Selon Paolo Rodari, vaticaniste d'Il Giornale (droite), la "syntonie" avec le Vatican vient du fait que "Monti n'a jamais trahi les valeurs non négociables chères à Benoît XVI".

 

Le vaticaniste et biographe du pape, Marco Politi, a l'impression que "le Vatican soutient Monti surtout par peur de la victoire du PD social-démocrate", qui risquerait de ne pas les respecter. "Depuis l'an dernier, a-t-il dit à l'AFP, l'Eglise cherchait une alternative à Berlusconi alors que Benoît XVI a exhorté à un plus grand engagement des catholiques en politique".

 

Mais, selon Marco Politi, le regroupement pro-Monti est encore "très confus" et "n'a pas une forte imprégnation de catholicisme social, comme celui qui inspire les encycliques de Benoît XVI".

 

Le soutien du Vatican pour Mario Monti est fait pour de mauvaises raisons, surtout pour l'arrivée inéluctable de la gauche au pouvoir qui en terme des réformes sociétales est bien plus ouverte que le Vatican.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 29 Décembre 2012

Dans leurs articles du 28 décembre leparisien.fr et franceinfo.fr nous montrent que le patron de l’enseignement catholique a adressé une lettre à ses 8 300 chefs d’établissement pour les inviter, du primaire au lycée, à «prendre des initiatives» dans le débat sur le mariage gay. Depuis dix jours, Eric de Labarre, explique pourquoi l'institution dont il a la charge a entendu sortir du silence qui, d'ordinaire, la caractérise, pour prendre position contre le projet de loi qui ouvre le mariage aux couples du même sexe.

 

Les mots sont savamment pesés… Il n’empêche. Le message est là : «Parlez-en !» En adressant peu avant les vacances une lettre aux chefs d’établissement des 8300 écoles, collèges et lycées privés catholiques dont il a la charge, le secrétaire général de l’enseignement catholique, Eric de Labarre, a provoqué la colère des partisans du mariage pour tous.

 

Dans cette lettre résolument engagée, loin en tout cas de la relative neutralité habituellement observée par l’école libre, le patron des établissements catholiques y rappelle sa position officielle pour «le droit essentiel de la reconnaissance de la différence des sexes»… Il invite aussi les établissements à s’emparer du débat sur le projet de loi à travers toutes les initiatives qu’ils jugeront adaptées, dans le respect des personnes et des consciences : discussions en classe, réunions organisées par les parents, etc.

 

Or, à quelques semaines de la manifestation anti-mariage gay du 13 janvier à Paris, beaucoup y voient un appel à défiler à peine déguisé. «Il s’agit d’enrôler 2 millions d’élèves dans une croisade», s’insurge Ian Brossat, conseiller PC de Paris, tandis que le Sundep-Solidaires, un syndicat d’enseignants du privé, estime sa «liberté de conscience» attaquée. "Sous couvert de "l'intérêt supérieur des enfants qui [leur] sont confiés", le secrétaire général de l'Enseignement catholique demande aux chefs d'établissement de "prendre les initiatives"...", dénonce le syndicat dans un communiqué.

 

Eric de Labarre assume. «On n’appelle pas à manifester, on pose un cadre. Puisqu’il n’y a eu aucun débat, c’est de notre responsabilité d’éducateurs d’aider à la prise de conscience pour que chacun se détermine. Même en primaire, doit-on répondre à un gamin de 7 ans que c’est une affaire d’adultes ? Je ne crois pas.» Encore faut-il qu'on n'utilise pas les enfants comme objet de propagande dans des buts peu louables.

 

Considérant que "pour la construction de l'identité et la personnalité de chaque enfant", "la reconnaissance de la différence sexuelle et le droit d'accéder à ses origines et à sa propre histoire" étaient "essentiels", le mariage pour tous serait, estime-t-il, "un très grave contresens dont les enfants seraient les premiers à pâtir." Le contresens serait de se servir du mariage gay pour faire des personnes de même sexe des citoyens de seconde zone. Le rejet de l'égalité pour sauver les enfants, c'est un peu fort. L'honnêteté, c'est de parler de la peur de quelques adultes qui ont besoin d'un bel alibi.

 

Ceci fait, il appelle donc les membres de sa communauté éducative à "prendre part" "en conscience et clairvoyance" au débat. En un mot, à prendre position, après les premiers rassemblements de soutien au projet de loi. Et avant ceux, à venir, de ses opposants. Il reste que la mobilisation des jeunes croyants est en marche : des préparations à la confirmation ont ainsi été annulées, le dimanche 13 janvier, pour permettre aux enfants et aux parents de manifester.

 

L'enseignement catholique doit enseigner et pas faire de la politique, car le but de l'enseignement est d'élever les hommes pas de les rendre intolérant.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0

Publié le 28 Décembre 2012

Dans les articles du Nouvel Observateur et d'europe1.fr du 28 décembre, un prêtre breton a écrit une lettre ouverte aux évêques de France pour défendre sa position.

