Publié le 31 Décembre 2013

Issu d'une famille portugaise très pratiquante, je suis un esprit libéral et tolérant. Je combattrais sans doute toute ma vie l'esprit d'intolérance et je songe surtout à l'avenir de l'Église qui doit se détourner de l'intégrisme et chercher son salut en dehors du passé.

Elle doit avoir une vision démocratique et abolir son mode de fonctionnement monarchique, car elle doit mettre en avant la liberté de croyance et de conscience, qui sont impossibles dans une structure seulement pyramidale où l'on demande aux fidèles d'être des exécutants et non des interlocuteurs et des décideurs privilégiés.

Il est grand temps d'élaborer des plans pour l'avenir de l'Église, mais aussi de permettre à tous ceux qui s'opposent aux communautés nouvelles et mouvements ecclésiaux de se rencontrer, et de prendre contact. Nous devrons tous avoir le même but, renverser la mécanique de intégriste au sein de l'Église et incarner une société pluraliste.

"Obéissance", c'est le maître-mot de notre hiérarchie. Cela tient plus de l'asservissement et d'une privation de toute possibilité d'épanouissent. On nous demande donc une adhésion qui est obligatoire et non choisie. La discipline et rien d'autre. Nous devons face à ce modèle qui trahit l'Évangile, être épris de liberté.

J'ai toujours combattu l'étroitesse de vues, la violence, l'arrogance, l'intolérance et le jusqu'au-boutisme dont sont pétris les communautés nouvelles comme nous le voyons à travers la Manif pour tous. Je me suis toujours battu contre cet esprit et ses terribles conséquences.

Un seul mot pour ce combat : "Unité !" Il faut s'unir dans un même combat. Il faut donc unifier la lutte, quel que soit nos opinions politiques. Il faudra observer une certaine prudence envers les mouchards et se réunir au minimum en groupe de 5 personnes pour ne pas attirer l'attention, mais aussi garder le contact entre ces groupes qui devront parfaitement bien s'entendre. Il faudra avoir une volonté forte, un enthousiasme audacieux mais tempéré par la prudence.

L'Église devra être structurée du bas vers le haut, pour que chacun ait des responsabilités. Elle devra mettre en avant les droits de l'homme, la liberté de religion, la collégialité et un mode de gouvernement démocratique. Pour cela, Il ne faut pas préconiser la violence contre la violence. Il donc faut créer un environnement solidaire où l'intégrisme n'existe plus.

Il faut oser élever la voix, ayons enfin un comportement qui nous honore, soyons des "héros inconnus". Il faut aider, consoler, encourager et être des soutiens moraux pour ceux qui souffrent. Pour cela nous devons respecter les principes de tolérance énoncés par la Bible et avoir une profession de foi réformatrice.

Il faut que nous ayons une vertu, le courage. N'ayons pas peur de nous élever contre notre hiérarchie quand elle a tort. La défaite des groupes réactionnaires, qui est certaine, ne sera pas notre victoire, ce sera celle du Peuple de Dieu.

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Le renouveau de l'Église se fera par l'intérieur

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Publié le 30 Décembre 2013

Libération.fr nous montre dans son article du dimanche 29 décembre 2013 que des dizaines de milliers de catholiques se sont rassemblés dimanche à Madrid pour une grande messe annuelle en défense de la famille, quelques jours après la présentation par le gouvernement conservateur d’un projet de loi supprimant quasiment le droit à l’avortement en Espagne.

Chantant des chants de Noël, agitant des drapeaux de leurs régions et de divers pays dont la France, les fidèles estimaient pour beaucoup avant le début de la messe que le gouvernement devait aller plus loin en interdisant complètement l’avortement. «La nouvelle loi sur l’avortement est insuffisante car elle permet encore d’en pratiquer», affirmait Ignacio Gonzalez, un agent commercial âgé de 49 ans venu de Murcie, à 400 kilomètres de la capitale, avec son épouse et ses six enfants. «Il faut aller encore plus loin, car il ne faut pas d’avortement du tout: c’est un crime», lançait Maria Cardador, âgée de 82 ans, venue en autocar depuis les environs de Cordoue, à 400 km au sud. «Ils tuent tellement de petits enfants dans ces cliniques, il faudrait les fermer», ajoutait-elle.

L'engagement à l'égalité et au droit de décider pour les femmes n'est pas le premier souci de ces fidèles. Comme le montre cette loi certains droits et libertés sont décidés sans le consentement des citoyens. D'ailleurs en 2012, 64% des catholiques pratiquants ont montré qu'ils seraient contre une telle restriction de l'avortement. Cette loi est surtout le paiement des dettes contractées par Mariano Rajoy à l'Église espagnole. Oui, en Espagne, une minorité intégriste décide pour toute la population.

Cette messe, convoquée tous les ans par l’archevêché de Madrid, avait rassemblé jusqu’à plusieurs centaines de milliers de personnes sous le précédent gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011). À l’époque, de nombreux fidèles dénonçaient les réformes phares du gouvernement socialiste, comme la légalisation du mariage homosexuel en 2005 et l’adoption en 2010 de la loi sur l’avortement, qui l’autorise jusqu’à 14 semaines de grossesse et jusqu’à 22 semaines en cas de malformation du fœtus.

Conformément à une promesse de campagne en 2011 de Mariano Rajoy, l’actuel gouvernement conservateur qu’il dirige a adopté le 20 décembre en Conseil des ministres un projet de loi qui n’autorise l’avortement que lorsqu’il y a un danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou en cas de viol ayant fait l’objet d’une plainte préalable. Ce texte a de fortes chances d’être adopté au Parlement, où le Parti populaire au pouvoir a la majorité.