 

Les prêtres favorables au mariage homosexuel existent. L'un d'entre eux vient d'écrire une lettre ouverte aux évêques de l'Église catholique de France. Comme le dit ce prêtre : "Je dis oui au mariage pour tous". Laurent Laot, prêtre détaché du diocèse de Quimper, est pour le projet de loi relatif au "mariage gay" et il l'a fait savoir vendredi dans une interview au Télégramme.

 

Laurent Laot, a expliqué sa position sur l'antenne d'Europe 1 : "j'ai cru sentir qu'il n'y avait aucune considération envers ceux qui pensaient autrement, c'est-à-dire ceux qui étaient favorables à la légitimation des mariages homosexuels. Or, pour moi, la considération pour l'autre que soi est décisive. La deuxième chose, c'est l'absence de considération pour le législateur : c'est comme si on s'attendait à ce qu'il s'incline devant la position de l'Eglise." C'est une position que je partage amplement.

 

D'ailleurs, ce dernier avait appuyé bien avant sa réflexion sur RTL le 27 décembre : "J'aurais d'ailleurs pu être contre et, dans le même temps, soutenir le projet de loi. Parce que nous sommes en laïcité, il y a la position de chacun et l'intérêt général d'autre part (...) et la loi se place du côté de l'intérêt général. Je dis oui au mariage pour tous et je regrette que l'institution catholique n'ait pas ce positionnement. Elle devrait être en capacité de dire au moins que cette perspective, si le législateur en décide, est acceptable". Une vision juste de la laïcité qui travaille pour l'intérêt commun.

 

Il subodore que beaucoup de prêtres de sa génération ne sont pas loin de penser comme lui. "Ce sont aussi des laïques. Tout un courant plaide en ce sens mais ce n'est pas celui-là qui est officiel. On tend à faire en sorte qu'il n'ait plus la parole et c'est pour ça que je réagis", martèle Laurent Laot. C'est tout à fait vrai, j'ai pu le voir dans ma paroisse où une minorité agissante essaye de pousser les fidèles à être contre le mariage gay, mais cela déplait fortement.

 

Le curé entre ainsi en contradiction avec la position du cardinal André Vingt-Trois. Ce "plaidoyer" iconoclaste en faveur du mariage homo a-t-il été bien accueilli ? Il assure avoir reçu des lettres qui l'encouragent : "Ce sont surtout des messages de soutien que je reçois. Bien sûr il y a aussi des messages qui mettent en cause ma position à l'intérieur de l'Eglise."


Laurent Laot n'est pas le seul homme d'Eglise à prendre ses distances avec la ligne défendue par le pape. Le prêtre Elie Geffray, qui officie lui aussi en Bretagne, avait ainsi déjà affirmé dans plusieurs médias qu'il n'hésiterait pas, en tant que maire d'une petite commune, à marier des couples homosexuels.

 

Une autre vision de l'Église existe et elle est humaine et chaleureuse dans les pas du Christ qui nous a demandé de ne pas juger ses frères mais de les accompagner et de les soutenir, et cela quel que soit leurs choix.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 27 Décembre 2012

BFMTV.com et nouvelobs.com dans leurs articles du 27 décembre nous montrent que le curé de San Terezo (nord-ouest) avait affiché un manifeste à la porte de son église appelant les femmes à réfléchir sur le fait que certaines de leurs tenues vestimentaires pouvaient provoquer les criminels, avant de leur présenter jeudi ses excuses et de décider d'un "repos" hors de sa paroisse.

 

Don Piero Corsi, curé du petit village de San Terenzo (1200 habitants) sur la côte ligure (nord-ouest de l'Italie), avait placardé sur la porte de l'église paroissiale le jour de Noël un tract qui demandait : "Les femmes, qui provoquent par leur habillement succinct, qui s'éloignent de la vie vertueuse et de la famille, provoquent les instincts et doivent se livrer à un sain examen de conscience, en se demandant : peut-être le cherchons-nous ? "


Ce texte avait suscité un tollé dans la paroisse et dans toute l'Italie, où le bilan des femmes assassinées -118 selon le décompte de la presse - a été particulièrement lourd en 2012.

 

L'évêque de La Spezia, Mgr Ernesto Palletti, lui a ordonné de retirer ce brûlot, ce que le prêtre a aussitôt fait. Son contenu heurte le sentiment général de condamnation des violences à l'égard des femmes, a estimé l'évêque local, ajoutant qu'il y avait trouvé "des motivations inacceptables qui vont à l'encontre du sentiment commun ressenti par l'Église" sur ces sujets.

 

Don Piero a annoncé jeudi matin qu'il renonçait à son ministère "après une nuit d'insomnie due à la douleur et le remords suscités par la juste polémique causée par son "imprudente provocation". Il a décidé d'abandonner sa charge dont "il se sent indigne".

 

Affirmant espérer "retrouver un jour la sérénité", Don Piero Corsi a renouvelé ses excuses "les plus sincères non seulement à toutes les femmes heurtées par mon texte, mais aussi à tous ceux qui se sentent offensés par mes paroles", a-t-il écrit.

 

Dans liberation.fr, on voit que Don Piero a démenti jeudi à la chaîne de télévision du diocèse avoir envoyé un mail à la presse, dans lequel il aurait décidé de renoncer à son ministère paroissial «après une nuit d’insomnie» à la suite de son «imprudente provocation».


Cette annonce de prétendue démission est, a-t-il expliqué, un faux parti d’une adresse email semblable à la sienne. L'évêché a lui aussi démenti que le curé ait fait part à Mgr Palletti de son intention de démissionner. Il a revanche confirmé s'être vu conseiller par son évêque, qu’il a rencontré mercredi soir, de «prendre une période de repos et de réflexion».

 

Normalement l'Église doit être un catalyseur culturel important pour amener l'égalité et la dignité des femmes dans le monde, mais pour cela il faut qu'elle change sa vision de la femme trop sexiste, car la femme a le droit d'être plus que la mère ou la séductrice, une image donnée à dessein, car elles sont valeureuses et savent vivre l'Évangile aussi bien voir même plus que nous.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 26 Décembre 2012

Dans l'article du 24/12/2012 de LEXPRESS.fr notre farouche opposant au mariage gay, l'Archevêque de Paris, André Vingt-Trois, a accusé sur RTL l'Elysée d'avoir retiré un portrait du fondateur d'Emmaüs lors d'une visite présidentielle dans un centre parisien de l'association. 

 

Selon le cardinal André Vingt-Trois, les services de l'Elysée auraient décroché un portrait de l'abbé Pierre lors d'une visite dans un centre Emmaüs le 6 décembre dernier. Entre François Hollande et les catholiques, les relations sont décidément tendues, même en cette veille de Noël. Dimanche soir, invité de RTL, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a accusé l'Elysée d'avoir fait retirer un portrait de l'abbé Pierre, lors de la visite le 6 décembre du chef de l'Etat dans un centre parisien d'Emmaüs

 

Interrogés par RTL, les services de l'Elysée ont répondu qu'il s'agissait d'un simple problème technique : le portrait - ainsi qu'une horloge et un tabouret- provoquaient des reflets gênants pour les caméras. Le directeur général d'Emmaüs Défi, Charles-Edouard Vincent, qui a accueilli François Hollande dans son centre, ne garde aucun souvenir de l'épisode. "Retirer un portrait de l'abbé Pierre dans un centre Emmaüs aurait été un peu contradictoire. Pour nous c'était un honneur d'accueillir le président et nous ne souhaitons pas cela devienne l'origine d'une polémique si des gens ont été mal renseignés", explique-t-il.  Comme le dit RTL, pendant sa visite, le chef de l'Etat échange ensuite avec les salariés d'Emmaüs, et les autres portraits, nombreux, de l'abbé Pierre, sont bien visibles, toujours accrochés aux murs.

 

La sortie du cardinal Vingt-Trois souligne en tout cas le ressentiment de la hiérarchie catholique à l'égard d'un gouvernement qui veut légaliser le mariage homosexuel. S'il a indiqué dimanche qu'il ne défilerait pas lui-même le 13 janvier avec les opposants, l'archevêque n'écarte pas l'idée "d'aller les saluer". Un point de vue des plus douteux, puisqu'il ira quand même appuyer la manifestation.

 

Ensuite, invité de France Info à l'occasion de Noël, Monseigneur Bernard Podvin a réaffirmé l'opposition de l'Église catholique au mariage gay. Il a aussi évoqué le problème de la fin de vie et le rapport Sicard. Pour l’évêque, la société ne serait pas prête à un changement de cette taille. La société sait penser par elle-même, l'avis d'un seul homme ne peut pas la représenter.

 

Interrogé sur le projet de loi sur le mariage pour tous, Monseigneur Podvin affirme qu'il "comprend l'homosexuel quand il dit qu'il a été trop stigmatisé dans la société. Je combats l'homophobie mais ce n'est pas contradictoire avec le fait de dire 'non' au mariage pour tous [...] le combat pour l'homophobie, c'est aussi le mien". Il rappelle que "beaucoup d'homosexuels ne demandent pas le mariage". C'est la même chose pour les hétérosexuels, doit-on leur interdire le mariage parce que beaucoup ne veulent pas se marier.


Alors que l'archevêque de Paris André Vingt-Trois, a annoncé qu'il ne participerait pas à la manifestation contre le mariage homosexuel le 13 janvier 2013, Bernard Podvin semble sur la même ligne d'un soutien sans participation. "Je prendrai ma décision définitive fin décembre début janvier", ajoute-il.

 

Autre sujet de société, la fin de vie. Monseigneur Podvin trouve que si le rapport Sicard (remis récemment au gouvernement) est "très intéressant", pour lui "la loi Léonetti suffit". "Elle n'est pas connue", dit-il. Il se déclare "inquiet" sur la possibilité de voter une nouvelle loi sur la fin de vie. «Très prudent concernant l'aide active à mourir», Didier Sicard, «considère néanmoins que l'assistance au suicide peut être envisagé dans certains cas de maladie incurable et évolutive». Le rapport «ne recommande pas de prendre de nouvelles dispositions législatives en urgence sur les situations de fin de vie».