Comme le montre le Point.fr dans son article du vendredi 27 décembre, il suffit de voir l'aplomb du ministre espagnol de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon à ce sujet."Nous avons rédigé la première loi qui reflète l'opinion majoritaire des citoyens européens", affirme Alberto Ruiz Gallardon dans un entretien publié par le journal conservateur espagnol ABC. Il faudrait qu'il me dise d'où il tient une telle opinion, car on ne dit pas une telle chose sans la confirmer. "Je suis convaincu que cette initiative aura une suite dans d'autres parlements d'autres nations européennes", poursuit le ministre du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. "C'est la loi la plus avancée et progressiste que ce gouvernement a introduite" depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, ajoutait vendredi le ministre de la Justice. Très drôle, car le progressisme est la volonté d'instaurer un progrès social, des réformes, par opposition au conservatisme. Une reculade, un progrès, il faut avoir un sacré culot pour dire que les femmes qui n'ont plus le droit de disposer de leur propre corps est une réforme. "Nous savons que nous avons fait quelque chose qui n'a pas de précédent en Europe au cours de ces dernières décennies: en finir avec le mythe de la supériorité morale présumée de la gauche", lançait le ministre. C'est sans précédent de montrer clairement qu'en Espagne, qu'on entend plus l'Église dont la hiérarchie est composée de vieux célibataires et dont la désaffection est plus que visible que les femmes qui savent mieux que les hommes ce qui est bon pour elles. En réalité, Alberto Ruiz-Gallardon tenterait en fait de plaire à cette extrême droite ultra-catholique qui est peut-être minoritaire mais très puissante économiquement.

Dimanche, la messe avait été convoquée sur le thème «La famille est un lieu privilégié pour l’annonce de l’Évangile à toutes les nations». Sur une scène surmontée d’une grande croix blanche, l’archevêque de Madrid, Antonio Maria Rouco Varela, autrefois très virulent à l’encontre des réformes socialistes, a déploré le manque d’engagement solide dans la vie personnelle. «Même le don de la vie n’est pas perçu comme définitif et inviolable, et dès lors, le don de l’amour non plus», a-t-il déclaré. L’angélus prononcé à Rome par le pape François avait auparavant été diffusé en direct à la foule. Pour Emilio Alponzeca, un marin âgé de 51 ans originaire de Lepe, dans le sud de l’Espagne, le projet de loi est «plus ou moins identique» à celle en vigueur. «On ne peut pas prendre une vie», ajoutait-il. Il faut qu'ils suivent le pape François qui ne juge pas et pardonne, il a en effet appelé à mieux accueillir et accompagner les femmes qui ont avorté.

La numéro deux du parti socialiste, très critique envers le projet de loi, Elena Valenciano, affirmait dimanche dans un communiqué que «le premier à se féliciter» du nouveau projet de loi avait été l’archevêque de Madrid. «La hiérarchie catholique en Espagne a toujours voulu - et elle l’a fait pendant des siècles! -gouverner la sexualité et l’utérus des femmes, dont les évêques se sont toujours méfiés», écrivait-elle.

Elena Valenciano a tout à fait raison, il suffit de voir le soutien de Francisco Javier Martinez, l'archevêque de Grenade à de l'ouvrage de Costanza Miriano intitulé "Cásate y sé sumisa" ("Mariez-vous et soyez soumise") dont il est responsable de la publication. Et cet ouvrage de Costanza Miriano, ne respire pas l'hommage au droit des femmes, il suffit de regarder quelques passages : "Nous les femmes nous aimons l'humiliation parce que c'est dans l'intérêt de tous", "Quand votre mari vous dit quelque chose, vous devez l'écouter comme si c'était Dieu qui vous parlait". Il est sûr que l'Église en Espagne défendra un ouvrage de ce type. La ministre espagnole de la Santé, Ana Mato, a demandé le retrait de cet ouvrage qu'elle considère comme "irrespectueux envers les femmes". La réponse de l'archevêque aux femmes est : "C'est ridicule et hypocrite". Selon lui, une société qui autorise l'avortement est nettement plus violente. Donc, quand l'Église ne sait pas répondre aux femmes, il la résume à l'avortement. Cela montre que la méconnaissance des femmes au sein de la hiérarchie de l'Église en Espagne.

Mais bon cette Église espagnole sentant bon la naphtaline qui dans sa pratique a tout de l'intégrisme commence à voir ses chances s'envoler avec l'envie du pape François de gouverner autrement car l'expertise de Mgr Antonio Maria Rouco Varela pour trouver des ennemis et de leur promettre l'enfer est directement en opposition avec le pape qui veut ouvrir l'Église aux périphéries. Mgr Antonio Maria Rouco Varela ne semble pas correspondre au profil que souhaite le pape François. Il est grand temps qu'en ces lieux l'Église change son langage, car la dureté n'amène que la chute.

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Espagne : grande messe en défense de la famille

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Publié le 29 Décembre 2013

actu.orange.fr, BFMTV.com, LeMonde.fr et TF1.fr nous montrent dans leurs articles du samedi 28 décembre 2013 que le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls veut lancer une contre-attaque contre Dieudonné qu'il ne considère plus comme un comique et qui s'apprête à partir en tournée dans toute la France.

Dieudonné pourra-t-il continuer à donner des spectacles ? Le ministère de l'Intérieur étudie tous les moyens pour faire interdire ses "réunions publiques" de Dieudonné. Et il va adresser "dans les prochains jours" une circulaire aux préfets les invitant à évaluer le risque de trouble à l'ordre public induit par les représentations de l'humoriste controversé Dieudonné. Envoyée avant le début de la tournée de son spectacle "Le Mur" qui commencera le 9 janvier.

Dans une interview accordée au Parisien de samedi, Manuel Valls explique qu'une "nouvelle limite, extrêmement grave, a été franchie. Quand on s'en prend avec une telle hargne à des journalistes (Frédéric Haziza et Patrick Cohen) du fait de leur patronyme, du fait qu'ils sont juifs, ce n'est pas tolérable. Quand Dieudonné insulte la mémoire des victimes de la Shoah, c'est insoutenable. Ça suffit. Il faut casser cette mécanique de haine."

Il s'inquiète également des troubles à l'ordre public et considère qu'un seuil a été franchi le week-end dernier. Deux opérations commando ont en effet été menées à Lyon et Villeurbanne, contre des personnes accusées d'avoir fait le geste de la "quenelle". Pour cela Manuel Valls ne veut "écarter aucune possibilité, y compris un durcissement de la loi" et "espère" parvenir à une interdiction dès 2014.

"La liberté d'expression est sacrée mais le racisme et l'antisémitisme sont des délits. Depuis longtemps, Dieudonné n'est plus un comique et sa démarche ne relève plus de la création. Pour tout dire, il ne fait plus rire personne. Ses spectacles sont devenus des réunions politiques où il déverse sa haine", adresse Manuel Valls aux défenseurs de la liberté de création et d'expression.