 

Arguant qu'il accompagne de nombreux malades, Monseigneur Podvin affirme qu'il a vu "souvent des grands malades qui changeaient d'avis sur leur fin (de vie) parce que psychologiquement, ils avaient des changements profonds". Et de conclure ; "Surtout pas d'acharnement; pas d'euthanasie". Pourtant  M. Leonetti souligne que le rapport Sicard «condamne sans ambiguïté l'euthanasie devant les dérives possibles constatées dans les pays où la dépénalisation a été mise en place (Benelux)». Concernant le suicide assisté «tel qu'il est appliqué dans l'Etat de l'Oregon aux Etats-Unis (encadrement médical, 6 mois d'espérance de vie)», évoqué dans le rapport, M. Leonetti se dit «réticent», car, à ses yeux, cela «constitue par principe une rupture de solidarité de la société vis-à-vis des plus vulnérables».

 

Le cardinal André Vingt-Trois et Monseigneur Podvin sont marqués par une réaffirmation identitaire où les valeurs proposées, seraient affirmées avec force, sous la forme de «principes non-négociables». L'Église devrait plutôt s’accommoder à la modernité, prendre des positions nuancées, et se réconcilier avec le monde.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 25 Décembre 2012

franceinfo.fr et RMC.fr dans leurs article du mardi 25 décembre que devant 10 000 personnes, Benoît XVI a célébré lundi 24 décembre au soir sa huitième messe de Noël en la basilique Saint-Pierre de Rome. Au cours de son homélie, il a insisté sur la difficulté pour les fidèles comme pour les non-croyants de laisser une place à Dieu dans le monde moderne.

 

"Plus vite nous pouvons aller, plus les appareils qui nous permettent de gagner du temps deviennent efficaces, le moins de temps nous avons. Et Dieu ? La question de Dieu ne paraît jamais urgente.  Nous sommes totalement remplis de nous-mêmes, si bien qu'il ne reste aucun espace pour Dieu". "Et c'est pourquoi il n'y a pas d'espace non plus pour les autres, pour les enfants, les pauvres, les étrangers" a déclaré le souverain pontife au cours de cette messe solennelle dans la basilique Saint-Pierre.

 

Que Benoît XVI ne s'inquiète pas aujourd'hui de plus en plus d'intellectuels ou d'écrivains se réclament de Dieu. Les scientifiques continuent allégrement de spéculer sur son existence et d'en faire une hypothèse séduisante. Les athées militants contribuent à la polémique pour voir ce que vont dire les croyants. Dieu n'est donc pas mort. Il suffit juste que le pape sache voir où on en parle, car la question de Dieu n' a jamais été aussi présente.

 

Et Benoît XVI  a cherché à réfuter les arguments de ceux qui pensent que les religions sont la cause des violences et des guerres:   "Dans l'Histoire,  le monothéisme a servi de prétexte à l'intolérance et à la violence, une religion peut devenir malade : il n'est pourtant pas vrai que le non à Dieu rétablirait la paix. Si la lumière de Dieu s'éteint, la dignité divine de l'homme s'éteint".


En un sens, on peut dire que la violence est inséparable du monothéisme, au titre même de sa transcendance. La moins violente des trois écritures est l'Évangile, et pourtant les chrétiens ont livré de nombreuses guerres de religion. Il y a beaucoup de violence dans la Bible, mais relativement peu de guerres. Croyants ou non, la plupart des Occidentaux considèrent le monothéisme comme un aboutissement de l'esprit humain,. Ils exonèrent en revanche le monothéisme de toute responsabilité quant aux violences commises pourtant en son nom, tant dans le texte biblique lui-même que dans la réalité de l'histoire depuis deux mille ans : soit ils dénient la réalité des massacres et des bûchers, soit ils en reportent la faute sur Constantin, sur Descartes, ou sur la violence humaine en général.

 

Au cours de cette messe concélébré avec une trentaine de cardinaux, le pape a aussi prié pour la paix en Palestine, en Syrie, au Liban et en Irak. "Les chrétiens qui vivent dans ces pays, où est née notre foi, devraient pouvoir continuer à habiter là-bas", a-t-il déclaré, appelant aussi à la paix en Syrie et en Irak. "Que les chrétiens et les musulmans puissent bâtir côte à côte leurs pays, dans la paix de Dieu." Le Vatican a régulièrement exprimé ses préoccupations face à la fuite de nombreux chrétiens du Moyen-Orient, qui s'exilent par peur pour leur sécurité. Les chrétiens ne composent que 5% de la population de la région, contre 20% il y a un siècle et certaines estimations prévoient que le chiffre pourrait être divisé par deux d'ici 2020.

 

Comme le montre aussi l'article d'Euronews avec un visage fatigué, un débit lent… À 85 ans, Benoît XVI a assuré la traditionnelle bénédiction “Urbi et Orbi” du 25 décembre. Le souverain pontife a appelé en ce jour de Noël à la paix dans le monde.

 

Il a notamment plaidé pour que cesse le bain de sang en Syrie, déplorant les nombreuses victimes innocentes dues au conflit qui s’enlise depuis bientôt deux ans. Il a également appelé au dialogue politique, et à des efforts pour faciliter l’accueil des réfugiés syriens. Benoît XVI a par ailleurs pointé les violences de groupes islamistes qui s’obstinent à vouloir imposer la charia en Afrique, qu’il s’agisse du de “terrorisme” contre les chrétiens au Nigéria, en référence aux nombreuses attaques de la secte islamiste Boko Haram, ou qu’il s’agisse des attentats ayant visé des lieux de culte au Mali et notamment à Tombouctou.

 

Face à des dizaines de milliers de personnes place Saint-Pierre, le pape a exhorté ses fidèles à ne jamais abandonner l’espoir, s’agissant de paix dans le monde. Il a adressé ses vœux de Noël dans 65 langues pour une communauté catholique estimée à environ 1,2 milliard de personnes. Il a encore regretté que le rapport à Dieu soit de plus en plus difficile dans nos sociétés contemporaines.

 

Que le pape n'ait pas peur. Dieu n'est pas mort : il se métamorphose. Le sacré prend de nouveaux visages ou bien revêt des habits très anciens. À travers ce bouleversement de l'espace et du temps, nous vivons sans doute une des plus grandes mutations religieuses que l'homme ait connues. La nouvelle vision de Dieu est différente, plus intérieure, moins personnalisé, et plus féminine. L'amour est fortement valorisé, au détriment des autres vertus religieuses fondamentales, et tend à éliminer la représentation d'un Dieu de justice, «Père fouettard», ou la menace d'une damnation éternelle. On recherche alors un bonheur et un salut pour l'immédiat, en ce monde-ci.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0

Publié le 25 Décembre 2012

Je vais me livrer à un commentaire du contenu de la lecture que l'on lit chaque réveillon de Noël, celle de la Nativité de Jésus, qui a donné naissance à la fête, celle de Luc 2, 1-20 :
 
" Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.
Ce premier recensement eut lieu à l'époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.
Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ;
Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la famille et de la descendance de David,
pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ;
elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle du haut.
Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau.
Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte.
L'ange leur dit : "  Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ;
et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. " 
Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait :
"  Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. "
Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : "  Allons donc jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. " 
Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.
Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens.
Puis les bergers s'en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé. "
 
Un récit de naissance : la NativitéC'est un récit appartient à un genre littéraire en vogue en particulier à partir du Ier siècle, tel que le montre les récits concernant la naissance de Moïse, qui consiste à marquer la grandeur d'un personnage qui s'est illustré dans l'histoire afin de marquer qu'il a été choisi par la divinité pour jouer un rôle particulier. Ce sont le plus souvent des récits composés plus ou moins longtemps avant la mort du personnage, quand avec un certain recul, on devient en mesure d'évaluer sa notoriété. Luc a ce recul nécessaire car il écrit en 80-90. Et comme il le suggère avoir " entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole ".
 
Comme le suggère François Bovon,  ce n'est pas impossible car il aurait pu se servir de sources plus anciennes qui auraient commencé à circuler dans les communautés judéo-chrétiennes et qu'auraient retravaillé l'évangéliste pour un public qui ne fréquentait pas tous la synagogue. Il est possible que ces récits ait été composés de petits sommaires qui aurait circulé dans les années 50 afin de montrer que dès sa naissance, Jésus aurait respecté toutes les dispositions du Judaïsme, afin de contrer les affirmations de Paul de Tarse selon laquelle Jésus avait mis fin à la Torah, la Loi juive : " Le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle du haut. Huit jours plus tard, quand vint le moment de circoncire l'enfant, on l'appela du nom de Jésus. Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés, ils l'amenèrent à Jérusalem (...) pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux petits pigeons."
Le sommaire fut ensuite peut-être amplifié par les premières communautés chrétiennes entre 66 et 70 pour démontrer que c'était bien Jésus qui devait amené le Jour du Fils de l'homme et non les Messies autoproclamés qui explosent durant cette période et auxquels d'après Tacite, ils s'opposent à Jérusalem lorsque la ville est assiégée. Un récit de naissance : la NativitéLe récit de la nativité commençait alors avec l'Annonciation à Marie, plus courte, qui par son oui, faisait entrée la communauté d'Israël dans le renouveau du prophétisme avec Jean le baptiste qui annonce la venue du royaume que doit marquer la naissance de Jésus, appelé à devenir le Messie. La naissance de Jésus s'enchaînait directement après Luc 1, 38, tel que le montre François Bovon, suggérant que Jésus serait né à Nazareth, et non à Bethléem, qui est d'ailleurs à l'époque quasi inoccupée (on n'y trouve que la trace de grandes propriétés terriennes tel que l'on montré les recherches d'Aviram Oshri sur le site) : " Or, pendant qu'ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ; elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle du haut. " Le récit est d'ailleurs rempli de coutumes juives de l'époque : Jésus, comme les autres enfants de son âge, est enveloppé de langes après l'avoir baigné et frotté de sel pour affermir la peau (Ezéchiel 16, 4). Et d'après Joe Zias, le fait que Jésus ait été déposé dans une mangeoire renvoie aux dispositions des maisons juives de l'époque, composées de deux étages, une pièce commune en haut, ce qu'exprime le vrai sens du terme kataluma qui veut dire salle du haut, et en bas de celle-ci, des niches voutées pour accueillir les animaux, qui permettent de chauffer l'habitation pendant les saisons froides. Dans les faits, s'il y a été déposé c'est probablement du fait que trop de monde vinrent donner leurs félicitations à ses parents. De plus, une maison juive de l'époque de l'extérieur ne se démarquait pas des autres, étant toute en pierres. C'était l'intérieur qui montrait l'origine sociale.
 