Les avocats de Dieudonné dénoncent "une censure" et estiment que la question des troubles à l'ordre public est "un motif totalement fallacieux". Face aux attaques, l'avocat de Dieudonné, Me Jacques Verdier, a réaffirmé vendredi que "jamais un spectacle de Dieudonné n'a été interdit", ajoutant que "chaque fois qu'un arrêté est pris, on le fait suspendre." "C'est un acte que l'on veut être de censure", a-t-il poursuit. De plus, le risque de trouble à l'ordre public est un "motif totalement fallacieux" selon l'avocat de l'humoriste. "Cela impliquerait qu'il y aurait des risques de manifestations préalables ou postérieures à ce spectacle, or depuis des années que Dieudonné organise ses spectacles, il n'y a jamais eu le moindre accident".

Comme le dit Clotilde Chapuis, présidente de la LICRA en Gironde dans un article du nouvelobs.com du vendredi 27 décembre 2013: "Leur défense est toujours la même depuis le début. Je vais leur répondre très clairement : la liberté d'expression s'arrête là où la loi l'autorise ou l'interdit. En l'occurrence, le racisme et l'antisémitisme ne sont pas des opinions mais des délits répréhensibles. Quand Dieudonné regrette que les chambres à gaz n'existent plus pour le journaliste [de France Inter] Patrick Cohen, on ne peut plus parler de liberté d'expression. D'autant plus qu'il a déjà été condamné à sept reprises pour des propos à caractère antisémite ou plusieurs fois pour des injures à caractère racial. Ce sont des actes délictuels qu'il faut clairement condamner."

Avant même la diffusion de la circulaire ministérielle, le préfet de la région Paca, Michel Cadot, a annoncé samedi "procéder à un examen vigilant des conditions de tenue" du spectacle de Dieudonné, programmé le 2 février à Marseille. Le préfet de région Aquitaine, Michel Delpuech a annoncé aussi samedi dans un communiqué qu'il travaillait dans la même direction dans le cadre du spectacle prévu le 26 janvier à Bordeaux. "Dans le contexte des propos et déclarations à caractère raciste et antisémite de Dieudonné M'Bala M'Bala, plusieurs organisations, notamment la Ligue Internationale contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra), ont déjà saisi le Préfet pour appeler son attention sur les risques de troubles à l'ordre public que peut susciter ce spectacle", avance le texte.

De son côté, le maire UMP d'Orléans a déclaré sur LCI qu'il ne voulait pas de Dieudonné dans sa ville. "Je demande aux préfets de déclarer qu'il y a trouble de l'ordre public de telle sorte que le spectacle n'ai pas lieu", a expliqué Serge Grouard, estimant qu'on "ne peut pas passer cela". "C'est l'autorité de l'Etat que je sollicite", a-t-il déclaré

Le jour même des annonces de Manuel Valls, le joueur de football Nicolas Anelka s'est fait remarquer en fêtant samedi un but avec une «quenelle», un geste créé par Dieudonné et imité par ses fans que l'ancien attaquant de l'équipe de France a ensuite justifié. «Ce geste était juste une spéciale dédicace pour mon ami humoriste Dieudonné», écrit-il sur Twitter. «Une provocation choquante, écœurante » écrit la ministre des sports Valérie Fourneyron sur son compte Twitter. D'autant que ce n'est pas une première pour «l'enfant terrible» du football français, qui avait déjà été vu en train d'effectuer une quenelle en compagnie de Dieudonné.

Samedi soir, le Congrès juif européen a appelé samedi les responsables de la Premiere League anglaise de football à suspendre le Français Nicolas Anelka. Dans un communiqué de son président Moshe Kantor, il qualifie cette «quenelle» de «salut nazi inversé» et «appelle à ce que Nicolas Anelka soit suspendu». De son côté, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a dénoncé dans un communiqué «la lâcheté du soutien de Nicolas Anelka à Dieudonné», assurant «qu’à l’instar de Dieudonné qui se cache sous le masque de l’humour, les personnes qui miment le geste de la "quenelle" n’assument pas leur antisémitisme». Dimanche, c'est la Grande Mosquée de Paris qui a condamné «énergiquement tout acte ou propos à caractère antisémite ou raciste dans le monde sportif». Dans un communiqué, signé par Dalil Boubakeur, recteur de l’Institut musulman de la Grande Mosquéee de Paris, celle-ci qualifie la «quenelle» de «geste hybride entre le salut nazi et le bras d’honneur inversé», ajoutant que le sport représente «des valeurs hautement humanistes et universelles de paix, de convivialité et de fraternité». Selon certains médias anglais, le geste d'Anelka pourrait être examiné et éventuellement sanctionné par la Fédération anglaise de football (FA).

Samedi soir, quelque deux cents personnes se sont réunies devant le théâtre de la Main d'Or à Paris (XIe), dans lequel se produit Dieudonné. Certains ont reproduit le geste de la quenelle, tandis que d'autres scandaient "Dieudonné président" ou "Valls démission". Ce qu'ils ignorent, c'est qu'en France, la liberté d'expression a des limites fixées par la loi. C'est à ce titre que Dieudonné a été condamné à plusieurs reprises ces derniers temps et qu'il risque d'être à nouveau poursuivi pour un dérapage violent visant le journaliste Patrick Cohen.

Il est grand temps d'en finir avec la mécanique de haine initiée par Dieudonné qui ne fait plus rire personne et qui devrait se taire au vu des choses nauséabondes qu'il a dites. Au lieu de cela, il essaye de se faire passer pour un martyr mais quand on utilise des propos antisémites on est tout sauf innocent. La liberté d'expression n'est pas à confondre avec la haine de l'autre.

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Publié le 28 Décembre 2013

Comme le montre l'article de la-Croix.com du vendredi 27 décembre 2013, le Bureau de presse du Saint-Siège a annoncé qu'à partir de janvier 2014, des groupes de fidèles des paroisses romaines pourront participer à la messe quotidienne célébrée par le pape François dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

«Jusqu’à présent, des groupes d’employés du Vatican participaient à la messe à Sainte-Marthe, souligne le Vatican dans une note. À partir du mois de janvier 2014, les curés des différentes paroisses du diocèse de Rome seront informés, par le biais du cardinal vicaire Agostino Vallini, qu’ils pourront demander à participer à la messe à Sainte-Marthe avec un groupe de fidèles de leur paroisse », poursuit le communiqué, précisant que 25 personnes environ seront admises chaque jour. «Étant donné que le pape ne pourra pas visiter toutes les paroisses de Rome, indique encore la note, il y aura ainsi la possibilité pour une représentation de chacune de participer avec lui à la célébration».