C'est l'évangéliste qui aurait réuni le récit de la nativité avec celui des bergers, d'autant plus facilement que comme dans celui de l'Annonciation à Marie, on trouvait des allusions à un Jésus " emmailloté et couché dans une mangeoire. ". Il aurait lui aussi circulé à peu près au même moment, provenant d'une autre communauté, datable de la même période. François Bovon et Martin Dibelius en donnent les grandes lignes : 
Un récit de naissance : la Nativité« Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. L'ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte. L'ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
(Or, quand l'ange les eut quittés, les bergers se dirent entre eux : « Allons donc et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. »)
Ils (y allèrent et) trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire. (Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers et retenaient tous ces événements (dans leur cœur).
Puis les bergers s'en retournèrent. »
Ici, on se retrouve devant un récit d'annonciation, tout comme celui de Marie, qui se termine aussi par une réalisation des promesses de l'ange, et qui tient à démontrer que dès sa naissance, Jésus a été établi Messie d'Israël, tel que le montre l'allusion " aux champs " (1 Samuel 16, 11), lorsque le prophète Samuel y trouve le futur roi David, berger également, et la présence de l'ange du Seigneur, qui à l'origine était une personnification de Yahvé. La réalisation du message de ce dernier est reprise des prophéties d'Isaïe : « Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion : " Ton Dieu règne. " » (52, 7)  et d'Isaïe : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, ... » (9, 5). La réunion des passages bibliques était une pratique courante des rabbins du Talmud, et semble suggérer que cette pratique l'était aussi chez les premiers chrétiens, qui en associant deux passages de contexte différent, la première écrite vers écrite vers 550-540 av. J. - C., concernant l'inauguration du règne personnel de Yahvé sur Jérusalem, et l'autre au VIIIe siècle av. J. - C., concernant la naissance peut-être du roi de Juda, Ezéchias (716-687), veulent montrer que la réalisation des prophéties messianiques s'est réalisé dès sa naissance. Les prétendants messianiques et les groupes de zélotes qui les suivaient remettaient probablement en cause leur croyance, comme le montre ces deux récits, car la seconde venue du Fils de l'homme, la Parousie, ne s'était pas réalisé lorsque commença la guerre juive (66-70) contre les Romains. De ce fait, la localisation à Bethléem pourrait être erronée, car la " ville de David " est une référence à Jérusalem, et n'a aucun lien avec Michée 5,1. On se retrouverait alors dans une interprétation symbolique, peut-être en réponse aux affirmations des prétendants messianiques, du retour de Dieu dans la capitale royale, et donc de libération d'Israël, que marque la naissance du futur Messie.
 
Un récit de naissance : la NativitéDans les années 80-90, lorsque l'évangéliste reprend les deux récits peut-être est-ce pour répondre aux interrogations des membres de sa communauté sur les origines de Jésus, contestée par leurs interlocuteurs juifs, les rabbins, qui remettaient en cause la messianité de Jésus. C'est la raison pour laquelle, il reprend le genre littéraire de la nativité en plein développement depuis les années 40 à 50, et en ajoutant quelques éléments au récit de la Nativité et des bergers après leur fusion.
Un des buts évidents est peut-être de mettre au centre du récit les marginaux, tel que le montre l'accent mis sur le fait que Jésus est né dans une mangeoire, et que les premiers qui sont bénéficiaires de l'annonce de la libération d'Israël sont les bergers, qui, dans une liste des personnes impures dans le Talmud figure parmi eux parce qu'ils ne pouvaient pratiquer les rituels juifs quotidiennement. La communauté de l'évangéliste, tel que le montre les Actes des Apôtres, dont il est lui-même l'auteur, portait une grande attention aux pauvres, du fait qu'elle est constituée de notables et de petits notables (artisans et commerçants), tel que le prouve la caisse commune pour aider les plus démunis. Un appel donc à un changement radical de société que marque le chapitre 6, celui des Béatitudes (v. 20-23), où ce sont eux qui sont mis en avant par Jésus. Mais le berger n'a pas qu'une image négative. Il est aussi le guide (l'image du rabbin) dans le Judaïsme de la fin du Ier siècle, ou même le « pasteur », tel Jacob (Genèse 30,36), Moïse (Exode 3, 1), et David, qui gardait les troupeaux lorsque Samuel le choisit pour l'onction royale (1 Samuel 16, 11).
Aux arguments contre la messianité de Jésus que l'on trouve dans l'évangile de Jean : "  Le Christ pourrait-il venir de la Galilée ?  L'Écriture (Michée 5, 1) ne dit-elle pas qu'il sera de la lignée de David et qu'il viendra de Bethléem, la petite cité dont David était originaire ? " (7, 41-42). Luc y répond en expliquant que Jésus, bien qu'étant réellement né à Nazareth, le fut à Bethléem lors du recensement qu'aurait ordonné l'empereur Auguste en l'an 6, et qui fut réalisé par le légat d'Auguste, propréteur, Publius Sulpicius Quirinius, gouverneur de Syrie de 6 à 9, Un récit de naissance : la Nativitémais les procédures du recensement tel que le rapporte ce récit sont inconnus en Palestine et il ne concerne que la Judée, devenue une province à la déposition d'Archelaüs. D'ailleurs Jésus est probablement né entre 6 et 7 avant J. - C.lors du règne d'Hérode le Grand, l'évangéliste se contredisant (Luc 1, 5). Ce qui est une probablement une création de celui-ci avait peut-être aussi pour but de convaincre les autorités qui lisaient ce passage que dès sa naissance Jésus respectait les législations impériales, une chose à laquelle était attaché les communautés pagano-chrétiennes, fondées par Paul de Tarse : " Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n'y a d'autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui. " (Romains 13, 1.) Surtout au moment où reprennent les poursuites contre les chrétiens en 83 sous le règne de l'empereur Domitien .
Un récit de naissance : la NativitéL'évangéliste ajoute aussi un autre épisode avec où apparaît " l'armée des cieux " qui désignait à l'origine les étoiles, et qui furent peu à peu assimilés aux habitants des Cieux ou à la Cour de Dieu. Et qui reprend le fameux épisodes de l'appel du prophète Isaïe, où se trouvait une théophanie (6, 2 – 3) : « Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler. Ils se criaient l'un à l'autre ces paroles : " Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. " » Que l'évangéliste, dans une pratique commune à ceux qui avaient produits les récits de la Nativité (qui prouvent que c'était certainement un sympathisant de la religion juive, qui fréquentait la synagogue), a peut-être associé au Psaume 148 (1 – 2) pour le chant des anges : « Alleluia ! Louez Yahvé depuis les cieux, louez-le dans les hauteurs, louez-le, tous ses anges, louez-le, toutes ses armées ! » Luc lui donne, comme pour Isaïe 6, 3, une connotation universaliste. Aujourd'hui, Dieu ne s'adresse plus seulement à Israël mais à tous ceux prêt à suivre le message de Jésus, comparé à des greffes d'un olivier sauvage sur un olivier de culture, dans ce qui pour Paul de Tarse est devenue un grand Israël (Romains 11, 16-24), et que donc tous les hommes sont appelés à la libération que va marquer la venue de Jésus.
 
Rien ne laissait présager l'histoire tel que nous la connaissons aujourd'hui, car même le mot kataluma, même dans le récit de Luc, d'après Marie-Émile Boismard, renvoyait bien à la " salle du haut ". Comment en est-on arrivé à une famille, ne trouvant plus de place, obligé d'occuper une étable ou une grotte où nait le futur Messie, pauvre parmi les pauvres. Un récit de naissance : la NativitéNous la devons probablement à une erreur d'interprétation qui eut cours au IIe siècle, et qui est déjà bien attestée lorsque le philosophe chrétien Justin de Naplouse la relate à son tour dans son Dialogue avec Tryphon le Juif (rédigé en Syro-Palestine, entre 150 et 155) : " Au contraire, comme c'était en Judée qu'eut lieu le premier recensement de Quirinius (Lc 2 : 2), de Nazareth où il habitait, il monta se faire inscrire à Bethléem d'où il était, car il était de la tribu de Juda qui occupait cette région.... L'enfant était né à Bethléem, comme Joseph n'avait pas où loger dans ce village, il s'installa dans une grotte toute voisine de Bethléem, et tandis qu'ils étaient là, Marie enfanta le Christ et le plaça dans une mangeoire : à leur arrivée les mages d'Arabie l'y trouvèrent  ".
 
Ainsi, grâce à Justin, le récit de la Nativité acquit le merveilleux qui lui manquait et qui allait assurer le  succès de la communauté chrétienne, notamment à partir du IIIe siècle en Asie Mineure, en Syrie et à Rome, en montrant que Jésus allait changer la société en faveur des plus faibles, des marginaux, qui furent les premiers appelés lors de sa naissance.
Un très bon et joyeux Noël à tous ceux qui lieront cet article !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

Repost 0

Publié le 24 Décembre 2012

charity by maevachan-d3eohu3La fête de Noël n'était pas au début, l'anniversaire de la naissance de Jésus, dont on ignorait la date, mais la célébration du Seigneur venant dans le monde. Les prières liturgiques et les sermons des évêques de ces siècles insistent sur la signification «mystique» de cette solennité : Dieu s'est fait homme pour sauver l'humanité et la mener à sa pleine réalisation dans le Royaume des cieux. Mais c'est heureusement la piété des fidèles qui s'est attachée plus volontiers à la lettre des récits évangéliques de la naissance de Jésus faisant de Noël la plus populaire des fêtes chrétiennes.