Cette démarche va dans le sens de la volonté affichée par le pape François de se présenter comme «évêque de Rome», désireux de remplir son devoir pastoral envers les fidèles de son diocèse, qui compte plus de 300 paroisses. La messe semi-privée du pape dans la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, là où il vit, est un rendez-vous important depuis le début de son pontificat. L’homélie improvisée qu’il y prononce chaque matin est ensuite retransmise par les différents médias du Vatican et suivie par de très nombreux fidèles aux quatre coins du monde.

Dès son pontificat, le pape François a mis l'accent sur l'aspect pastoral de la charge du pape en assumant pleinement son rôle d'évêque de Rome. Une vision du rôle du pape qui a été souvent négligé, car comme il le souhaite, il doit cheminer avec le peuple de son diocèse et l'accueillir.

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Publié le 27 Décembre 2013

En 1961, sortit dans les cinémas américains un film qui n'eut pas le succès escompté, le Rois des Rois de Nicholas Ray qui devait être un remake du film de Cecil B. de Mille, mais qui choisira une vision différente du précédent film. Selon la biographie du réalisateur Nicholas Ray, le script fut approuvé par le Vatican avant que tournage commence.

Le film fut tourné en Espagne dans une vaste plaine centrale servant à représenter la Judée des premiers siècle de notre ère. Le choix de acteurs pouvait surprendre : Jeffrey Hunter, à la fois compatissant et sensible dans son rôle où il interprète un Jésus non violent. Robert Ryan la guest star interprétait un Jean-Baptiste charismatique et contestataire face à un gouvernement fantoche et corrompu, Siobhan McKenna prenait le rôle Marie, la mère de Jésus, quant à Rip Torn qui devait faire Jésus, il interpréta Judas. Barabbas est interprété par Harry Guardino, où il est représenté comme un chef de guérilla plutôt que dans le rôle d'un bandit. La performance de Brigid Bazlen dans ce film lui valut des éloges, notamment pour la façon voluptueuse dont elle séduit un Hérode ivre et paillard. Les critiques s'accordent pour voir dans ce rôle sa plus grande réussite.

Le Roi des Rois se démarque des films faits auparavant sur Jésus. Le scénariste Philip Yordan choisit une vision historique et politique notamment avec l'entrée de Pompée au Saint des Saint dans le Temple de Jérusalem en 63 avant J-.C. pour commencer ce film. Ensuite le rôle de Barabbas (Harry Guardino), généralement décrit comme un petit délinquant, est développé comme celui d'un chef rebelle comme Judas Macchabée. Cela pourrait être réel (Marc 15:07) et permet à Nicholas Ray d'ajouter des scènes de bataille. Ici, le scénariste juxtapose la violence de Barabbas et les moyens pacifiques de Jésus, qu'il interprète comme deux voies vers la cause commune de la libération de la Judée des Romains. Ce qui est politiquement correct en 1961, car une guérilla armée instaura le régime castriste à Cuba en 1959 et l'élection de John Fitzgerald Kennedy à la présidence des États-Unis en 1960 qui insistait sur le désarmement nucléaire. Cette version exégétique est également donnée par Solomon Zeitlin.

Nicholas Ray prend beaucoup de libertés avec les quatre Évangiles tout en leur donnant plus d'identité. Il se sert de Jeffrey Hunter qui apparait plus jeune, alors qu'il a 33 ans pour montrer un Jésus qui préconise sans doute la résistance passive et la recherche de la paix. Le Jésus qu'il donne à voir est ici humble et doux mais habité par sa mission qui semble aussi intérieure. La promulgation du Sermon sur la montagne est une image puissante de la domination d'un individu sur une foule avide et inquiète. La vision de Jésus se déplaçant de façon fervente parmi une multitude grouillante, dispersée, s'arrêtant pour entendre les questions et donner en des réponses proverbiales, traduit une conception passionnante de l'excitation d'une époque d'attente et de délivrance. Le réalisateur montre donc ce sermon comme un discours politique. Nicholas Ray montre aussi les miracles de manière symbolique. Quand Jésus restaure la vue d'un homme et guérit un infirme, on ne voit que son ombre. Cela lui évite de le montrer comme un simple magicien ou guérisseur. D'ailleurs, dans ce film la naissance de Jésus n'est en rien miraculeuse et le scénariste sous entend que ses parents sont Joseph et Marie.

Les motifs de la trahison de Judas sont expliqués comme un effort de ce dernier pour forcer la main à Jésus. Il veut que Jésus utilise son pouvoir de faire des miracles pour aider la guérilla à lutter contre Rome. Cette hypothèse est historiquement plus fiable qu'un Judas voleur. Donc les épisodes comme l'arrivée de Jésus à Jérusalem parmi la foule avant la Pâque, sur le dos d'un âne et avec des feuilles de palmier semées le long du chemin, nous présente une image remuante de sérénité au milieu d'une agitation sauvage, mais la Cène et la Crucifixion transmettent aussi un sentiment de tristesse et de sacrifice qui peuvent se voir alors d'une façon différente et plus humaine. C'est par ce biais que l'ont voit le souhait de Judas de l'union de Jésus et Barabbas comme une alliance puissante contre l'occupation romaine. Mais Judas vient à douter que la philosophie pacifique de Jésus et il veut qu'il ait des objectifs politiques immédiats. Barabbas tente une révolte le dimanche des Rameaux, en utilisant l'entrée de Jésus dans la ville en tant que couverture. Judas pense bêtement que cette attaque va forcer Jésus à utiliser ses pouvoirs miraculeux pour aider les rebelles. Il échoue à lui forcer la main et le remet aux autorités juives.

On passe directement du baiser de Judas à la cour de Ponce Pilate où a lieu son procès dans un fastidieux jugement entre Pilate et un centurion romain défendant Jésus, Lucius, joué par Ron Randell, un soldat de métier écœuré par la cour d'Hérode le Grand et celle de son successeur Hérode Antipas. Il déteste servir ces souverains du fait que Rome veut les sauvegarder comme des leaders de substitution. Cela rappelle la dictature de Batista (1952-1959) à Cuba protégée par les États-Unis. C'est ici un prototype pour les gentils à qui Jésus dira de devenir également ses disciples. La révolution armée est choisie par la foule en libérant Barabbas et Jésus finit sur la croix. Sans doute une critique de cette période de guerre froide qui poussait à la violence au lieu d'en venir au compromis. Le film finit sur le lac de Tibériade où l'on voit Jésus ressuscité de dos aller vers ses disciples dans une très belle image symbolique montrant que son message doit porter plus loin que la Judée.

Une mention spéciale pour la scène la plus belle du film est celle où Jean-Baptiste voit une dernière fois Jésus en prison avant de mourir, après s'être fait arrêté par Hérode Antipas après avoir prêché aux foules l'arrivée imminente du Messie et critiqué son mariage avec Hérodiade, où il doit ramper sur un plan incliné à l'intérieur de sa prison pour toucher la main de Jésus qui lui est tendu aux travers les barreaux. Un exemple frappant du sens architectural et théâtral de Nicholas Ray.

Ce péplum biblique livre une vision historique et politique de Jésus en dehors d'un conformisme plat et mérite d'être vu pour voir une comparaison entre la violence et la non violence dans la religion qui souvent se sert de la politique pour s'emparer du pouvoir au lieu qu'elle soit un mouvement de paix et de partage.

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Le Roi des Rois, un film incompris

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Publié le 26 Décembre 2013

Comme nous le montre l'article du nouvelobs.com du jeudi 26 décembre 2013, le pape François a dénoncé jeudi les discriminations et violences dont sont victimes les chrétiens à travers le monde, y compris dans des pays qui garantissent par la loi la liberté de culte.

Lors de sa prière publique quotidienne au balcon du Vatican, devant des milliers de pèlerins rassemblés place Saint-Pierre pour la fête de Saint Etienne, premier martyr de la chrétienté, le pape a évoqué les "restrictions et discriminations" dont souffrent les chrétiens dans certains pays.

Le pape a demandé un moment de prière aux pèlerins à l'intention des "chrétiens qui sont accusés injustement et soumis à tous les types de violence". Il n'a pas évoqué un ou plusieurs pays en particulier mais a souligné que ces faits ne s'appliquaient pas seulement aux pays niant la liberté religieuse, mais aussi à certains "où la liberté et les droits de l'homme sont, sur le papier, protégés".

Le pape doit faire attention. Trop de chrétiens en Occident agissent comme s'ils étaient membres d'une minorité persécutée, face aux gens qui sont simplement en désaccord avec eux. Ils invoquent les images de persécution quand on n'est pas d'accord avec eux sur des questions controversées comme l'avortement ou le contrôle des naissances.

"Cette injustice doit être dénoncée et éliminée", a ajouté François, en s'éloignant de son texte initial pour affirmer que les chrétiens victimes de discrimination "sont plus nombreux aujourd'hui que dans les premiers temps de l'Église". Le Vatican demande depuis longtemps à l'Arabie saoudite de lever l'interdiction faite aux chrétiens de pratiquer leur culte en public.

Les chrétiens ont été cette année victimes d'agressions ou d'intolérance dans plusieurs pays qui garantissent théoriquement leurs droits, comme l'Egypte, l'Indonésie, l'Irak, le Soudan et le Nigeria. Au moins 34 personnes ont notamment été tuées mercredi dans des attentats à la bombe commis dans des quartiers chrétiens de Bagdad.

Le pape François a raison de soutenir les chrétiens persécutés notamment en Afrique et au Moyen-Orient, mais il doit également surveiller les délires de persécution de chrétiens conservateurs trop visibles dans de nombreux mouvements ne voulant pas entendre ce que la société veut lui dire : qu'elle est pour tous et pas seulement pour les chrétiens.

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Publié le 25 Décembre 2013

Comme nous le montre l'article de BFMTV.com le pape François a fait plusieurs demandes mercredi 25 décembre 2013, dans son message de Noël "urbi et orbi". Il veut l'arrêt des violences en Centrafrique et au Soudan du Sud, l'accès pour l'aide humanitaire en Syrie et la fin de la traite des êtres humains, grave "délit contre l'humanité".

Le pape François a demandé mercredi dans son message de Noël à "la ville et au monde" l'arrêt des violences en Centrafrique et dans le Soudan du Sud. "Donne la paix à la République Centrafricaine, souvent oubliée des hommes. (...) Tu veux porter aussi la paix à cette terre, déchirée par une spirale de violence et de misère, où beaucoup de personnes sont sans maison, sans eau ni nourriture, sans le minimum pour vivre", a affirmé Jorge Mario Bergoglio depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre.

Il a aussi appelé à "favoriser la concorde au Soudan du Sud, où les tensions actuelles ont déjà provoqué des victimes et menacent la cohabitation pacifique du jeune État". Le pape a cité aussi les "continuelles attaques" contre des civils au Nigeria et le sort des déplacés en République démocratique du Congo et dans la Corne de l'Afrique.

Le pape François, dans son message de Noël "à la ville et au monde" ("urbi et orbi"), a jouté : "Enfant de Bethléem, touche le cœur de tous ceux qui sont impliqués dans la traite des êtres humains, afin qu'ils se rendent compte de la gravité de tels délits contre l'humanité", a lancé le pape argentin depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre.

Enfin le pape a demandé mercredi à toutes les parties belligérantes de permettre à l'aide humanitaire d'accéder aux millions de victimes de la guerre en Syrie. "Le conflit en Syrie en a trop brisé ces derniers temps, fomentant haine et vengeance. Continuons à prier le Seigneur, pour qu'il épargne au bien-aimé peuple syrien de nouvelles souffrances et que les parties en conflit mettent fin à toute violence et garantissent l'accès pour les aides humanitaires", a lancé le pape depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre.

C'est un message pour la paix mais sans naïveté où le pape François désire la fin des conflits où les seules victimes sont les civils qui eux doivent les vivre.

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Le pape demande l'arrêt des violences en Centrafrique et au Soudan du Sud

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Publié le 25 Décembre 2013

Avant de commencer ce deuxième article sur le sujet, un très bon et heureux Joyeux Noël à tous ceux et à toutes celles qui passeront sur notre blog ! Et, pour les croyants, n'oubliez pas de fêter un très bon et joyeux anniversaire à Jésus ! Après tout, nous célébrons sa naissance aujourd'hui. Demain, je vous proposerai la première partie d'un article sur Joseph, le père de Jésus.

Maintenant reprenons mon article consacré à l'Immaculée Conception.

Cependant, si le péché originel est dû à une erreur d'interprétation, qu'en est-il du privilège de Marie ? Et sur quoi repose-t-il. Si on lit, Ineffabilis Deus, la seule preuve biblique vient du récit de l'Annonciation de l'évangile de Luc, qui est probablement le résultat d'une double ou triple rédaction entre 66 et 90. Elle tient dans la salutation de l'Ange Gabriel : « Réjouis-toi ! Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » (Luc 1, 28.)