 

La naissance dans le dénuement du Messie qui vient apporter justice et paix au monde aux hommes, en fait la  journée des humbles, car par ce biais le descendant de David s'est fait humble parmi nous. Le Sauveur du Monde est donc venu comme un enfant, alors qu'on s'attendait à ce qu'il vienne dans la gloire. Cette naissance bouleverse les représentations juive de l'envoyé de Dieu : il n’est pas dominateur, il est un «Emmanuel», un «Dieu avec nous». Auprès de Jésus nouveau-né, ce ne sont pas les princes, les prêtres ou les rois qui sont appelés. Les premiers à être au courant de cette naissance sont des bergers qui gardent leurs troupeaux durant la nuit. Les bergers sont en partie considérés comme des marginaux à l’époque.

 

Cette fête est pour tous les déçus et les laissés pour compte. Jésus n'est pas venu pour les bien portant, mais pour les malades de la vie, ceux qui n'ont pas eu la même chance que les autres. Noël doit aussi être pour ces personnes-là. C'est le moment de rechercher l'essentiel : l'amour, la vérité, la justice, la liberté, la paix. Cette fête doit retrouver la simplicité de la naissance de Jésus dans une étable. Elle appelle à la retenue, au partage et à une plus grande solidarité.

 

L'Église a accepté l'expression de la joie et de la piété des fidèles, tout en rappelant que le «mystère» de Noël doit s'éclairer à la lumière de Pâques qui par ce biais peut montrer la valeur des relations humaines. Après tout si la Bible désigne le Messie comme le «Soleil de justice» et la «Lumière du monde», alors la fête de Noël doit apporter la lumière du réconfort et rendre justice à ceux qui vivent humblement.

 

tai_gong_wang et freyr1978

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Pensées de paroissiens-progressistes

Repost 0

Publié le 23 Décembre 2012

Dans leurs articles du 22 décembre, bfmtv.com et franceinfo.fr nous rappelle le pseudo dénouement de l'affaire Vatileaks. Le tribunal du Vatican l'avait condamné en octobre pour le vol de documents confidentiels au pape. Paolo Gabriele a finalement été gracié. Une visite d'un quart d'heure pour lui annoncer sa grâce. Il a aussitôt été libéré.

 

Il ne purgera finalement pas sa peine de prison. Paolo Gabriele, condamné par le tribunal du Vatican à un an et demi de prison le 6 octobre dernier, a reçu samedi la grâce papale. Claudio Sciarpelletti, un informaticien condamné à deux mois de prison avec sursis le mois dernier pour entrave à la justice dans cette même affaire VatiLeaks a lui aussi été gracié.

 

L'ancien majordome de Benoît XVI avait été reconnu coupable du vol et de la divulgation à la presse de documents confidentiels appartenant au pape, qui visiblement ne lui tient pas rancune. Selon les observateurs, Benoît XVI a attendu de le gracier en raison de la gravité de son acte et parce qu'il n'avait pas exprimé de remords vis-à-vis des responsables de la Curie.

 

"Le Saint-père, dans un acte très paternel, s'est rendu en personne auprès de Paolo Gabriele pour lui communiquer qu'il lui avait accordé sa grâce", a annoncé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. La rencontre a duré un quart d'heure environ, selon le Vatican. Dans le communiqué officiel, il est bien précisé que l'ancien majordome ne "pourra ni reprendre son travail précédent ni continuer à résider au Vatican". Le Saint-Siège a également promis de trouver un emploi à Paolo Gabriele.

 

Au service de Benoît XVI depuis 2006, de tous ses voyages, Paolo Gabriele était au plus près du pape. Il était le premier et le dernier à le voir chaque jour, et l’aidait à se vêtir. Dans le même temps, il photocopiait des documents et les transmettait notamment à la presse. Paolo Gabriele dit avoir agi pour "remettre l'Eglise sur les rails", parce que "le Saint-Père n'était pas correctement informé". Paolo Gabriele avait expliqué aux enquêteurs avoir voulu "créer un choc" pour "ramener l'Eglise dans le droit chemin". Il a dit lors de son procès que sa position lui avait permis de constater à quel point Benoît XVI était manipulé par ses conseillers.

 

Le majordome du pape, gracié, passera Noël en famille, précisions d'Anaïs Feuga depuis Rome. Si le volet "majordome" est terminé, l'affaire VatiLeaks n'est pas pour autant complètement bouclée. La gendarmerie vaticane enquête toujours sur des centaines de fuites à la presse italienne car tous les  documents publiés ne provenaient pas de Paolo Gabriele.

 

Ne soyons pas naïf, l'affaire Vatileaks n'est pas fini pour autant et attend tout sauf ce dénouement trop calculé. Mais remercions Paolo Gabriele pour avoir fait son devoir en toute conscience.

 

Merci !

Voir les commentaires

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0