Cependant, le tort de la bulle du pape Pie IX vient du fait qu'il ne tient aucun compte du contexte où a été rédigé ce récit en pleine guerre juive de 66-70, où par le biais de ce récit la communauté de Jérusalem, dirigée par Syméon, fils de Clopas, le cousin de Jésus, doit prouver la messianité de Jésus à un moment où la concurrence messianique est très importante, et où les zélotes se moquent des chrétiens qui croient à un Messie, qui a été crucifié, donc qui a échoué. C'est pourquoi la salutation de l'Ange Gabriel est un renvoi à quatre prophéties (Sophonie 3, 14-17 ; Joël 2, 21-27 ; Zacharie, 2, 14-15 ; 9, 9-10) concernant « la fille de Sion », c'est-à-dire Jérusalem, qui est invité à se réjouir du retour de Dieu en son sein lors du Jour de Yahvé, et, qui par la suite, prendra une tournure messianique, notamment avec la prophétie de Zacharie 9, 9, qui sera réinterprété comme la venue du Messie qui libérera Israël de l'oppression des princes étrangers, et surtout dans le contexte qui nous intéresse, de l'empire de Rome. Ici, Marie a été identifié par l'auteur de ce récit à la Jérusalem messianique, la ville que Dieu a choisi pour l'abriter. Le Temple est sa demeure. Donc, avec cette comparaison, il normal que le Seigneur accorde à Marie, nouvelle « fille de Sion » une grande faveur, car il l'a choisi pour être la mère du futur Messie. « le Seigneur est avec toi » est un renvoi à la salutation de l'ange de Yahvé au Juge Gédéon dans le livre des Juges : « L'ange du SEIGNEUR lui apparut et lui dit : « Le SEIGNEUR est avec toi, vaillant guerrier ! » (6, 12.) L'apparition de l'ange à Gédéon marque ici le fait que Dieu va délivrer son peuple de l'oppression des Madianites par son bras. Dans le récit, la naissance de Jésus en est un équivalent, et Marie reprend le rôle de Gédéon car c'est par son sein que viendra la venue de Jésus, et donc la libération d'Israël.

Au verset 30, l'Ange afin de rassurer la future mère lui dit : « N'aie pas peur, Marie tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » Le choix de Dieu est mis en évidence par le fait que c'est la vie de Marie jusqu'à ses 12-15 ans qui l'a fait choisir. Luc 2, 21, 22-23, 39 et 41-42 nous montre qu'elle était une juive très pieuse, comme, l'est contrairement à leur réputation, la majorité des Juifs. Il est possible qu'elle était une sympathisante du groupe de sages charismatiques galiléens, les Hassidims (Pieux), qui avaient leur propre interprétation de la Torah, comme le montre leurs démêlés avec les Pharisiens. Donc, pas de privilège spécial de Dieu, car le choix de ce dernier s'est porté sur Marie du fait de son respect de la loi juive et non d'un privilège spécial. Ces deux versets sont très proche de ce que dit Paul au sujet de sa vocation : « lorsque celui qui m’a mis à part depuis le sein de ma mère et m’a appelé par sa grâce » (Galates 1, 15), et, Hégesippe, au IIe siècle, au sujet de Jacques, le frère de Jésus : « Celui dont nous parlons fut saint pour ainsi dire dès le sein de sa mère ».

Le verset 34 : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre », est assez proche de ce qui se passe dans le récit du baptême de Marc 1, 1-11 où l'évangile commence avec le baptême de Jésus par Jean, en recevant l'Esprit, il est reconnu Fils de Dieu par son père. Il faut savoir que d'après David Flusser (Jésus, Éclat, 2005 ; Les Sources juives du christianisme primitif, Éclat, 2003) et Marie-Émile Boismard (L'évangile de Marc. Sa préhistoire, in Études Bibliques n.s. 26,Gabalda, Paris, 1994 ; Jésus, un homme de Nazareth, raconté par Marc l'évangéliste, Éd. du Cerf, 1996 ; Le baptême selon le Nouveau Testament. Théologies, Paris, Éd. du Cerf, 2001), c'était plutôt Isaïe 42, 1 que citait la voix venue du Ciel : « Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon élu, en qui mon âme prend plaisir. » C'était donc un récit de vocation prophétique, car ce n'est qu'au fur et à mesure de sa prédication que Jésus prend conscience qu'il est aussi le Messie, ce que montre le récit de la déclaration messianique de Pierre et de la Transfiguration. Ici, pour Marie, ce ne serait pas différent. C'est un récit de vocation probablement prophétique mais dans un contexte de libération messianique car, à la fin des temps, Israël, verra l'Esprit fondre sur lui, deviendra un peuple de prophètes (Isaïe 32, 15), et Marie, ne serait que celle, à travers qui débute cet événement, qui trouvera sa traduction dans le récit de la Pentecôte. La seconde partie, qui ne figurait peut-être pas dans le récit, renvoie à la « la nuée du SEIGNEUR », qui a été malheureusement traduite en grec par « puissance du Très-Haut », probablement tiré de ce passage du livre de l'Exode (40, 38) : « Car la nuée du SEIGNEUR était sur la demeure pendant le jour mais, pendant la nuit, il y avait en elle du feu, aux yeux de toute la maison d'Israël, à toutes leurs étapes. » Ici, dans le récit de la présence de la nuée divine, Dieu habite parmi son peuple. Comme pour le première partie du verset 34, il est relu dans une perspective messianique, mais pas dans la communauté d'origine du récit, mais plutôt dans une communauté de craignants - Dieu, bien au fait des techniques de commentaire synagogal. En effet, en Marie, la première, le peuple d'Israël est appelé à devenir un peuple de saints, donc de prophètes. L'analyse rigoureuse du récit de l'Annonciation est assez problématique pour le dogme de l'Immaculée Conception, car rien ne semble le suggérer de près ou de loin, contrairement à ce qu'affirme la bulle Ineffabilis Deus.

Ce qui ne s'arrange guère si on lit la fin du récit au verset 38 où Marie dit à l'ange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Marie emploie ici un terme très fort, celui de servante, et qui est très atténué si on sait que le terme originel employé était plutôt le terme « esclave ». Donc Marie se considère indigne de cette faveur que lui offre Dieu. Elle est donc plus modeste qu'on ne pourrait le croire surtout si l'ange Gabriel dans les lignes précédentes lui avait parlé d'une faveur spéciale, ce qui ne ressort jamais des passages que nous avons vu précédemment. Dans la seconde partie du verset 38, le « qu'il m'advienne selon ta parole ! » montre que Dieu veut son consentement. Il veut qu'elle soit libre d'accepter cette faveur, et elle le fait avec beaucoup de modestie, pour quelqu'un qui est considéré sans péchés dès le sein de sa mère, ça paraît étonnant. Cependant, si elle était prophétesse au sein de la communauté primitive comme on peut le penser à travers ce récit, il y aurait une indication de l'âge où Dieu l'a appelé, avant son mariage, à 12 ou 15 ans, et que la future naissance de Jésus en aurait été le déclencheur. Il se peut aussi plus simplement que ce soit l'âge, où elle s'est senti appelé à faire partie des hassidim galiléens, qui dans certaines baraita du Talmud communiquait directement avec Dieu. Peut-être que le récit primitif de l'Annonciation a été élaboré à partir de cela.

De plus, par la suite, par exemple Jean 2, 12 nous apprenons que lorsque Jésus commence son parcours, il va habiter à Capharnaüm avec ses frères et sa mère, et il est possible que ce petit groupe était rassemblé lors du mariage de Cana avec Jésus d'après le récit original du miracle d'après Marie-Émile Boismard (Synopse des quatre évangiles en français, vol. III, L'évangile de Jean, avec A. Lamouille et G. Rochais, Paris, Édition du Cerf, 1977, Un évangile pré-johannique, vol. I, Jean 1,1-2,12 en 2 tomes avec Arnaud Lamouille, in Études Bibliques, n.s. 17-18, Gabalda, Paris, 1993). Si ses frères et sa mère sont présents avec lui à ses débuts, c'est qu'il était déjà présent à son baptême. Un apocryphe peu connu, l'Évangile des Hébreux, suggère qu'ils furent baptisés avec Jésus : « La mère et les frères du Seigneur lui disaient : « Jean-Baptiste donne un baptême pour la rémission des péchés ; allons-nous faire baptiser par lui. Il leur répondit : « Quel péché ai-je commis pour aller me faire baptiser par lui ? Croyez-vous que je ne sache pas ce qu’il en est ». » (Jérôme, Dialogue contre Pélagiens, III, 2.) Ce récit est une réponse à la gêne qu'a constitué le baptême de Jésus parmi les judéo-chrétiens comme le montre Matthieu 3, 14-15, car c'était un baptême de rémission des péchés et que Jésus a reconnu Jean comme son Maître. En effet, si Jésus est venu se faire baptiser c'est qu'il considérait qu'il avait concouru au péché collectif d'Israël, c'est-à-dire l'occupation romaine, notamment en travaillant sur les chantiers de Sepphoris et Tibériade, en tant que tektone, artisan en bâtiment, pour le collaborateur de Rome, Hérode Antipas, tétrarque de Galilée. Et si sa mère et ses frères ont fait de même, c'est qu'il considérait en tant que tenant de l'entreprise familiale, il y avait concouru collectivement. Étrange, Marie, depuis la salutation de l'Ange Gabriel, ne devrait-elle pas savoir qu'elle est pure ?

Pas plus que Marie, Jésus ne semble connaître ce privilège spécial de Marie. Il suffit de lire les deux épisodes où une femme encense Marie en ces termes : « Heureuse celle qui t’a porté et allaité ! » (Luc 11, 27) et celui où sa mère et ses frères tentent de le rejoindre dans la maison de Capharnaüm. Pour le premier, il répond par un cinglant : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent ! » (11, 28). Pour le second, même réponse sèche mais collective : « Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. » (Marc 3, 34-35.) Pour comprendre ce mot, il faut éviter le simplisme de certains exégètes car comme le montre Jean 2, 12, ses frères et sa mère font partie de ses disciples. Alors pourquoi ces dures réponses ? C'est évident car ce sont les évangélistes Marc et Luc, probablement en conflit avec l'église de Jérusalem, qui auraient placé ces récits au début du ministère, ce qui leur a donné un sens différent. À l'origine, il devait se placer après la multiplication des pains, lors des rares visites en Galilée que relate l'évangile de Marc, et à un moment où Hérode Antipas a décidé de réagir face à celui qui paraissait être le successeur de Jean le baptiste. Donc, dans les deux cas, les gens en s'ameutant devant la maison de Capharnaüm font courir des risques à Jésus et à sa famille, qui par exemple dans Marc 3, 20-21, s'inquiète et veulent faire sortir Jésus. Celui-ci, pour protéger sa famille, a des mots très durs contre elle. Au passage, il fait aussi comprendre, à cette dernière et aussi à sa mère (Luc 11, 27-27 est frappant à cet égard), qu'à l'image des disciples, et bien que faisant partie de la famille régnante, ils n'auront pas de sa part plus d'égard que les disciples et se doivent donc de collaborer avec ses derniers car, avec, eux ils sont appelés à l'aider à gouverner l'Israël renouvelé par Dieu. Ce que montre très bien la collaboration entre Jacques, le frère de Jésus, et Pierre dans les Actes des Apôtres. Pauvre Marie, même Jésus ne semble pas lui reconnaître le privilège que lui accorde Pie IX !

Même Paul, la référence d'Augustin, méconnaît totalement ce fameux privilège, au point d'indiquer simplement que Jésus est « né d'une femme » (Galates 4, 4). Un terme qui au passage indique son ignorance de la conception virginale alors qu'il est le plus ancien auteur chrétien avant les évangiles synoptiques car ce terme il indique qu'il est né comme tout homme d'une femme mariée.

Mais je ne crois pas que Marie leur en tiendra rigueur car d'après une baraïta du Talmud de Babylone, tout aussi rassurante pour nous, le péché originel a finit sa course depuis plus de 2 000 ans : « quatre moururent du fait du serpent : Benjamin, fils de Jacob ; Amram, père de Moïse ; Jessé, père de David ; et Kileab, fils de David. » (Talmud de Babylone, Shabbat 55 b ; Bava batra 17 a.)

Culture biblique
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Publié le 25 Décembre 2013

Le nouvelobs.com nous montre que le pape François a assuré mardi 24 novembre 2013 que les "marginalisés" sont les premiers à comprendre le message chrétien, exhortant les catholiques à "ne pas avoir peur" de croire, dans sa première messe de minuit célébrée sur fond de violences en Afrique et au Proche Orient.

L'air grave, le pontife argentin, arrivé dans la basilique Saint-Pierre au milieu de 30 cardinaux et 40 évêques, a célébré une messe de moins de deux heures, très classique, avec de nombreux chants en latin, qui entend exprimer l'universalité de l'Eglise. Elle s'est terminée bien avant minuit.

Une prière pour les persécutés au nom de leur religion a été prononcée en chinois, alors qu'au moins 9000 chrétiens meurent en raison de leur foi chaque année dans le monde. Neuf mois et demi après l'élection de Jorge Mario Bergoglio, comme 265e successeur de Pierre, son message retransmis par les télévisions de 65 pays était très attendu.

Jésus, a-t-il dit dans une courte homélie claire et simple, "a placé sa tente parmi nous. En lui est apparue la grâce, la tendresse, la miséricorde". Il n'a fait aucune allusion aux débats de société comme le faisait son prédécesseur Benoît XVI, mais opposé les "ténèbres" du monde à la "lumière" de Dieu. C'est pour cela qu'existe les 10 commandements dans la Bible, car ils montrent la part de lumière et de ténèbres qui sont en chacun de nous. N'ayons pas peur de faire des erreurs, car d'elles peuvent toujours sortir quelque chose de bon.

"Le Seigneur vous répète : n'ayez pas peur ! Moi aussi, je dis : n'ayez pas peur. Le Seigneur pardonne toujours. Là est notre paix", a ajouté l'ancien cardinal de Buenos Aires à l'adresse de 1,2 milliard de baptisés catholiques. Comme le disait un titre de film : "Dieu pardonne, moi pas !" Mais comme le montra Jésus durant sa vie, le pardon est salutaire car il permet d'éviter les conflits. Alors si le pardon de Dieu est éternel, pourquoi pas le notre.

A la fin de la cérémonie, il a porté dans ses mains, accompagné d'une dizaine d'enfants des cinq continents, une statuette de l'enfant Jésus jusqu'à une crèche dans la basilique. Une autre crèche, napolitaine, avait été inaugurée sur la place Saint-Pierre. Intitulée "Franscesco 1223-Francesco 2013", elle marquait le lien entre François d'Assise qui avait prêché la pauvreté radicale et le pape qui a annoncé vouloir "une Église pauvre pour les pauvres". Cette pauvreté radicale doit être un fondement pour l'Église et espérons que le pape François puisse mettre en avant cette notion qui n'a jamais eu les faveurs de la curie.

À Bethléem, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, devait appeler à une "solution juste et équitable" au conflit israélo-palestinien, dans son homélie de Noël dont l'AFP a obtenu une copie. De Bethléem, en présence du président palestinien Mahmoud Abbas et du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton en visite rivée, le prélat devait rappeler aussi "tous les drames de l'humanité sur les cinq continents : des guerres civiles en Afrique au typhon aux Philippines, en passant par la situation difficile en Egypte et en Irak et la tragédie syrienne".

Aux Philippines, les rescapés du typhon Haiyan ont fêté la Nativité avec ferveur au milieu des ruines, malgré les morts et les destructions. En Centrafrique, la capitale Bangui, toujours en effervescence, passait un triste réveillon de Noël sous couvre-feu et dans la psychose de nouvelles violences. Les messes catholiques et les cultes protestants avaient été avancés dans l'après-midi pour raisons de sécurité.

À Bethléem, le lieu de la naissance de Jésus dans la tradition chrétienne, la place de la Mangeoire, en face de la basilique de la Nativité, avait pris des allures de kermesse. Des pères Noël et bonshommes de neige gonflables s'efforçaient d'apporter de la bonne humeur. Mais le climat était assombri. Les violents incidents se sont multipliés en Israël, en Cisjordanie, et dans la bande de Gaza.

Mais en dépit des violences et de l'impasse politique, la Terre sainte se préparait à accueillir le pape François en mai prochain, un voyage prévu mais pas encore annoncé officiellement. Dans son message de Noël, la semaine dernière, le patriarche latin de Jérusalem avait assuré que le pape argentin "avait dans le cœur la Terre Sainte et le Moyen-Orient".

Le pape François s'est servi de la naissance de Jésus pour montrer que Dieu est proche des marginalisés, ceux qui ont toujours été les grands oubliés et dont l'Église doit enfin se rendre compte que le message des Évangiles est pour eux, mais la paix doit être également le don de ce jour.

Merci !

Noël : le pape insiste sur la proximité avec les "marginalisés"

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Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Publié le 24 Décembre 2013

En ce 24 décembre, espérons que la naissance du Christ réveille l'Église en cette nuit, où un enfant placé dans une mangeoire lui a montré la direction qu'elle devait suivre.

L'Église le 25 décembre ne devrait-elle pas s'opposer aux puissants et dénoncer l'injustice sociale. Ne devrait-elle pas mettre en avant les critiques de Jérémie, Amos, Isaïe aux injustices sociales, à la perversion du pouvoir, et à l’oppression des pauvres. Elle devrait dénoncer sans cesse ce qu'elle devrait appeler dans les homélies et les lettres pastorales de ses évêques les «structures de péché». Comme le disaient Jérémie et Osée : 'faire la justice, n’est-ce pas cela me connaître ?'

L'Église ne doit pas être pas abstraite, elle doit être dans le vécu des gens. La proximité, l'imprégnation du quotidien et du religieux, montre que l'Évangile est au milieu du Peuple de Dieu. Il faut une véritable révolution, la construction d'une Église autogérée, partant de la base, décentralisée en bonne relation avec le pape n'ayant pas besoin du relais de la curie. Ces communautés permettront d'aborder toutes les questions, sociales mais aussi politiques.

Il faut que l'Église s’insurge contre les chrétiens conservateurs qui lui reproche cet engagement. Elle doit devenir «l’Église des pauvres», car ceux-ci constituent la majorité. Le chapitre 25 de l’Évangile de Mathieu est explicite : "En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait." Donc le message de l'Église ne saurait être déconnecté de la réalité et des conditions concrètes dans lesquelles vivent les gens, et en particulier les plus pauvres.

Remettre les pauvres au centre de l'action de la hiérarchie et dépouiller l’Église de son apparat luxueux seraient une démarche salutaire pour l’Église.

Merci !

L'Église doit revenir à l'Évangile

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Publié dans #Pensées de paroissiens-progressistes

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